lundi 20 juillet 2020

Jonathan Bree

Jonathan Bree
est de retour ce 17 juillet 2020 avec le somptueux album After The Curtains Close. Je suis fan du musicien dont je ne manque pas de rappeler le talent depuis 2014. "Jonathan Bree fait paraître ce 8 juin 2018 son troisième album nommé Sleepwalking. Les cordes que l'artiste néo-zélandais tend sur son arc sont en nylon, en fer et en or. Ses talents multi-facettes font de lui une pierre précieuse de la pop. Fondateur du label Lil'chief Records, le troubadour compose des mélodies pop qu'il arrange et produit avec dextérité. Sa signature réside dans son univers musical plein d'âme et d'identité, inquiétant, psychédélique et soyeux à frémir." 
JonathanBreePiggledyPop2014
JonathanBreePiggledyPop2018



Le langoureux Happy Daze ouvre le bijou de 12 titres de cet été 2020 en déroulant une mélodie absorbante sur des mots sensuels. Les arrangements pop orchestraux de Heavenly Vision sont teintés d'une âme sixties succulente, avant la basse, batterie, tambourin et violons virevoltants de Waiting on the Moment. La voix impressionnante de Jonathan aimante et attire l'attention. Sa tessiture qui rappelle Scott Walker et Pulp offre de l'or aux partitions, comme celle de Princess Chelsea en duo sur Kiss my Lips. La rythmique se fait dodue, nocturne et pleine de désirs sur Until We're Done, quand In the Sunshine fait resplendir les claviers. Meadows In Bloom offre derechef la présence de Princess Chelsea, où les mots pastoraux vont comme un gant au lexique aristocratique habituel de Jonathan Bree. Le tempo nous guide à la manière de Colin-maillard sur Cover your eyes, sur un panache pop cold wave, une âme précieusement chevaleresque. 



La basse brillante balance une pop moelleuse sur Children qui dévoile le manque d'intérêt pour l'auteur d'avoir et d'élever des enfants. Le clavecin opère un virage à 180 degrés sur 69 décrivant les plaisirs de chair avant que No Reminders et son orchestration offensive et aiguisée pour une sorte de déclaration de haine "No I don't want you coming around, And I don't need your sympathy" interprétée avec une tonalité froide dans le chant, excellente et efficace. After The Curtains Close offre une orchestration fabuleuse, une magnifique rythmique pour décrire le thème du vide ressenti par l'artiste une fois le rideau tombé. Comme de coutume, Jonathan Bree nous emmène dans ses morceaux, habités, scénarisés, stylés, dans la musique comme dans les mots. After The Curtains Close est d'une classe et d'une élégance infinie, mettant en exergue son talent et son inspiration toujours vifs et prêts à dégainer. L'album est une pièce incontournable de l'année 2020. 
JonathanBree

vendredi 17 juillet 2020

Emmanuel Tellier

Le jeune aventurier Everett Ruess disparait en novembre 1934 sans laisser de traces dans l’Utah, près du fleuve Colorado et de Monument Valley. Il a alors 20 ans. Ruess était un artiste prometteur, illustrateur et poète, passionné par la nature, explorateur et ami de la photographe Dorothea Lange. Évidemment, sa disparition reste un mystère. Il reste sa correspondance avec ses parents où est détaillé son voyage et qui inspire le film-documentaire entrepris par Emmanuel Tellier. 
Originaire de Tours où il apprend piano, guitare, basse au conservatoire, Emmanuel est journaliste aux Inrockuptibles depuis 1989, puis rédacteur en chef de Télérama en 2006. Depuis le début des années 80, Emmanuel fonde plusieurs groupes Another Country, A Scottish Mosquito, The Pop Ministers, Chelsea, Melville, et en 2009, le quatuor 49 Swimming Pools dont les influences comptent Bowie et le Velvet Underground. C'est avec cette formation qu'il signe en 2018 How the Wild Calls to Me qui nous convie à reprendre le même chemin que le jeune californien, à suivre sa trace en rencontrant des gens passionnés par cette histoire en Arizona et Utah. L'excellent musicien Emmanuel Tellier décide de tourner un documentaire sur le mystère Everett Ruess, qui accompagne cette bande originale, concoctée en amont. Le tout paraît en 2019 sous format DVD et CD. 



