samedi 28 octobre 2017

Rinaldi Sings

Il jouait du trombone dans un groupe Mods appelé The Moment aux côtés de Paul Bevoir et les critiques rock l'appellent le Scott Walker du 21ème siècle. Rinaldi Sings est le phénomène Mod, le dandy de la pop anglaise. De son vrai nom Steve Rinaldi, ce british du Suffolk revisite les orchestrations des années 60 sans complexe, comme un poisson dans l'eau . Il crée des mélodies power pop aux tendances pop bubblegum. Pourtant il ne bulle pas. Après The Moment, il continue d'user ses semelles sur les scènes internationales dans les groupes The Jetset, Squire, Long Tall Shorty, Secret Affair etc et depuis 2008, joue fréquemment dans le West End de Londres et au Japon avec le Glenn Miller Orchestra.



Investi et inspiré, il entonne pour la première fois en 2004 une reprise de Tony Christie Avenues and Alleyways. Evidemment ce single charismatique ne passera pas inaperçu. Le crooner continue de se balader comme sur un vespa, peaufine en studio quelques singles et finalement concocte son premier album qui fleure bon le Carnaby Street d'antan. Multi-instrumentiste, Rinaldi sort l'artillerie lourde, trompettes, tambourin, cor, trombone, tuba, violoncelle. Porteur de l'esprit mod's qui lui va si bien, le gentleman offre enfin son premier album en solo What's it All About en 2006.

Steve Rinaldi fait fi de la vague rock qui déferle sur l'Angleterre. Il bénéficie de la complicité de Paul Bevoir, bien connu des amateurs de pop. Il a donc décidé de résister avec finesse et humour au mouvement dominant et c'est concentré, déterminé qu'il compose une ribambelle de titres pour repartir en studio. En janvier 2008, le dandy Rinaldi présente son deuxième album Bingo qui comporte 11 morceaux mythiques dont Goodbye Steve McQueen et Come as you are, you're a Star. Son producteur et ami Chris Hunt, journaliste de musique et musicien l'accompagne dans l'aventure ainsi que Paul Bultitude, autre producteur de pop bubblegum et créateur de label avec Bevoir. Tous les titres nous replongent dans cette belle ambiance cuivrée et dansante des Sergio Mendes & Brasil 66, 5th Dimension et des Foundations. Steve qui est au chant, clavier et trombone est entouré d'une équipe musclée de talents, avec Bob Kelly à la guitare, Tim Charlton à la basse et Trevor Smith à la batterie. En bonus, la star Mod reprend Do you Wanna Be in the Show pour le Jetset Tribute Album.
RinaldiSings





dimanche 22 octobre 2017

Adam & Elvis

Adam & Elvis qui pourrait être une marque de cigares, de chaussures ou de flingues est un groupe du Berkshire qui prend forme grâce à l'initiative des frères Malone, Patrick et Tom, accompagnés par Steve Wraight à la batterie et Dan Robershaw à la guitare. Patrick joue de la guitare et chante ses textes, Tom joue de la basse. Les paroles sont aussi candides que psychédéliquement osées, fournies de références littéraires, sur des arrangements power-pop ou cold-wave ornés de synthé, de trompettes et maracas. Ce qui séduit au prime abord est le charisme des compositions typées. La voix singulière, dévorante et hypnotique, accroche et fait resplendir tout l'univers poétique de Charles Bukowski que Patrick admire. Suite à la sortie du single Hanging Tree l'album Through Snow and Small Talk dont je reçois le master ces jours derniers est à mon avis une des plus belles sorties de l'année 2018.



Dès les premières notes de Modern Hitz, l'attention est absorbée, la mémoire titillée par les atmosphères des Pixies et de Pulp. Adam & Elvis cuisine des arrangements electro-pop ficelés en introduction pour nous emmener illico dans un tourbillon pop sur des mots mutins “Please can I have a kiss, What the hell do you think I’m dancing for?”. Tandis que le style power-pop richement rythmé commence à chauffer les rotules, poursuit sur un tempo endiablé. La guitare, la basse, la batterie forment une ligne offensive fracassante sur le chant de Patrick enfiévré, habité de la griffe punk peu enclin à l'intimidation. Puis l'excellent Hanging Tree joue, avec son romantisme du 21ème siècle qui exige des comptes immédiats comme un "intelligent bloke who loses his head over romance and abandons his rational faculties". La batterie savante accompagne magnifiquement les mélodies enragées et follement harmonieuses. Alors qu'on se dit qu'Adam & Elvis tient un morceau tubesque avec Hanging Tree, The Artiste arrive et submerge derechef. Tom chante avec Patrick, les deux frères frisent la perfection de l'esprit underground et je passe le titre de 5.50 minutes en boucle au point de me cramer les lobes.

