dimanche 30 octobre 2016

The Happy Couple

The Happy Couple est comme son nom nous met une grosse puce à l'oreille un couple germano-britannique composé de Johanna Maier au chant et écriture et de Tom Hilverkus aux guitares, basse, piano, moog, flûte, orgue et composition.
C'est en 2003 que la paire electro-pop signe en Allemagne, sous leurs alias Janehoney et Tom Sparkletone, un 4 titres sur vinyle nommé The Four Seasons qui comporte le superbe French Cinema Summer Love et Treason, l'unique titre chanté par Tom. En 2005, ils participent à la compilation Tribute to Television Personnalities If I could write Poetry avant de signer le fabuleux maxi-single Fools in Love enregistré à Glasgow avec ses fondant Another Sunny Day et Hopeless Case sur lequel Roy Moller vient jouer de la guitare.
RoyMollerPiggledyPop



En 2006, le duo offre derechef une pépite galbée pop sixties magnifique avec Song for the Troubadour sur lequel Stevie Jackson de Belle and Sebastian joue de l'harmonica. Les Happy Couple retourne peaufiner le single en Ecosse et propose cette même année la compilation Happy Times & Petty Crimes qui reprend l'ensemble de leurs chansons avec des inédits et toujours à la production le génial Ulric Kennedy, auteur-compositeur de Golden Dawn et The Catalysts dont je conseille l'écoute de circonstances Autumn Everywhere. Il y a une pause de huit années, d'abord parce que Tom déménage d'Edimbourg à Brighton avec son épouse également musicienne, lance son propre label Félicité Records et parce que Johanna qui vit à Hambourg n'a pas d'ordinateur, ce qui laisse peu de visibilité au travail à distance. En 2014, The Happy Couple réapparait avec l'album magnifique Into the Woods, dans son sillage, l'âme de Heavenly, Shop Assistants, Marine Girls, Pipas, The Clientele et une griffe electro-pop contemporaine, tantôt mélancolique, tantôt trottant à l'allure guillerette.



Commençant avec l'émouvant et romantique Scar on my Heart, Into the Woods lance une flambée chaleureuse d'indie-pop orné du talentueux batteur Grant Allardyce. Bénéficiant du matériel vintage du studio de Joe Watson (Stereolab/The High Llamas), le son d'harmonium habille élégamment Mapping doté de synthétiseur eighties qui va comme un gant aux mots pleins de lumière et réverbération. Puis le bois de la guitare, de la basse et du piano vient tapisser la twee pop ronde de 'papapa' sur Alexisbad suivi du voltigeant et touchant CrushedJoe Watson brille aux claviers, Tom resplendit à l'orgue accompagné de la voix cristalline de Johanna. La rythmique langoureuse de Paper Games suit la mélodie envoûtante et mélancolique, entérinée par les échos posés sur le chant et sur la guitare pour électrifier la mémoire mêlée de sentiments. Cet effet est continué magnifiquement sur le nostalgique Smash the Glass. La pop sautille dans les arrangements vitaminés de The Bestiary of Jane qui compte la partition de trompette de Gary Olson de The Ladybug Transistor avec les handclaps de Joe et de Tom ainsi que les cymbales et caisse claire enflammées de Grant Allardyce. Le mariage délicieux du piano et de l'orgue poursuit sur Sweet Believer où Johanna dépose sa voix voluptueuse et ses mots poétiques pour dessiner un titre introspectif superbe. Call and Response arrive bondissant de guitares, de tempo décalé au psychédélisme discret incluant de la flûte et des effets de voix pour imager les 'angels'. L'ambiance pieuse et lumineuse règne tout au long de l'album qui se termine sur Into the Woods, voyage pop contemplatif, qui boucle en beauté l'écoute.
TheHappyCouple



