mercredi 14 octobre 2026

The Reed Conservation Society


The Reed Conservation Society, projet musical des deux français Mathieu Blanc et Stéphane Auzenet depuis 2019, rappelle joliment la chanson des Kinks bien connue. Le choix de nom de groupe inspire d’emblée confiance aux amateurs de pop. J’écris sur lui en 2024 : “The Reed Conservation Society est le projet de Stéphane Auzenet et de Mathieu Blanc, apparus en 2019 avec un premier disque de 6 titres EP1 où est invitée Lonny pour partager le titre Holly Mood, suivi en 2020 de EP2 comprenant lui aussi 6 titres, arrangé par Yann Arnaud et de EP3 en 2021 comptant 7 titres . L’univers des français, les paroles en anglais griffées par Stéphane, rappellent plusieurs thèmes dont la musique, la nature et les sentiments. Tout le cocktail britpop est offert sur les mélopées électro-acoustiques comme sur le jazzy Give me a Reason où les harmonies de voix font penser aux Beatles, les arpèges de guitares à Lou Reed, aux Kinks, aux Lucksmiths et la présence des cuivres, à des références indie-pop comme Love, Brighter ou les Pale Fountains. (Pochettes des 3 Ep : peintures de Barbara Chwast).”


La suite par ici 👉 TheReedConservationSocietyPiggledyPop2024



Le quatuor parisien produit cet été un nouvel album scintillant, Sing a Song That Never Ends, paru le 26 juin 2026. Contrairement à l’album précédent La société de préservation du roseau, entièrement écrit en français, celui-ci est en anglais avec la participation d’artistes de Brighton. La production est un bonbon qu’on savoure dès le premier titre I Keep the Thorns Right in My Chest. Évoquant une séparation, l’instrumentation est brodée de cuivres et de cordes. Le thème est poursuivi sur Sainte-Marine où le tempo légèrement boogie, offert par les ballets de batterie de Cédric Bermonde et la basse de Nicolas Pain, donne du mouvement. L’ensemble écrit et composé par Stéphane Auzenet au chant et à la guitare et par Mathieu Blanc à la trompette, à la guitare et aux arrangements est délicieusement alternatif. Le titre romantique The Kruize est orné de synthétiseurs et d’une trompette taquine sur le duo des voix de Stéphane et de Natasha Penot donnant un effet serein, comme un étale de marée.




La trompette de Mathieu sur les chœurs sixties du titre Bucky Jay ramène à la mémoire les illustres groupes de Sarah Records tels que Blueboy, The Field Mice et plus proches dans le temps, C Duncan, The Butcher Boy ou les Math and Physics Club. Toutes les influences C86 de The Reed Preservation Society se devinent et s’estiment. La mélodieuse If I Could Change Myself into Water et son piano majestueux fait des loopings dans les effets de voix donnant une sensation de balancement maritime. Le travail du son et de la production assuré par Yann Arnaud est brillant, comme toujours. A l’écoute d’Elvis has left the Building, où les claviers se marient au piano, les guitares à la basse, avec un ensemble de cordes qui se glisse délicatement sur l’ensemble intelligemment dosé, l’émotion est de mise. Le titre I wish you were much more than an affair est une mélopée ronde de charme, dont la douceur est suivie par le panache de Goldfish with Glitter Gleam, animée par la trompette et la guitare électrique. Pop et rythmé, le tempo dynamique donne bel et bien envie de danser.




Le leitmotiv du disque est la déception amoureuse, la rupture et les coups d’épée dans l’eau sentimentale, décrit derechef sur le titre Whistle in the Tree emmenée par la gracieuse voix de Rosie Brown. Le disque se termine avec Modesty of Heart, qui parle d’un couple qui se rencontre pendant que le conteur, lui, reste seul sur des harmonies magnifiques hispaniques mêlées de violons et de trompettes. Classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop, l’album Sing a Song That Never Ends des The Reed Conservation Society est un petit chef d’oeuvre pop. Signé chez Hot Puma Records le label de Sergio Taronna, le disque propose une pochette dessinée et peinte par les enfants de Stéphane Auzenet. A vos casques !


TheReedConservationSociety

lundi 12 octobre 2026

Nicolas Falez


Nicolas Falez est un auteur-compositeur et interprète français. Il apparaît il y a déjà 30 ans, avec son premier projet nommé Superflu. Nicolas est aussi, hors les planches et les studios d’enregistrement, journaliste depuis la même brochette de temps pour RFI (Radio France Internationale). C’est à Lille que l’artiste apparaît en 1994, il a alors 23 ans et jeune journaliste, il sillonne avec Sonia Bricout et Sébastien Drique, ses deux autres compères de Superflu, issus également de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, les meilleures scènes indie-pop françaises. Puis il s’installe à Paris, garnissant ses mélopées de références sur la capitale, dont l’emblématique Métropolitain.





Nicolas est guitariste, écrit et compose des airs doux et intimistes qui accrochent nos oreilles de fans dès le premier album Et puis après on verra bien paru en 1997. Viennent se joindre au groupe le violoniste Gilles Costantini et le bassiste Gauthier Montury. Nicolas et sa troupe signent en 2000 l’excellent disque Tchin Tchin. Superflu nous fait un magnifique cadeau en 2024 avec la réédition de leur opus Et puis après on verra bien.




