Vonfelt est le nom d’artiste choisi par le Strasbourgeois Arthur Vonfelt. Le musicien, dont la batterie est le premier instrument, joue également de la guitare, de la basse et du piano. C’est chez ses parents quand il est adolescent qu’il s’amuse à former des groupes de session, à répéter avec d’autres musiciens et copains (certains ont depuis formé des projets musicaux de renom, Petit Prince et Jacques) pour lesquels Vonfelt assure la batterie parfois en studio ou en tournée.
Arthur Vonfelt taquinait l’art de la composition depuis un moment sans oser faire le grand saut du travail en solo. Il a surmonté l’exercice périlleux de magnifique manière et pour notre grand plaisir en écrivant, composant, interprétant toute l’instrumentation et le chant sur le disque Vonfelt paru en octobre 2023.
Tout d’abord, ses textes chantés avec sa voix absolument captivante offrent des images et créent des scénarios qui fonctionnent. Puis les chansons nous emmènent avec lui, les émotions le suivent aux rythmes du tempo, des mots et des mélodies.
L’ensemble instrumental est d’une fibre cold pop, cette matière musicale issue de la britpop cold wave des années 80 mêlée au psychédélisme de Pink Floyd des années 60, revisitée en 2020 à la manière poétique et réaliste propre à la chanson française.
Cette alliance que l’on retrouve chez Lescop, mais aussi D’Arsy, Nicolas Comment, Alexandre Châtelard ou encore Pierre Daven-keller, est une fois de plus mise en beauté par Vonfelt.
Ses titres, de Coeur bleu à Le Chahut, en passant par le mirifique Dragon au grandiose Soleil montre l’étendue du talent artistique de l’auteur-compositeur, aidé au mixage par son ami de longue date Elliot Diener (Petit Prince). Arthur Vonfelt qui sur le titre notif apparaît comme un réel vecteur de notre époque, mettant dans la chanson son bémol sur l’effet nocif des écrans et de la pratique idiote du téléphone, était parti de Strasbourg pour Paris avant de se rendre compte du côté anxiogène de la capitale pour in fine, la quitter. Il réintègre la campagne, cette fois dans le Loiret.
Avec un cadre favorable à la création, le musicien nous promet d’autres projets inspirés et des chansons aussi séduisantes que celles de l’album Vonfelt, à découvrir en concert partout en France en 2024!
Sur son site officiel, nous est présentée Adélys “ Toujours vêtue de jaune, Adélys, « lumière noble en norvégien » contraste avec le gris de la ville.
À Bruxelles, Montréal ou en Normandie dont elle est originaire, elle marche, écrit, compose et produit des chansons électro qui sont des rencontres avec l’urbain, l’eau et le corps.
Son premier album « Toutes les Fenêtres et les Ruisseaux » est sorti le 1er septembre et a reçu le Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros.
Sous le ciré jaune se cache une artiste avec un très bel univers. Originaire d’Évreux en Normandie, après être passée par le Conservatoire de musique et influencée par son père pianiste de jazz et sa mère amatrice de chansons françaises, Adélaïde Prud’homme de son réel nom, sa charmante motivation en bandoulière part sur les routes et joue sur scène . Elle passe par Paris, assure des avant-premières et s’envole pour Québec où elle rencontre la chanteuse auteur-compositrice Mell. C’est en sa compagnie que Adélys va peaufiner son opus Toutes les fenêtres et les ruisseaux. Nous découvrons alors la haute sensibilité et le sens de l’humour de l’Ébroïcienne qui écrit des textes souriants, évoquant la météo, l’eau, la voie lactée, le corps, la peau et le besoin de contact comme dans son dernier titre Tornetrask paru hier, le 11 janvier 2024.
La normande signe 4 Eps entre 2014 et 2018, couronnant son travail avec son magnifique album Toutes les fenêtres et les ruisseaux le 1er septembre 2023. Pendant qu’elle fait le tour de Paris pour jouer ses chansons, elle bifurque sur Bruxelles où les belges peuvent également la découvrir. Elle compose une partie de son disque à Bruxelles, son troisième port d’attache après Québec et Evreux. Elle lui dédie son deuxième titre sur ce disque, Bruxelles les voiles.
Adélys c’est un grand régal de mélodies, de mots mêlant métaphores et premier degré, toujours élégants et chantés avec grâce. Les accords de piano sont sublimes et le tempo accrocheur donne envie de danser avec elle.