Ultimate Painting

Ultimate Painting est un duo de Londres qui apparait en 2014, personnifié par les deux auteurs-compositeurs interprètes de rock indépendant Jack Cooper, membre fondateur du groupe Mazes, et James Hoare, fondateur du groupe Veronica Falls. Les deux musiciens expérimentés dégainent un premier album éponyme en 2014, suivi du génial Green Lanes l'année dernière. Aérées, sublimement pop, les mélopées ventilent des mélodies qui semblent descendre de la lignée du Velvet Underground, des Beatles, des Kinks, agrémentées d'un swing psychédélique des Euros Childs, des Brian Jonestown Massacre dont ils sont fans. Ultimate Painting offre des harmonies un peu sixties, un peu mellow, dotées d'une riche personnalité artistique et de charisme décomplexé. Ils semblent lancés, prolifiques et inspirés en signant depuis le 30 septembre 2016, le somptueux Dusk.



Les deux compères reviennent faire sautiller leurs guitares dès l'entame Bills, où leurs deux voix se répondent douces et dodues. La chaleur de la basse qui taquine ses cordes donne l'envie irrémédiable de dodeliner du chef. La mélodie ondule sucrée et soft pour s'accrocher efficacement aux neurones qui papillonnent sur le titre hommage Song for Brian Jones. Il y a le clair-obscur de la scène new-yorkaise des seventies qui s'immisce savoureusement dans les arpèges . Dans le même esprit, le titre A portrait of Jason est ciselé et peaufiné pour les amateurs de sensualité et de finesse dans la pop. Les Ultimate Painting sont les rois pour donner de la tension dans les arrangements et les textes sur des riffs sensibles et suaves, assez pour les capter, les cueillir, se laisser plonger dans le son duveteux et envoûtant du mood de Lead the Way.



Monday Morning, Somewhere Central continue dans l'excellence. Le chant, le rythme mis en place par la guitare électrique, le clavier et la batterie galope avec dextérité. Ultimate Painting brille dans la composition non vaniteuse, baignant dans la simplicité de l'écriture pour in fine dessiner des chansons de grande envergure. Who is Your Next Target? orné de choeurs, d'un tempo entêtant, martèle un air qui colle à la peau, tatouée de la mélodie psyché intelligente et délicate. Cette sensation d'intimité, de confidence, se poursuit avec Skippool Creek qui décline des notes exécutées comme des caresses millimétrées offrant un titre en acier emballé de velours. I'm Set Free sur une dynamique mellow avec des roudoudous de lignes de basse égrène un texte aiguisé en guise de règlement de compte quand le style lo-fi entre en catimini sur le somptueux Silhouetted Shimmering. I Can't Run Anymore termine le chef d'oeuvre pop ses guitares et sa batterie, assurée sur tout l'album par Melissa Rigby du groupe s.c.u.m. Dusk est un bijou sculpté de ballades rondes, belles de quiétude, aussi délectables que les voix habiles et élégantes, arrangées par deux mélodistes à l'identité artistique solide et impressionnante. Ultimate Painting délivre trois albums majestueux, enregistrés à la maison sur home-studio, à écouter absolument.
UltimatePainting





mercredi 26 octobre 2016

James

James, groupe culte né à Manchester il y a 34 ans, avec sa fleur comme symbole, continue après trois décennie sa chevauchée éblouissante. Son leader Tim Booth, ne cesse d'ériger le monument James et de faire resplendir sa patte dans l'histoire de l'indie-pop. C'est au coeur de la mythique salle de l'Hacienda que James débourre ses chansons en 1982 avant de partir en tournée pour assurer la première partie des Smiths. En 1984 parait l'opus Stutter, suivi en 1988 de Strip-mine qui annonce la formation complète du groupe : David Baynton-Power à la batterie; Tim Booth au chant ; Saul Davies au violon et guitare; Andy Diagram à la trompette, ex-membre des Pale Fountains ; Jim Glennie à la basse; Larry Gott à la guitare; Mark Hunter aux claviers.
PaleFountains-PiggledyPop



1990 est une année phare pour les sept musiciens de James qui participent à l'album tribute du Velvet Underground Heaven and Hell avant de signer leur troisième album, Gold Mother faisant jaillir la renommée du groupe en Europe qui fredonne à l'unisson Come Home et Sit Down, ce dernier single ferrera d'ailleurs le succès aux Etats-Unis dès 1992, renforcé par la sortie des fabuleux Seven et Laid, produit par Brian Eno. Après Wah Wah de 1994, Whiplash en 1997, une compilation en 1998, Millionaires en 1999 et Pleased To Meet You en Juillet 2001, Tim et le reste du groupe annoncent qu'ils raccrochent les guitares et les micros en décembre 2001 et disent 'aurevoir' à leur public chez eux à Manchester avec un concert à l'Arena qui conclut sur Sit Down.





