mardi 22 septembre 2026

Grégoire Jokic

Credits Jeremy Authier

Grégoire Jokic est un compositeur, pianiste virtuose de musique contemporaine, de Caen en Normandie. L’artiste normand entre dans la liste de jeunes pianistes français actuels et modernes au talent néo-classique immarcescible dont font partie Alban Claudin, Yann Tiersen, Rodolphe Menguy, David Kadouch et Thylacine comme l’ont été en leur temps Chopin, Debussy ou plus tard Thierry de Brunhoff, élève de Cortot et surtout de sa mère, Cécile de Brunhoff, professeur de piano et épouse de Jean de Brunhoff (1899-1937), peintre et créateur de Babar.




La France compte donc un nouveau grand pianiste qui, comme ses collègues nommés, croise les arts, met dans ses partitions de la musique contemporaine, des références picturales, littéraires et cinématographiques. Ses compositions, à mi-chemin du classique et de l’électronique, sont aussi aériennes et rythmées que le sont celles des groupes Air ou Phoenix. Le musicien qui apprend à jouer du piano dès ses 6 ans fera d’ailleurs partie de groupes locaux pop et rock quand il sera adolescent. Très vite, il intègre le Conservatoire de Caen, poursuit à Paris Sorbonne, et la composition le mène à sa première auto-production en 2021 avec le disque Kairos. Son morceau Vol de nuit est repéré par le label Berlinois K7! qui le signe sur la compilation Piano Layers Vol 2, paru le 9 décembre 2021 avant d’assurer la première partie de Thylacine (l’angevin William Rezé) à l’Olympia en mars 2022.




Les arrangements que sculpte Grégoire Jokic sont planants et vivifiants. Le compositeur alterne le tempo, fait vibrer son piano et ses claviers, comme un réel artisan de la musique. On entend l’exploration des deux genres classique et contemporain qui se mélangent parcimonieusement tout en offrant du relief et du rythme. Sa deuxième production, Daydreamer, paraît en mars 2025 et c’est d’une beauté marquante. L’artiste de 35 ans enregistre son œuvre dans son home-studio et la produit sur son propre label Kairos Records. On y entend des chœurs, sa propre voix sur Around Us et Together et celle de la chanteuse Nina Versyp sur Gone et Heroe sur Run Away. On perçoit également le très doux son des marteaux, du bois et des cordes de l’instrument, qui offre une belle émotion notamment sur There will be Light. Le charme infini des touches appuyées, des cordes martelées sur le titre Us est aussi touchant que entêtant. J’aime les titres Blow et Lost in the Sky de Grégoire Jokic qui m'accompagnent souvent et font partie de la discographie Piggledypop au même titre que la Ritournelle de Sébastien Tellier et que The Room, Montmartre ou la B.O du film Le comte de Montecristo d’Alban Claudin.


GregoireJokic


jeudi 17 septembre 2026

Eli Moore


Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du groupe LAKE. Co-fondateur, multi-instrumentiste, chanteur et principal auteur-compositeur du groupe aux côtés de son épouse Ashley Eriksson, Elijah "Eli" Moore compose et écrit avec Ashley, se partagent le travail de création pour dix albums : First album (2006), Oh, The Places We'll Go (2008), Let's Build a Roof (2009), Giving and Receiving (2011), Circular Doorway (2013), The World is Real (2013), Forever or Never (2017), Practice Space (2020), Roundelay (2020), Bucolic Gone (2025).




Eli Moore signe le 1er mai 2026 son premier projet solo intitulé The Power Line sur le label Anything Bagel. Magnifique, The Power Line est mené par Eli, aux manettes pour la composition, l’écriture, le chant, les guitares, électrique et acoustique, les claviers et percussions. Ici s’arrête le caractère solitaire car il est fabuleusement entouré par Ashley Eriksson qui l’accompagne à la basse et au mélodica, ainsi que toute une équipe de talents : Lauren Flynn, Mabel Windred-Wornes, Jenn Grant, John Ringhofer, Joelle Berry et Michelle Van Naerseen pour les voix, Stephen Moore aux claviers, Mark Buzard et Nathaniel Talbot aux guitares supplémentaires, Mike Smith aux percussions sur deux titres, Michael Porter à la basse sur un titre, Evan Woodle, Andrew Dorsett et Paul Benson à la batterie. Tous ces artistes se connaissent et originaires d’Olympia dans l'État de Washington, jouent souvent ensemble dans le groupe LAKE ou dans leurs projets respectifs, comme Nathaniel Talbot ou Ever Ending Kicks.