Les chansons sont ficelées et le personnage Adélys avec charisme et talent, avec ses airs espiègles façon Amélie Poulain, montre une jolie âme d’artiste.
A vos casques pour écouter la géniale fille en jaune!
François Marry s’est installé dans notre ciel indie-pop il y a 20 ans. Originaire de Saintes en Charente-Maritime, le musicien naît en 1982. Étudiant en histoire, il quitte la France en 2003 pour un poste d’assistant de Français à la faculté de Bristol où François ne tarde pas à accompagner sur scène des groupes de pop anglaise. Artiste jusqu'au bout des ongles, il aura emporté dans ses bagages ses cartons de dessins. Peintre et musicien, François Marry a une plume de poète pour compléter son profil. Il signe un premier album en 2004, Les Anciennes Falaises suivi en 2006 de The People to Forget. Rentrant au bercail en 2007, il remodèle son groupe François and the Atlas Mountains avec Gérard Black à la basse, Amaury Ranger à la batterie et Pierre Loustaunau au clavier.
François joue beaucoup, se produit parfois seul pour présenter ses chansons comme cette année 2007 quand j’ai eu la chance d'assister à un de ses premiers concerts, son charisme avait illuminé un petit bar-concert de Bruxelles. Le maestro seul au piano avait assuré un concert subjuguant et mémorable. Le public un peu engoncé sur des bancs et des tabourets avait vite été entraîné dehors par François qui au beau milieu du concert a décidé de quitter son piano, saisissant sa guitare à l’épaule, nous a demandé de le suivre et le concert s’est poursuivi dans les rues de Bruxelles en procession. J'étais accompagnée de journalistes et chroniqueurs de presse rock. Nous chantions et dansions comme des gamins dans la nuit de la capitale belge. François Marry nous avait conquis.
Suivront le Printemps de Bourges et diverses scènes avec une signature chez Domino Records pour l’album E Volo Love en 2011 puis Piano Ombre en 2014. François Marry est depuis une étoile majeure dans la constellation de musique pop indépendante française.
Son domaine est la scène, mais François est surtout un trimeur, un boulimique de travail à la maison avec un stylo, un pinceau ou derrière la batterie, le piano, à la guitare. En 2017 il signe le superbe disque Solide Mirage, composé de titres magnifiques garnis d'un ensemble cordes et cuivres organisé pour l’enregistrement par Owen Pallett. Apparaît sur cet album à la rythmique Jean Thevenin alias Jaune que je chronique :
En 2019 le troubadour charentais adapte Les fleurs du mal sur un disque, mettant les poèmes de Baudelaire sur partitions de manière magistrale. Puis en 2021, après la période de confinement où François Marry était parti à la campagne pour travailler et produire de nouvelles chansons, François and the Atlas Mountains signe Banane Bleue. Entre temps il signe un superbe duo avec Étienne Daho, Les lueurs matinales. En 2022, l’élégance et la générosité vissés au corps, aimant partager la musique avec d’autres artistes et multiplier les collaborations, le musicien change de cap et revient aux sources, au rock plus brut avec un groupe de Saintes (Théo Gueneau, Ben Amos Cooper et Max Roy) et créent ensemble le projet Park avec lequel ils vont jouer sur les scènes européennes cette année 2023. En parallèle, François Marry scelle une collaboration avec un autre musicien de talent français (qui produit des titres de Juliette Armanet), l’excellent Ricky Hollywood.
Les deux compères ont mis sur pied l’été 2023 le projet nommé Copains et un disque à paraître bientôt dont chaque titre écrit et composé par la paire Marry-Hollywood offrira un interprète différent. Quel chemin parcouru depuis 2004 ! François Marry continue d'emprunter plusieurs chemins parsemés de petits cailloux musicaux et picturaux que l’on peut nommer, 20 ans plus tard, des chefs d'œuvres .
William Doyle est un artiste anglais qui a accompagné mon année passée et je le partage sur Piggledypop en vous souhaitant une année 2024 heureuse et garnie de notes de musique de qualité.
L'artiste auteur compositeur interprète anglais né à Bournemouth en 1991 est précoce et perfectionniste. Il a 12 ans a la mort de son père et trouvera dès lors dans la création musicale une sorte de thérapie pour surmonter les deuils. Il apprend à jouer de la guitare, du piano et crée ses premières mélopées en 2009 avec l'opus Born in a USB il monte son premier groupe avec Ben Clark son ami d'enfance, Doyle and the Fourfathers. Ben Clark meurt subitement en juin 2019 d'un anévrisme, il était âgé de 28 ans.
