dimanche 16 septembre 2018

Nick Frater

La fin d'année approche et même s'il y a encore trois mois pour gonfler les chroniques de coups de coeurs, Goodbye Kayfabe de Nick Frater entre dans la cour du top 10 des albums 2018 Piggledy Pop. L'artiste est fabuleux, multi-instrumentiste et producteur, de son studio à Croydon il concocte des bijoux pop qui font rayonner son assurance, son rôle et sa passion. Nick Frater aime la musique, la fabriquer et son plaisir s'entend. Inspiré par les années seventies et sixties, il sait solliciter nos frissons et notre envie de gigoter bêtement en rythme sur ses mélopées. Son univers spontané, son âme frénétique pop, son oreille absolue infaillible dotée d'une humilité rayonnante, le place sur mon chevet.
Les sept titres de Goodbye Kayfabe sont des trésors, dansants, remplis d'instruments qui se répondent intelligemment, riches d'harmonies et d'arrangements surprenants, mais logiques et façonnés avec finesse. La vague de notes pop déferle dès le début de Built to Last avec la folle équipée de guitares électriques qui se mêlent à la batterie, aux cymbales et aux cloches à l'airain exalté.



Le tempo rock accapare l'attention et les hanches quand joue les accords rayonnants de Paperchase, son clavier sixties au groove efficace, et son chant exact, extatique qui s'empare définitivement des émotions. Cette sensation se poursuit sur le juteux Fruit Punches, romantiquement vitaminé et tropical avec son air bossa . La mélopée chaloupée, pleine d'aménité pop, de clavecin taquin, est un régal sunshine paré de références que les amateurs du genre reconnaitront sans nul doute. Quand More Than This fait entrer les cuivres, le tempo enhardi et les guitares indie martelant les arpèges endiablés, les pieds et la tête coptent sans contrôle. La voix de Nick Frater se fait sensuelle et manoeuvre au carrousel de notes fantastiques sur Hold On, Caroline stylé seventies, offrant une ballade pailletée d'une orchestration condensée d'énergie funky. Remoaner (A Song For Europe) est une ode à l'Europe et rappelle la séparation de l'Angleterre avec le gouvernement de Bruxelles sur une cavalerie de guitares électriques rock'n roll et de paroles qui démasquent les opinions politiques de l'artiste. Puis le dernier titre vient adoucir l'ambiance avec son mellow somptueux, son piano tendre qui contre-balance finement entre la gauche et la droite, comme un métronome amoureux qui perd la tête et conclut l'album délicatement. L'enchanteur Goodbye Kayfabe est une collection de chansons pop exquises, un troisième album majeur de Nick Frater qui est un musicien brillant, membre insatiable, d'une compagnie de production, enregistrement et création appelée Great Sheiks qui regroupe d'autres noms fameux de l'indie pop, d'autres groupes dans lesquels il joue aussi.
NickFrater
GreatSheiks



samedi 15 septembre 2018

Adrian Whitehead

Adrian Whitehead, dès la première écoute ce sont des mélodies, du chant, des orchestrations qui forment un élégant mariage à l'évidence d'une grande sensibilité et d'un talent du même bois. L'album Nerd From The Suburbs parait en mars 2018 sur le label australien Popboomerang Records dont le choix de signatures est toujours constant en qualité. L'auteur-compositeur multi-instrumentiste de Melbourne est un enfant prodige de la composition, d'instrumentations fournies, fruitées et absorbantes. Adrian conte des histoires, charmantes ou sérieusement touchantes, utilisant sa voix magnétique et un choix d'instruments subtiles pour ces cartes postales sonores, où s'accordent piano, guitares, batterie et basse qu'il joue lui-même. Viennent d'autres musiciens en studio pour participer à l'album sur certains titres, Shane O’Mara à la guitare électrique et également à la production, Jacob Cole et Jethro Pickett aux guitares électriques, Tim Keegan et Jak Housden à la basse, Sam Young et Terepia Richmond à la batterie, Ellie Lamb au trombone, Amy Lowe au tuba et Joe Tobias à la trompette.



L'écriture de l'artiste est arrondie et son vocabulaire le rappelle d'ailleurs, avec du 'turning' 'circle' 'round' comme commence ce superbe album sur le premier titre Folie A Deux "I traded my life for a ride on a merry-go-round". D'emblée, on tient le bras d'Adrian et on le suit. La ballade solide est galbée, stylée, panachée de guitares folk et un chant somptueux amoureux . Puis le keepsake s'ouvre sur l'épique histoire d'Adam et Eve, Blaming The Snake, avec une instrumentation souriante qui utilise des sons d'antan pour une ambiance rétro, un tempo savoureux et des cuivres rutilants avant le grandiose Sigmund Freud. D'abord la guitare acoustique annonce l'ensemble de cuivres, kalimba, rythmiques diverses, basse, piano révolté et guitare électrique tendue pour un titre chrysalide de six minutes psychédéliques magiques qui illustrent un rêve. Tandis que Sigmund Freud offre un moment délicieux de rock psyché qui accroche entièrement l'attention, l'émotion saisit aux premières notes de piano de Shades Of Grey qui suit avec son texte, si juste et exact, écrit avec ses rondeurs délicates, son profil irisé fort troublant.



