dimanche 29 janvier 2017

Brent Cash

Brent Cash signe il y a deux jours The New High. J'aime ce musicien magicien d'Athens depuis ses débuts en 2008, auteur-compositeur et multi-instrumentaliste dont je parle pour ces deux pépites sunshine-pop, orchestrées dans la tradition de Phil Spector et Todd Rundgren, How Will I Know If I'm Awake et How Strange It Seems, ici :
BrentCashPiggledyPop2008
BrentCashPiggledyPop2011
Toujours dans l'élégance, la sophistication des harmonies et des orchestrations resplendit de force et dès la première écoute, c'est évident que l'artiste a pris ces cinq dernières années pour s'appliquer à l'écriture et à l'instrumentation. Sa voix savoureuse enveloppe les instruments et offre une sensation d'élévation, d'énergie précieuse. Comme je le décrivais il y a presque 10 ans, The New High dessine "une sophistication bénite, ... une sorte d'exploration archéologique qui ferait renaitre de ses cendres Burt Bacharach, Harry Nilsson et les Beach Boys."



Globalement, la veine musicale auréole les sonorités des années 60 et 70 mais pour la première fois, quand le titre The New High ouvre le bal, les seventies sautent aux oreilles. Les arrangements de cordes s'envolent, planent, laissant derrière eux un sillon de particules majestueuses. Le piano de Out for Blood poursuit avec sa mélodie dynamique et ses mots ronds de métaphores alliés aux clap-hands accrocheurs jusqu'au jazzy The Wrong Thing, magnifique 'pop song' qui frétille et galope sur des images souriantes pour dissuader une Juliette d'un Roméo qui pourrait s'avérer être un boulet. La rythmique ne freine pas quand joue les notes brillantes de Every Inflection, balade pleine de zig-zag dans les guitares et le clavier qui taquine les maracas. Les airs défilent voltigeants, créant un régal musical. Dim Light qui a séduit mon épiderme immédiatement, semble rassembler et créer le même effet chez les autres amateurs du grand Brent Cash. Pépite alternative, cathédrale pop, les harmonies et orchestrations sautillent aussi gaillardes et fraiches que le texte, le grain de voix est somptueux autant que le mellotron qui pousserait quasi à la génuflexion. The Way You Were, en guise de mini scenario, embarque dans l'univers orchestral pop maitrisé par son auteur qui arrange sa mélopée en recto-verso, en montagnes russes, créant l'effet d'un délicieux vertige.



La cavalcade continue avec le taquin I'm Looking Up, ses choeurs romantiques et printaniers, qui ramène à l'esprit Gilbert O'Sullivan, The Carpenters, Mary Queen of Scots et Harry Nilsson. Les paroles nous promènent du printemps à l'hiver, le nez au vent ou planté dans la neige, quand Edge of Autumn décrit l'éveil aux sentiments par les saisons avec une poésie aérienne qui continue langoureusement sur All in the Summer, dont la guitare et les voix en chorale offrent une mélodie dorée. Un break délicat et richement intime aux allures de Van Dyke Parks propose un piano-voix. Cette ambiance touchante poursuit d'enivrer quand arrive Fade/Return, orchestrée avec piano-guitare-voix d'abord, dessinant une atmosphère de confidence, évoluant doucement sur une orchestration cinématique. Le génial Perfection Comes Near qui termine l'album, comète scintillante pop, est un titre émouvant, mêlant nostalgie et culpabilité, montrant le talent inoui de composition, d'orchestration, et d'interprétation du maestro Brent Cash. Il joue tous les instruments sur ce grand disque accompagné aux cordes de Kenneth Lambert également à la flûte, des violonistes Sarah Park Chastain et Patrick Shelc, avec Nan Kemberling au violoncelle. The New High comble et fait chavirer. Sa pureté et son perfectionnisme se marient sans se chevaucher, au contraire, l'alliance crée un prisme pop lumineux que je classe dans le panthéon des disques Piggledy Pop.
BrentCash



samedi 28 janvier 2017

Henri Cartier-Bresson

"Je suis visuel … J’observe, j’observe, j’observe. C’est par les yeux que je comprends."
Henri Cartier-Bresson. Life. 15 mars 1963

