dimanche 13 avril 2014

The Very Most

C'est beau un EP vinyle quand il arrive d'abord avec une pochette old-fashioned pleine de charme, signée Michaël Korchia de Watoo Watoo, musicien et excellent photographe et Vinnie Ransome artiste anglaise qui tient les rênes du label My Little Owl Records, également membre des groupes Mini Skips et Vinnie&Markie en duo avec Mark Wainwright, ou encore les Steel city superheroes y assurant le clavier, honore la back-cover du vinyle avec la participation de Daniel Ransome. Les passionnés aiment les vinyles, pas seulement les collectionneurs ou les brocanteurs, mais surtout les puristes qui ont de l'oreille et ce besoin de cajoler le sillon avec art tellement le son analogique est supérieur au numérique. De plus en plus de groupes reviennent au vinyle et The Very Most ajoute son nom au rituel de la précision et de la richesse du son. Ce goût pour l'esthétisme sonore, ce respect et cette passion pour la musique, Jeremy Jensen les porte comme un étendard dans le monde de la pop indépendante. Généreux et fédérateur, il travaille avec engouement à son projet The Very Most en s'entourant de musiciens du monde entier, en partageant sa passion avec ses proches mais aussi ses auditeurs envers qui il ne met aucune distance, restant intègre, distribuant sans compter son humilité noble et émouvante. Tous ceux qui le connaissent apprécient sa personnalité hors norme qui rayonne dans ses compositions et son amitié sincère, avec des attentions touchantes comme celle d'apposer mon nom sur ce beau vinyle. Quel plaisir immense et quel honneur ! Je te remercie tant cher Jeremy.
Il y a cinq ans, je chroniquais son travail et présentais l'artiste là : TheVeryMost2009
Je poursuivais en 2013 avec un nouveau billet au sujet de l'EP Just a Pup : TheVeryMost2013

Comme pour beaucoup de groupes américains, les Pixies en sont le meilleur exemple, leur succès le plus important est en Europe où le dernier EP Just a Pup s'est vendu à plus de 75%. Dans la suite logique de sa renommée, The Very Most vient présenter le nouvel EP sur le vieux continent cet été, qui porte en sus le joli nom de Things Too Obvious to Sing, avec des dates de concerts dont le festival Indietracks du Derbyshire du 25 au 27 juillet aux côtés de Allo Darlin', Gruff Rhys, The Just Joans, The Hidden Cameras, Rocketship, Dean Wareham, et une cascade d'autres fabuleux groupes. Pour ce faire, Jeremy s'entourera sur scène d'amis musiciens venant d'Ecosse, d'Angleterre et d'Espagne. Ces dernières années The Very Most récolte ses lauriers mérités, le retentissement grandit avec la ré-édition des derniers EP sur la compilation du label Indietracks et la présence du groupe au New-York Popfest de 2013. Cette année, le label My Little Owl Records signe Things Too Obvious to Sing et sa fondatrice Vinnie en parle dans la presse : "We believe Jeremy is the epitome of a collaborative musician who has the genius--and I do mean genius, watching him work is terrifying--to put together the styles, ideas and talent of others and create perfect pop songs"... "The Very Most is truly 'indiepop' because [Jensen's] ethos is to make his pop songs sound beautiful for the listener and for himself; they are never crafted simply to be commercially marketable, although we do think everyone should buy the EP because it's just brilliant."
Vinnie voit très juste, Things Too Obvious to Sing est un bijou et Jeremy Jensen un joaillier de la pop, qui sur ces quatre titres assure tous les instruments. Avec son studio à la maison, il enregistre lui-même les orchestrations et invite ses amis au chant comme la géniale et fidèle depuis 2002 Gia Trotter qui prête sa voix cristalline et sucrée à Oh Maisy, About Forgetting et Things Too Obvious to Sing, Vinnie Ransome, Adam Saunders et Darcie Saunders du duo Adam & Darcie qui font partie de la compilation Village Green de 2013 avec Jeremy et qui respectivement du Yorkshire UK et de Californie, participent à distance au chant de la magique Wond'ring ; Tout comme la suèdoise Astrid Wiezell, chanteuse, guitariste de Northern Spies qui vient offrir sa voix sur Things Too Obvious to Sing. Enregistrées entre les studio Old Pig Farm de Sheffield et les Honeyzance Studios de Stockölm, les voix qui accompagnent celle de Jeremy, galvanisante et attachante, ajoutent un caractère familial et amical qui est l'essence de The Very Most. L'estivale et joviale Wond'ring ouvre la marche et véhicule à travers sa rythmique bossa, sa flûte raffinée et taquine, une bonne humeur, l'apanage là aussi de The Very Most. Le mélange de notes pop que Jeremy fait danser au clavier et à la guitare accompagne savoureusement une ritournelle mouvante de mots appuyée par le grain de voix d'Astrid, "Someday someone somewhere's gonna know The reason, reason people go, And sometime somehow somebody will perceive, The reason, reason people leave."