Le documentaire nous fait voyager dans l'Amérique des années 30, sous fond de crise, à la recherche du jeune défenseur des indiens et protecteur de la faune et flore, les pieds sur terre et la tête dans les nuages. La Disparition d’Everett Ruess, film et musique, signés Emmanuel Tellier, sortent le 8 Mars 2019. 
Né en mars 1914, à Oakland en Californie, Everett fait ses premiers voyages de découverte de la nature du grand Canyon en 1924 avec sa mère Stella. A 13 ans, il crée une sorte de mini musée dans sa chambre, comprenant une vingtaine de têtes de flèches indiennes puis à 15 ans rêve de devenir écrivain. 

A 16 ans, il entreprend ses premiers voyages en solitaire : Big Sur, Point Lobos, Carmel, Yosemite et poursuit son exploration en hiver 1931, Monument Valley, Grand Canyon, Zion Canyon, Superior, Roosevelt etc. En 1932, sa mère Stella Everett Knight Ruess, participe à la parade et aux danses de la cérémonie d'ouverture des JO de Los Angeles et Everett repart sur les cimes du Canyon en avril avec deux copains avant que ceux-ci le laissent poursuivre seul en mai. En Juillet 32, Everett traverse Kingman, Needles, Mojave, king's canyon, écrit à ses parents qu'il n'envisage pas de revenir vivre en ville. 


Il repart en 1933 sur les traces des Navajo, emmené en voiture par son frère Waldo, entre à l'université où il s'ennuie ferme et s'installe quelques temps à San Francisco où il rencontre peintres, musiciens (de musique classique qu'il aime), fréquente des galeries, des écrivains, et pense de nouveau à reprendre l'aventure de l'exploration vers Escalante et ses sentiers comme Hole-in-the-rock, célèbre par un convoi de pionniers mormons en 1879-80.


15 novembre 1934, le climat est rude, l'endroit non accueillant manque d'eau et après un repas partagé avec deux frères bergers qui trouvent qu' Everett n'est pas assez équipé, il reprend la route seul vers le sud du fleuve Colorado. Ce sera la dernière fois qu'il sera vu vivant. Ses parents ne cesseront de le chercher, organisant des expéditions avec plusieurs cavaliers. On retrouvera les deux mules d'Everett au bord de la rivière Escalante au mois de mars 1935. 

Je conseille ardemment le disque d'Emmanuel Tellier et ses 23 titres, instrumentaux et chansons dédiés à la mémoire du jeune explorateur volatilisé. La Disparition d'Everett Ruess est magnifique. Les mélodies somptueuses et la voix vibrante d'Emmanuel forment un disque émouvant et poétique à l'image du jeune héros, de sa vaillance, sa poésie, son attachement familial et sa sensibilité. Cet album est celui que j'ai le plus écouté en 2019, au top du classement des disques Piggledy Pop. 



mercredi 8 juillet 2020

Mac Miller


Malcolm James McCormick alias Mac Miller est un musicien américain de Pittsburgh qui se fait connaître en 2011 avec son premier album Blue Slide Park . Celui-ci révèle son talent de rappeur, raflant presque la vedette à Eminem. Le deuxième album Watching Movies with the Sound Off paraît le 18 juin 2013. Tandis que le jeune homme produit des mixtapes sous le pseudo Larry Fisherman, le succès et la fougue le mènent à des excès de drogues diverses. Ses histoires sentimentales ne le sortent pas du tunnel ni ses fréquentations musicales. Malheureusement. En 2016, Mac Miller signe Divine Feminine qui évoque sa relation avec une chanteuse américaine. C'est alors que le rappeur se dévoile avec Swimming paru en août 2018, album qui est indissociable du suivant, Circles, les deux peaufinés en Californie avec le producteur de renom Jon Brion, formant un ensemble homogène. Tandis que les artistes travaillent en studio d'enregistrement sur Circles, Mac Miller est retrouvé mort chez lui le 7 septembre 2018 d'une overdose de cocaïne. Il avait 26 ans.


Jon Brion ayant déjà bien avancé le travail de production décide alors de terminer le disque, sachant parfaitement les souhaits et respectant les directions artistiques du musicien disparu. Circles paraît à titre posthume le 17 janvier 2020 et il est magnifique.

Les mots émouvants se dévoilent, Miller dépose ses états d'âme et ses compositions émouvantes qui se mélangent pour offrir ce volet intime, au profil hip-hop et pop soul lumineuse. Circles ouvre le disque avec une douceur mélancolique mais aussi de l'optimisme comme sur Complicated où les synthétiseurs funky gravent une mélopée dansante qui marie modernité et sensibilité. Le gimmick solide de Blue World entraîne et marque un sacré tempo groovy avant les grandioses Good News et I Can see. La mélodie épurée et cristalline de Everybody est à mes oreilles la pépite de l'album empreinte de maturité et de son admiration sans borne pour John Lennon.



