vendredi 16 octobre 2026

Boris Maurussane


Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l’aile du label Hot Puma Records. Boris Maurussane n’est pas un débutant puisqu’il joue auparavant avec d’autres artistes tels Athanase Granson ou Domotic. C’est en mars 2022 que le musicien part à l’aventure solo avec son premier single luxuriant Riverbank. Son style pop psyché sixties est dans la veine de Mehdi Zannad, Orwell, les High Llamas et bien sûr, trait d’union entre eux, dans le sillon des Beach Boys.




Ses mélopées sont délicieusement psychédéliques, alternatives, et finement orchestrées de cuivres et cordes. Dès les premières notes s’entend son inspiration et ses influences anglo-saxonnes des années Radio Caroline. Son opus de 12 titres Social Kaleidoscope paraît au mois de mai 2022 et il s’ouvre sur un morceau mirifique aux chœurs et aux cordes délicates. Le titre Your Life is Full of Leaves et ses petits bonds dans les accords nous invite illico dans un kaléidoscope d’harmonies porteur d’âme sixties, à la sauce contemporaine avec les synthétiseurs solaires pop. Les surfeurs californiens, la bossa brésilienne ne sont pas loin à l’écoute des dansants Social Kaleidoscope et Hawaï, où Julien Gasc vient assurer le chant.




Les titres ornés d’orgue Vox, de basse, de guitares électriques, acoustiques, 12 cordes, harmonica, synthétiseurs assurés par Boris, sont aussi fleuris d’une instrumentation foisonnante: flûte traversière (Emma Broughton), clarinette (Lionel Milin), trompette (Gabriel Nauleau), cor (Nina Daigremont), hautbois (Nathalie Petibon), piano et épinette (Julia Marty et Sandrine Marchetti), basse sur Hawai (Laurent Talon), basson (Stéphane Tammy), trombone (Dick Turner), violoncelle (Louise Audubert), violon (Yannis Roger), alto (Tania-Lio Faucon), percussions (Stéphane Laporte) et batterie (Stéphane Bellity alias Ricky Hollywood et Jean Thévenin alias Jaune, tous deux chroniqués sur Piggledypop).




L’artiste multi-instrumentiste revient cet été avec son magnifique album Tears of English Towns, automnal et lumineux de mélodies. L’instrumentation est aussi fort belle et fournie, comptant dans les chœurs des artistes amis de Boris Maurussane : Mehdi Zannad, Julien Gasc, Athanase Granson, Sonia Cordier, Nina Savary, Enid Valu et Cathy Lucas. Les 14 pépites sont addictives et inspirées, offrant des paroles chevaleresques qui hument les sérénades romantiques au balcon. Les chansons comme Sur Pilotis ou Tears of English Towns sont des petits chefs d'œuvre de pop élégante, de réelles créations d’émotions et de belles vibrations. The End (Is On Its Way) joliment orchestrée et sculptée se classe à mes yeux dans le même chapeau que les excellents bonbons de Bertrand Burgalat, Harry Nilsson, John Randolph Marr, Emitt Rhodes ou The King of Luxembourg. Tears of English Towns du nouveau Cyrano de la sunshine pop Boris Maurussane est un bijou de chamber pop fondamental dans une discographie de bon ton. A vos casques !


BorisMaurussane

mercredi 14 octobre 2026

The Reed Conservation Society


The Reed Conservation Society, projet musical des deux français Mathieu Blanc et Stéphane Auzenet depuis 2019, rappelle joliment la chanson des Kinks bien connue. Le choix de nom de groupe inspire d’emblée confiance aux amateurs de pop. J’écris sur lui en 2024 : “The Reed Conservation Society est le projet de Stéphane Auzenet et de Mathieu Blanc, apparus en 2019 avec un premier disque de 6 titres EP1 où est invitée Lonny pour partager le titre Holly Mood, suivi en 2020 de EP2 comprenant lui aussi 6 titres, arrangé par Yann Arnaud et de EP3 en 2021 comptant 7 titres . L’univers des français, les paroles en anglais griffées par Stéphane, rappellent plusieurs thèmes dont la musique, la nature et les sentiments. Tout le cocktail britpop est offert sur les mélopées électro-acoustiques comme sur le jazzy Give me a Reason où les harmonies de voix font penser aux Beatles, les arpèges de guitares à Lou Reed, aux Kinks, aux Lucksmiths et la présence des cuivres, à des références indie-pop comme Love, Brighter ou les Pale Fountains. (Pochettes des 3 Ep : peintures de Barbara Chwast).”


La suite par ici 👉 TheReedConservationSocietyPiggledyPop2024



Le quatuor parisien produit cet été un nouvel album scintillant, Sing a Song That Never Ends, paru le 26 juin 2026. Contrairement à l’album précédent La société de préservation du roseau, entièrement écrit en français, celui-ci est en anglais avec la participation d’artistes de Brighton. La production est un bonbon qu’on savoure dès le premier titre I Keep the Thorns Right in My Chest. Évoquant une séparation, l’instrumentation est brodée de cuivres et de cordes. Le thème est poursuivi sur Sainte-Marine où le tempo légèrement boogie, offert par les ballets de batterie de Cédric Bermonde et la basse de Nicolas Pain, donne du mouvement. L’ensemble écrit et composé par Stéphane Auzenet au chant et à la guitare et par Mathieu Blanc à la trompette, à la guitare et aux arrangements est délicieusement alternatif. Le titre romantique The Kruize est orné de synthétiseurs et d’une trompette taquine sur le duo des voix de Stéphane et de Natasha Penot donnant un effet serein, comme un étale de marée.




La trompette de Mathieu sur les chœurs sixties du titre Bucky Jay ramène à la mémoire les illustres groupes de Sarah Records tels que Blueboy, The Field Mice et plus proches dans le temps, C Duncan, The Butcher Boy ou les Math and Physics Club. Toutes les influences C86 de The Reed Preservation Society se devinent et s’estiment. La mélodieuse If I Could Change Myself into Water et son piano majestueux fait des loopings dans les effets de voix donnant une sensation de balancement maritime. Le travail du son et de la production assuré par Yann Arnaud est brillant, comme toujours. A l’écoute d’Elvis has left the Building, où les claviers se marient au piano, les guitares à la basse, avec un ensemble de cordes qui se glisse délicatement sur l’ensemble intelligemment dosé, l’émotion est de mise. Le titre I wish you were much more than an affair est une mélopée ronde de charme, dont la douceur est suivie par le panache de Goldfish with Glitter Gleam, animée par la trompette et la guitare électrique. Pop et rythmé, le tempo dynamique donne bel et bien envie de danser.




Le leitmotiv du disque est la déception amoureuse, la rupture et les coups d’épée dans l’eau sentimentale, décrit derechef sur le titre Whistle in the Tree emmenée par la gracieuse voix de Rosie Brown. Le disque se termine avec Modesty of Heart, qui parle d’un couple qui se rencontre pendant que le conteur, lui, reste seul sur des harmonies magnifiques hispaniques mêlées de violons et de trompettes. Classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop, l’album Sing a Song That Never Ends des The Reed Conservation Society est un petit chef d’oeuvre pop. Signé chez Hot Puma Records le label de Sergio Taronna, le disque propose une pochette dessinée et peinte par les enfants de Stéphane Auzenet. A vos casques !


