dimanche 24 février 2019

Kidd / Chance Weekend

A ceux qui ne le connaissent pas encore, Kidd, le prince écossais de l'indie-pop, sort dans quelques jours, le 1er mars 2019, son nouvel album météorite : Chance Weekend. Chaque amateur de pop indépendante sait que l'Ecosse est le berceau, l'endroit où tout se passe, d'où émergent depuis des décennies les groupes phare du genre et où se trouvent aujourd'hui tous les personnalités essentielles au mouvement. A la tête de ceux-ci, aujourd'hui, il y a le magique Stuart Kidd, alias Kidd.
Le multi-instrumentiste compose, écrit des chansons instinctives, sensibles, les arrangent avec une intelligence pop et du génie inédit depuis les pionniers des sixties. Je suis éblouie à chaque fois par son travail. Le maitre absolu Kidd est omniprésent dans ma discographie parce que son talent me sidère, me touche, et à l'écoute de sa dernière production mon sentiment s'accentue. Je pense que Chance Weekend est le meilleur disque de 2019, le meilleur à ce jour de ses albums, donc classé sur le haut du panthéon Piggledy Pop.



Mon dernier billet sur Stuart Kidd date du printemps dernier, au sujet de You & I, conte musical majestueux et magistral, dont Kidd signe la musique et Michael Stephen Clark les illustrations et l'histoire qui narre la complicité entre un garçon et son chien. "You & I suscite du plaisir, de l'émotion. Michael Stephen Clark étend son talent à l'illustration du livre qu'il peint lui-même. Ses mots, enchevêtrés et réunis avec les mélodies et les géniales créations de Stuart Kidd forment un You & I digne d'un voyage pop au sens noble du terme."
KiddPiggledyPop

"Je suis totalement fan de Stuart Kidd alias Dr Cosmo's Tape Lab que les amateurs d'indie-pop connaissent très bien, je connais d'autres férus et aficionados de Stuart. Le travail de Kidd est brillant et mémorable. Je vous invite à découvrir son univers riche de chansons toutes sublimes sur mes différents billets : "Originaire de Glasgow, le ménestrel est professeur de musique dans la vie, maestro pop sur la scène. Multi- instrumentiste, il commence à bruler les planches au sein des BMX Bandits en jouant de la guitare, mandoline, batterie, glockenspiel, percussion, flûte et en chantant aux côtés de Duglas T Stewart qui dit "Stuart Kidd seems to play with more Scottish groups today than possibly any other musician". "Stuart Kidd est à mes yeux un des meilleurs musiciens écossais de l'indie-pop et la compétition est de haut niveau". "...un garçon génial multi-instrumentiste qui assure la batterie pour Euros Childs, crée le groupe The Wellgreen aux côtés de son ami Marco Rea, avec qui il joue également dans le projet solo de Stevie Jackson. Toute la troupe de copains, avec Roy Moller, aussi talentueux les uns que les autres, ont monté le label Barne Society, basé à Glasgow, que je conseille."



Le bijou commence avec A Picture I Don't Want To Paint où dores-et-déjà, ce don pour jouer avec les samples, bidouiller les sons de manière céleste et élégante, apparait dès les premières secondes. Les cordes de basse et de guitares, branchées ou pas, se coordonnent sur la mélodie et le chant qui peignent une ode à des pensées romantiques et inspiratrices qui prennent la forme métaphorique d'un alligator. Brian Wilson n'étant jamais loin, les choeurs crépitants et l'ambiance rock de Little One, ce 'wee' chef d'oeuvre qui d'emblée me fait danser comme une damnée, contribuent une fois de plus à la légende Kidd qui est en train d'éclore. Visionnaires, positives et combattantes, les paroles évoquent un 'little one' qui manque de force et de cadence pour envisager l'avenir. Forget Me Not ajoute un relief endiablé à l'album, laissant batifoler banjo et guitares pour accompagner une mélodie entêtante et fascinante. Son thème virevolte au milieu de la rédaction de pages où des pensées s'étendent dans le vent et au soleil, butinées par une abeille gracieusement amenée par le kazoo. Si en écoutant la pop psychédélique de Kidd, mâtinée de lyrisme et surtout d'une musicalité riche et experte, on pense aux Beach Boys, aux Beatles et à Donovan, les arpèges suprêmes, les notes de Moog, la basse et la batterie qui torpillent le tempo sensuel de Tomorrow Sky montrent dans le dédale de références que Kidd devient un repère.



