mardi 20 octobre 2026

Nesles


Florent Bigot de Nesles alias Nesles est un auteur-compositeur et interprète français qui apparaît en 2006 avec son premier album pop Meilleur ordinaire garni de 15 chansons mélodieuses, dansantes, comptant des textes appliqués, des paroles joliment semées et si imagées qu’elles offrent d’emblée des atmosphères. Avec du mordant, du cru, ou du langage poétique désarmant, des descriptions de la nature si belles qu’elles en deviennent tangibles, Nesles compose des mélodies au style unique depuis 20 ans, au registre proche de celui de Dominique A, de Jean-Louis Murat et de Rodolphe Burger. En parallèle, Florent Bigot assure une autre corde à son arc, étant comédien avec dans son palmarès, du théatre, des longs métrages, D’artagnan (2000), Ma femme est une actrice (2001), Gabrielle (2004), Sagan (2007), Les Lyonnais (2010), Violette (2012), Ceux qui comptent (2025) et une trentaine de série dont Versailles, le rêve d’un roi (2007), Profilage, Interpol, Engrenages, Boulevard du Palais, Section de recherches, Tandem, La guerre des trônes, FBI international, Paris Police 1910, etcetera.




En 2009, il signe le second disque Krank suivi de Lazy Parfait Junker (a french gentleman lost in the country) en 2012, disque aux atours rock et de l’EP de 5 titres, La pluie s’est arrêtée en 2014. Celui-ci nous propose un voyage dans le temps au travers d’un paysage verdoyant, pluvieux, que l’on retrouve sur le fabuleux disque de 2017 Permafrost. Sélectionné par FIP, les amis chroniqueurs du site Indiepoprock étaient dithyrambiques : “Attention chef d'œuvre en approche. ‘Permafrost’ s’annonce comme un album majeur, de ceux qui frappent le temps de leur empreinte indélébile.”




En 2017 paraît Baazaar, comptant 20 titres dont une reprise de Territoire de l’infini de Gérard Manset. Côté territoire, le domaine de création de Florent Bigot comporte la singularité de la longueur des chansons. Aucune ne porte de schéma spécifique. Chaque titre offre son propre univers, où gambadent des cordes de violons, de guitares à foison, où les mots griffent et caressent, comme des histoires ou des messages aux hommes, à la France, sous tous ses contours. Voulant en partir sur le titre “quitter la France” ou vantant ses mérites sur le disque Permafrost, le titre Chardons par exemple nous en donne la mesure : Nesles en est un maillon artistique essentiel tout en restant un élément libre.




Musicien de grand talent, compositeur multi-instrumentiste, (guitare électrique, folk, basse, synthétiseur, theremine, rythmiques et programmation), Nesles nous emmène dans son univers grâce à ses accords de guitare mariés aux harmonies de sa voix envoûtante, mystérieuse et familière à la fois. Entre Sisyphe, Cassandre, Faust, Pégase, c’est avec ses références mythologiques que le troubadour revient en 2021 avec le somptueux Arsenic sur lequel on retrouve ses musiciens fidèles, Fabrice Lacroix à la batterie, Marwen Kammarti au violon et à l’orgue, Didier Pouydesseau au mixage et une invitée admirable, Armelle Pioline du groupe Holden qui partage le titre Spleen, titre magnifique à l’âme baudelairienne.




En 2025, l'artiste parisien propose son tout nouvel album Barocco aussi beau, vaporeux et puissant que les disques précédents. Barocco fait du bien aux oreilles et crée de la joie au travers de ses mélodies, ses instrumentations fines, ses arrangements bruts et chauds, ses thèmes émouvants qui font oublier les horreurs, les violences, les vulgarités contemporaines dans la musique, les arts et dans bien des ailleurs. Il reste heureusement des oasis d’oxygène et de beauté comme celle créée par Nesles depuis vingt ans, ronde de notes et de mots qui ont de la consistance et de la résonance, classé dans le chapeau des productions sur Piggledypop.


