dimanche 22 mars 2020

Ducks Unlimited

Fans de Morrissey et des Go-Betweens, le duo de Toronto Ducks Unlimited compose une succulente jangle pop dans le sillage des groupes indie des années 80. Tom Mcgreevy et Evan Lewis viennent de signer un album quatre titres sophistiqué et soigné sur le fabuleux label de Madrid Bobo Integral. Les deux excellents musiciens ne font pas de canards sur le disque Get Bleak paru en novembre 2019 qui ouvre sur un tempo galopant et des guitares enflammées.



Le titre nommé Get Bleak est un petit message amical à ceux qui déménagent, quittant un endroit pour un autre en pensant que l'herbe est plus verte ailleurs et finalement sont déçus de leur choix.
Sans faire de vague l'enchantement poursuit son immersion sur le chant délicieux de Tom le long de Glaming Spears. Les notes sucrées et trempées de Annie Forever iraient comme un gant à une bande-son d'un Woody Allen tant il prête à sourire et à balancer les hanches sur le rythme voluptueux. Les cordes savamment titillées de l'Epiphone, et des Fender Jazzmaster et Mustang reprennent la cavalcade légèrement duveteuse sur Anhedonia qui rappelle les références du groupe comme les Verlaines, Orange Juice et Close Lobsters. La fin des quatre titres survient en un claquement d'ailes avec l'envie de chanter en choeur 'if you’re ever in the mood to disassociate baby, give me a call'. Aujourd'hui le duo annonce un album à venir avec en bonus du son de Telecaster, ce qui présage des mélodies sacrément galbées et épiques à se mettre dans le bec bientôt. DucksUnlimited

samedi 21 mars 2020

Layne Greene

Je présente ici Layne il y a trois ans : "Il y a chez Layne Greene une douce ambiance pop-folk orchestrale qui m'évoque un peu les univers artistiques des Kings of Convenience, Sufjan Stevens, Josh Ritter, Paul Simon tant il nous invite au voyage, à la contemplation au travers des saisons. Le Moog, les guitares et la flûte se mêlent au tempo ajusté par Dale Murray à la batterie également producteur. Avec Layne qui compose, chante, joue du clavier et de la guitare, il y a Alex Lank à la rythmique et au clavier, le guitariste Bryan MacDonald, Fleur Mainville à la flûte et aux choeurs Devon Greene, Adam Johnson et Christina Martin. Cette belle équipe d'excellents musiciens se réunit avec Layne Greene à New Glasgow en Nova Scotia au printemps 2015 pour l'enregistrement de l'opus Everywhere Around Here."

"Keepsake de chansons en guise de panoramique pop, l'ambiance dans les villes locales, les couleurs du paysage, l'imagination fertile de ses habitants sorte de chercheurs d'or à la mémoire vive sont déclinées. Le bois des guitares est omniprésent apportant une touche de chaleur brute à l'album. La guitare electro-acoustique y est royale, les voix parfaitement accordées pour offrir un résultat à l'âme aventurière, mêlant la notion de courage des canadiens de la région maritime et rurale à la poésie qu'inspire ces gigantesques paysages aux climats musclés…"
LayneGreenePiggledyPop2017



Layne Greene nous revient en octobre 2019 avec l'album en or Resolutions. Assurant composition, la guitare et le chant, il est avec ses fidèles amis Bryan MacDonald à la guitare, Alex Lank à la batterie, Dale Murray aux différentes guitares et choeurs où est toujours présente Christina Martin, et accueille le nouveau venu à la basse Andrew MacInnis.

Le bijou se présente pop folk avec 22 Blue qui ouvre les notes de guitares splendides et leurs effets d'écho en symbiose avec le thème du temps, de l'année qui passe avant le rock rythmé de Resolutions et sa batterie, ses guitares électriques, ses violons voltigeants. Le chant de Layne contient autant de tempérament que l'orchestration même sur Words, plus voluptueux dans son style mélodique mais déterminé dans son message. La ballade Ghosts est une beauté musicale qui zigzague entre les saisons et les distances, évoquant l'absence avec une belle énergie.