Loin du rap, la nouvelle orientation artistique qu'avait engagé l'artiste, plus orchestrée et mélodique, se savoure également sur Woods et Hand Me Downs. On y entend le savoir du jeune homme qui très jeune maîtrisait piano et instruments à cordes avec un don particulier et lyrique. That's on me et ses allures jazzy est étincelant comme l'alternatif Hands ou le sensuel Surf et sa guitare romantique. Once a Day est touchant par le chant délicat et élégant de Mac Miller qui termine son dernier disque. Il commençait à dévoiler son grand talent de mélomane et sa sensibilité réelle. La touche finale de Jon Brion est excellente, admirable dans ces circonstances. Je recommande Circles du regretté et souriant Mac Miller particulièrement captivant.
MacMiller





vendredi 3 juillet 2020

Mike Vass

"Mike Vass est un artiste écossais dont ses terres des Highlands peuvent être fières. Auteur, compositeur, arrangeur, producteur, enseignant la musique, il joue enfant du violon, puis de la guitare et du piano. Il se produit sur scène très tôt avec sa soeur jumelle Ali et remarqués illico, ils remportent le prix du meilleur espoir décerné par le Scots Trad Music Awards. En 2008, c'est l'envolée du multi-instrumentiste. Son opus, String Theory, au nom évocateur, paraît en 2010. Il est suivi du travail à quatre mains avec Ali Vass de Waiting to Fly en 2011 où ils rendent un hommage vibrant à leur ville natale Nairn aux confins des Highlands. 2012 le musicien signe DecemberWell et son titre Doors, époustouflant, écrit pour un quintet de cordes et ensemble de cornemuses, inspiré de l'oeuvre d'Aldous Huxley." MikeVassPiggledyPop2019



In the wake of Neil Gunn paraît en 2014 et déclenche une vague de récompenses par ses pairs. Les compositions renversantes de l'album retracent les écrits du romancier Neil Gunn, figure de proue du mouvement littéraire de la Renaissance Écossaise. (...) Le maestro écossais enregistrera le fabuleux Notes from the boat en 2018, album où il invite une pléiade de compatriotes au chant ou parler. Ce bijou mélodieux trace le sillon à Save His Calm, album de cette année 2019 pour lequel Mike Vass non seulement, compose, joue et écrit des chansons impressionnantes de beauté mais aussi pour la première fois assure le chant.



Enregistré et mixé en mai 2020 quand nous étions emprisonnés entre nos murs, l'ep magnifique Man Alone With Himself est peaufiné et sort ce début juin 2020. Mike Vass, toujours aussi passionné, nous concocte des titres majestueux et imprégnés de sa personnalité. L'artiste fait vibrer sur In the Stream où son violon, son archet, son dynamisme lyrique nous offrent un bol d'air et un titre rythmé. Gorgé de notes alternatives, on danse et virevolte sur Shadow in the Flame construit tel une cathédrale mélodique, avec inspiration, finesse et intelligence. Suit le piano somptueux de Solitary People, ses cordes de violon émouvantes, de guitare délicate, qui nous ont nourri, diverti et réconforté quant au besoin de lucidité pendant l'enfermement de certaines populations.



Le parfum d’antan d’une blancheur médiévale de The Day's Length délivre des ondes musicales d'un autre monde, d'un autre temps, plus spirituel et élégant comme si Mike portait un relai, une flamme artistique, pleins de mémoire et de valeurs. L'orchestration pastorale mêle son savoir classique et celui, aiguisé, de technicien. l'Écossais, généreux, nous a offert des heures de concerts en direct sur les supports médiatiques pendant le temps insensé de réclusion ce printemps 2020 et poursuit les cadeaux avec Man Alone With Himself sur bandcamp pour lequel on peut donner une somme dérisoire et contribuer à sa musique. Il est nécessaire de faire vivre la musique ces temps ci car elle est bridée et en souffrance avec festivals, concerts, opéras, choeurs, toute forme musicale en souffrance et menacée de disparition. Merci d'aider Mike Vass, à mes yeux un des plus grands musiciens de notre époque, qui, comprenant l'urgence à protéger son art, laisse le prix libre. Ce geste compte.
MikeVass

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...