Nesles

vendredi 16 octobre 2026

Boris Maurussane


Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l’aile du label Hot Puma Records. Boris Maurussane n’est pas un débutant puisqu’il joue auparavant avec d’autres artistes tels Athanase Granson ou Domotic. C’est en mars 2022 que le musicien part à l’aventure solo avec son premier single luxuriant Riverbank. Son style pop psyché sixties est dans la veine de Mehdi Zannad, Orwell, les High Llamas et bien sûr, trait d’union entre eux, dans le sillon des Beach Boys.




Ses mélopées sont délicieusement psychédéliques, alternatives, et finement orchestrées de cuivres et cordes. Dès les premières notes s’entend son inspiration et ses influences anglo-saxonnes des années Radio Caroline. Son opus de 12 titres Social Kaleidoscope paraît au mois de mai 2022 et il s’ouvre sur un morceau mirifique aux chœurs et aux cordes délicates. Le titre Your Life is Full of Leaves et ses petits bonds dans les accords nous invite illico dans un kaléidoscope d’harmonies porteur d’âme sixties, à la sauce contemporaine avec les synthétiseurs solaires pop. Les surfeurs californiens, la bossa brésilienne ne sont pas loin à l’écoute des dansants Social Kaleidoscope et Hawaï, où Julien Gasc vient assurer l'orgue Vox.




Les titres ornés d’orgue Vox, de basse, de guitares électriques, acoustiques, 12 cordes, harmonica, synthétiseurs assurés par Boris, sont aussi fleuris d’une instrumentation foisonnante: flûte traversière (Emma Broughton), clarinette (Lionel Milin), trompette (Gabriel Nauleau), cor (Nina Daigremont), hautbois (Nathalie Petibon), piano et épinette (Julia Marty et Sandrine Marchetti), basse sur Hawai (Laurent Talon), basson (Stéphane Tammy), trombone (Dick Turner), violoncelle (Louise Audubert), violon (Yannis Roger), alto (Tania-Lio Faucon), percussions (Stéphane Laporte) et batterie (Stéphane Bellity alias Ricky Hollywood et Jean Thévenin alias Jaune, tous deux chroniqués sur Piggledypop).




L’artiste multi-instrumentiste revient cet été avec son magnifique album Tears of English Towns, automnal et lumineux de mélodies. L’instrumentation est aussi fort belle et fournie, comptant dans les chœurs des artistes amis de Boris Maurussane : Mehdi Zannad, Julien Gasc, Athanase Granson, Sonia Cordier, Nina Savary, Enid Valu et Cathy Lucas. Les 14 pépites sont addictives et inspirées, offrant des paroles chevaleresques qui hument les sérénades romantiques au balcon. Les chansons comme Sur Pilotis ou Tears of English Towns sont des petits chefs d'œuvre de pop élégante, de réelles créations d’émotions et de belles vibrations. The End (Is On Its Way) joliment orchestrée et sculptée se classe à mes yeux dans le même chapeau que les excellents bonbons de Bertrand Burgalat, Harry Nilsson, John Randolph Marr, Emitt Rhodes ou The King of Luxembourg. Tears of English Town du nouveau Cyrano de la sunshine pop Boris Maurussane est un bijou de chamber pop fondamental dans une discographie de bon ton. A vos casques !


BorisMaurussane

mercredi 14 octobre 2026

The Reed Conservation Society


The Reed Conservation Society, projet musical des deux français Mathieu Blanc et Stéphane Auzenet depuis 2019, rappelle joliment la chanson des Kinks bien connue. Le choix de nom de groupe inspire d’emblée confiance aux amateurs de pop. J’écris sur lui en 2024 : “The Reed Conservation Society est le projet de Stéphane Auzenet et de Mathieu Blanc, apparus en 2019 avec un premier disque de 6 titres EP1 où est invitée Lonny pour partager le titre Holly Mood, suivi en 2020 de EP2 comprenant lui aussi 6 titres, arrangé par Yann Arnaud et de EP3 en 2021 comptant 7 titres . L’univers des français, les paroles en anglais griffées par Stéphane, rappellent plusieurs thèmes dont la musique, la nature et les sentiments. Tout le cocktail britpop est offert sur les mélopées électro-acoustiques comme sur le jazzy Give me a Reason où les harmonies de voix font penser aux Beatles, les arpèges de guitares à Lou Reed, aux Kinks, aux Lucksmiths et la présence des cuivres, à des références indie-pop comme Love, Brighter ou les Pale Fountains. (Pochettes des 3 Ep : peintures de Barbara Chwast).”