La mélodie impressionnante de simplicité et à la fois de complexité, est aussi pleine de poésie et d'anticipation, accompagnée de l'émouvante guitare qui devient taquine sur Crazy George qui évoque un type complétement toqué et déséquilibré, un voisin en guise de boulet. Les harmonies y sont malgré le sujet accrocheuses, arrangées avec style et panache. Le don pour la composition subjugue sur le dansant Sagro où les guitares se croisent, voltigent, planent alternant avec le clavecin, tambourin, harmonica et glockenspiel dotés d'un immense pouvoir expressif. L'amour arrive sur le tapis pop et dans les enceintes enflammées avec Like A Bullet qui me fait opiner du chef et secouer les couettes parce que le titre est, plus que jamais, griffé du style Kidd : baguettes et balais qui trottinent sur la caisse claire, style orné de samples psychédéliques dignes d'un dessin animé rappelant l'éternelle âme d'enfant de Stuart, garni de textes matures, puissants et décisifs dans les sentiments. Cette symbiose avec son chant magnifique font que la musique de Kidd charme et cueille ; Elle est en surface mélodieuse, souriante, aérienne et dans le fond, solide, réfléchie avec une trajectoire déterminée.



Idem avec Unknown Hometown où brille ce sens inné de l'underground en l'arrosant d'excellence, d'inspiration, d'une orchestration pop fournies de nuances dans les partitions, dans les instruments et de couleurs baroques dans les arrangements. A l'image fidèle de l'univers de Kidd, les animaux sont de retour avec les crocodiles et les samples de bruit de dents, quand la batterie chevaleresque prend les rênes à l'unisson avec les guitares électriques qui progressent, donnent du mouvement et une tonalité engageante. L'intention rock et pop psychédélique est généreuse avec la basse féroce et la guitare aiguisée de Where Have They Gone qui attrape les oreilles pour un tourbillon infernal de voix chorales. A l'écoute de Chance Weekend, on se fiche de savoir 'où ils sont partis' parce que Stuart Kidd, lui, est bien là, avec ses étoiles au-dessus de la tête et aux bouts des doigts, les mêmes qui alimentent ses fans fidèles dont je fais partie. Je remercie le musicien pour son travail et dis un grand merci à Stuart pour garder ses chansons, les enregistrer et nous les offrir. Elles sont précieuses et avec cette somme de talent Kidd constitue notre bonheur musical quotidien. Rendez-vous ici le 1er mars les amis : Kidd





vendredi 22 février 2019

Belka Records

Le label Belka Records apparait de temps en temps sur Piggledy Pop parce que j'adhère à sa démarche qui est de se pencher sur la pop russe et ukrainienne, deux pays intrinsèquement liés et si proches de nous également. D'ailleurs le label travaille à cheval entre Paris et Moscou, faisant rayonner la musique indépendante de l'est avec un élan charmant. Vive la Mère-Patrie !

J'en parle ici en 2016 à l'occasion de la sortie de sa première production Russian Tour que j'introduis, enthousiaste "Je vais être claire : la compilation Russian Tour est au classement Piggledy Pop le meilleur disque de l'année 2016 tant par l'esprit qu'il véhicule que par sa qualité et la joie que son écoute me procure. Depuis la magistrale baffe prise devant Motorama, groupe de Rostov, c'était dans un bar parisien en 2011, j'ai le sentiment que la slav'pop s'aiguise et s'affûte d'année en année. Je parle de groupes russes de plus en plus souvent, comme des fabuleux Malishkamu ou de White Wishes. Russian Tour me comble derechef avec 11 groupes géniaux alliés et alignés avec justesse sur la compilation façonnée avec talent par Belka Records."




"La compilation est en marche depuis le 27 septembre 2016. Elle contient tout ce que les chercheurs d'or pop rêvent ; de la cold wave, de la dance, de la twee, de la dream, de la jangle, du post punk, de l'indie dans toute sa splendeur, en anglais et en russe. L'âme slave est présente sur chacun des morceaux qui s'emboitent comme des poupées russes. Il y a du romantisme, du caractère, du rock qui donne envie de pousser les enceintes à fond dans la datcha, des notes mélancoliques, des rythmes dansants, virevoltants, qui donnent chaud sous la chapka. Comme l'annonce si joliment le bandcamp de Belka Records, "Bringing the Eastern Sound ... to Western Ears", Russian Tour rappelle l'excellence musicale de la culture occidentale."