TheReedConservationSociety

lundi 12 octobre 2026

Nicolas Falez


Nicolas Falez est un auteur-compositeur et interprète français. Il apparaît il y a déjà 30 ans, avec son premier projet nommé Superflu. Nicolas est aussi, hors les planches et les studios d’enregistrement, journaliste depuis la même brochette de temps pour RFI (Radio France Internationale). C’est à Lille que l’artiste apparaît en 1994, il a alors 23 ans et jeune journaliste, il sillonne avec Sonia Bricout et Sébastien Drique, ses deux autres compères de Superflu, issus également de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, les meilleures scènes indie-pop françaises. Puis il s’installe à Paris, garnissant ses mélopées de références sur la capitale, dont l’emblématique Métropolitain.





Nicolas est guitariste, écrit et compose des airs doux et intimistes qui accrochent nos oreilles de fans dès le premier album Et puis après on verra bien paru en 1997. Viennent se joindre au groupe le violoniste Gilles Costantini et le bassiste Gauthier Montury. Nicolas et sa troupe signent en 2000 l’excellent disque Tchin Tchin. Superflu nous fait un magnifique cadeau en 2024 avec la réédition de leur opus Et puis après on verra bien.




En 2007 le disque La Chance paraît et viennent se joindre à Superflu, le multi-instrumentiste et arrangeur Hugo Cechosz, musicien de Eiffel et de Miossec, entre autres, et le batteur Michaël Lefort. Après un long hiatus musical dû à son activité professionnelle, Nicolas Falez revient en 2014 avec son deuxième projet Fontaine Wallace. Ce nom est familier aux parisiens, puisqu’il s’agit du nom des fontaines qui parsèment la ville. Nous en avons obligatoirement eu une dans notre quartier. Il y en a plus de cent dans la capitale française, ingénieusement créées et aimablement offertes par le britannique Sir Richard Wallace en 1870 et sculptées par Charles-Auguste Lebourg à un moment d’une grave pénurie d’eau dans la ville.




Fontaine Wallace compte donc son auteur-compositeur Nicolas au chant et à la guitare, entouré de Cécile Beguery à la basse, de Fabrice de Battista aux claviers et de Ludovic Morillon à la batterie (musicien de Yann Tiersen et du groupe Luke). Fabrice connait bien Nicolas Falez depuis leur participation en 2007 au fabuleux disque Soulful Music du groupe Shine conduit par Guillaume Simon. Les amis travaillent sur le premier album éponyme Fontaine Wallace en 2018 qui sera suivi du disque Le Projet en 2021. En plus de distribuer des particules d’âme du label Village Vert et du désormais label Microcultures, le style de Nicolas Falez, sa manière de modeler ses mélodies avec finesse et son grain de voix de velours se retrouvent sur ces deux bijoux indie-pop.




Fleuries de mots aussi codés que poétiques, les compositions du musicien forment des airs fort mélodieux et alternatifs qui délivrent de la beauté, de la délicatesse précieuse. L’auteur-compositeur signe des chansons sentimentales, amoureuses, avec des mots irisés charmants sur des accords langoureux ou passionnés. 30 années plus tard, Nicolas Falez est toujours inspiré quand il décide de réunir une ribambelle d’artistes autour de lui pour son troisième projet Signal Faible, fourmillant de ses compositions. Le collectif compte Thomas Van Cottom (Cabane), Adam Snyder (Mercury Rev), Christian Quermalet (The Married Monk), Arlt, Thomas Rocton (The Married Monk), Jérôme Castel (basse, guitare) mais aussi Bertrand Betsch, Alexandre Delano, Julie Gasnier, Gontard, Lonny, Nesles, Julien Orso-Jesenska, Silvain Vanot et l’écrivaine musicienne Julie Bonnie. Projet amical, les artistes se sont joints à Nicolas Falez chez lui en Mayenne, où les sessions d’enregistrements sont faites à la maison.




Egalement enregistré dans le bocage mayennais, le prochain disque de Signal Faible, Emoji Coeur Noir, paraîtra le 11 décembre 2026 prochain. Nicolas Falez en parle ainsi “C’est mon septième disque depuis Et puis après on verra bien de Superflu. Je pense au jeune homme un peu brouillon qui écrivait il y a vingt-cinq ans dans sa sous-pente parisienne, à une époque où le mot « émoji » n’avait pas encore été inventé. Et je veux croire qu’il serait heureux d’écouter Emoji Cœur Noir." A vos casques !


NicolasFalezEtpuisApresOnVerra2024
NicolasFalezEmojiCoeurNoir2026

lundi 28 septembre 2026

Meilleure Erreur - La fille de la côte


La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024. Parti d’Auvergne pour vivre en Angleterre deux années, l’étudiant musicien écrit déjà des chansons fin des années 90 quand il rentre en France pour devenir professeur d’anglais. Ses compositions ont une empreinte pop et folk mélodieuse sur des textes écrits en français dont le style cartes postales est truculent.




Yann qui a une cinquantaine de chansons dans sa besace en 2000, les signe sur ses premiers disques en 2003 avec l’alias Yann Seul. Pas si seul, Yann Pons rencontre Cécile Peyneau qui devient son épouse et sa partenaire en studio. Yann Seul enregistre son opus Yannseul en 2003, suivi en 2005 de Bonnes manières, mauvaise Haleine puis A l’anglaise, album de 2010; Le duo change de nom, désormais La fille de la côte est mis sur les rails dès 2012 et signe un album éponyme en 2015, suivi du second nommé Le Deuxième Soir non plus avec des arrangements concoctés par les auvergnats et amis de Jean-Louis Murat, les musiciens de The Delano Orchestra. Le troisième volet de La fille de la côte, Angoisse et Maracas, paraît en 2020.




Yann Pons, Yann Seul, La fille de la côte, puis Meilleure Erreur, rencontre les musiciens de Clermont-Ferrand, Christophe Pie, Matthieu Lopez, Olivier Perez, le label Kutu Records, les artistes de la Coopé, le Delano dont Guillaume Bongiraud au violoncelle et Julien Quinet à la trompette, les Marshmallows, deviennent des amis. Peu étonnant d’entendre Yann Pons sur la compilation hommage à Jean-Louis Murat de 2022, Aura aime Murat, qui regroupe les meilleurs artistes d’Auvergne. La même année, La fille de la côte signe le disque au titre évocateur : Comment j'ai fui la campagne avec une fille que j'ai trouvée sur la route. A cette occasion, Louis-Marin Renaud qui travaille sur les arrangements de la compilation, rencontre le duo ; dès lors, ils travailleront ensemble.