La suite par ici 👉 TheReedConservationSocietyPiggledyPop2024



Le quatuor parisien produit cet été un nouvel album scintillant, Sing a Song That Never Ends, paru le 26 juin 2026. Contrairement à l’album précédent La société de préservation du roseau, entièrement écrit en français, celui-ci est en anglais avec la participation d’artistes de Brighton. La production est un bonbon qu’on savoure dès le premier titre I Keep the Thorns Right in My Chest. Évoquant une séparation, l’instrumentation est brodée de cuivres et de cordes. Le thème est poursuivi sur Sainte-Marine où le tempo légèrement boogie, offert par les ballets de batterie de Cédric Bermonde et la basse de Nicolas Pain, donne du mouvement. L’ensemble écrit et composé par Stéphane Auzenet au chant et à la guitare et par Mathieu Blanc à la trompette, à la guitare et aux arrangements est délicieusement alternatif. Le titre romantique The Kruize est orné de synthétiseurs et d’une trompette taquine sur le duo des voix de Stéphane et de Natasha Penot donnant un effet serein, comme un étale de marée.




La trompette de Mathieu sur les chœurs sixties du titre Bucky Jay ramène à la mémoire les illustres groupes de Sarah Records tels que Blueboy, The Field Mice et plus proches dans le temps, C Duncan, The Butcher Boy ou les Math and Physics Club. Toutes les influences C86 de The Reed Preservation Society se devinent et s’estiment. La mélodieuse If I Could Change Myself into Water et son piano majestueux fait des loopings dans les effets de voix donnant une sensation de balancement maritime. Le travail du son et de la production assuré par Yann Arnaud est brillant, comme toujours. A l’écoute d’Elvis has left the Building, où les claviers se marient au piano, les guitares à la basse, avec un ensemble de cordes qui se glisse délicatement sur l’ensemble intelligemment dosé, l’émotion est de mise. Le titre I wish you were much more than an affair est une mélopée ronde de charme, dont la douceur est suivie par le panache de Goldfish with Glitter Gleam, animée par la trompette et la guitare électrique. Pop et rythmé, le tempo dynamique donne bel et bien envie de danser.




Le leitmotiv du disque est la déception amoureuse, la rupture et les coups d’épée dans l’eau sentimentale, décrit derechef sur le titre Whistle in the Tree emmenée par la gracieuse voix de Rosie Brown. Le disque se termine avec Modesty of Heart, qui parle d’un couple qui se rencontre pendant que le conteur, lui, reste seul sur des harmonies magnifiques hispaniques mêlées de violons et de trompettes. Classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop, l’album Sing a Song That Never Ends des The Reed Conservation Society est un petit chef d’oeuvre pop. Signé chez Hot Puma Records le label de Sergio Taronna, le disque propose une pochette dessinée et peinte par les enfants de Stéphane Auzenet. A vos casques !


TheReedConservationSociety

lundi 12 octobre 2026

Nicolas Falez


Nicolas Falez est un auteur-compositeur et interprète français. Il apparaît il y a déjà 30 ans, avec son premier projet nommé Superflu. Nicolas est aussi, hors les planches et les studios d’enregistrement, journaliste depuis la même brochette de temps pour RFI (Radio France Internationale). C’est à Lille que l’artiste apparaît en 1994, il a alors 23 ans et jeune journaliste, il sillonne avec Sonia Bricout et Sébastien Drique, ses deux autres compères de Superflu, issus également de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, les meilleures scènes indie-pop françaises. Puis il s’installe à Paris, garnissant ses mélopées de références sur la capitale, dont l’emblématique Métropolitain.