Edge of Town parle de doutes et de décisions à prendre, mis en valeur par un tempo crescendo, des voix en chorale formant une ambiance positive, comme sur le superbe Where We Are qui reprend brillamment les thèmes de la disparition, du temps qui passe et de la sagesse des mots qui aide à l'acceptation. Les orchestrations folk sont limpides et finement brodées invitant au fur à mesure à savourer leur homogénéité agréable. Quel régal de retrouver une nouvelle version de August 31 qui à mes oreilles est un petit bijou indie pop remarquable. Inflation et sa lucidité dans le ton, dans les arrangements et dans l'interprétation marque une jolie délicatesse comme Driving Song qui renchérit de rythmes, de sons vitaminés, en guise de réveil et de renaissance. Le disque offre un Working Man superbe pour boucler l'ensemble des titres, un tableau sociétal fort bien dressé et qui peut être conseillé comme une prescription médicale aux dubitatifs. Layne Greene est porteur de magnifiques mélodies, habillées de son talent de compositeur solide à la voix majestueuse. Resolutions, lumineux, porte bien son nom.
LayneGreene

vendredi 20 mars 2020

The Unthanks

The Unthanks est un ensemble vocal formé par les soeurs Rachel et Becky Unthank jointes par Niopha Keegan. Ce magnifique projet se consacre à des chansons folk, a capella ou orchestrées. Rachel diplômée de l'Université de Glasgow en histoire et sa soeur en histoire de l'art à Manchester sont originaires du Northumbria, nord-est de l'Angleterre, d'un père qui joue et chante dans un ensemble de chants traditionnels et une mère membre de chorale. Les deux soeurs aux voix cristallines sont d'excellentes musiciennes, jouent du violoncelle, de la cithare, Niopha qui les accompagne au chant joue de la trompette et de la flûte. Dans la troupe il y a Belinda O'Hooley au piano, Jackie Oates au violon, l'époux de Rachel, Adrian McNally, producteur, au piano, clavecin, céleste, percussions avec son ami d'enfance Chris Price à la guitare, basse, ukulélé et contrebasse.



Salués par la critique, leur premier disque de 2004 Cruel Sister est remarqué comme le second de 2007, The Bairns, nominé aux BBC folk awards et au Mercury Price. 2009 paraît Here's the Tender Coming, décrit par The Guardian comme meilleur disque de l'année. Suivront en 2011 Last, les enregistrements live The Songs of Robert Wyatt and Antony & The Johnsons et The Unthanks with Brighouse and Rastrick Brass Band, l'album studio de 2012 Songs from the Shipyards, et des collaborations comme celle avec Nick Hornby sur le titre the Ruler. 2015 paraît Mount the Air puis le coffret anniversaire des dix ans du groupe Memory Box and Archive Treasures 2005–2015.



2017 montre une volonté de rendre hommage à des personnalités de l'histoire et de la musique. The Unthanks se plongent dans le répertoire de la mère de Nick Drake, Molly Drake, grande compositrice qui nous a légué quelques enregistrements datant des années 50. Les deux disques The Songs and Poems of Molly Drake sont de toute beauté. The Unthanks revisitent ces petits chefs-d'oeuvre de brillante et émouvante manière.

NickDrakePiggledyPop2017

En 2019, une trilogie extraordinaire appelée Lines suit. Elle comprend l'hommage aux trois navires de pêche qui ont sombré en mer du Nord, tragédie survenue en 1968, des poèmes écrits pendant la Première Guerre Mondiale et les recueils de poésie d'Emily Brontë. The Unthanks au parcours prolifique et hors du commun signent ce mois de mars 2020 l'album Live And Unaccompanied, objet fabuleux comptant des enregistrements en direct des trois voix harmonieuses et impressionnantes. Leur univers plein de mélodies, de douceur, empreint d'histoire et de traditions, peaufiné d'intelligence et de sensibilité, nous fait oublier les affres de la musique contemporaine distribués par les médias actuels, avec des faux instruments, des fausses voix et des faux musiciens mais des vraies petites cervelles à grosses bagouzes. The Unthanks résistent depuis quinze années à cette déferlante abrutissante avec un charisme fou et un talent admirable, un travail feutré, intemporel et gracieux.
TheUnthanks



mercredi 4 mars 2020

Lawrence Arabia

J'évoque les débuts de l'artiste néo-zélandais ici en 2010 puis en 2012 : "Il y a des rencontres magiques, bénies des dieux, comme celle avec Lawrence Arabia alias James Milne, qui vous hydratent de bien-être dans une traversée du désert. James Milne est le nouveau Jonathan Richman, un disciple des Beach Boys qui propose après un opus éponyme génial en 2006, son deuxième album en janvier 2010, joliment nommé Chant Darling. Même s'il a quelque chose d'un digne héritier de Brian Wilson, ce James là aurait plus en commun avec le premier ministre tasmanien Sir James Milne Wislon (1812-1880). Avec son port de tête indétrônable et son style sophistiqué, second degré, Lawrence Arabia n'est pas né de la dernière pluie. Membre des Ruby Suns, de Okkervil River, de The Brunettes, il se produit sur scène également avec Feist et d'autres talibans de la pop."