L'atmosphère intime poursuit sur la guitare acoustique de First World Solutions avec son schéma doux, tout en retenue, qui néanmoins tire sur la bride avec des mots bruts pour illustrer une relation rompue. Dreams, fait office de virgule chorale à la façon Brian Wilson et Elliott Smith, deux figures qui semblent présentes dans les influences de l'australien. On pense aussi aux Beatles à l'écoute du fantastique Gilded Cage et son Moog, ses lignes de guitares, son chant lumineux, sa mélodie radieuse et volontaire pour combattre le mensonge et les 'faux semblants'. La pop alternative et psychédélique de Blank Page prend de la hauteur et continue de faire des looping entre le piano et les guitares pour boucler la boucle sur Nerd From The Suburbs, avec ses reflets britpop, son tempo merveilleux et ses mots qui reflètent l'esprit de l'album, porteur d'ondes positives. True South conclut avec grâce et panache sur une harmonie d'instruments, d'effets de voix, pour rappeler à la mémoire ce moment spécial partagé avec un père comme la lecture des étoiles "We don’t like to smile in photos, we don’t like to make mistakes, We’re just the same, I’ve got your nose I’ve got your name, You know we’re just the same". Nerd From The Suburbs est le miroir de l'humilité et de la lucidité, blindé de riches mélodies et de la merveilleuse voix d'Adrian Whitehead qui se frotte facilement aux cîmes Harry Nilsson et Randy Newman. Le récit intime, amoureux, philosophique, Nerd From The Suburbs et sa power-pop nourrie de seventies et de sixties, composé avec maturité, brio et excellence fait suite au premier album de 2008 One Small Stepping Man, une introduction à l'univers artistique d'Adrian Whitehead, que je conseille chaleureusement.
AdrianWhitehead





dimanche 9 septembre 2018

Teleman

Est paru ce 7 septembre 2018 le troisième album de Teleman, Family of Aliens. Groupe de Londres formé en 2012, il renait des cendres du fameux groupe Pete and the Pirates. La particularité de Teleman tient dans le talent d'écriture de Thomas Sanders, son interprétation fluide et gracieuse, du tempo dansant et énergique donnée par son frère au synthétiseur, Jonny Sanders, par Pete Cattermoul à la basse et Hiro Amamiya à la batterie.
Dès 2014, la sortie du premier album Breakfast est un phénomène et emmène le quartet sur les scènes d'Europe et des USA qu'ils partagent avec Franz Ferdinand, Suede, Metronomy, Maximo Park, Kaiser Chiefs et Belle and Sebastian. Pendant ce temps, ils ne lésinent ni ne lézardent, mais préparent le deuxième album Brilliant Sanity. L'album est éffectivement brillant autant que le premier, offrant sa touche personnelle, ce don pour dessiner des paroles métaphoriques, éloquentes, clinquantes qui fusionnent à la perfection avec la rythmique. Les sons qui émanent des instruments et de la voix sont abondants, tout comme les mots suggestifs. Leur indie pop est flamboyante, colorée, moderne dans l'instrumentation avec des paroles stylées rétro romantiques pour évoquer des thèmes actuels, sexualité, consommation, et aliénation qui vont de concert, mais aussi des sujets qui les animent comme le rock et l'amour avec des nuances érotiques plutôt charmantes.



Sur Family of Aliens, titre qui ouvre l'album du même nom, la fibre synth-pop qui semble dominer est finement dosée, laissant place à des lignes de guitares et une orchestration limpide qui donne un aspect spontané et simultané efficace. L'envie de danser saisit d'emblée bien que le titre dresse un portrait mordant de la situation actuelle utilisant le thème des aliens qui parviennent à être heureux dans le noir et le vide 'Is it ever enough without love, Without alcohol, dreams and other drugs, Everybody is shot through with worries, But it won’t be long, it can’t be long until the next time'. Puis le voltigeant Cactus avec ses effets électroniques fonctionne à merveille. Le rythme endiablé va comme un gant au thème du superficiel et nombriliste menant à la solitude. Song For A Seagull continue la valse de mélodies, de notes virevoltantes pour évoquer les effets de drogues stimulantes qui, quand la descente est amorcée, font aller dans le mur du ridicule.
Teleman, élégamment utilise l'image de la mouette qui vole, avec ses plumes blanches dans le haut ciel bleu mais qui ne rêve qu'en noir et blanc.