Henri Cartier-Bresson m'intrigue et me fascine. Poète amoureux de Nerval et de Rimbaud, peintre féru de Piero della Francesca et photographe, je trouve sa personnalité passionnément et courageusement humaine, sa véritable âme d'artiste, admirables. Cette beauté intérieure se reflète sur ses clichés. Son oeil était sensationnel, au sens du terme. Son doigt appuyant sur son légendaire Leica qui ne le quittera jamais, jusqu'à sa mort emmailloté dans un mouchoir, prêt à dégainer, telle l'arme du chasseur, créait des oeuvres d'art. Ce petit appareil il se l'offre en 1932 et ne quittera plus la paume de sa main jusqu'en 2004. Au travers de ses photographies, Cartier-Bresson, tempérament avant-gardiste, témoigne, loue la vérité que seule son oeil de lynx cherche. Le respect de l'être humain prime. Ce qui compte c'est " l’homme, l’homme et sa vie si courte, si frêle, si menacée ". Il s'est attelé toute sa vie à fuir les étiquettes, sauvegardant son autonomie et ouverture d'esprit sur le conseil de son ami photographe Capa : "Attention aux étiquettes. C’est sécurisant. Mais on va t’en coller une dont tu ne te remettras pas : celle de petit photographe surréaliste. Tu vas être perdu. Tu vas devenir précieux et maniéré. Prends plutôt l’étiquette de photojournaliste et garde le reste dans ton petit cœur".





Né en 1908, il traverse un siècle, commençant par quitter le lycée, il décide de prendre des cours de peinture au sein de l'atelier d’André Lhote en 1926 où il travaille ardemment et apprend à cadrer artistiquement ses émotions. Mais il se rend compte que son tempérament, surnommé dans sa jeunesse par ses collègues scouts "anguille frétillante", ne peut pas se résigner à la patience du peintre. Féru de chasse de gros gibier, il chasse même la nuit quand il acquiert son appareil photo portatif à 26 ans et s'éprend du 'tir photographique'.
Dès lors, avec curiosité, il voyage accompagné de son ami André Pieyre de Mandiargues qui dit "J’ai vu naître 'Henri Cartier-Bresson' par une sorte d’activité spontanée, une espèce de jeu d’abord qui s’était imposée à ce jeune peintre comme à d’autres gens s’impose la poésie. Ce qui est extra, c’est que nous avons découvert, ensemble ou pas, ce qui allait devenir essentiel : la peinture cubiste, l’art nègre, le surréalisme, Rimbaud, Lautréamont, James Joyce, la poésie de Blake, la philo de Hegel, Marx et le communisme…". L'aventure les mène en Espagne, en Italie, à Paris et le "merveilleux quotidien" de ses rues, gare Saint-Lazare, Place de l'Europe... Il mitraille. 




Henri Cartier-Bresson dira "Je ne quittais jamais mon appareil, toujours à mon poignet. Mon regard balayait la vie, perpétuellement. C’était là où je me sentais très proche de Proust lorsqu’à la fin de la « Recherche » il dit : la vie, la vraie vie enfin retrouvée c’est la littérature, pour moi c’était la photographie ! ".


Les magazines Voilà et Photographie publient ses images, sur papier mat au charme diablement irisé privilégiant les cadres originaux et le premier plan, qui seront dès 1933 exposées par la galerie Julien Levy de New York et l’Ateneo de Madrid. Puis il s'aventure au Mexique, en passant par New-York où de nouveau, son art de flanquer des harmonies dans ses clichés fait objet d'exposition en 1935 avant de revenir à Paris pour assister Jean Renoir sur La vie est à nous et Partie de campagne en 1936. Il tourne des documentaires et reportages comme With the Abraham Lincoln Brigade sur la vie des soldats américains pendant la guerre, ou le couronnement du roi Georges VI d’Angleterre pour le journal Ce soir et la Guerre d’Espagne, L’Espagne vivra. Il travaille encore avec Renoir pour La Règle du jeu en 1939 avant de rejoindre la 3ème armée et être fait prisonnier en juin 1940. Il tente de s'évader deux fois et la troisième fois sera la bonne. Il rejoint la Résistance. 1944, l'éditeur alsacien Pierre Braun des éditions Brauns lui fait une commande de série de portraits naturels, sans artifices, sous forme de reportages où se dévoilent Claudel dans sa maison de campagne en 1945, Matisse au milieu de ses colombes, Braque, Sartre et sa pipe sur le pont des arts...





