mercredi 28 juin 2023

The Fin.


The Fin. est un groupe japonais conduit par l'auteur compositeur Yuto Uchino, accompagné de Kaoru Nakazawa. La musique de Yuto est une palette de sensations, de rythmes grâce au don de Kaoru à la batterie et à la basse. Les ambiances presque cinématographiques sont dessinées par les vagues exquises de synth-pop et la volupté des mots. Actif depuis 2012, Yuto est si doué qu'il semble capable d'évoluer dans différents courants musicaux et il souhaite en prendre le chemin comme il le souligne dans l'interview qui suit.





Riche d'influences, le deuxième disque des Fin. paru en 2018, There, offre la production de Bradley Spence (Radiohead, Passenger, Circa Waves etc) et de l'ingénieur son Joe Lambert (Wild Nothing, Beach Fossils). Yuto nous fait l'irrésistible plaisir de continuer son travail d'orfèvre, agrémenté d'harmonies maritimes et européennes suite à son séjour de plusieurs années à Londres. Depuis le fabuleux Ep Wash Away en 2019, l'album Outer Ego de septembre 2021 est un réel bijou de compositions et d'inspiration.



TheFin

Interview The fin. January 2021 with Yuto Uchino - Marie-Agnès 

1. What is your favorite childhood memory with music? I still remember the day my parents bought me a portable cassette player. It was crystal blue and had a bass boost switch called Super Bass, which was actually my favorite button. I’ve always loved this moment when you feel like you’re surrounded by music, like music lead you to a different world. I have so many great memories, but it was one of the most exciting moment in my childhood. It was like I had music in my hand.



2. How would you describe the main difference between J-Pop and Brit-pop ? I think Japanese music has this specific sense of rhythm. It comes from the language and Japanese poetry, I guess. Also, J-pop has complex chord progression, which comes from Enka (Traditional Japanese music). I’m not sure about this, but people also say Japanese listeners tend to care mostly about lyrics, not about the music in itself.



3. What does influence your music? Do you like arts? Mainly, I get inspiration from my experience. But I learnt so many things from arts in terms of how to transform my feelings into music. I fell in love with impressionism when I was 19 or 20 years old. Those blurry colors gave me a lot of hints on how to use reverb or sound design. I can hear sounds when I see arts, especially drawings.



4. How did The fin. form? Who is today playing in The fin.? We’re all old friends. We met each other in school and decided to form a band, as we wanted to do something special together. Since two of the original members left, we’ve been playing with several great musicians. We were like a closed band before, but now it’s more like an open project and family to me.





5. Your first release came back in 2012. Can you remember your debut recordings and if to make a record is different today? I recorded everything except drums in my tiny room in Kobe. I remember my iMac was so slow and couldn’t play back from start to finish at the end of mixing. But I was so passionate, and I remember that everything about making music was new and exciting for me. Now I have many gears and a faster computer, but those moments help me to always have in mind that the most important thing is passion. I started recording with digital equipment, so it hasn’t changed much. But lately, I’m buying analogue gears. They’re very inconvenient but sound just great.



6. You are about to release your latest album, how came the inspiration to you? What is the subject? I had been home for a few months since the virus spread, and suddenly while taking a shower I came up with the idea of making an album. I’m still working on it, but it’s going to be a very personal album. I’ve been thinking a lot about life since one of my friends passed away. The theme can be dark, but I’m trying to put it in a positive way. It was such a hard and weird year last year. But it gave me a chance to feel my real self again. That will be reflected in the album too I guess.



7. What is your favorite instrument and what do you think of modern technology for music recordings? I used to mainly use analogue synths, but lately I use lots of software synths. It gives me more choice and creativity. The sound quality has improved so much too. Working in the digital domain gives you so much time and accessibility. It’s really important to work efficiently, as you could lose your inspiration trying to find a lost cable in your room. I also use lots of analogue modelling plugins. They’re not perfect but very close to originals now.



8. Are you still living in London? I live in Tokyo right now. I have my studio here, and I’m just starting to love Tokyo. There’re too many people, and people are roughly tired but it’s entertaining to be here. Weird and shiny. I miss London so much tho, especially pubs.