Meilleure Erreur signe en 2024 l’album du même nom. Suivra l’excellent disque France Abstinence de 2025, puis en février 2026 le disque somptueux Rose morose. Toujours avec la complicité de Louis-Marin Renaud, Cécile et Yann, devenus parisiens, nous offrent un bijou pop garni de plusieurs pistes toutes brillantes. Depuis 25 ans, Yann Pons écrit des chansons subtiles, drôles et émouvantes. L’instrumentation fine et dosée, juste jusqu’au bout des doigts, met dans le mille et le chant cristallin, les mots imagés et poétiques, font honneur à la chanson pop française. Les thèmes pittoresques, les ambiances poppesques font voyager, sourire et danser.




Les leitmotiv dans les paroles sont les paysages, les endroits charmants comme la côte française avec les titres La Baule, Saint-Hilaire, Juan les pins, Les Sables d’Olonne, Bossa Nova Dans Les Dunes, des villes inspirantes comme Paris sur le disque Meilleure Erreur et Los Angeles sur le récent album Rose Morose. Le duo Meilleure erreur est un bonbon indie-pop classé dans le top du chapeau Piggledypop, toutes productions confondues.


MeilleureErreur

vendredi 25 septembre 2026

Robertson


La famille Robertson d’Aberdeen en Ecosse est de retour en mars 2026 avec l’album simplement nommé Robertson. Kevin Robertson, le père, Scott Robertson, le fils, jouent, composent et écrivent des mélopées ensemble depuis 2018. Scott n’a alors que 15 ans quand la famille Robertson met en place le projet Vapour Trails dont je parle ici en 2018 : “ The Vapour Trails est un groupe d'Aberdeen, nouvellement entré dans la sphère indie-pop, avec des compositions jangle-pop efficaces et solides qui sont nourries de leurs influences toutes aussi belles que variées, Johnny Marr, Aztec Camera, Belle and Sebastian, Velvet Underground, Guided By Voices, Wilco et des groupes dont ils s'offrent des reprises savoureuses comme les Teenage Fanclub, House of Love, Byrds, Crosby & Nash ou encore les Beatles. La troupe écossaise est Kev Robertson, leader à la guitare et chant, son fils de 16 ans Scott Robertson et Nicholas Mackie tous les deux guitaristes, Andy Crossan à la basse et Kenny Munro à la batterie.”





Le premier album des Vapour Trails paru en 2019, See You in the Next World., compte des mélodies d’une beauté pop incroyable et il est suivi d’un nouveau petit chef d’oeuvre en 2021, Golden Sunshine, de l’EP de 5 titres On a Beautiful Day en 2023 puis d’un album live rétrospectif Live at Tom’s Volume 1 en 2024. En parallèle, Kevin, au chant, à la guitare électrique, guitare acoustique et claviers, écrit et compose des disques sous son nom, en compagnie toujours de Scott à ses côtés à la guitare électrique, basse, guitare classique et chant et avec Nick Bertling à la batterie, aux guitares, aux claviers et à la production. Kevin et Scott Robertson signent en 2021 l’album Sundown's End, les EP de 5 titres The Four Walls Sessions et Sundown Stripped, en 2022 l’album Teaspoon of Time, en 2023 Magic Spells Abound, en 2024 The Call Of The Sea, en juillet 2025 Yellow Painted Moon et ce printemps 2026, Robertson.




Kevin et Scott qui se partagent la composition, signent des titres qui font danser, avec des rythmes déterminés, des mélodies accrocheuses et une manière de les interpréter qui mesure toutes leurs références. On entend par exemple sur le titre But Today que le père et fils Robertson aiment Love et Big Star. Les notes power-pop sur Birdy In The Window ou sur Smile and Wave font resplendir la britpop des Kinks et des Beatles parsemant les titres de cuivres, d’harmonica, et des cordes comme sur Is It Wrong? ou d’ambiance country comme sur Everything I Wanna See ou Sticking Around.




Il y a une belle âme écossaise qui couronne le tout avec des pa pa pa pop, des chœurs et du cor qui montrent les qualités instrumentales des Robertson et leur dextérité dans l’art de la composition. L'album Robertson est folk, country, power-pop, indie, foisonnant de styles, comme savent si bien les sculpter les deux Robertson prolifiques et Nick Bertling. Les arrangements des écossais sont terriblement harmonieux, les mélodies fort inspirées et l’interprétation fleurie de panache. Robertson est classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop.


Robertson
VapourTrails
VapourTrails2018Piggledypop


mardi 22 septembre 2026

Grégoire Jokic

Credits Jeremy Authier

Grégoire Jokic est un compositeur, pianiste virtuose de musique contemporaine, de Caen en Normandie. L’artiste normand entre dans la liste de jeunes pianistes français actuels et modernes au talent néo-classique immarcescible dont font partie Alban Claudin, Yann Tiersen, Rodolphe Menguy, David Kadouch et Thylacine comme l’ont été en leur temps Chopin, Debussy ou plus tard Thierry de Brunhoff, élève de Cortot et surtout de sa mère, Cécile de Brunhoff, professeur de piano et épouse de Jean de Brunhoff (1899-1937), peintre et créateur de Babar.




La France compte donc un nouveau grand pianiste qui, comme ses collègues nommés, croise les arts, met dans ses partitions de la musique contemporaine, des références picturales, littéraires et cinématographiques. Ses compositions, à mi-chemin du classique et de l’électronique, sont aussi aériennes et rythmées que le sont celles des groupes Air ou Phoenix. Le musicien qui apprend à jouer du piano dès ses 6 ans fera d’ailleurs partie de groupes locaux pop et rock quand il sera adolescent. Très vite, il intègre le Conservatoire de Caen, poursuit à Paris Sorbonne, et la composition le mène à sa première auto-production en 2021 avec le disque Kairos. Son morceau Vol de nuit est repéré par le label Berlinois K7! qui le signe sur la compilation Piano Layers Vol 2, paru le 9 décembre 2021 avant d’assurer la première partie de Thylacine (l’angevin William Rezé) à l’Olympia en mars 2022.




Les arrangements que sculpte Grégoire Jokic sont planants et vivifiants. Le compositeur alterne le tempo, fait vibrer son piano et ses claviers, comme un réel artisan de la musique. On entend l’exploration des deux genres classique et contemporain qui se mélangent parcimonieusement tout en offrant du relief et du rythme. Sa deuxième production, Daydreamer, paraît en mars 2025 et c’est d’une beauté marquante. L’artiste de 35 ans enregistre son œuvre dans son home-studio et la produit sur son propre label Kairos Records. On y entend des chœurs, sa propre voix sur Around Us et Together et celle de la chanteuse Nina Versyp sur Gone et Heroe sur Run Away. On perçoit également le très doux son des marteaux, du bois et des cordes de l’instrument, qui offre une belle émotion notamment sur There will be Light. Le charme infini des touches appuyées, des cordes martelées sur le titre Us est aussi touchant que entêtant. J’aime les titres Blow et Lost in the Sky de Grégoire Jokic qui m'accompagnent souvent et font partie de la discographie Piggledypop au même titre que la Ritournelle de Sébastien Tellier et que The Room, Montmartre ou la B.O du film Le comte de Montecristo d’Alban Claudin.


