Dans un entretien paru en 2024 entre Jeffers Waldo et Stéph Musicnation, l’artiste diplômé en école d’arts à Bordeaux qui ajoute la corde ‘musique’ à son arc, précise au sujet de l’écriture des paroles en français : “ J’ai la sensation que l’on peut tout dire en anglais ; tout passe ; alors qu’en français, l’écriture est plus subtile. Je pense que l’on peut écrire en français des choses très directes et faciles comme en anglais mais ça peut vite tomber dans quelque chose de niais. Je trouve que c’est très dur d’écrire de jolies choses en français”.
L’auteur compositeur de Toulouse Jeffers Waldo a chanté d’abord en anglais avant de tenter L’aventure (nom de son EP) en français dans l’écriture et c’est bienvenu. Le musicien fait mouche. Jeffers Waldo crée son propre univers, fort joliment inspiré et influencé car par le choix de son pseudonyme, on devine des références notables puisque Waldo Jeffers vient de la chanson si romantique The Gift du Velvet Underground.
Il nous offre son nouvel EP Where is? au mois de mai 2026, frais et maritime, garni de notes de synthétiseur, de basse qu’il assure et de guitare jouée par Pierre-Adrien Marot, de batterie tenue par Valentin Gout, de claviers exécutés par François Remigi ou Leo Blomov, et aussi Marion Jo au violon, Alex Santilli aux percussions, Arthur Sajas à la flûte. Signé chez Hot Puma Records, le disque est un réel bijou d’harmonies et de voix en chorale où la pop stylée et imagée resplendit.
Alin Coen est une grande artiste allemande, compositrice et interprète émouvante, elle mène une carrière tambour battant depuis 20 ans. D’abord accompagnée de son groupe, la musicienne née à Hambourg en 1982 se produit sur les scènes locales et berlinoises et gagne très vite une renommée et le mini disque Alin Coen sort en 2008. Le Alin Coen band fera notamment en 2009 la première partie de Starsailor, Jakob Dylan et Regina Spektor avant de signer son premier disque Wer bist Du? en 2011. Alin, pour le disque qui évoque une séparation, est accompagnée de Jan Frisch à la guitare électrique et guitare acoustique, de Fabian Stevens à la batterie et de Philipp Martin à la basse. Il sera suivi en 2013 du disque We're Not The Ones We Thought We Were, mêlant la langue allemande dans l’écriture à l’anglais, puis en 2016 paraîtra Alles was ich hab.
En 2020, l’artiste signe le disque Nah! qui offre une ambiance optimiste, pleine de vibrations pop comme sur le titre Bei Dir. Alin Coen écrit et compose des mélodies aux rythmes et ambiances variées, se plait à partager des duo ( Philipp Poisel ou Max Prosa) à jouer avec son groupe, ou en solo au piano et même avec un orchestre symphonique. Cette même année 2020, elle répète des chansons des précédents disques avec l’orchestre Stüba symphonie et décident alors de se produire sur les scènes du pays. Après cette tournée qui a gagné un énorme succès, en 2022, sera offert un album de ces pièces symphoniques touchantes nommé Alin Coen & Stüba Philharmonie.
Le 29 mai dernier sont arrivées les nouvelles chansons d’Alin Coen et son nouvel album magnifique Du Bedeutest Mir Die Welt qu’elle interprète de manière intime, sur son piano, qui offre des tonalités boisées. Les dix titres sont mélodieux comme la chanson Immer noch da qui offre un texte très beau, hommage en forme de remerciement. Le disque fourmille d’harmonies, portées aussi par la si captivante voix d’Alin Coen. Ses textes parsemés de mots délicats sont poétiques et parcimonieusement orchestrés avec des cuivres ou des rythmes pop. L’artiste depuis la parution de Du Bedeutest Mir Die Welt, a offert un concert à Hambourg le 30 mai et sera en tournée cet été. A vos tablettes !
Pearl & The Oysters est un groupe français composé de Joachim Polack et de Juliette Pearl Davis qui est franco-américaine. Les deux musiciens parisiens se rencontrent sur les bancs du lycée et ne se quitteront plus. Ils étudieront ensemble au conservatoire de musique de Paris. C’est diplômés qu’ils partent aux USA, d’abord en Floride puis en Californie.