Jeremy, optimiste et croyant, évoque les "psalms" sur Wond'ring et l'amazing Maisy qui est boudhiste et joue de l'orgue à l'église sur Oh Maisy, virevoltant d'humour et d'entrain. L'enjouement s'entend dans la mélodie pétillante et rebondissante, les arrangements vigoureux et le chant de Jeremy lié à celui de Gia. Dans une belle tradition pop alternative griffée d'harmonies sixties grâce au clavier psychédélique, les guitares rock et rieuses, dans la lignée des Unicorn Feather groupe d'Elijah Jensen son frère ou des Parenthetical Girls groupe de la petite soeur des Jensen, Rachel, des Smittens, Apples in Stereo, Ladybug Transistor, Pastels, Belle and Sebastian, le son que produit Jeremy se rapproche également de ses influences et groupes qu'il aime reprendre comme les Smiths, Jonathan Richman et les Pixies. L'Ep se termine avec le titre magnifiquement interprété par Astrid Wiezell et Gia Trotter, Things Too Obvious to Sing, qui souligne le rapport à l'autre, sensible et possible, quelques soient les conditions sociales, soulignant l'ampleur du caractère humain qui personnifie Jeremy. Jamais déprimantes, les chansons sont entrainantes et les harmonies joyeuses tout en touchant à des thèmes délicats. Les quatres titres de Things Too Obvious to Sing aussi beaux et efficaces, groovent, tiennent chaud et The Very Most continue son chemin conquérant depuis 10 ans que j'éspère toujours triomphant pour la prochaine décennie. Je conseille de vous procurer l'objet dont la qualité mélodique, le cachet sonore du vinyle, vous donneront simplement le sourire .
TheVeryMost2014
MyLittleOwlRecords



samedi 12 avril 2014

Daniel Carlson

Daniel Carlson est un auteur-compositeur, multi-instrumentiste également arrangeur qui pourrait bien être le fils spirituel de John Lennon, McCartney ou Brian Wilson. Ce natif de Chicago où il grandit, part s'installer à New-York dès les années 90. Musicien hors paire, il a l'oreille fine et organisatrice, compose en ayant en tête une flopée d'instruments et écrit ses partitions comme un maître d'orchestre. Ses titres pop, sunshine, psychédéliques, se dévoilent en 2001 avec un premier EP Somnar, puis un deuxième en 2004, Now, tous deux enregistrés avec les amis qu'on retrouve dix ans plus tard toujours à ses côtés, les producteurs Ken Sluitter et Chris Bruce aussi guitariste, l'ingénieur et pianiste Mark Greenberg qui travaille avec Real Estate, Low, Wilco, Andrew Bird , et le multi-instrumentiste Jonny Polonsky, proche collaborateur et ami de Franck Black, Donovan, Johnny Cash, Neil Diamond, comptant la précieuse présence du producteur Neal Ostrovsky sur Now. Daniel Carlson enfant, est entouré de bons disques à la maison, sa mère qui une grande amatrice de musique, l'inscrira à des cours de batterie. Il découvre tôt les Beatles et les Mamas & the Papas. Adolescent, laissant la batterie, il passe à la guitare, la basse et un peu le clavier, puis découvre les Carpenters, Burt Bacharach ce qui déclenche une fascination et une passion pour la pop orchestrée et arrangée. Depuis, Daniel qui se replonge dans l'écoute des Beatles, XTC, High Llamas, Stereolab, The Divine Comedy, compose lui-même de la chamber pop stylée sixties, ornée de mellotron, de moog, de cor et trompettes avec des arrangements , riches aussi de son seventies.