GregoireJokic


jeudi 17 septembre 2026

Eli Moore


Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du groupe LAKE. Co-fondateur, multi-instrumentiste, chanteur et principal auteur-compositeur du groupe aux côtés de son épouse Ashley Eriksson, Elijah "Eli" Moore compose et écrit avec Ashley, se partagent le travail de création pour dix albums : First album (2006), Oh, The Places We'll Go (2008), Let's Build a Roof (2009), Giving and Receiving (2011), Circular Doorway (2013), The World is Real (2013), Forever or Never (2017), Practice Space (2020), Roundelay (2020), Bucolic Gone (2025).




Eli Moore signe le 1er mai 2026 son premier projet solo intitulé The Power Line sur le label Anything Bagel. Magnifique, The Power Line est mené par Eli, aux manettes pour la composition, l’écriture, le chant, les guitares, électrique et acoustique, les claviers et percussions. Ici s’arrête le caractère solitaire car il est fabuleusement entouré par Ashley Eriksson qui l’accompagne à la basse et au mélodica, ainsi que toute une équipe de talents : Lauren Flynn, Mabel Windred-Wornes, Jenn Grant, John Ringhofer, Joelle Berry et Michelle Van Naerseen pour les voix, Stephen Moore aux claviers, Mark Buzard et Nathaniel Talbot aux guitares supplémentaires, Mike Smith aux percussions sur deux titres, Michael Porter à la basse sur un titre, Evan Woodle, Andrew Dorsett et Paul Benson à la batterie. Tous ces artistes se connaissent et originaires d’Olympia dans l'État de Washington, jouent souvent ensemble dans le groupe LAKE ou dans leurs projets respectifs, comme Nathaniel Talbot ou Ever Ending Kicks.




L’album est orné de diverses mélodies folk, pop, disco, riches du collectif d'amis musiciens et du don d’Eli Moore pour donner vie à ses mélopées, en glissant du ‘pa pa pa’ poppeux ou du tambourin dansant sur ses harmonies. The Power Line est coloré de sons, de styles et d’ambiances. C’est un régal du premier au dernier titre. Les mots métaphoriques sont interprétés avec une voix chaleureuse et douce qui s’apparente à celle de Mark Kozelek . Les thèmes, les instrumentations, sont aussi beaux que musicaux, emmenant dans les bois, les pâturages ou sur les rives de l’île Whidbey, à Langley où se trouve le studio d’enregistrement. L’ensemble des chansons qui mêle des airs entêtants, des rythmes savoureux, des partitions intelligentes offre un résultat coloré et voluptueux à l’image de la couverture du disque, une représentation d’une peinture d’Anna Cosper. Doubtless, Salt Taste, Haunted sont poétiques avant le groove de Pays to Love, aux allures seventies.




Les deux titres qui suivent offrent d’une part de l’intimité pudique avec Funny Seeds et du narratif historique avec Geordie, chanson traditionnelle anglo-saxonne d’origine écossaise inspirée d’un chant du XVIIe siècle. La formule chorale du dernier titre Truth is What Feels Good est pleine de charme pour évoquer le terme de la paternité, de la famille et de l’amitié mis en valeur par la profusion de voix, de guitares et de percussions. The Power Line est une production lumineuse et Eli Moore, un artiste qui sait fort joliment distribuer du rêve. A vos casques !


EliMoore

mardi 15 septembre 2026

Family Stereo


Family Stereo est le projet musical de l’anglais Blake Watt. Le musicien offre un univers pop mélodique construit autour d’une folk harmonieuse et des textes narratifs finement ciselés. L'auteur et compositeur de Londres apparaît en 2020 avec la parution du premier EP When the Rain Comes, proposant 3 titres qui démontrent déjà son don pour la composition et l’art d’écrire des textes sur les éléments naturels qui créent illico des émotions. Quand suit le single My Favorite Band, on comprend que le musicien est un passionné et un esthète puisqu’il produit lui-même les titres, joue toutes les lignes d’instruments.




Puis, sortiront les singles Robot Boy en 2022, White Noise Review en 2023 et l’EP de quatre titres Matter dans la foulée. En 2024 paraît sur les plateformes le très beau cinq titres Sometimes the Morning is Different produit par Sam Hodder et mixé par Antonio Tarizzo. Il contient des mélodies solides dans le sillage des Red House Painters ou d’Hayden Besswood. Le single Down the Line, champêtre et ensoleillé, rythmé d’envolées de guitares, dont le son saturé rappelle Weezer ou Eels sort en avril 2025 et depuis Family Stereo travaillera en studio pour enfin signer son premier album paru le 31 juillet 2026 : The Thread.





L’album est beau : le titre Remedy qui l’ouvre montre l’effort d’élégance et la richesse des harmonies dans le jeu de piano. Waiting On Nina est un titre que les radios jouent dès le printemps sans s’y tromper. Pop, mélodique, intelligemment instrumentalisé, le titre accroche l’écoute. La construction intimiste du titre Sea Change, dans la veine de Ben & Jason, est une magnifique ballade, qui alterne dans le tempo comme la bondissante Fault Lines. Suit le titre très émouvant The Thread, où les arpèges de guitare sur la voix scintillante se mélangent avec grâce.





Les éléments et les couleurs comme pour la construction d’un tableau nourrissent le sublime titre Removed où la voix et les mots de Blake complètent la mélodie, elle-même déjà convaincante. La recherche d’alternance est parfaite en écoutant Collapsing, riche de chœurs et de rythmiques, avant le titre DLR qui lui aussi change de tempo. Le chant subtil et les notes sur la chanson Silhouettes on the Hill ornent les arrangements en ascension de rythmes et d’instruments, effet créé pour appuyer l'idée que les mauvais souvenirs disparaissent et que seuls les bons resteront in fine. Three Moon Trail qui suit est mirifique offrant la beauté du leitmotiv : la lune. Le titre Tunnels, grandiose avec son banjo, termine en beauté The Thread qui est classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop. Family Stereo signe chez Bella Union, label londonien de renom, un premier disque de grande qualité. À vos tablettes pour les dates de concerts qui arrivent, ayant commencé au Royaume-Uni dès le 4 septembre : Londres le 17 septembre, Bristol le 22, Manchester le 23 et Glasgow le 24.


FamilyStereo

lundi 14 septembre 2026

Gentle Hen

 @fradubio

Gentle Hen est un groupe originaire de Northampton, dans le Massachusetts, emmené par l'auteur-compositeur-interprète Henning Ohlenbusch. Auparavant connu sous le nom de School for the Dead, le groupe a changé de nom en 2014. Le quatuor joue des mélopées indie-pop sous la houlette de Henning dont les textes sont fleuris de poésie pour évoquer ses expériences ou raconter des histoires hautes en couleurs comme sur ses albums en solo The Dream Is to Dream, Looks Like I'm Tall ou Henning Goes to the Movies. En groupe, le muli-instrumentiste a joué avec Sitting Next to Brian, Bourgeois Heroes et Goldwater the Second, a suivi la tournée du groupe Polaris, connu après avoir signé la bande originale de la série télévisée des années 90 The Adventures of Pete & Pete et participe toujours au projet The Fawns comme guitariste et producteur.