En 2007 le disque La Chance paraît et viennent se joindre à Superflu, le multi-instrumentiste et arrangeur Hugo Cechosz, musicien de Eiffel et de Miossec, entre autres, et le batteur Michaël Lefort. Après un long hiatus musical dû à son activité professionnelle, Nicolas Falez revient en 2014 avec son deuxième projet Fontaine Wallace. Ce nom est familier aux parisiens, puisqu’il s’agit du nom des fontaines qui parsèment la ville. Nous en avons obligatoirement eu une dans notre quartier. Il y en a plus de cent dans la capitale française, ingénieusement créées et aimablement offertes par le britannique Sir Richard Wallace en 1870 et sculptées par Charles-Auguste Lebourg à un moment d’une grave pénurie d’eau dans la ville.




Fontaine Wallace compte donc son auteur-compositeur Nicolas au chant et à la guitare, entouré de Cécile Beguery à la basse, de Fabrice de Battista aux claviers et de Ludovic Morillon à la batterie (musicien de Yann Tiersen et du groupe Luke). Fabrice connait bien Nicolas Falez depuis leur participation en 2007 au fabuleux disque Soulful Music du groupe Shine conduit par Guillaume Simon. Les amis travaillent sur le premier album éponyme Fontaine Wallace en 2018 qui sera suivi du disque Le Projet en 2021. En plus de distribuer des particules d’âme du label Village Vert et du désormais label Microcultures, le style de Nicolas Falez, sa manière de modeler ses mélodies avec finesse et son grain de voix de velours se retrouvent sur ces deux bijoux indie-pop.




Fleuries de mots aussi codés que poétiques, les compositions du musicien forment des airs fort mélodieux et alternatifs qui délivrent de la beauté, de la délicatesse précieuse. L’auteur-compositeur signe des chansons sentimentales, amoureuses, avec des mots irisés charmants sur des accords langoureux ou passionnés. 30 années plus tard, Nicolas Falez est toujours inspiré quand il décide de réunir une ribambelle d’artistes autour de lui pour son troisième projet Signal Faible, fourmillant de ses compositions. Le collectif compte Thomas Van Cottom (Cabane), Adam Snyder (Mercury Rev), Christian Quermalet (The Married Monk), Arlt, Thomas Rocton (The Married Monk), Jérôme Castel (basse, guitare) mais aussi Bertrand Betsch, Alexandre Delano, Julie Gasnier, Gontard, Lonny, Nesles, Julien Orso-Jesenska, Silvain Vanot et l’écrivaine musicienne Julie Bonnie. Projet amical, les artistes se sont joints à Nicolas Falez chez lui en Mayenne, où les sessions d’enregistrements sont faites à la maison.




Egalement enregistré dans le bocage mayennais, le prochain disque de Signal Faible, Emoji Coeur Noir, paraîtra le 11 décembre 2026 prochain. Nicolas Falez en parle ainsi “C’est mon septième disque depuis Et puis après on verra bien de Superflu. Je pense au jeune homme un peu brouillon qui écrivait il y a vingt-cinq ans dans sa sous-pente parisienne, à une époque où le mot « émoji » n’avait pas encore été inventé. Et je veux croire qu’il serait heureux d’écouter Emoji Cœur Noir." A vos casques !


NicolasFalezEtpuisApresOnVerra2024
NicolasFalezEmojiCoeurNoir2026

lundi 28 septembre 2026

Meilleure Erreur - La fille de la côte


La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024. Parti d’Auvergne pour vivre en Angleterre deux années, l’étudiant musicien écrit déjà des chansons fin des années 90 quand il rentre en France pour devenir professeur d’anglais. Ses compositions ont une empreinte pop et folk mélodieuse sur des textes écrits en français dont le style cartes postales est truculent.




Yann qui a une cinquantaine de chansons dans sa besace en 2000, les signe sur ses premiers disques en 2003 avec l’alias Yann Seul. Pas si seul, Yann Pons rencontre Cécile Peyneau qui devient son épouse et sa partenaire en studio. Yann Seul enregistre son opus Yannseul en 2003, suivi en 2005 de Bonnes manières, mauvaise Haleine puis A l’anglaise, album de 2010; Le duo change de nom, désormais La fille de la côte est mis sur les rails dès 2012 et signe un album éponyme en 2015, suivi du second nommé Le Deuxième Soir non plus avec des arrangements concoctés par les auvergnats et amis de Jean-Louis Murat, les musiciens de The Delano Orchestra. Le troisième volet de La fille de la côte, Angoisse et Maracas, paraît en 2020.