Puis c' est la scène avec son second groupe East India Youth avant de revenir à un travail solo et une liberté absolue dans la création mais aussi une sensibilité très tôt éprouvée qui le propulse de manière précoce dans la connaissance et l'excellence.
Paraissent en auto-production Hostel en 2013, Total Strife Forever en 2014, Culture of Volume en 2015. Le musicien travaille, peaufine et ne tarde pas à faire rayonner son talent sur Your Widerness Revisited qu'il écrit, produit et finance lui-même. William confiera un cd gravé de ses chansons lors d'un concert au journaliste musical John Doran. Celui- ci est si enthousiaste à l'écoute des chansons qu'il décide de l'aider, notamment pour le contact du label Tough Love Records.
Il faut souligner la grâce, la qualité et la haute inspiration de Your Wilderness Revisited. (album dédicacé à son père et à Ben Clark) L'exploit tient de William Doyle et de son don insensé pour donner de la substance mélodieuse, harmonique et philosophique aux textes d'une beauté inouïe. Le journal Metro que les londoniens connaissent bien le congratule en écrivant que `The Wilderness Revisited n'est pas le disque de l'année mais le disque du siècle.`
Je me régale du disque sans réserve depuis sa parution en 2019. Le disque est magnifique par ses airs construits avec intelligence et son interprétation grandiose sachant que Doyle assure toute l'instrumentation et la production. Sa voix et ses mots émouvants narrent le chemin de sa dépression à sa guérison par un départ de la ville pour la campagne. Ses métaphores sont riches pour désigner ce bol d'oxygène mental ; du ciment monolithique à une maison enveloppée de lierre. `La destruction contrôlée est dans les murs`` dit-il sur le titre Nobody else will Tell You et `the shape of grief is condensed between the glazing that framed every scene`. William Doyle sur Zionshill brille de mille feux au chant, sa voix carillonne majestueusement avant d'enchainer sur Design Guide qui offre la présence de Brian Eno et dont les paroles reprennent le leitmotiv salvateur : la nature lumineuse comparée à un lampadaire urbain. Tous les titres sont des bijoux, orchestraux et lyriques, jusqu'au dernier Thousands of Hours of Birds qui est le feux d artifice spirituel de l'album avec des jeux de chants et de voix, maîtrisés comme savaient les maîtriser les Beatles et qui montre que Doyle est aussi doué au chant qu'un rossignol.
Le musicien réitère avec l'électronique Great Spans of Muddy Time paru en mars 2021. C est signe sur un label que ses chansons enregistrées sont abîmées avant d'être maîtrisées. Ce mauvais coup ne le freine pas et avec ses lignes d'enregistrements préservées à la maison, il va broder des sons en studio et superposer les bandes sauvegardées. Le résultat est réussi, remanié avec une imagination fertile. Dès les premières notes de I need to keep you in my life, le jeu de guitare acoustique transposé sur les synthétiseurs parvient à nous emmener dans un voyage électronique virant des montagnes Pennines au mont Saint-Gils.
Ma préférence va à l'ep qui suit quatre mois plus tard Alternate Lands ou on entend que l'artiste a enregistré avec tous ses moyens et ses propres dispositions. Les 4 morceaux ressemblent davantage à sa griffe et sa personnalité, aussi fragile que déterminée. Ses galons sont gagnés et les titres comme The Unanswered Why et An Apparition (without Event) montrent dans les harmonies et l'interprétation une aisance et un talent naturel.
Je conseille l'écoute du morceau féerique Migration paru en 2020 qui est un projet musical partagé avec l'artiste Ecossais Erland Cooper qui lui aussi a claqué la porte de la ville pour un retour au concret dans les îles Shetland. Les deux musiciens se correspondent pour explorer le thème de la nature, Erland offre par ailleurs son studio d'enregistrement, écrin au cœur des îles Orkney en 2019 à William Doyle pour la touche finale de The Wilderness Revisited.
Cette année 2024 verra le nouvel album de Doyle nommé Springs Eternal a paraître le 10 février prochain, avec d'ores et déjà deux titres splendides en écoute, Surrender Yourself et Relentless Melt. Pour les fans, William Doyle commence une grande tournée en mars 2024 de l'Ecosse au Pays de Galles en sillonnant toute l'Angleterre. A vos tablettes.