Les quatre musiciens de Gentle Hen Max Germer à la basse, Brian Marchese à la batterie, Ken Maiuri aux claviers et à la guitare et Henning Ohlenbusch au chant, écriture, claviers et guitares, se connaissent depuis le début des années 2000 et signent le premier EP The Chain en 2003 avec le titre poppy Uncomfortable, The New You en 2004 et A Telephone Built for Two en 2008. 23 ans plus tard, les quatre amis sont toujours aussi inspirés et productifs, sans pantoufles de “confort” et signeront le fabuleux Wink le 25 septembre 2026 comprenant le magnifique et émouvant titre Comfort Zone.




La discographie comptant les productions de Henning est garnie : Looks Like I'm Tall en 2006, Henning Goes to the Movies en 2011, l’album Tribute à Mark Mulcahy pour lequel Henning Olhenbusch joue tous les instruments ( basse, guitare, batterie, orgue, synthétiseur, guitares), The Bells on the Boats on the Bay en 2016 suivi la même année de Another Sleepless Nap, Sneaking Up on the Moon en 2017, Be Nice to Everyone en 2018, The Whole Point of the Trip en 2023 et The Wrong Record en 2025.




Je terminais ma chronique sur Gentle Hen en juillet dernier ainsi “Henning signe en mars 2026 son sublime album solo Almost Always Overwhelmed et continue de sculpter des harmonies pop avec son groupe Gentle Hen qui signe ce 24 juillet 2026 le titre estival Let's Stay up to Watch the Sunrise, classé fissa dans le top des productions 2026 tant The Gentle Hen nous emporte dans son univers jangle, indie et pop rock. Le multi-instrumentiste Henning Ohlenbusch, aux manettes de nombreux projets, domine par son humilité touchante tant sa constellation de créations est mêlée de solidité et d’inspiration joyeuse. À suivre la prochaine parution de l’album Wink !” ... On y est! Wink sort dans quelques jours et ayant eu la chance de l'écouter plusieurs fois déjà, je le désigne comme un véritable petit chef d'œuvre des productions indie-pop 2026. A vos casques !


GentleHen

jeudi 10 septembre 2026

Maxwell Farrington & Le Superhomard


Maxwell Farrington & Le Superhomard sont un duo de pop psychédélique, de chanson pop rock au panache élégant et fleuri composé du multi-instrumentiste et interprète à la voix de velours Maxwell Farrington, qui était auparavant dans le groupe français de saint-Brieuc Dewaere formé en 2017. L’artiste originaire de Brisbane est installé en Europe depuis 2013, d’abord en Angleterre puis en France. Basé désormais en Bretagne, Farrington rencontrera le français Vaillant alias Le Superhomard, lui aussi multi-instrumentiste en 2020 pour, alliés, nous concocter des mélodies pop solaires.




Le Superhomard est un groupe mené par Vaillant depuis 2016 mais actif dans le milieu musical pop depuis les années 2000, il jouait auparavant au sein des groupes the Strawberry Smell et Pony Taylor. Avec des groupes tels que The Limiñanas ou Penelope, Le Superhomard fait partie de cette scène mods du sud de la France que je qualifie de “fief mods dans le sud de l'hexagone qui pousse à se demander si un casque de vespa veloce pousse sur la tête ou si une paire de Hush Puppies surgit aux pieds dès qu'on passe la Loire.”. Le Superhomard signe le magnifique Maple Key en 2016 sur le label espagnol Elefant Records, puis l’EP Springtime en 2018 suivi de l’album Meadow Lane Park en 2019 et le superbe titre Domino partagé avec les Tahiti 80, nos mods Normands.




Dans le sillage de Brian Wilson, Burt Bacharach, Lee Hazlewood et Scott Walker, sans oublier l’ami Sean O’Hagan, quand les deux artistes se rencontrent ils travaillent illico pour signer le disque Once sur le label bordelais Talitres. Le même excellent label signera le second album en 2024 nommé Please, Wait…




C’est une grande joie de découvrir le tout nouveau Window Tax de Maxwell Farrington & The Superhomard paru ce mois d’avril 2026, avec à son bord, la chanteuse Lily Buchanan, également artiste peintre à Margate en Angleterre où une partie de l’instrumentation des cordes pour le disque est enregistrée. Buchanan chante en duo avec Farrington sur les excellents Do da da da et sur le finement huilé Fish & Chips.




Window Tax offre des mélodies, des harmonies sunshine, de l’allure et de la classe des crooners : The Superhomard à la composition et jouant des guitares, du piano, orgue Hammond, synthétiseur, basse et percussions et Maxwell Farrington à l’écriture des paroles, au chant, au piano et synthétiseur. L’album classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop, est savoureux, ultra pop et pour couronner le tout, composé, interprété et mixé avec beaucoup de talent.


MaxwellFarringtonLeSuperhomard

mercredi 9 septembre 2026

Ned Collette


Ned Collette est un auteur-compositeur australien basé depuis quelques années à Berlin. Ned est issu d’une famille de musiciens et de littéraires. Son père Adrian Collette, musicien et baryton, est directeur de l’Opéra d’Australie. Quant à sa mère, Susan Hancock, est écrivain et enseigne la littérature à l’université de Melbourne. En 2001, tandis qu’il est encore étudiant, le musicien fait partie du groupe rock City City City avec qui il joue sur les scènes de Nouvelle-Zélande et d’Australie pour présenter leur deux albums avant la séparation du groupe : Dawn and The Blue Light District de 2004 et The Perimeter Motor Show de 2005. Sa première production en solo est en 2004 avec l’EP Test Patterns où déjà se distingue une belle dextérité à la composition de mélodies folk poétiques garnies de vivacité à la manière de l’écossais Lloyd Cole.




Le premier album Jokes and Trials paraît l’année 2006 et dans la foulée, l’artiste continue de sculpter des mélopées sublimes avec la signature de Future Suture en 2007. Monsieur Collette montre sa délicatesse, son intelligence dans sa musique et sa finesse dans sa décision de déménager en Écosse où il rencontre le bassiste Ben Bourke et le percussionniste Joe Talia qui deviennent ses collaborateurs sur le projet Wirewalker. Puis Ned Collette quitte Glasgow pour l’Allemagne, et vit depuis 15 ans à Berlin. La musique ne quitte pas le compositeur qui signe 3 albums avec le moniteur Wirewalker (essentiellement devenu un duo avec Joe Talia), dont le single magnifique Bird en 2014.




Collette marque les esprits et séduit les oreilles dans le monde entier avec le brillant album de 2018 Old Chestnut. Je me souviens de l’écoute de ce bijou et l’impression mirifique qu’il sortait de sous cape, plein de beauté dans les mots et d’harmonies dans les notes. La qualité de l’album Quarantunes paru en 2022 subjugue, comme le disque Our Other History de 2024 qui laisse les critiques rock sans voix. Oui oui. D’abord parce que le magicien des paroles imagées, des histoires qui fait voyager dans l’espace et le temps, compose et interprète un chapelet de chansons très émouvant pour lequel il assure non seulement l’écriture mais les lignes de guitare, de basse, de piano, de percussions, de synthétiseurs et d’orgue. Ses titres sont habillés de trompette, de saxophone, de contrebasse et de violons.