Joachim qui a un master de musicologie en France, poursuit ses études en Floride à University of Florida School of Music quand en 2020, le couple s'envole pour Los Angeles.
Ils sont tous les deux experts en styles de musique variés et différents. Dès 2015, ils font partie de la scène indépendante et signent l’opus Pearl and the Oysters en 2017. Leurs titres sont habillés de rythmes bossa, jazz, pop psychédélique avec un panache dans l’interprétation assurée par Juliette. Ils composent ensemble, chantent ensemble, sont multi-instrumentistes, Joachim est essentiellement à la guitare, à la basse, synthétiseurs et à la production et Juliette à la trompette, flûte et claviers. Paraissent par la suite Canned Music (2018), Flowerland (2021), Coast 2 Coast (2023), et Planet Pearl (2024) aux atours visionnaires et électriques par leur thème spatial. Le schéma s’éloigne de la mer et des huîtres mais Planet Pearl nous convie assurément à des voyages bossa féeriques.
Les deux magiciens de la pop viennent de sortir aujourd’hui leur tout nouveau bijou : Monkey Mind. Le disque est grandiose. La voix de Juliette est toujours aussi brillante, douce et dynamique, sur les partitions de clavier, de Yamaha, orgue et Moog jouées par Joachim, groovent et sont aussi somptueuses que mélodieuses. Avec eux, pour la scène et l’enregistrement, leurs amis depuis plusieurs albums apportent leurs talents : Adam Paulson à la guitare et diverses percussions, Jonathan Rivera assure la basse, et Pat Howard la batterie. Peral and the Oysters sera en tournée en fin d’année en passant par l’Europe, Brighton, Londres et bien sûr, à Paris. A vos tablettes !
Il y a 20 ans, j’assistais à un concert de Dorian Pimpernel, The Wombats et The Parisian sur une péniche parisienne et autant dire qu’il y avait de la houle sur la Seine côté 13eme arrondissement. Dorian Pimpernel est un des meilleurs groupes français dans le style pop psychédélique. Il signe le mini-album Hollandia, paru au Japon en 2007, suivi en 2013 de l’EP Teorema puis en 2014 du fabuleux album Allombon pour lequel il invite d’autres musiciens de talent : Mehdi Zannad de Fugu et Julien Gasc. Douze ans plus tard, Dorian Pimpernel (Benjamin Esdraffo, Hadrien Grange, Jeremie Orsel, Johan Girard, Laurent Talon) se retrouve en studio et nous procure le disque Flowers Too avec ses 11 titres signés chez Born Bad Records ce mois de Mai 2026.
Allombon est un régal de pop psychédélique, panachée d’harmonies sixties mises en exergue par la voix de Jérémie Orsel, également à la guitare. Benjamin Esdraffo au Moog et au clavier, Hadrien Grange à la batterie joue aussi avec School Daze et Tahiti 80, Johan Girard producteur et auteur-compositeur du groupe, défini par Jérémie comme ouvrière du groupe, Laurent Talon à la basse enregistrent ce bonbon. La fibre Pet Sounds resplendit sur Flowers Too. C’est heureux si Johan Girard, musicien et docteur en sciences de l’information et de la communication, trouve l’inspiration tout en enseignant à la Sorbonne la philosophie de l’art et l’esthétique musicale et journaliste pour Ubiqus, Technikart et Standard Magazine.
Flowers Too est un chef d'œuvre mélodique, splendide et solide dans l’écriture. Finement conçus, les titres voltigent, brillent. Caravelle avec ses cuivres et sa guitare électrique, Flor en la sombra avec sa basse magique qui se mesure au charisme d’Eggstone en modelant une sacrée cadence sur le titre Sur la lune, l'électronique Brücke qui offre un son tourbillonnant et dansant ornent le disque somptueuse. Flowers Too est classé dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop. Le groupe sera présent au Pop Fest de Paris du 24 au 26 septembre 2026.
Motel Club est un groupe français fondé dès la rencontre des deux musiciens : le claviériste de Lyon Paul Charnay et du batteur originaire de Nancy mais qui a grandi à Lyon, Alex Lefko. Le duo offre des mélodies gorgées de soleil, de rythmiques caribéennes sur des harmonies sixties garnies de funk et de pop façon bandes originales de films italiens des seventies. Ils parsèment leurs partitions caliente de paroles en français, travaillées et imagées avec pour le titre Sur le fil, la voix envoutante de Celia Kaméni. La musicienne diplômée en musique classique et jazz au conservatoire de Lyon, a reçu une victoire du jazz en 2025, suivant celle de 2018.