Depuis, le label galope avec la même perspicacité offrant Russian Tour 2 en septembre 2017 suivi ce mois de septembre 2018 de Russian Tour 3 et pour couronner le tout, il signe l'album 23.45 de l'artiste Advokaty qui me trotte dans la tête depuis son écoute. 23.45 est un album moderne, electro-pop et rock orné d'un chant cristallin, dont la sensualité va comme un gant au thème érotiquement coquin du disque.



Ce que j'aime sur les compilations que fait paraitre Belka Records, c'est cette lumineuse envie de nous faire découvrir ces groupes actifs, pas forcément accessibles en live dans nos contrées et pourtant si brillants. D'autre part, d'une compilation à une autre, c'est toujours de nouveaux noms ce qui me fait penser que le monde slave pop est une mine de groupes talentueux. Ensuite, j'aime cette manière de tordre le cou à la légende du personnage slave nostalgique et tristounet, l'anti-thèse du surfer à longues dents blanches. Car enfin cette vue panoramique de la culture pop russe et ukrainienne nous montre à quel point, à l'Est, il y a de l'optimisme, de la force, de l'énergie et de l'anticipation. L'ensemble est joyeux et drôle, torride et sensuel, serein et riche d'harmonies.

Ici, il y a de l'intelligence dans les arrangements, dans les mélodies maitrisées et variées aux références européennes et russes délicieuses. Les groupes de pop soviétiques sur Belka Records, que je ne limiterai pas à un choix parce que les styles sont différents et vous conseille ardemment l'écoute, sont Parks, Squares and Alleys, Buerak, OneGin Please, Gruppa «TIGRY», FPRF, Hut, Bumazhnye Tigry, Esthetix, Seed Of Freedom, Chernikovskaya Hata, Okolo Poludnya, Palma Plaza, Gruppa Hmuriy, Brandenburg, Rytsar Dikih Yablok, Stantsiya Videopark, The Padla Bear Outfit & Mak, Park17, Budni, Verbludes, Fleece Flower, Istochnik, Ruth, Human Tetris, Sova, Russkaya Bespredmetnost, Shtrikh, Nürnberg, Ploho, Chernikovskaya Hata, Arseniy Krestitel, Neonic Sundrive, Roman Kirienko, Kobalt Siniy et Advokaty.
BelkaRecords
BelkaRecordsPiggledyPop2016





mardi 19 février 2019

Brian Grogan

Avant d'en savoir plus sur Brian Grogan, j'étais enthousiaste et subjuguée à la première écoute. Après renseignements pris, j'apprends qu'il est irlandais, réside à Londres depuis des années, entourés de musiciens se consacrant à l'écriture et à la composition. Il n'y a pour l'instant que deux titres disponibles pour le découvrir mais ils suffisent à entendre que le musicien a du charisme, un très beau jeu, un magnifique chant et des mélodies accrocheuses. L'univers musical que partage Brian a de l'âme. Brian Grogan n'est pas un néophyte. Ses références et influences viennent de son enfance baignée de musique à la maison, notamment du traditionnel fiddle. Il commence à jouer adolescent et étudiant dans les pubs de son comté avant de rejoindre l'excellente formation de Belfast Maguire & I en 2010 où il est batteur.



Désormais l'artiste vole de ses propres ailes d'auteur-compositeur et s'entoure d'autres talentueux musiciens pour les concerts comme pour enregistrer son single Reach, encore chaud, sorti de la presse ce 31 janvier 2018 ; Il recueille déjà les compliments des spécialistes et de la presse musicale. Ses performances contiennent de l'expérience, de la fougue et un don naturel clair et manifeste. En bonus, le troubadour multi-instrumentiste met beaucoup d'identité et de style dans ses paroles, ce qui lui donne une figure singulière dans le circuit. Reach évoque la difficulté de trouver un ou une partenaire tout en arrosant ses mots de son esprit narquois et drôle. Avec sa voix au pouvoir rythmique et lyrique, ses notes de guitares qui adoubent derechef le tempo, Brian Grogan a, à mes yeux, tous les atouts en poche pour nous surprendre, nous offrir des chansons extraordinaires à venir.
BrianGrogan