En dehors des sentiers battus, il mène son univers artistique, ses expériences et ses émotions sur des partitions comme Nick Drake le faisait et comme Peter Von Poehl et Jeff Tweedy le font actuellement. Pour le bonheur du public, le maestro offre ce mois d’août 2026 une nouvelle œuvre nommée Mixed Light qui compte la présence des compères Ben Bourke et Joe Talia, un duo avec Bonnie "Prince" Billy. Le disque est lumineux, poétique et hautement mélodieux. A vos casques et bloc-notes pour la série de concerts à venir en Europe, une tournée qui commence à Melbourne et Sydney dès le mois d’Octobre 2026. En attendant, on savoure le titre Commandeered Parade dont la vidéo est filmée en Alsace, entre Colmar, Fribourg et Brisach par les fidèles amis Raphael Steffen Federer et par Maximilian Robert Schneider, où apparaissent Ned Collette, Konstantin Schimanowski, Lu Golubev, Yilmaz Ceken, Robert Schell, Goldberg Family, Kraft Kleber Family, Dennis Mäder, Yanick Lampe, Rocco Schelletter, Maximilian Schneider, Hilmar, Frieder, et Tigris.


NedCollette

lundi 31 août 2026

Benny Sings


Benny Sings est un auteur-compositeur et producteur néerlandais, dont le nom est Tim van Berkestijn au dehors de la scène et qui apparaît en 2003 avec son premier disque Champagne People. Dans sa banlieue d’Amsterdam le musicien, qui aime Stevie Wonder et Burt Bacharach, compose des mélodies animées de funk, de jazz, de groove et de pop.




En 2006 sort Euh, suivi de Benny at home en 2007, Art en 2011, Studio en 2015, Best Tape en 2018, City Pop en 2019, Music en 2021, Beat Tape II en 2022, Young Hearts en 2023, Beat Tape III cette année et le tout neuf et brillant, 22 Dureham Dew qui sortira le 26 septembre prochain dont le très beau titre You Love Me en duo avec son épouse Joline van Berkestijn est paru il y a une semaine.




En parallèle de ses propres albums, il œuvre en tant que producteur comme par exemple pour l’artiste Rex Orange County et aime partager des duos comme celui de 2020 avec Mac DeMarco et le titre rolled up. Le musicien hollandais est également charismatique lors des concerts. D’un tempérament sociable, il s’inspire de la chaleur humaine qu’il reçoit pendant les tournées de concerts en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et retranscrit son optimisme dans les mélopées.




Benny Sings est drôle, humble, doté d’un talent inouï de technicien dans ses compositions et ses instrumentations, chantant et jouant du piano, des synthétiseurs, de la basse, des guitares, de la batterie et assurant les arrangements de cuivres et de cordes. Le compositeur offre une voix funk, suave et rythmée sur des notes dansantes et alternatives. Tous ces albums sont absolument beaux, et 22 Dureham Dew est gorgé de mélodies réussies, classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop.


BennySings

vendredi 28 août 2026

Bellows


Bellows est le nom de scène du musicien Oliver Kalb. L’auteur-compositeur américain, basé à Brooklyn, commence son œuvre d’écriture en 2010 quand il est encore étudiant à l’université d’arts et de sciences, le Bard College, au nord de la ville de New-York. En 2011, il entre en studio d’enregistrement pour offrir son tout premier album, As If to Say I Hate Daylight, déjà une pièce pop, twee, folk, fantastique, déjà un petit bijou qui séduit les critiques. Car dès cette première production, on peut déceler chez Bellows une belle âme d’artiste inspiré, bricoleur et chercheur de sonorités, explorant la technique sans étouffer l'émotion qu’il sait déployer dans son chant et dans ses mots. Il porte en lui une musicalité toute new-yorkaise, moderne et avant-gardiste, avec une trame brit-pop comblée des influences classiques et pop européennes. Il signe dès 2014 son deuxième disque Blue Breath, suivi des grandioses Fist & Palm en 2016, de The Rose Gardner en 2019 et de Next of Kin en 2022.




Olivier Kalb joue tous les instruments pour construire ses propres compositions et à ses côtés, participent Gabrielle Smith (Eskimeaux), Felix Walworth (Told Slant), Henry Crawford (Small Wonder) ses trois fidèles amis. Cette belle amitié mène Bellows, Eskimeaux et Small Wonder à signer en 2013 un EP hommage à David Bowie, Iggy Pop et Lou Reed, reprenant des titres des ces trois personnalités dont l’aventure berlinoise dans les années 70 les fascine.




A l’écoute de Rose Gardener il y a 8 ans, j’étais subjuguée par le disque, les arrangements délicats, alternatifs, ronds d’idée et délivrés avec talent quand la folk prend des envolées orchestrales. Pour ce faire, l’artiste de génie qui assure l'écriture, la composition, les arrangements, les guitares, le synthétiseur, la basse et le piano s'est entouré de ses amis hautement doués : Jonnie Baker (Florist), Ian Cory (Lamniformes, Sharpless), James Wilcox, Henry Crawford, Gabrielle Smith & Felix Walworth. En se plongeant dans Next Of Kin et les titres My Best Friend, In a Ballet ou Admiration, la voix magnifique de Bellows qui nous ramène Elliott Smith à l’esprit est accompagnée de celle de Lina Tullgren qui est dans les choeurs et joue du violon, et toujours de Ian Cory à la batterie. 




Bellows vient de signer en juin 2026 l’album Que Bello! Tout le disque est un régal musical garni de récits, de cartes postales, de voyages comme sur Venetian Glass qui nous fait faire un bond dans le temps des explorateurs et des prémices des échanges commerciaux par mer. Le cristal, les voitures et les chiens sont les leitmotiv du disque dans les paroles qui de manière métaphorique balayent divers sujets, de la mythologie à la Nature. Les titres nous invitent à faire un tour de montagnes russes dans la vie des cols blancs, des gangsters, de Byzance à Némésis, de l'Aston Martin aux parcs new-yorkais. L’ensemble est un kaléidoscope d’ambiances et de mélodies, solides et fleuries de styles panachés. Le disque Que Bello! est pop, rock, twee, alternatif, expérimental, une des meilleures productions 2026 classée sur Piggledypop.


Bellows

jeudi 27 août 2026

Syd Matters


Syd Matters est un trésor national. Groupe mis en place autour de Jonathan Morali en 2002 avec ce joli nom de scène inspiré par Syd Barrett du groupe Pink Floyd. L’auteur compositeur parisien s’entoure de ses amis également compositeurs et pas des moindres : Clément Carle, Jean-Yves Lozac'h et Olivier Marguerit. Ce qui dénote et charme chez Syd Matters est sa faculté à rendre des partitions belles et poétiques, les habiller de sa voix mélodique et chaleureuse offrant un effet harmonique et émouvant. Le musicien propose un univers folk, sculpté de cordes, fin et doux en osmose avec les textes des chansons. La parution du premier album A Whisper and a Sigh en 2003 récolte un succès, suivi en 2005 de A Whisper and a Sigh , de Ghost Days en 2006 et de Brotherocean en 2010.