L'instrumental Snow Talk vient rafraichir l'ardeur et la tension avec ses guitares et ses cuivres avant de repartir en croisade sur le pogotant Wasting Away et son fébrile, sauvage, hand-claps. Les intonations bariton de Patrick subjuguent sur le groove de la basse et des guitares qui dégainent des arpèges garage, mods, cold, du 'indie' sur mesure. Through Snow and Small Talk, décalé, sixties, psyché, rock et punk est un album addictif qui ne lasse jamais et dont la qualité doit faire mordre la poussière en live. She Bites Mosquitoes et sa mélopée surf, synth-pop parle du caractère académique amoureux de certains couples qui réduit leur capacité à être spontanés quand Darker than Black avance à tatons pour poser ses galons alternatifs qui rappellent au sens tribal et animal. Puis Cruel as Winter évoque les méandres inhumains de la ville de Londres avec des accords rebondis stylés Cure. Through Snow and Small Talk termine le génial album du même nom en évoquant un accident de voiture dans la neige avec réalisme et poésie, affront et grâce. Adam & Elvis sont énigmatiques, arrogants et attachants à la fois. Les anglais qui se définissent comme 'Reading Cut-throat guitars, dirty basslines and contorted synthesisers' nous soumettent un grand album qui manquait à l'underground ces dernières années, stylé et surprenant.
Adam&Elvis





E'spaniel

Le groupe E'spaniel, "based in the North East of England (where spaniels don’t need sombreros)" fait partie de ces groupes que je suis fidèlement depuis 2015 : "Originaires de Newcastle-upon-tyne (comme The Animals, Prefab Sprout, Maximo Park, Dire-Straits etc), ces artistes nés en 1998 mettent dans leurs arrangements toute l'âme rock'n roll anglaise et leurs références modernes electro-pop parsemées de leur intérêt pour l'Espagne, le soleil, et les épagneuls." "Le groupe est jeune et récent. Ils signent leur premier single le 7 décembre prochain et je les suis depuis leurs débuts l'année dernière, impatiente que leurs mélopées sortent physiquement. E'spaniel ont dans un premier temps attiré mon attention grâce à leur photo représentant un épagneul breton avec un sombrero (je ne pouvais être qu'accrochée) puis par leur humour, leur second degré. Le graphisme qui les habille est dans la même veine que leurs mélodies, pas présomptueuses, ni prétentieuses. Et ça marche! Ils dégainent des harmonies qui captent l'attention et qui respirent la sympathie."
EspanielPiggledyPop2015
C'est toujours un immense plaisir de découvrir leurs chansons et de m'en délecter avant qu'elles passent à la presse, un honneur. Le nouvel album pas encore paru donc est un bijou power-pop garni de rythmes, des envolées de voix et des cordes de Leon, Karen et Christianne, tous trois guitaristes et interprètes.



A l'écoute de No Common Sense qui ouvre l'album, l'ambiance pop, punk, power et twee se propage comme une épidémie Big Star. Les anglais font vibrer les âmes de la Factory dans leurs guitares au son brut et pur. Cette belle vivacité poursuit sa course sur Dawn où la frénésie, l'énergie émanent de l'écho dans le clavier, des cordes tendues de la basse et du chant parfait de Leon. Le thème amoureux décliné selon les saisons est orné d'une nervosité pop délicieuse. Dots and Dashes continue son brin de fraicheur pop avec sa mélodie immédiate et ses harmonies dansantes dans le mélange des voix. Puis Fading Light offre sa constante rythmique, ses puissantes notes de guitares pour une promenade amoureuse, orageuse et iodée imparable. The Ground en forme de revanche sentimentale est formidablement efficace. Le texte en forme d'aveu tranchant est accompagné d'un tempo flamboyant qui fait turbiner la mélodie.