samedi 16 février 2019

Fujiya & Miyagi

Fujiya & Miyagi ne sont ni des pokemons, ni des centrales nucléaires posées sur des zones hautement sismiques. C’est un groupe de Brighton crée en 2000 par Steve Lewis (chant et clavier) et David Best (chant et guitare), rejoints par Matt Hainsby ( basse) et Lee Adams (batterie). Leur style bien griffé et reconnaissable est composé d’électronique sur fond de Krautrock, leurs influences étant Can et Neu. Depuis leur premier album Electro Karaoke, le quatuor ne cesse de se produire en concert, dans les festivals, de passer sur les radios et gagne en renommée.
Le titre Collarbone, apparaissant dans une série de MTV et pour des publicités, sort en vinyle en 2005 et fait décoller la notoriété de Fujiya & Miyagi qui présente le deuxième album Transparent Things un an plus tard. Suit Lightbulbs en 2008 et le fabuleux Ventriloquizzing en janvier 2011.



Les Fujiya & Miyagi dont le nom vient d'un personnage de Karaté Kid signent des morceaux electro-pop efficaces, entêtants, qui siéent aux pubs et aux séries (pub pour Jaguar, bande-son de Breaking Bad), leur notoriété dans les médias grandit depuis et s'amplifie depuis l'album de 2014 Artificial Sweeteners. Comme de coutume, Steve Lewis signe un album dansant en pulvérisant le son de synthétiseur. Son panache électro rappelle la vague de Manchester dans les années 85 faisant de son univers musical un laboratoire expérimental digne de Factory Records. Avec humour et un sacré tempo, des mots enfiévrés, répétitifs, qui est désormais leur signature, ils mettent en scène cet effet labo dans la vidéo d'Artificial Sweeteners.



Les anglais reviennent en 2017 avec le somptueux sixième album Fujiya & Miyagi qui attaque dès les premières notes de Serotonin Rushes sur un rythme envahissant, hypnotisant et fort énergique. Il comprend des EP sortis depuis 2016 qui sont disposés ici en album et de manière hétérogène. Les frissons saisissent avec To The Last Beat Of My Heart. Suit Freudian Slips qui dégaine une ambiance cold et kraut animée de l'âme des Joy Division usant d'une basse démoniaque, de guitares, de synthétiseurs mis en exergue par une production léchée et intelligente. Magnesium Flares confirme l'atmosphère de recherche médicale évoquée sur Serotonin en jouant de la rythmique séquentielle persévérante. La pop ne quitte pas les arrangements sur Outstripping (The Speed Of Light). Le titre se rapproche du son synthétique excellent des New-Order et on succombe à l'écoute de l'obstiné R.S.I. suivi de Swoon, palette de couleur sur une mélodie captivante et stylée Warehouse.
Extended Dance Mix parle des consommateurs de musique qui insufflent via internet l'effet du couperet à la création artistique, usant du lexique du corps humain qui tranche et fait mouche avant que la pop de Solitaire fasse souffler un air amoureux, plein de beats ajustés et galbés. Puis Synthetic Symphonies fait sonner les guitares et la basse, les claviers cordiaux 'indus' proches de l'univers de Cure pour finir en puissante production avec le romantique et sensuel Impossible Objects of Desire et ses machines métalliques rutilantes new-wave qui pulsent à rendre dingue le métronome.



Les talentueux Fujiya & Miyagi réitèrent ce mois de mars 2018 avec SUBLIMINAL CUTS, titre single qui présage un album à venir aussi délicieux en illuminant le genre électronique cold-pop de modernité technologique mêlé à un renouveau romantique. Ils ont toujours un coup d'avance sur les autres comme l'ont fait leurs pairs Bauhaus, Cure, Joy Division, Depeche Mode etc. J'étais fan des Fujiya & Miyagi dès 2010 et au fil du temps, je reste aussi friande de leur son addictif, aux contours sucrés et acides, si solidement pop.
Fujiya&Miyagi
Fujiya&MiyagiPiggledyPop2011





Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...