Henri Cartier-Bresson aime 'l'instant décisif', notion qu'il emprunte au cardinal de Retz, thème récurrent dans son discours ; Cet instant où se nouent "sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur". 1947 à New-York, son travail est exposé au MOMA. Il met en action son 'instant décisif' en créant l'association Magnum Photos, regroupant les photographes internationaux, Robert Capa, David Seymour (dit Chim), George Rodger et William Vandivert. Il rencontre Eli une indonesienne qu'il épouse en 1948 et sillonnant l'Inde, les circonstances lui font photographier Gandhi sur son lit de mort. Suivront la Chine de Mao et son mouvement 'en marche' des communistes, l'URSS où il est le seul a obtenir un visa et une autorisation en 1953 étant devenu grand-reporter . Il revient en Europe, ses oeuvres sont exposées à Londres et Paris. Il repart au Mexique, en Chine, puis Cuba en 1963, le Japon, l'Inde...1966, il rencontre Martine Franck, photographe et l'épouse en seconde noce. Fin précurseur, il est où il faut être pour immortaliser le moment. 1968, la France est en ébullition et sera le sujet d'un de ses derniers reportages. Il va sur les routes du pays si cher à son coeur et mitraille des milliers de clichés. Le Reader’s Digest les publie en 1970 sous le nom Vive la France avec un texte de François Nourissier couronné d'une exposition au Grand Palais. Il fait un court séjour à Moscou en 1973 puis rentre et pose ses valises, à Paris, recherche de la sérénité.


Ses photographies traversent le siècle, les continents jusqu'en 2000 quand éloigné de Magnum, il crée avec sa famille, sa femme, leur fille Mélanie Franck, la Fondation Henri Cartier-Bresson, destinée à rassembler son œuvre, à créer un espace d’exposition ouvert à d’autres artistes, reconnue en 2002 d’utilité publique par Jacques Chirac.



"Faire un portrait est pour moi la chose la plus difficile, C’est un point d’interrogation posé sur quelqu’un.", le grand photographe aura eu dans son point de mire, dans sa pupille, dans son viseur, dans son regard : Marcel Duchamp, peu de temps avant sa mort, jouant aux échecs avec Man Ray, William Faulkner, Arthur Miller, Marilyn Monroe, Robert Kennedy, Jean Genêt, François Mauriac, Roger Nimier, Alberto Giacometti, son ami, Truman Capote, Dali mais aussi des inconnus qui à mes yeux sont les plus touchants, comme la poissonnière à Marseille, les enfants rue Vaugirard, le dandy autrichien à monocle . Les yeux perpétuellement en recherche de vérité, de beauté absolue, passent du « tir photographique » à « la réceptivité » du motif. Jusqu'à la fin de sa vie il continue de photographier ses proches, ses chats, se consacre au dessin, à la lecture, jusqu'à fermer les yeux en 2004, ses yeux, témoins magnifiques du XXème siècle.
FondationHCB

" Proust et Saint-Simon : ils savaient regarder, ceux-là "
Henri Cartier-Bresson




samedi 21 janvier 2017

Anthony Atkinson & The Running Mates

Depuis une semaine, mes oreilles sont nourries de Broken Folks que je viens de recevoir, superbe album d'Anthony Atkinson and the Running Mates mais aussi de ses deux premiers albums (Thank you so Mark!). C'est actuellement les longs congés d'été en Australie et à l'écoute de Broken Folks pris sous l'aile du fabuleux label Lost & Lonesome, on a les pieds dans l'eau et le bout du nez rougi par les UV.
Anthony signe en 2003 Come Home For Autumn suivi en 2006 de Loyalty Songs chez Candle Records. Je suis amoureuse de ces deux albums, deux pièces pop magnifiques remplies de mélodies arrangées avec soin dans la veine des compatriotes Lucksmiths & Co. Les musiciens se connaissent bien, jouent ensemble depuis des années, Anthony Atkinson a écrit le titre Smokers in Love sur Staring at the Sky des Lucksmiths enregistré en partie à Paris en 2007, chez Wilfrid avec la participation et l'ingéniering d'Etienne Jaumet. Les Lucksmiths sont aussi présents sur ce dernier bijou pop d'Anthony Broken Folks, ainsi que d'autres musiciens de The Zebras et Mid-State Orange.