Depuis leur album éponyme de 2023 signé sur le label lyonnais La Ruche, les deux musiciens continuent de créer des rythmes chaloupés avec leur projet parallèle appelé Pambélé et au sein duquel ils signent des mélopées stylées afro-colombiennes où se mêlent des sonorités groove et jazz avec les présences de la saxophoniste Luisa Caceres, la chanteuse Yomira John, Giles Davenport à la guitare, J. Mario Vargas et Lorenzo Morrone aux percussions. Alex Lefko est à la batterie et Paul Charnay au clavier et à l’orgue. Le groupe sera en concert à l'Opéra de Lyon le 26 juillet prochain. A vos tablettes !
J’écris au sujet de Kishi Bashi en 2019 :
“Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, multi-instrumentiste, est un maestro américain d'origine japonaise qui fait resplendir le genre indie-pop orchestrale. L'artiste a comme instrument de prédilection le violon avec lequel il excelle au sortir de Berklee College of Music, accompagnant sur scène d'autres musiciens comme Of Montreal et Regina Spector . Arrangeur, ingénieur, il écrit, compose pour son premier groupe Jupiter One en 2003 à New-York puis commence l'aventure solo à Athens où il vit en signant son premier galop, l'EP Room for Dreams en 2011, suivi du vinyle 7" Box Set dont les six titres comprennent une reprise des Talking Heads. Dès l'arrivée de l'opus 151a, la reconnaissance et l'admiration sont au rendez-vous. Lighght, le deuxième volet est signé en 2014, puis Sonderlust en 2016. Kishi Bashi, lancé sur sa route, frappe encore plus fort de disque en disque. Depuis ce 31 mai 2019, le troisième album Omoiyari est paru, un bijou pop symphonique absolu, désarmant de qualité.”
Le violoniste est musicien depuis son enfance entouré de ses deux parents, nés au japon, et tous les deux professeurs d’université de Washington à Seattle où il naîtra en 1975. Très vite renommé sur les scènes internationales, Kishi Bashi (né Kaoru Ishibishi) est un compositeur hors-normes de pop indépendante et un multi-instrumentiste qui apparaît comme le Mozart de la pop indépendante.
L’artiste sait jouer de sa voix comme d’un instrument, il est habile pour la création de mélodies pop dansantes, orchestrées, jangle, psychédélique, britpop, rock ou acoustiques. Le musicien qui ne cesse de surprendre se relève de manière solide après le confinement en signant avec Toby Chu (clavieriste, guitariste et joueur de mandoline, ukulele et de banjo) une pièce magnifique pour les enfants, la bande sonore de la série Stillwater comptant 30 épisodes (2020-2025) parus sur Apple Tv.
Les surprises abondent dès 2021 quand Kishi reprend Early Morning Breeze de Dolly Parton comme une renaissance, une éclosion de l’artiste qui brille dans le style folk americana au violon, à la guitare et au chant. Son ami Mike Savino l’accompagne au banjo et au banjola, Emily Hope Price assure le violoncelle, Dave Kirslis la guitare et Andrea Demarcus la basse. La même équipe poursuit l’enchantement avec le single Laughing with qui paraissent sur l’EP The Emigrant d’avril 2021. La poésie émouvante de Kishi Bashi resplendit sur le titre For Every Voice That Never Sang suivi d’un deux titres disco et synth-pop en fin d’année 2021 en collaboration avec les deux groupes El Ten Eleven, excellent duo Los Angeles et Tall Tall Trees le formidable groupe de Mike Savino depuis 2009.
Suivront en 2023, le single partagé avec Son Lux Alternate World (Alternate Life), impressionnant par la qualité des arrangements electro comme Son Lux sait si magnifiquement manier puis l’album grandiose de Kishi appelé Music from the Song Film: Omoiyari parfois chanté en japonais, offrant également des duos, pour 33 titres absolument envoûtants. Le disque Kantos garni de 12 titres paru en 2024 vogue lui sur des vibrations disco et samba brésilienne sur des morceaux parfois interprétés en japonais et en anglais. Une galerie de sonorités fabuleuse et surprenante encore signée Kishi Bashi.