Just Another Day continue dans le genre pépite power-pop, donnant l'envie de dodeliner du chef sur le chant authentique, mélodique de Leon et les guitares qui ne désarment pas. La basse grandiose voltige sur la guitare électrique de Knots en guise de règlement de compte avec sa rythmique chavirante, entêtante, marquante comme la ballade Lines qui suit, sur des lignes de guitares d'une belle évidence de pop. L'instrumentation étoffée de synthétiseurs de Lucky Strike accélère sur les distorsions de guitares succulentes façon Teenage Fanclub. L'épopée pop ne cède rien quand Talking Shop arrive brillant pour fermer l'album. La manière dont E'spaniel dispose ses cordes, sa rythmique impressionne et pétille d'inspiration, de talent et de tempérament. La brit'pop est hissée au rang de l'excellence avec E'spaniel qui après avoir assuré des concerts avec les Vaselines et Ghost Signals, jouent le 14 novembre prochain avec Slurs & The Head à Newcastle. Espaniel


dimanche 15 octobre 2017

The Luxembourg Signal

Signés sur le label ami Kleine Untergrund Schallplatten de Augsburg et Shelflife Records de Portland, les américains The Luxembourg Signal sillonnent la planète depuis des décennies avec une dream pop fantastique dans la besace. Basés à Los Angeles, l'indie-pop du groupe passe les frontières pour son dernier album et son joli nom Blue Field paru le 13 octobre 2017 en invitant Bobby Wratten des Field Mice et de Trembling Blue Stars à l'enregistrement. J'aime beaucoup cet ensemble d'artistes qui forme un cocktail puissant de sonorités sur les albums, grâce à leurs expériences, leurs personnalités et leurs diverses influences.



Je les évoque ici même l'an passé : "Voici un groupe qui séduira les amateurs du genre indie-pop, les aficionados de feu Sarah Records et de la Factory. The Luxembourg Signal est un groupe composé de pointures qui signe l'album du même nom en 2014. Cette réunion d'artistes pop qui jouent dans leurs formations respectives depuis des années, comporte le trio de Los Angeles, Aberdeen, Beth Arzy (également dans Trembling Blue Stars), Brian Espinosa et Johnny Joyner, la chanteuse anglaise Betsy Moyer qui enregistre les voix à Londres, Dale Crover des Melvins à la batterie accompagné de Toshi Kasai (acolyte des Melvins), Ginny Pitchford, Dave Newton, ex-guitariste de Fonda et de Mighty Lemon Drops au mixing, accompagné de son ami David Klotz, pilier des Fonda, Daniel Kumiega à la guitare, John Girgus ex-guitariste de Trembling Blue Stars, aux claviers, chant et guitare. Toute cette joyeuse troupe regroupant des talents, de l'inspiration, de l'expérience, nous délivre un album de 10 titres de dream-pop monumentale." TheLuxembourgSignalPiggledyPop2016

Blue Field sorti il y a deux jours est génial. A son écoute, j'entends leur humour, leurs références culturelles, dans une ambiance troisième type où des ovnis grattent le casque audio survolant l'Antarctique et déposant une dose de plutonium pop dans l'ouie. Le premier des dix titres There's Nothing More Beautiful Than A Well-Made Machine annonce d'emblée la couleur électrique planante. La mélodie étreint, sert l'étau avec ses guitares et ses claviers inquiétants. Le synthétiseur poursuit l'invasion des oreilles avec Atomic N°10 où les guitares et la batterie ne lâchent pas la rythmique musclée. L'intensité des arrangements colle aux mots 'the room is on fire, let it burn' avant que la batterie rallume les tambours d'Antartica, au beat pop très dansant. La guitare dévoile des harmonies gothiques romantiques sans pitié. Le style shoegaze impitoyable continue sur Blue Field, virevoltant, envoûtant, une tuerie pop qui fait pogoter frénétiquement les rotules pendant cinq minutes .



J'applaudis le savoureux mélange de talents encore une fois, avec les voix de Beth Arzy et de Betsy Moyer, la brillance de Brian Espinosa à la batterie, le génie de Johnny Joyner à la guitare et de Daniel Kumiega à la basse, auxquels s'allient Ginny Pitchford aux claviers et Kelly Davis à la guitare. Le tempo décolle et prend des allures cosmiques sur Shipwreck avant le gigantesque Are You Numb? qui ramène par les bretelles aux eighties et aux nineties. Le son est parfait avec aux manettes les ingénieurs Ian Catt, Mark Rains, David Klotz et Jon Chaikin au mastering qui me permettent de monter le niveau sonore sans dégâts collatéraux. Et même s'il y en avait... Fall Feeling sort de l'arsenal ses lignes de guitares brit-pop pour accueillir le chant sensuellement pop de Bobby. Malgré la silhouette dark et cold apportée avec soin, Slow Delayed Heart fait rêver quelques secondes avant le réveil vitaminé de Laura Palmer qui débarque avec sa fulgurance des eighties comme si David Lynch revisitait New Order de façon noisy et moshy. The Luxembourg Signal donne le coup de grâce et de classe avec What You're Asking For qui termine l'impressionnant Blue Field que je range chaleureusement dans mes favoris Piggledy Pop 2017.
TheLuxembourgSignal



Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...