L'auteur-compositeur excelle depuis des années dans la composition, l'interprétation, usant ses semelles sur scène inlassablement sous le pseudo d'abord des Simpletons puis de The Mables. Candles Records nait en 1994 à Melbourne sous le patronat de Chris Crouch, guitariste et producteur des Simpletons, première signature du label qui compte dans ses rangs des musiciens locaux. Dans cette jeune formation on retrouve Darren Hanlon et David Trump. Le label continuera de concocter les albums des Lucksmiths, Darren Hanlon, The Girls From The Clouds, Mid-State Orange, The Small Knives, Jodi Phillis, Tim Oxley, Stella One Eleven et le fabuleux Ruck Rover aka Fred Astereo, aka Man In The Wood, aka The Fish John West Reject, aka Tlot Tlot, le "mystère australien" en la personne de Stanley Paulzen, musicien fantastique, ma pop-star favorite de l'underground, qui tient les rênes du label Lost & Lonesome .
Lost&LonesomePiggledyPop2010
LucksmithsPiggledyPop2008
DarrenHanlonPiggledyPop2012
FredAstereoPiggledyPop2008



Je me suis délectée donc cette semaine dans le froid parisien de cette pépite de 10 titres, qu'au delà du bol d'air pop, je qualifierais de soupière pop, une marmite de sonorités indie orchestrées et arrangées avec de l'âme et du charisme. Les guitares dominent, dans la tradition indie avec des line-up brit-pop parfois americana et des textes ficelés, imagés, qui trottinent sur la pointe des pieds. Attaquant avec I lost my Way, I found a Friend, la rythmique galopante emporte illico. La trompette et la batterie élève le tempo soutenu par un texte sur la rédemption somptueusement pop. Puis Calm & Collected vient chatouiller nos lobs avec sa douce mélodie qui habille le thème du lien qui dégénère avec un voisinage, ornée d'envolées de cordes et cuivres. Suit It Radiates qui révèle la sensibilité d'enseignant qu'est Anthony dans la vie et un certain engagement humain où resplendit toute la dextérité du bassiste Marty Donald (Lucksmiths).



La buccolique Lake bondit sur les guitares dont le line-up est assuré par Louis Richter (Lucksmiths, Mid-State Orange) et le chant d'Anthony, qui décrit joliment la dégradation d'une relation via les métaphores des éléments naturels. Le dépaysement poursuit avec Her Place, qui évoque le déracinement géographique et familial sur des accords grandioses des Running Mates qui me rappellent l'univers des Lloyd Cole & Commotions et des Dexys Midnight Runners. Some Border Town et son banjo magique joué par Chris Baker est un duo brillant d'Anthony et de Kimba Mitchell, son amie de longue date (The Mabels) offrant une ballade qui sort de son écrin pop folk à ce moment de l'album. La tête se remet à dodeliner fébrilement sur les guitares country de Into Night Again qu'Anthony a composé ayant en mémoire l'adaptation de Wilco du titre de Woody Guthrie, California Stars et qui se clôt sur une partition de trompette succulente. Le rythme continue avec Trade Winds qui parle d'exil et Labour Day qui évoque une employée courageuse qui songe en travaillant à des ailleurs. Les mélodies s'enchainent, belles et touchantes, celles qui fonctionnent si bien pour mettre les fans de pop à genoux ; Un coup de maitre d'Anthony Atkinson qui conclût avec le morceau émouvant acapella Broken Folks.
J'ai appris hier que Melbourne venait de subir trois attaques terroristes dans la journée. J'espère que 'Tout' le monde va bien.
AnthonyAtkinson&TheRunningMatesOnLost&Lonesome