L’album est orné de diverses mélodies folk, pop, disco, riches du collectif d'amis musiciens et du don d’Eli Moore pour donner vie à ses mélopées, en glissant du ‘pa pa pa’ poppeux ou du tambourin dansant sur ses harmonies. The Power Line est coloré de sons, de styles et d’ambiances. C’est un régal du premier au dernier titre. Les mots métaphoriques sont interprétés avec une voix chaleureuse et douce qui s’apparente à celle de Mark Kozelek . Les thèmes, les instrumentations, sont aussi beaux que musicaux, emmenant dans les bois, les pâturages ou sur les rives de l’île Whidbey, à Langley où se trouve le studio d’enregistrement. L’ensemble des chansons qui mêle des airs entêtants, des rythmes savoureux, des partitions intelligentes offre un résultat coloré et voluptueux à l’image de la couverture du disque, une représentation d’une peinture d’Anna Cosper. Doubtless, Salt Taste, Haunted sont poétiques avant le groove de Pays to Love, aux allures seventies.




Les deux titres qui suivent offrent d’une part de l’intimité pudique avec Funny Seeds et du narratif historique avec Geordie, chanson traditionnelle anglo-saxonne d’origine écossaise inspirée d’un chant du XVIIe siècle. La formule chorale du dernier titre Truth is What Feels Good est pleine de charme pour évoquer le terme de la paternité, de la famille et de l’amitié mis en valeur par la profusion de voix, de guitares et de percussions. The Power Line est une production lumineuse et Eli Moore, un artiste qui sait fort joliment distribuer du rêve. A vos casques !


EliMoore

mardi 15 septembre 2026

Family Stereo


Family Stereo est le projet musical de l’anglais Blake Watt. Le musicien offre un univers pop mélodique construit autour d’une folk harmonieuse et des textes narratifs finement ciselés. L'auteur et compositeur de Londres apparaît en 2020 avec la parution du premier EP When the Rain Comes, proposant 3 titres qui démontrent déjà son don pour la composition et l’art d’écrire des textes sur les éléments naturels qui créent illico des émotions. Quand suit le single My Favorite Band, on comprend que le musicien est un passionné et un esthète puisqu’il produit lui-même les titres, joue toutes les lignes d’instruments.




Puis, sortiront les singles Robot Boy en 2022, White Noise Review en 2023 et l’EP de quatre titres Matter dans la foulée. En 2024 paraît sur les plateformes le très beau cinq titres Sometimes the Morning is Different produit par Sam Hodder et mixé par Antonio Tarizzo. Il contient des mélodies solides dans le sillage des Red House Painters ou d’Hayden Besswood. Le single Down the Line, champêtre et ensoleillé, rythmé d’envolées de guitares, dont le son saturé rappelle Weezer ou Eels sort en avril 2025 et depuis Family Stereo travaillera en studio pour enfin signer son premier album paru le 31 juillet 2026 : The Thread.





L’album est beau : le titre Remedy qui l’ouvre montre l’effort d’élégance et la richesse des harmonies dans le jeu de piano. Waiting On Nina est un titre que les radios jouent dès le printemps sans s’y tromper. Pop, mélodique, intelligemment instrumentalisé, le titre accroche l’écoute. La construction intimiste du titre Sea Change, dans la veine de Ben & Jason, est une magnifique ballade, qui alterne dans le tempo comme la bondissante Fault Lines. Suit le titre très émouvant The Thread, où les arpèges de guitare sur la voix scintillante se mélangent avec grâce.