La pop voluptueuse prend son envol sur Between the Rain avec son piano lumineux et sa basse splendide, à l'unisson. Les éléments naturels, oiseaux, pluie, habillent un texte amère qui parle d'un coeur en plastique avant le somptueux et poétique Always Dreaming, langoureux, secret et intime. Le chant de Thomas Sanders resplendit sur le titre, devenant touchant au fil des mots étoilés d'émotions. La basse groovy de Submarine Life poursuit, en taquinant ses cordes et en ouvrant la marche à une suite d'instruments, claviers mutins, fantastique guitare acoustique, batterie rayonnante sur les effets de voix robotiques créant un cocktail sonore réussi. Twisted Heart poursuit ce tempo déchainé et magnifique appuyé par les guitares électriques pour imager un garçon qui se torture l'esprit parce qu'incompris mais qui devrait se moquer de ce monde au cerveau creux, à l'esprit gélatineux. Ce conseil est continué sur le subtil et mélodique Somebody's Island où la voix de Sanders convaincante s'élance aussi magique sur Sea of Wine, invitation métaphorique au voyage et à la perte de contrôle sur des partitions de piano grandioses. L'ambiance synth-pop eighties resurgit, ensoleillée et vitaminée sur Fun Destruction, en opposition aux mots qui dénoncent un mental étriqué qui ne tient ni poids ni pression. Le tempo electro dégaine des rythmes solides pour finir sur le génial Starlight qui résume l'ambiance cosmique, l'environnement spatial, l'excellence des compositions qui gravitent autour du disque. Teleman prend de l'altitude et propulse des titres qui accrochent, font rêver et collent des étoiles au coeur. L'année 2018 compte désormais dans son top 10 Piggledy Pop le captivant Family of Aliens de Teleman.
Teleman





samedi 1 septembre 2018

Champagne Brunel

La famille Brunel est propriétaire à Jouy-les-Reims. Les vendanges 2018 sont commencées. Les rois du sécateur récoltent les fruits de leur labeur pour nous concocter le meilleur Champagne français que je connaisse, le Champagne Brunel. C'est mon avis et celui de nombreux autres, des connaisseurs et amateurs, tous s'accordent pour dire que le 'Brunel' est exceptionnel. Depuis une dizaine d'années, Jean-François Brunel reprend le flambeau de ses parents avec l'aide précieuse de son épouse, l'adorable Sophie. Heureux parents, la lignée est assurée par leurs jeunes pousses, désormais familiarisés à l'art de la taille, du liage, du palissage et de la récolte. Situé sur la petite montagne de Reims, leur terroir est classé en grand cru de Champagne. Sur les vertes pentes de la montagne, des parcelles se bousculent joyeusement et de ce promontoire ancestral, cette terre de France fait surgir de ses racines profondes chaque année en septembre un éminent trio de cépages : du Pinot Meunier, Pinot Noir et Chardonnay. Ces lieux enveloppés de grâce, Jean-François et Sophie y tiennent ardemment et mettent du coeur à l'ouvrage comme le faisaient les grand-parents de Jean-François puis ses parents et sa soeur Clothilde avec qui ils se partagent les hectares. Le travail familial n'est pas uniquement sur le papier, l'ambiance familiale y est douce, simple et très chaleureuse...musicale aussi!



Jean-François est organiste et pianiste, il joue dans un groupe de pop. Sophie grande cavalière est aussi férue de pop, de blues, capable de danser comme personne et de groover dans ses bottes au coeur des ceps. Tous les deux sont chevronnés de musique allant du rock au classique, des comédies musicales à la French Touch. Ils affectionnent la famille, le travail, les arts, et leur Champagne contient tout cet amour. Le Champagne Brunel est divin parce par sa couleur dorée et par son parfum envoûtant qui soulève et emmène illico au sein des coteaux ensoleillés. Ses bulles et son arôme sont fins et élancés, en harmonie, et donnent envie de sourire, de chanter. Le déguster est un vrai bonheur, simple et réel, qui inspire le respect. Il donne aussi envie de saluer l'ampleur de leur travail et des sacrifices tout au long de l'année pour arriver à ce résultat, incomparable. 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Mais quand on partage ce magique moment des vendanges, sur le pont dès 6 heures du matin, le croissant trempé dans le verre de champagne à 10 heures du matin pour une pause, c'est royal. On se sent alors chanceux d'avoir sous les yeux émus, ces lignes historiques de vignes, majestueuses et infinies.
Pour commander l'élixir Champagne Brunel, superbement étiqueté, et se faire livrer à la maison ou sans frais de port, chez les dépositaires, à Paris, en Normandie, à Dijon, à Rennes, et autres, c'est par ici : ChampagneBrunel



Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...