dimanche 15 janvier 2017

The Innocence Mission

Originaires de Lancaster en Pennsylvanie, Don Peris et Karen Peris jouent des mélopées sous le joli pseudonyme The Innocence Mission. A leurs côtés, se trouvent Mike Bitts à la basse et Steve Brown à la batterie. Les airs pop sont justement arrangés, finement interprétés, les cordes et la voix forment une rythmique voltigeante.
The Innocence Mission est un vrai duo où Karen et Don composent et écrivent à quatre mains avec la fibre de Joni Mitchell et de Nick Drake depuis 1986. Le premier EP qui d'ores et déjà annonce leur univers fort romantique, Tending the Rose Garden est suivi des albums, The Innocence Mission (1989), Umbrella (1991), Glow (1995), Birds of My Neighborhood (1999), Small Planes (2001), Befriended (2003), Now the Day Is Over (2004), mon favori We Walked in Song (2007), My Room in the Trees (2010) et en 2015, Hello I Feel the same.



Le single Trip vient de paraître en 2016, faisant suite au titre At Sea sur la compilation de mars 2016 du label de Minneapolis Korda Records qui signe The Ocean Blue, The Starfolk, Jim Ruiz Set etc. The Innocence Mission a signé en 2015 un très bel Hello I Feel the same où trône une ribambelle de ballades pop, joyeuses, naïves, colorées mettant guitares, tambourin et le chant en exergue. L'opération réussie me subjugue. Ici le couple qui n'a cure des modes, propose des chansons poétiques, dans une tradition presque folk où gambade un chant en dentelle pour narrer des histoires émouvantes comme sur Tom on the Boulevard. Les nuances de vert, de neige sur les fleurs, d'étoiles confrontées à la lumière du jour resplendissent sur le piano de Washington Field Trip.



Le voyage, il en est souvent question et les Peris parviennent à nous emmener grâce aux cordes pincées et dorlotées de la guitare classique sur When the One Flowered Suitcase qui nous propulsent dans le temps, dans la folk des seventies, un rêve où Joan Baez rencontrerait The Kings of Convenience, et dans l'espace à travers la Finlande "We meant to start here. A new year, in Finland, with cloud banks slanting down. We thought that it mattered- it did not, like no money, and we've got to keep on, and carry each other, through these forests, through these long buildings, up every stair flight."
Barcelona poursuit son chemin pop bossa instrumentale avant le fabuleux State Park qui m'évoque à la fois Paul Simon et les Carpenters mais où clairement l'américaine apporte son propre style, sa griffe singulière sans ombrage, sans prétention ni complexe. L'humilité dans les arrangements, montre force dans la composition et fertilité dans l'inspiration. Et les airs de The Innocence Mission coulent de source, s'acheminent aériens et cristallins de titre en titre.



Les accords d'orgue et de guitare resplendissent tout au long de Fred Rogers où se mêlent là encore la météo, le passé et le mouvement puis les couleurs reviennent, comme une carte postale décrite par un(e) troubadour, sur Blue and Yellow. Les guitares et les claviers assaisonnent la déclaration poétique qui traverse les saisons et les chemins sur la poésie de Daily et de Spring Is Written on Your Door où l'espace d'un instant on plonge dans la préciosité d'un certaine lyrisme "Flying today. No fear, no fear. See blue into orange, green into golden,on waking over the land." L'esprit pastoral des troubadours compose le dernier morceau magnifique The Color Green. "The color green was sent to me in four beat measures, of fields and their walkers in cardigan sweaters, with the lavender sky that was just beginning to, rain down into the music. This is how it was sent, in and out of weather."
Hello I feel the same est un bijou hors du temps, appliqué dans les mots comme dans l'orchestration où la famille Peris fait briller son univers artistique plein de beautés. Avec Don à la guitare et aux arrangements, Karen écrit un album familial Violet en 2012 où même leurs enfants participent en jouant du violon sur deux titres. Je conseille d'ailleurs l'album de chants de Noel de Don Peris paru en 2007 Brighter Visions Beam Afar, puis Go When The Morning Shineth de la même année, The Old Century en 2013 où Karen joue de l'accordéon et leurs enfants Anna et Drew, là aussi, du violon. La discographie de The Innocence Mission est obligée dans les foyers indie pop.
TheInnocentMission





Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...