Les éléments et les couleurs comme pour la construction d’un tableau nourrissent le sublime titre Removed où la voix et les mots de Blake complètent la mélodie, elle-même déjà convaincante. La recherche d’alternance est parfaite en écoutant Collapsing, riche de chœurs et de rythmiques, avant le titre DLR qui lui aussi change de tempo. Le chant subtil et les notes sur la chanson Silhouettes on the Hill ornent les arrangements en ascension de rythmes et d’instruments, effet créé pour appuyer l'idée que les mauvais souvenirs disparaissent et que seuls les bons resteront in fine. Three Moon Trail qui suit est mirifique offrant la beauté du leitmotiv : la lune. Le titre Tunnels, grandiose avec son banjo, termine en beauté The Thread qui est classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop. Family Stereo signe chez Bella Union, label londonien de renom, un premier disque de grande qualité. À vos tablettes pour les dates de concerts qui arrivent, ayant commencé au Royaume-Uni dès le 4 septembre : Londres le 17 septembre, Bristol le 22, Manchester le 23 et Glasgow le 24.


FamilyStereo

lundi 14 septembre 2026

Gentle Hen

 @fradubio

Gentle Hen est un groupe originaire de Northampton, dans le Massachusetts, emmené par l'auteur-compositeur-interprète Henning Ohlenbusch. Auparavant connu sous le nom de School for the Dead, le groupe a changé de nom en 2014. Le quatuor joue des mélopées indie-pop sous la houlette de Henning dont les textes sont fleuris de poésie pour évoquer ses expériences ou raconter des histoires hautes en couleurs comme sur ses albums en solo The Dream Is to Dream, Looks Like I'm Tall ou Henning Goes to the Movies. En groupe, le muli-instrumentiste a joué avec Sitting Next to Brian, Bourgeois Heroes et Goldwater the Second, a suivi la tournée du groupe Polaris, connu après avoir signé la bande originale de la série télévisée des années 90 The Adventures of Pete & Pete et participe toujours au projet The Fawns comme guitariste et producteur.




Les quatre musiciens de Gentle Hen Max Germer à la basse, Brian Marchese à la batterie, Ken Maiuri aux claviers et à la guitare et Henning Ohlenbusch au chant, écriture, claviers et guitares, se connaissent depuis le début des années 2000 et signent le premier EP The Chain en 2003 avec le titre poppy Uncomfortable, The New You en 2004 et A Telephone Built for Two en 2008. 23 ans plus tard, les quatre amis sont toujours aussi inspirés et productifs, sans pantoufles de “confort” et signeront le fabuleux Wink le 25 septembre 2026 comprenant le magnifique et émouvant titre Comfort Zone.




La discographie comptant les productions de Henning est garnie : Looks Like I'm Tall en 2006, Henning Goes to the Movies en 2011, l’album Tribute à Mark Mulcahy pour lequel Henning Olhenbusch joue tous les instruments ( basse, guitare, batterie, orgue, synthétiseur, guitares), The Bells on the Boats on the Bay en 2016 suivi la même année de Another Sleepless Nap, Sneaking Up on the Moon en 2017, Be Nice to Everyone en 2018, The Whole Point of the Trip en 2023 et The Wrong Record en 2025.




Je terminais ma chronique sur Gentle Hen en juillet dernier ainsi “Henning signe en mars 2026 son sublime album solo Almost Always Overwhelmed et continue de sculpter des harmonies pop avec son groupe Gentle Hen qui signe ce 24 juillet 2026 le titre estival Let's Stay up to Watch the Sunrise, classé fissa dans le top des productions 2026 tant The Gentle Hen nous emporte dans son univers jangle, indie et pop rock. Le multi-instrumentiste Henning Ohlenbusch, aux manettes de nombreux projets, domine par son humilité touchante tant sa constellation de créations est mêlée de solidité et d’inspiration joyeuse. À suivre la prochaine parution de l’album Wink !” ... On y est! Wink sort dans quelques jours et ayant eu la chance de l'écouter plusieurs fois déjà, je le désigne comme un véritable petit chef d'œuvre des productions indie-pop 2026. A vos casques !


GentleHen

Grégoire Jokic

Credits Jeremy Authier Grégoire Jokic est un compositeur, pianiste virtuose de musique contemporaine, de Caen en Normandie. L’artiste norman...