9. What are the plans for the future ? Where would you like to be in 20 years? I started to produce last year, and I really love it. I worked with some bands and for a film. It’s so interesting to see music in different aspects. I’ve been making music for more than ten years now, and it feels good to use my skills for someone else’s music and arts. I want to make my band grow more and more, and I wish I’ll make more music, not limited to pop, in the future.


Thank you ! 
Merci Yuto !



mardi 27 juin 2023

Phoebe Atkey


Phoebe Atkey était une dessinatrice et illustratrice anglaise. Née à Bournemouth en 1997, elle dessine depuis qu'elle a appris à tenir un crayon et du temps consacré avec patience et sagesse, (qualités compatibles avec l'enfance mais oubliées), naît chez la très jeune fille un réel don.

C'est à six ans qu'elle commence ses croquis et dix ans plus tard, en 2013, alors que les dessinateurs se reposent sur les systèmes numériques pour créer un dessin (sans trop leur prêter un crayon et leur demander "dessine moi un mouton"..), Phoebe Atkey, elle, à la main levée, reproduit Notre-Dame de Paris.



Elle a 16 ans quand elle partage son hobby sur les supports des réseaux sociaux. Aussitôt, elle gagne des centaines de milliers d'admirateurs, de contacts de professionnels. Le succès est tel qu'elle songe, malgré son humilité personnelle, à protéger son travail éblouissant en créant sa propre société.





Admiratrice de Beatrix Potter et de Raymond Briggs, jamais elle n'avait songé à faire carrière dans l'art. Dessiner était alors pour elle un 'passe-temps' et n'envisageait même pas des études dans les arts.

Phoebe aimait particulièrement l'architecture et le Moyen-âge. Elle portait aussi son intérêt sur les gravures de botanique victorienne et se plongeait volontiers sur l'Herbarium Vitae du peintre Pierre-Joseph Redouté (connu comme le meilleur aquarelliste de roses, il est surnommé le "Raphaël des fleurs", en 1788 la Reine de France Marie-Antoinette devient sa protectrice).


Phoebe se consacrait au sujet qui l'anime par-dessus les autres : l'architecture. Avec une concentration hors norme et une dextérité singulière, elle reproduisait des monuments Roman, Gothique, Renaissance, des centres villes historiques, des châteaux... De Paris à Édimbourg, du Dorset à York, aucun détail n'échappait à son œil ni à ses mines. Non impressionnée par la charge de travail et d'heures, elle restait fidèle à ce qui est esthétiquement supérieur et beau.


A la tête de sa société de design, âgée de 24 ans elle ne concevait pas d'utiliser son temps (précieux à voir le temps nécessaire à ses illustrations) à faire autre chose qu'être devant sa table d'architecte. Elle recevait des commandes de clients du monde entier et pouvait ainsi continuer à croquer ses chefs-d'œuvre monumentaux. Phoebe Atkey était une grande et réelle artiste. Elle est décédée le 21 septembre 2021 à l'âge de 24 ans, juste après l'écriture de ma chronique pour laquelle elle m'avait envoyé un remerciement touchant.


PhoebeAtkey


















samedi 24 juin 2023

Julien Bouchard


Songs from la chambre de 2016 absorbe l'attention. Ce premier album de l'artiste basé à Épinal, Julien Bouchard, paraît alors qu' il joue au sein de ses projets annexes Coco Business Plan et Silent Days, étant sur les scènes indépendantes et dans les studios d'enregistrement depuis plus de dix ans. Véritable orfèvre de la pop, auteur-compositeur de grand talent, le troubadour balade avec lui partout son carnet à spirale contenant tous ses trésors musicaux. A l'écoute de l'album qui mélange les titres en français et en anglais comme le souligne son titre, on ne peut que fondre devant autant de mélodie et de personnalité confondante.