SydMattersPiggledypop2011



Dans les années qui suivent, deux chansons de Jonathan Morali apparaissent sur la bande originale du film Upside Down de Juan Solanas avec Kirsten Dunst, sorti en 2012, puis il travaille à la composition du film d'Éric Rochant, Möbius sorti en 2013 avec dans les rôles principaux Cécile de France et Jean Dujardin. En 2015, il signe derechef les musiques des films : Le nouveau réalisé par Rudi Rosenberg, Tout en haut du monde, récompensé du Prix du Public au Festival International du film d’animation d’Annecy et L’échapée belle, réalisé par Emilie Cherpitel, ainsi que la composition de la série animée Les grandes vacances pour France 3. Puis arrive la commande pour composer la musique du jeu vidéo Life Is Strange et c’est là encore un succès. L’exercice de composition est repris en 2017 pour Life Is Strange 2. Dans un autre style, le musicien est invité par France Culture à composer une adaptation musicale l’Enfer de Dante qui sera présentée au Festival d’Avignon en 2016. En 2017, il compose les musiques des documentaires L’envers de l’histoire filmé par Mila Turajlic et pour Arte, Au Fil du Monde signé de Jill Coulon et Isabelle Dupuy Chavannat. En 2019 et 2020, Jonathan travaille à la création musicale pour la pièce de théâtre Pas de Deux de Julien Favart et pour la version radiophonique de la Métamorphose de Kafka.




Jonathan Morali qui ne cesse de travailler et de composer, revient cette année 2026 avec son projet Syd Matters pour le grand plaisir du public. Le groupe a présenté un titre cet été, titre émouvant et évocateur : Many Years in the Making tout en annonçant la parution le 1er septembre prochain du cinquième album A Gospel of Some Sort. D’ores et déjà une série de concerts en France et en Europe est annoncée et la troupe Syd Matters reprend la route des festivals, et sera à l’Olympia le 17 novembre. Jonathan Morali est un as de la composition, un compositeur brillant qui fait rayonner la pop française et A Gospel of Some Sort signé chez Third Side Records un bijou. A vos tablettes et à vos casques !


SydMatters

mardi 25 août 2026

Abracadabra


Abracadabra est un groupe américain originaire d'Oakland formé autour du duo d’auteurs et compositeurs Hannah Skelton au chant et au synthétiseur et de Chris Niles au synthétiseur, aux rythmiques et à la basse. Leurs compositions sont inspirées de la new-wave des années 80 à la manière de Kraftwerk, avec un tempo surf californien, des notes pop psychédéliques dans le sillage de B52 avec le timbre de voix d’Hannah qui rappelle celui de la Londonienne Sonya Aurora Madan du groupe Echobelly.




Les deux musiciens se rencontrent en 2016 et signent le premier EP, Comb your Hair, démontrant une belle énergie pop dansante dans la rythmique et dans les paroles. Suivront les mélodies alternatives des EP Cherry Soda, Dirty Pan, annonçant la parution du premier album en 2020, nommé simplement Abracadabra. En studio et sur scène, l’équipe autour de Chris et de Hannah est composée de Jason Kick à la guitare, Greg Poneris à la batterie et Philip Greenlief au saxophone. Trois années plus tard paraîtra le second album Shapes & Colors dans la même veine musicale, magnifiquement enregistré et mixé. Les titres se rapprochent de la synth-pop des Talking Heads. La qualité sonore impressionnante est repérée par la BBC radio 6 qui classera dans sa playlist le titre Talk-Talk qui ouvre le disque.




Ce mois d'août 2026, sort le tout nouveau et brillant album Peel Away chez Melodic Records. Le son est parfait, élégant et pointu. La perfection de l’enregistrement suit l’inspiration du duo Abracadabra qui s’applique à offrir des arrangements alternatifs pop, funky et groovy. Comme le disque précédent, les musiciens explorent les sonorités comme on explore des espaces ou des nuances de couleurs. L’ambiance est dansante, les paroles tantôt aiguisées, tantôt drôles, sur un travail de mixage considérable proposant un ensemble stylé techniquement et musicalement. Une des meilleures productions de l’année 2026, Peel Away d’Abracadabra est magique. (obligé)


Abracadabra

samedi 22 août 2026

Dent May


Dent May est un auteur-compositeur de musique pop indépendante qui apparaît en 2009 avec son premier album sculpté de disco-pop jouée au ukulélé The Good Feeling Music of Dent May & His Magnificent Ukulele. Mon oreille à l’époque avait été attirée par le titre God loves you Michael Chang, ode au joueur de tennis américain au service atypique.




Parce que le musicien avait offert un disque orné de cordes et de cuivres, interprétait ses chansons avec sa voix grave à la manière du suédois Jens Lekman et de Harry Nilsson, en y déposant de la poésie dotée d’un bel humour décalé, ce premier bijou faisait directement entrer Dent May dans le monde indie-pop. J’écrivais en 2009 pour ce premier galop : “Dent May est un romantique loufoque et charmant doté d’un talent phénoménal de composition et d’interprétation.




Dent May grandit dans le Mississippi, chante dans une chorale à l’église puis apprend à jouer du piano et de la guitare. Il joue dans un groupe étant lycéen, faisant des reprises, puis vient à la composition. Plus tard à l’université en jouant sur scène ses propres chansons, il rencontre le groupe Animal Collective, séduit par les mélopées du troubadour cravaté ou portant son pull en cachemire sur les épaules et le signe sur son label Paw Tracks. En 2012, arrive l’album Do Things que je décris alors comme “sunshine, disco, saccharine pop, toujours blindé d'humour et d'harmonies sixties ciselées” suivi de l’excellent Warm Blanket en 2013. En 2016, “ le missile pop Face Down In The Gutter Of Your Love parait et montre un Dent May haut en couleurs, se donnant dans la composition, l'instrumentation et le chant.”




Le chef d'œuvre pop de 2017 Across the Universe. Mordantes, les paroles maintenant de la drôlerie, dénoncent le néfaste des écrans sur le titre introduction Hello Cruel World. Les mélopées fourmillent d’easy pop, de disco pop, d’harmonies de cordes brillantes garni de sa voix de crooner. Le duo avec son amie Frankie Cosmos aux accents seventies est une pépite.




Le musicien continue de subjuguer en 2020 avec la signature de Late Checkout lui aussi sculpté de chansons pop solides et efficaces. Il est suivi en 2024 du sublime Pearl & the Oysters, What's for Breakfast? enregistré dans son studio avec une ribambelle d’amis musiciens comme Paul Cherry, compositeur et producteur américain au talent inouï, le fabuleux groupe Pearl And The Oysters, le grandiose auteur-compositeur américain Jimmy Whispers. Les titres sont beaux, dansants, inspirés et l’instrumentation fort panachée.