Yann Pons, Yann Seul, La fille de la côte, puis Meilleure Erreur, rencontre les musiciens de Clermont-Ferrand, Christophe Pie, Matthieu Lopez, Olivier Perez, le label Kutu Records, les artistes de la Coopé, le Delano dont Guillaume Bongiraud au violoncelle et Julien Quinet à la trompette, les Marshmallows, deviennent des amis. Peu étonnant d’entendre Yann Pons sur la compilation hommage à Jean-Louis Murat de 2022, Aura aime Murat, qui regroupe les meilleurs artistes d’Auvergne. La même année, La fille de la côte signe le disque au titre évocateur : Comment j'ai fui la campagne avec une fille que j'ai trouvée sur la route. A cette occasion, Louis-Marin Renaud qui travaille sur les arrangements de la compilation, rencontre le duo ; dès lors, ils travailleront ensemble.




Meilleure Erreur signe en 2024 l’album du même nom. Suivra l’excellent disque France Abstinence de 2025, puis en février 2026 le disque somptueux Rose morose. Toujours avec la complicité de Louis-Marin Renaud, Cécile et Yann, devenus parisiens, nous offrent un bijou pop garni de plusieurs pistes toutes brillantes. Depuis 25 ans, Yann Pons écrit des chansons subtiles, drôles et émouvantes. L’instrumentation fine et dosée, juste jusqu’au bout des doigts, met dans le mille et le chant cristallin, les mots imagés et poétiques, font honneur à la chanson pop française. Les thèmes pittoresques, les ambiances poppesques font voyager, sourire et danser.




Les leitmotiv dans les paroles sont les paysages, les endroits charmants comme la côte française avec les titres La Baule, Saint-Hilaire, Juan les pins, Les Sables d’Olonne, Bossa Nova Dans Les Dunes, des villes inspirantes comme Paris sur le disque Meilleure Erreur et Los Angeles sur le récent album Rose Morose. Le duo Meilleure erreur est un bonbon indie-pop classé dans le top du chapeau Piggledypop, toutes productions confondues.


MeilleureErreur

vendredi 25 septembre 2026

Robertson


La famille Robertson d’Aberdeen en Ecosse est de retour en mars 2026 avec l’album simplement nommé Robertson. Kevin Robertson, le père, Scott Robertson, le fils, jouent, composent et écrivent des mélopées ensemble depuis 2018. Scott n’a alors que 15 ans quand la famille Robertson met en place le projet Vapour Trails dont je parle ici en 2018 : “ The Vapour Trails est un groupe d'Aberdeen, nouvellement entré dans la sphère indie-pop, avec des compositions jangle-pop efficaces et solides qui sont nourries de leurs influences toutes aussi belles que variées, Johnny Marr, Aztec Camera, Belle and Sebastian, Velvet Underground, Guided By Voices, Wilco et des groupes dont ils s'offrent des reprises savoureuses comme les Teenage Fanclub, House of Love, Byrds, Crosby & Nash ou encore les Beatles. La troupe écossaise est Kev Robertson, leader à la guitare et chant, son fils de 16 ans Scott Robertson et Nicholas Mackie tous les deux guitaristes, Andy Crossan à la basse et Kenny Munro à la batterie.”





Le premier album des Vapour Trails paru en 2019, See You in the Next World., compte des mélodies d’une beauté pop incroyable et il est suivi d’un nouveau petit chef d’oeuvre en 2021, Golden Sunshine, de l’EP de 5 titres On a Beautiful Day en 2023 puis d’un album live rétrospectif Live at Tom’s Volume 1 en 2024. En parallèle, Kevin, au chant, à la guitare électrique, guitare acoustique et claviers, écrit et compose des disques sous son nom, en compagnie toujours de Scott à ses côtés à la guitare électrique, basse, guitare classique et chant et avec Nick Bertling à la batterie, aux guitares, aux claviers et à la production. Kevin et Scott Robertson signent en 2021 l’album Sundown's End, les EP de 5 titres The Four Walls Sessions et Sundown Stripped, en 2022 l’album Teaspoon of Time, en 2023 Magic Spells Abound, en 2024 The Call Of The Sea, en juillet 2025 Yellow Painted Moon et ce printemps 2026, Robertson.




Kevin et Scott qui se partagent la composition, signent des titres qui font danser, avec des rythmes déterminés, des mélodies accrocheuses et une manière de les interpréter qui mesure toutes leurs références. On entend par exemple sur le titre But Today que le père et fils Robertson aiment Love et Big Star. Les notes power-pop sur Birdy In The Window ou sur Smile and Wave font resplendir la britpop des Kinks et des Beatles parsemant les titres de cuivres, d’harmonica, et des cordes comme sur Is It Wrong? ou d’ambiance country comme sur Everything I Wanna See ou Sticking Around.




Il y a une belle âme écossaise qui couronne le tout avec des pa pa pa pop, des chœurs et du cor qui montrent les qualités instrumentales des Robertson et leur dextérité dans l’art de la composition. L'album Robertson est folk, country, power-pop, indie, foisonnant de styles, comme savent si bien les sculpter les deux Robertson prolifiques et Nick Bertling. Les arrangements des écossais sont terriblement harmonieux, les mélodies fort inspirées et l’interprétation fleurie de panache. Robertson est classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop.


Robertson
VapourTrails
VapourTrails2018Piggledypop


The Reed Conservation Society

The Reed Conservation Society, projet musical des deux français Mathieu Blanc et Stéphane Auzenet depuis 2019, rappelle joliment la chanson ...