En novembre 2021, Julien Bouchard offre un splendide deuxième disque, 100% en français cette fois au joli nom éloquent Excuse my french. Dès les premières notes de Sens de la fête on déguste d'emblée le disque Excuse My French de Julien. C'est la fête pour les amateurs de pop indépendante ! Tous les ingrédients sont présents : mélodie, basse qui taquine, voix harmonieuse, batterie qui dégaine, guitares armées. L'ingrédient qui me finit de me ravir les oreilles c'est le français qui habille toutes les chansons, élément primordial tant la langue est rock, poétique et musicale.





La déclaration d'amour dans Je veux voir le ciel qui s'embrase est une crème chantilly montée et sculptée par une ascension de notes et de mots. Le thème du ciel avec ses astres, sa lune, ses comètes, planent tout le long de l'album et notamment sur la fabuleuse Comme des animaux, à la rythmique virevoltante. La mer inonde l'écoute sur la mélodieuse Château de sable avant le retour des guitares et basse aiguisées sur la batterie de En Nous. L'espoir qui habite ses sentiments amoureux, est aussi lumineux sur Ton ombre est ma lumière. La nature est omniprésente sur Même pas là en duo avec l'excellent Eddy La Gooyatsh. Tu m'entraines est enregistré au plus proche du son brut et rock, comme l'ensemble du disque peaufiné dans le studio de Julien Bouchard dans les forêts vosgiennes, studio nommé 'sous les sapins'. Suit Coeur Serré tout aussi rythmé et Comète qui évoque la tempête dans les arbres comme métaphore à la transformation, à l'évolution, tout en se recentrant sur l'amour partagé d'un couple, qui malgré les épreuves, dure.



JulienBouchard

mercredi 21 juin 2023

Voyou


Notre nouveau Boris Vian est arrivé en France en la personne de Voyou. Ces deux-là ont en commun la poésie, l'art de nous conter une histoire dans l'espace d'une chanson, la dextérité à la trompette, le sourire dans la voix et le charisme sur scène. Voyou est un véritable artiste, généreux et talentueux qui naît à Lille en 1989. Son père professeur de musique influe sur l'éducation musicale du petit garçon qui joue très tôt de la trompette…puis de la basse, de la guitare et du piano…et du trombone, de la flûte, du bugle, de la clarinette, de la batterie!



Parti à Nantes après la séparation de ses parents, Thibaud Vanhooland alias Voyou intègre dès son adolescence divers groupes locaux, tout en composant et écrivant ses propres chansons. Après Seul sur ton tandem, un ep paru en 2017, c'est en 2019 que Voyou signe son premier disque Les bruits de la ville. Cet opus plaît illico aux amateurs de musique française qui reconnaissent la fraîcheur, la poésie et la touche french-pop chez le jeune musicien. Les sonorités groovy et dansantes ornent des mélodies accrocheuses, interprétées avec du romantisme et de l'humour. Le disque offre aussi de la bossa comme sur A nos jeunesses, des rythmiques endiablées sur Papillon ou sur Les trois loubards, les cordes frappées du piano à la manière de Debussy brillent sur Il neige quand le tempo électro-pop de Les bruits de la ville partagé en duo avec Yelle est une invitation à danser.



L'artiste multi-instrumentiste revient nous combler le 23 février 2023 avec, toujours chez le label Entreprise, son deuxième bijou nommé Les royaumes minuscules. Voyou frappe fort! Ses chansons sont toutes réussies, inspirées, colorées de lyrisme avec des arrangements de cordes, de pop sucrée aux rythmes chaloupés dans les choeurs et les guitares. L'univers de Voyou, ses Royaumes minuscules sont loin de la ville du premier album, des bruits et des loubards qui la peuple. L'écriture sur ce second disque est fleurie de lieux pleins de douceur et de qualité de vie. Voyou s'évade du monde urbain sur des plages ou dans des jardins .



Le dépaysement remplit les partitions cuivrées dans Huis clos, Soleil Soleil (en duo avec la chanteuse November Ultra) Deux oiseaux ou Tombe la pluie. Flûte, trompette, clarinette nous tiennent par la main pour traverser des champs de fleurs, des océans, des étés et des hivers, de janvier à décembre, sous la pluie, la neige et au soleil, les paroles vives et les tempos nous entraînent à suivre Voyou dans ses aventures candides musicales.



voyou

Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...