En 2026, Dent May est toujours aussi impressionnant avec l’album qui paraît ce mois d’Août : The Big One. Les arrangements sont riches de trompettes, de cor, de violons, de mélodica et de notes de piano que Dent May remet au premier plan. Les titres alternent entre une jolie nostalgie comme sur Silly Me, The Big One, Here We Go Again et la bonne humeur habituelle de l’artiste sur I don’t like (but I Love You), Last Night I saw a UFO. Dent May nous offre cet été un superbe album et The Big One se glisse naturellement dans le chapeau des meilleures productions 2026 sur Piggledypop.


DentMay
DentMayPiggledypop2009
DentMayPiggledypop2018
DentMayPiggledypop2023

jeudi 13 août 2026

Chris Clark


Chris Clark est un auteur et compositeur américain qui aime ses origines de West River Valley dans le Vermont. Il les dessine et les met en valeur dans ses compositions aux atours americana et country folk traditionnel. Son univers est rempli de routes, d’aventures, de nostalgie à tel point que ses chansons nous embarquent dans le western des saloons, des chariots, de la conquête de l’Ouest, du bétail, des lassos et des shérifs, des herboristes canailles.




Chris Clark, avec ses mélopées voltigeantes de violons, de guitares et de banjos, est épaulé par le producteur et multi-instrumentiste Ken Anderson pour les modeler en studio d’enregistrement. Dans le sillage de Wilco, Emmylou Harris, Merle Haggard, Willie Nelson ou Johnny Cash, paraît ce 7 août 2026 son tout premier album Across a Carnival.




Les 12 titres du magnifique Across a Carnival sont variés et les harmonies riches d’inspiration et de variations. Fourmillant d’harmonica, de Moog, le disque accueille Rebecca Hall dans les chœurs et Lissa Schneckenburger au violon. Les paroles, belles et imagées, absorbent l’attention et sont une invitation à voyager dans le monde de Chris Clark. A son écoute, on traverse les plaines arides, on galope à bride abattue entre les cactus ou on danse avec les cowboys, on chante avec les chercheurs d’or. Chris Clark signe un Across a Carnival sublime et addictif, aux arrangements brillants et aux chansons rayonnantes que je classe dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop.


ChrisClark

mercredi 12 août 2026

Glen Hansard


Glen Hansard vient de nous quitter le 29 juillet dernier. Ce génial auteur compositeur irlandais fait vibrer le monde la musique depuis qu’il monte son premier groupe The Frames en 1990. Décédé trop tôt, à 56 ans, d’un accident de moto, il manquera énormément aux fans dont je fais partie depuis vingt ans. L’artiste offrait un charisme mémorable. Son don inné de guitariste se mariait aux paroles qu’il interprétait avec beaucoup de personnalité. Folk et pop, il apportait son univers poétique, sa musicalité pleine des couleurs de l’île d’émeraude tel un troubadour d’un autre temps.




Glen Hansard récolte un énorme succès en 2006 avec le film Once de John Carney dans lequel il joue son propre rôle au côté de Markéta Irglová, d’origine tchèque, pianiste et compositrice au talent incroyable. Le duo qui interprète les rôles principaux, écrivent et chantent sur la bande originale du film qui parle d’une rencontre de deux musiciens, lui est guitariste au chapeau, musicien de rue et elle est bouquetière ambulante, elle vend des fleurs. Le film s’est fait sans moyen, le producteur s’étant retiré au dernier moment. L’acteur prévu à l’origine était Cillian Murphy qui a aussi fait faux bond à la dernière minute. Le réalisateur a demandé à Glen Hansard de le remplacer, il a accepté, a composé toute la musique, sans même avoir de cachet. Le film tourné avec les moyens limités paraît dans des petits cinémas et c’est sous le manteau qu’il recevra les éloges des amateurs de cinéma indépendant, comme du festival américain Sundance qui sacre les films indépendants, pour enfin deux années plus tard, être récompensé par les Grammy Awards, recevant l’oscar de la meilleure chanson originale 2008 pour le titre Falling Slowly.






Après ce succès mérité, Glen Hansard et Markéta Irglová forment le projet nommé The Swell Season en compagnie du Français Bertrand Galen au violoncelle et de la Finlandaise Marja Tuhkanen au violon et alto. Le groupe signera 2 albums : Swell Season en 2007 et Strict Joy en 2009 avant que Markéta Irglová parte vivre en Islande. Les deux amis se retrouvent 15 ans plus tard pour signer en 2025 l’album Forward.




Glen, avec son énergie créatrice, son optimisme, sa si belle jovialité, avait orné notre discographie de plusieurs bijoux ces dernières années, ravissant ses millions de fans éparpillés de New-York à Sydney, de Dublin à Helsinki d’où est originaire son épouse, la poétesse finlandaise Maire Saaritsa et où le couple passait souvent en famille avec leur petit garçon qui a 4 ans. Le musicien aura produit depuis The Swell Season : Rhythm and Repose en 2012, Didn't He Ramble en 2017, Didn't He Ramble en 2015, Between Two Shores en 2017, This Wild Willing en 2019 et All That Was East is West of Me Now en 2023. L’année 2013, l’artiste fait une tournée américaine où il partage la scène avec Bruce Sprinsteen et offre des reprises comme Respect d’Aretha Franklin, des titres de Bob Dylan que l’irlandais adore depuis qu’il est adolescent, et le dernier enregistrement à ce jour au Funkhaus de Berlin et de sa parution le 26 juin 2026 : le double album Don’t Settle Vol1 (Transmissions East) et Vol2 (Transmissions West). Glen Hansard, par ce concert reprenant une jolie partie de ses titres depuis 30 ans, souhaitait ainsi fêter ses 55 ans. Le double album enregistré en direct avec tout son groupe d’amis musiciens est un bijou à se procurer.




A l’annonce de son accident, 11 000 personnes se sont retrouvées à la chapelle devant le Royal Hospital Kilmainham lundi matin dernier. Les amis musiciens, Lisa Hannigan, U2, Hozier, Imelda May, Liam Ó Maonlaí, Steve Coogan, Chris O'Dowd, Paddy Casey, son ami proche Eddie Vedder (Pearl Jam) accompagné de Markéta Irglová en duo, et nombreux autres ont rendu leurs honneurs aux funérailles émouvantes de Glen Hansard à la Cathédrale Saint-Patrick de Dublin ce 8 août 2026. Son album Didn’t He Ramble est teinté de l’âme irlandaise.




Les titres concoctés par Glen Hansard font resplendir tout l’esprit des landes vertes de son pays et l’amour de la musique, avec des instruments à foison, des cuivres, des cordes, les violons joués par ses amis du groupe The Dubliners. L’album est éminemment émouvant, hommage à sa terre natale où les violons s’accompagnent, se répondent, à la manière chaleureuse irlandaise. Glen Hansard manquera beaucoup.



Boris Maurussane

Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l...