Cette année 2026, le 27 février dernier, Kishi Bashi revisite de façon inattendue son album de 2016 Sonderlust pour le transformer en féerie musicale. Les chansons sont remodelées avec aux côtés du maestro, Chris Taylor de Grizzly Bear à la guitare et à la production. Kishi Bashi le décrit ainsi : “The new one, made post-COVID, feels more optimistic. It’s interesting that she’s changed, just like I have. When you’re younger, the world can feel overwhelming. As you age, you start to see your place in it, become more pragmatic, less anxious. I think that’s what this new art captures, a sense of perspective, of hope.” L’album remis à neuf est une réelle réussite, une pièce majeure que je classe dans les meilleures productions 2026 sur Piggledypop. A vos platines !
Comment Debord est un groupe de musique indépendante basé à Montréal qui offre des chansons groovy, au profil disco pop. On compte dans leur rangs : Rémi Gauvin aux guitares électrique et acoustique, et au piano, Étienne Dextraze-Monast à la basse et contrebasse, Olivier Cousineau à la batterie et au clavinet, Karolane Carbonneau à la guitare électrique, Lisandre Bourdages aux percussions et batterie, Willis Pride à l’orgue, clavinet et piano. Le premier album éponyme paraît en 2020 et l’équipe revient en 2023 pour présenter le second disque Monde Autour.
Les musiciens composent en chorale et Rémi Gauvin écrit les paroles. Le style des compositions est panaché de blues, de folk et de disco avec le talent de Rémi pour trouver des mots mélodieux et rythmés comme sur le tout dernier titre Coucou Comment ça va? sorti le 29 avril 2026.
L’écoute des titres de Comment Debord sont des balades qui font resplendir les influences des musiciens comme les auteurs québécois Richard Desjardins et Stéphane Lafleur en passant par le funk de la Motown, le garage rock sixties des Appalaches, des Meters et d’Animals, et le jazz. Le titre Ville Fantôme de l’opus Comment Debord fait également résonner les élégantes architectures des chansons de Lou Reed et de Bob Dylan.
Le groupe travaille en harmonie, même si chaque musicien a son propre univers musical. Leurs voix s’unissent parfois en chœur, ce qui ajoute un esprit d’équipe à l’esprit taquin de Rémi Gauvin qui use très bien de son humour comme sur Désert alimentaire ou Veux Veux pas. En attendant la sortie du prochain bijou pop de Comment Debord, on se régale des histoires sur les ritournelles colorées et rythmées des deux premiers et qui animent la discographie de Piggledypop.
Pirogue est un duo français composé de Will et Paul. Les deux musiciens se rencontrent en 2020. Paul, formé à l’école de musique de Berklee à Boston, d’une famille franco-americano-cubaine s’allie à Will dans leur home studio de Belleville ou dans les studios de la Frette d’où est sortie leur toute récente production en mars 2026, le très beau bijou de 12 titres nommé Idésia.
Dès 2022, Pirogue récolte du succès mérité avec le fabuleux EP de 6 titres : Pirogue. Le morceau Extase passe toujours quotidiennement sur les bonnes ondes et le duo continue de jouer sur scène, de composer une jolie série de singles depuis le début d’année 2025. Le fabuleux Idésia compte ces titres et des inédits en bonus. Le disque est une invitation au voyage, garni de notes dansantes, parfois de bossa ensoleillée et de disco accordé au panache french-pop.
Le talent évident des deux multi-instrumentistes se glisse vaillamment au côté de Air et de Phoenix en matière de style mais aussi près de l’esprit des Bee Gees et de Herb Alpert. La voix de Will, qui assure à la guitare, resplendit sur les arrangements électro-pop ou acoustiques exécutés par Paul aux claviers et à la guitare.
Idésia est concocté comme un album concept à la logique légitime dans le déroulement des mélopées. Il y a des astres, du mouvement, des harmonies sculptées qui rendent nos oreilles suspendues. Je classe leur performance Idésia, cossue de magnificence, dans le chapeau des meilleures productions 2026 sur Piggledypop .