A l'origine du groupe en 1983, c'est Jim Glennie, Larry Gott et l'ancien batteur Gavan Whelan qui rencontrent au cours d'un concert dans un bar Tim Booth qui dansant comme un mordu a attiré leur attention. Le trio lui demandera de se joindre au groupe pour danser sur scène . Ils ne se quitteront plus, Tim adopte le nom James parce qu'amateur de James Joyce. A l'époque, les locaux habillés de noir de la tête aux pieds, un peu punkeux, fondus de Joy Division et Cure ne s'attendent pas à voir débarquer James arborant une attitude volontairement joyeuse. Tim Booth se rappelle "And we were dressed in yellow, red and green. We looked like Smarties, or kids' show hosts! But it was all very tongue-in-cheek and deliberate" et il apportera son charisme bondissant, ses couleurs vives, à l'image de la fleur devenue symbolique dans le monde de l'underground.



A l'instar de ce profil, ce caractère jovial, il est impossible de croire que James laissera tomber vraiment ce qui l'anime et il faudra attendre 7 ans pour le revoir.  Ils se réunissent d'abord lors d'un concert et en studio pour peaufiner Hey Ma qui parait en 2008 sur lequel Eno vient poser son savoir-faire. Deux mini albums suivront en 2010, The Night Before et The Morning After. Le groupe s'envole de nouveau pour jouer dans le monde entier, des dates s'alignent, des festivals foisonnent, il joue avec Kaiser Chiefs, les Killers à Hyde Park et assure une série de concerts symphoniques accompagnés par le Orchestra of the Swan and le Manchester Consort Choir. Deux années s'écoulent pendant lesquels James joue partout en Europe jusqu'à ce que la maman de Tim décède en 2012. Le deuil endolorit le groupe et l'inspire à la fois deux ans plus tard, trouvant de nouveau une énergie dans ce qui les fait tenir, la sève de la pop et de la création. Main dans la main avec le producteur des Killers, l'excellent Max Dingel, les sept musiciens de James se recueillent en studio pour enregistrer le treizième album, La Petite Mort. Et comme d'habitude, les mélodies et harmonies qu'offre le groupe sont rythmées, salées, savoureusement accrocheuses sur le thème principal de la mort. James traite le sujet de jolie manière, avec son positivisme singulier, en chantant sur le génial Walk like you de 7 minutes pour l'introduction du disque "You know more than you think you know, This universe is in your eyes, Inside the galaxies collide (...) "let’s inspire, let’s inflame, create art from our pain, find a love that’s as deep as it’s holy.”



Depuis Hey Ma, la qualité des arrangements et du jeu revêt de plus en plus les chansons. James a la même vitalité, mêlée de talent et de technicité que nombre de groupes doivent leur envier. Hormis les rides, les sept compagnons ne changent pas et reviennent avec Girl At The End Of The World au printemps 2016, stimulant et envoûtant. James continue de se faire plaisir et de nous combler avec les guitares au groove mordant de Saul Davies, Larry Gott et du nouveau venu Adrian Oxaal sur To My Surprise et Surfer's song, la batterie enragée de David Baynton-Power sur Waking et Catapult, la basse enfiévrée de Jim Glennie sur Bitch et Attention, la trompette magnifique d'Andy Diagram sur Move Down South, les claviers endiablés de Mark Hunter sur Attention, le chant majestueux de Tim Booth sur Nothing But Love et Dear John ou encore sur Alvin chanté en français, et toujours des thèmes écorchés, touchants, sur des riffs vitaminés hautement pop. The Girl At The End Of The World distribue des perles dansantes. L'album entier est aussi combattant qu'émouvant. C'est du très grand James, dans les mots éloquents et les notes érisées que je classe dans le panthéon des disques Piggledy Pop. James joue actuellement en Australie et en Nouvelle-Zélande pour être de retour sur le sol anglais en décembre. A vos tablettes !
James