Nicolas est guitariste, écrit et compose des airs doux et intimistes qui accrochent nos oreilles de fans dès le premier album Et puis après on verra bien paru en 1997. Viennent se joindre au groupe le violoniste Gilles Costantini et le bassiste Gauthier Montury. Nicolas et sa troupe signent en 2000 l’excellent disque Tchin Tchin. Superflu nous fait un magnifique cadeau en 2024 avec la réédition de leur opus Et puis après on verra bien.




En 2007 le disque La Chance paraît et viennent se joindre à Superflu, le multi-instrumentiste et arrangeur Hugo Cechosz, musicien de Eiffel et de Miossec, entre autres, et le batteur Michaël Lefort. Après un long hiatus musical dû à son activité professionnelle, Nicolas Falez revient en 2014 avec son deuxième projet Fontaine Wallace. Ce nom est familier aux parisiens, puisqu’il s’agit du nom des fontaines qui parsèment la ville. Nous en avons obligatoirement eu une dans notre quartier. Il y en a plus de cent dans la capitale française, ingénieusement créées et aimablement offertes par le britannique Sir Richard Wallace en 1870 et sculptées par Charles-Auguste Lebourg à un moment d’une grave pénurie d’eau dans la ville.




Fontaine Wallace compte donc son auteur-compositeur Nicolas au chant et à la guitare, entouré de Cécile Beguery à la basse, de Fabrice de Battista aux claviers et de Ludovic Morillon à la batterie (musicien de Yann Tiersen et du groupe Luke). Fabrice connait bien Nicolas Falez depuis leur participation en 2007 au fabuleux disque Soulful Music du groupe Shine conduit par Guillaume Simon. Les amis travaillent sur le premier album éponyme Fontaine Wallace en 2018 qui sera suivi du disque Le Projet en 2021. En plus de distribuer des particules d’âme du label Village Vert et du désormais label Microcultures, le style de Nicolas Falez, sa manière de modeler ses mélodies avec finesse et son grain de voix de velours se retrouvent sur ces deux bijoux indie-pop.




Fleuries de mots aussi codés que poétiques, les compositions du musicien forment des airs fort mélodieux et alternatifs qui délivrent de la beauté, de la délicatesse précieuse. L’auteur-compositeur signe des chansons sentimentales, amoureuses, avec des mots irisés charmants sur des accords langoureux ou passionnés. 30 années plus tard, Nicolas Falez est toujours inspiré quand il décide de réunir une ribambelle d’artistes autour de lui pour son troisième projet Signal Faible, fourmillant de ses compositions. Le collectif compte Thomas Van Cottom (Cabane), Adam Snyder (Mercury Rev), Christian Quermalet (The Married Monk), Arlt, Thomas Rocton (The Married Monk), Jérôme Castel (basse, guitare) mais aussi Bertrand Betsch, Alexandre Delano, Julie Gasnier, Gontard, Lonny, Nesles, Julien Orso-Jesenska, Silvain Vanot et l’écrivaine musicienne Julie Bonnie. Projet amical, les artistes se sont joints à Nicolas Falez chez lui en Mayenne, où les sessions d’enregistrements sont faites à la maison.




Egalement enregistré dans le bocage mayennais, le prochain disque de Signal Faible, Emoji Coeur Noir, paraîtra le 11 décembre 2026 prochain. Nicolas Falez en parle ainsi “C’est mon septième disque depuis Et puis après on verra bien de Superflu. Je pense au jeune homme un peu brouillon qui écrivait il y a vingt-cinq ans dans sa sous-pente parisienne, à une époque où le mot « émoji » n’avait pas encore été inventé. Et je veux croire qu’il serait heureux d’écouter Emoji Cœur Noir." A vos casques !


NicolasFalezEtpuisApresOnVerra2024
NicolasFalezEmojiCoeurNoir2026

Nesles

Florent Bigot de Nesles alias Nesles est un auteur-compositeur et interprète français qui apparaît en 2006 avec son premier album pop Meille...