"Ce troubadour Tasmanien sort un talisman truculent en Juillet 2012, étonnant, surprenant qui s’écoute en boucle et se savoure davantage au fur et à mesure des écoutes. Désormais expatrié en Angleterre, Lawrence Arabia enregistre The Sparrow à Londres. Il est rejoint par Elroy Finn, frère réputé de Liam Finn pour son don de percussionniste et son talent de batteur ainsi que de Connan Mockasin auteur-compositeur anglais, ingénieur du son et bassiste. Derechef, Lawrence Arabia écrit des mélodies pop psychédéliques incroyables pour The Sparrow."
LawrenceArabiaPiggledyPop2012
LawrenceArabiaPiggledyPop2010



Depuis 2012, il a collaboré à de nombreux autres projets comme ceux de Jonathan Bree, Ruby Suns, Tiny Ruins, Van Dyke Parks, la co-écriture avec Bic Runga, la production de l'album Forever Dolphin Love signé de Connan Mockasin et la participation au disque de Neil Finn de Crowded House, Out Of Silence. 2016 sort son troisième magnifique disque puis le quatrième en mars 2019 nommé Lawrence Arabia’s Singles Club compilant un ensemble de titres variés en styles, panachés de pop psychédélique, de rock garage, de chamber-pop ou de rock glam seventies.

Ce keepsake mélodique s'ouvre sur une guitare, une basse, des violons, un piano aux allures old-school délicieuses pour offrir un Solitary Guys à l'esprit Jules et Jim de Truffaut. Everything's Minimal accueille Hollie Fullbrook du groupe Tiny Ruins pour accompagner James dans un duo gracieux, aux mots langoureux "Everything's minimal (white on white), We’re indivisible, We are one in our house".



Puis le somptueux One Unique Creature, sensuel et passionné, enveloppe par ses envolées de violons et par son harmonieuse guitare sur un texte plein d'images corporelles tranchantes, à la hauteur des sentiments avoués. La furie et la rage qui y sont évoquées continuent de percer l'écoute sur le tumultueux rock de A Little Hate, bondissant et énergisant. Le délicieux tempo de la basse sur Everybody Wants Something ravit par ses opposés sombres et lumineux donnant sacrément envie de se trémousser sur le chant formidable de James. L'orchestration réussie et solide poursuit avec la garage pop Cecily qui propulse les rythmes, tend les cordes et dégaine des mots toujours aussi enflammés avant que le boogie seventies de Meaningless Words arrose la mélopée suave et sentimentale de cuivres voluptueux. Quand la batterie de People Are Alright entre cinglante, sur la voix sarcastique et si éloquente de James, le clavecin hypnotique, on fond à retrouver le style Lawrence Arabia, plein de son esprit révolté acéré.


Vidéo featuring les Flight of Conchords, voir ma toute première chronique sur Piggledy Pop!

La douceur de la bossa et les effets wah-wah vont comme un gant aux paroles de A Walk Into The Suburbs chantées avec une élégance de dandy avant le splendide instrumental (Contagious Dream Heals The World). La pépite Oppositional Democracy, ornée de l'excellente et inquiétante basse, d'un texte chargé de métaphores animales qui accentuent le caractère bestial, démontre le talent d'auteur-compositeur de James. Le dernier titre Just Sleep (Your Shame Will Keep) et son accordéon offre une envergure désuète et foudroie par ses mots tendrement moqueurs, ses arrangements orchestrés avec une haute et colorée intelligence. Je classe bien sûr Lawrence Arabia's Singles Club dans les meilleurs disques produits l'an dernier parce que j'admire le travail flamboyant du musicien, son audace stylée, d'avant-garde et simplement brillamment mélodieuse.
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Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...