samedi 22 octobre 2016

Trashcan Sinatras

Formé en 1987, Trashcan Sinatras est devenu un groupe culte de l'indie-pop. C'est à Irvine en Ecosse que Frank (Francis) Reader au chant et guitare, Paul Livingston et John Douglas aux guitares, Stephen Douglas à la batterie, Stevie Mulhearn au piano et claviers, Frank DiVanna et Grant Wilson à la basse, respectivement en tournée et en studio, se réunissent pour signer en 1990 le premier album qui marque illico les esprits, le fabuleux Cake, suivi du parfait I’ve Seen Everything en 1993 et du génial A Happy Pocket en 1996. Puis, en 2003, destinée aux fans, la double compilation Zebra of the Family comprenant des inédits parait sur la toile en libre téléchargement.



Ce pied de nez à l'industrie de la musique a effet d'un coup de poing et le groupe part en tournée aux USA pendant l'année 2004 où tous leurs concerts sont complets. C'est sur le territoire américain que les Trashcan Sinatras enregistrent pendant l'été le quatrième magnifique album Weightlifting. Une période passe, bien occupée de concerts, de collaborations et hommages divers comme l'album de reprises The Smiths is dead où le groupe chante I know it's over et la reprise des Beatles en 2007 Got to get you into my life par Francis Reader, cette même année où il participe au grandiose The Unfairground de Kevin Ayers, au chant. En 2010, les Trashcan reviennent avec le somptueux et élégant In the Music enregistré à New-York comptant la précieuse présence d'Andy Chase du groupe Ivy, ainsi que Martha Vineyard et Carly Simon pour les voix.



Tandis que Frank et Paul tous deux mariés à leurs épouses américaines roucoulent sous le soleil californien, et que John lui marié à la soeur de Frank, la chanteuse Eddi Reader, vit à Glasgow, le groupe se réunit cette année pour nous offrir un tout nouvel album paru en mai 2016, nommé Wild Pendulum. En assurant des dates depuis février 2016 avec les deux singles Best days on earth et Ain’t that something, c'est la première fois depuis 2009 que les Trashcan Sinatras reviennent sur leurs terres écossaises en novembre pour plusieurs dates, avant Londres, Dublin puis de filer au Japon.

Wild Pendulum est un bijou dans lequel on entend toutes les belles influences allant des Smiths à Shack. Après presque trente années de création, de scènes, Frank Reader reste un compositeur hors normes. Les titres de l'album sont ornés d'orchestrations, d'harmonies pop, griffé du style Trashcan Sinatras qui resplendit. C'est un régal de plonger dans le Let me Inside (or let me out) avec ses cordes, ses cuivres, rythmés et vallonnés, jusqu'aux brillants Best Days on Earth et Ain't that Something. Autumn, envoûtant, se savoure aussi langoureusement que l'amoureux I want to capture your Heart. L'envie de danser saisit sur la pop dansante des trompettes vigoureuses de All Night et l'émotion prend sur The Neighbours Place, comme sur The Family Way, captivants par la mélodie, l'interprétation et l'intention. Surgit un instant magique de nostalgie avec I'm not the Fella, perpétué avec What's inside the Box où les envolées de guitares, de cuivres, puis les arrangements de l'ensemble de cordes de Waves (Sweep Away My Melancholy) montrent tout le talent de composition de Reader. Le mélancolique I see the Moon est revisité magnifiquement avant le surprenant et fort touchant Sign of Life qui boucle le chef d'oeuvre sur des notes sublimes et surtout une note positive. Wild Pendulum, aux non-initiés, est idéal pour entrer dans le Trashcanland et un moment de délice pour les amateurs. Happy Birthday Franck!
TrashcanSinatras



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...