Aimant l'idée du EP en version vinyle, l'artiste met sept ans, oscillant entre des coopérations à New-York et ses amis qui se trouvaient à Chicago avant de signer de nouveaux titres en 2010, prévus pour un EP qui se transformera au fil du temps en album grâce aux conseils de Sean O'Hagan des High Llamas qui participe au disque. Aviary Jackson parait donc avec l'aide du producteur Michael Leonhart qui travaille aussi avec Steely Dan et Yoko Ono, et le soutien fidèle de Neal Ostrovsky, Sean et Karl Jensen pour la pochette et le titre. Album conceptuel, les paroles évoquent la mélancolie, des états-d'âme dans des lieux différents qui forment une histoire, un scénario sonore inspiré de Chicago, New-York et Amsterdam où Daniel vit une partie de l'année. Inspiré et prolifique, Daniel Carlson écrit et compose pour d'autres artistes comme ses collaborations variées à la compilation sur le footballeur et entraineur allemand Jurgen Klopp, Hopp Around the Klopp, enregistrée par John et Frank Navin de The Aluminium Group où Daniel co-écrit Summer of 82 avec Jérôme Didelot du groupe français Orwell. Les projets pleuvent, comme celui de la reprise des poèmes de William Blake par Jude Cowan et le disque signé avec le groupe gallois Pulco. L'été 2013 arrive le deuxième album qui sent le sable chaud, ensoleillé et iodé, Me You You Me qui est enregistré à Los Angeles, avec la complicité de Pete Min et toujours Chris Bruce. Là encore Daniel Carlson nous offre une bouffée de mélodies pop élégante, fleurie de guitares, d'orgue, de violoncelle, de cor, de mots qui font rêver et voyager. Avec sa voix lumineuse, Carlson brille sur It's a Joke où la basse et la rythmique soft et sucrée accompagne des choeurs magnifiques. Le Moog de Lins nostalgique glisse sur le temps qui passe, la mémoire vive, pour accueillir la bossa langoureuse de Heaven's Sake et la ballade amoureuse et galante If I Could Try dont l'écho et le départ sont matérialisé par le son élancé des guitares. I'm Tired, au thème sentimental fragile et vulnérable, est arrangé avec une basse solide et un chant posé, fort harmonieux quand Pearl évoque plus de perspective et d'espoir sur un piano divin. Seven Seas mitraille de mots cinglants sur un air raffiné et une orchestration soignée. I can see it poursuit dans le charme désuet et chic des harmonies sixties, avec des accords aboutis. Les harmonies electro-vintage de Eko proposent un joli voyage sonore psychédélique jusqu'aux rives de la pop, pour amérir sur le piano de Lost your Mind, qui conclut l'écoute avec douceur. Me You You Me est un album cousu de fil d'or romantique par l'ésthète Daniel Carlson qui pomponne 10 titres stylés et classes ornés d'harmonies merveilleuses et de son chant gracieux.
DanielCarlson

mercredi 9 avril 2014

Alice Boman

La suédoise apparait comme par enchantement en 2013. On ne sait pas encore grand chose sur Alice Boman, originaire de Malmö, parce qu'elle est jeune et que du haut de ses 25 ans, elle n'a signé qu'un Ep, Skisser, qui se traduit par sketches. Les cinq titres de sa patte sont suffisamment prometteurs pour rester aux aguets et pour aider à patienter, la musicienne a d'ores-et-déjà annoncé un nouvel EP pour 2014. Après ses études, l'artiste qui joue du piano et de la guitare, reprend pour son plaisir les chansons d'autres, part une paire d'années à l'étranger, pour changer d'air et nourrir sa curiosité, comme elle le fait en France. A son retour en Suède, elle se met à composer ses propres démos et enregistre ses chansons chez elle. Son travail d'orfèvre, son chant cristallin ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd et le label Adrian Recordings lui propose une collaboration. Sort donc en mai l'année dernière le lumineux Skisser et son titre phare Waiting.

La demoiselle a du talent, une veine nordique forte et fragile à la fois que les radios, blogs et sites s'accordent à vanter, apportant vite au label l'entreprise de faire derechef des EP supplémentaires en version vinyl avec un titre inédit en prime sur ces nouveaux Skisser. A son écoute, rayonne un monde d'influences musicales riche et poétique. Alice Boman aime Leonard Cohen, Bob Dylan, Van Zandt et Nick Cave qu'elle écoute comme elle respire, revenant toujours à leurs compositions qu'elle définit "intemporelles et phénoménales". Pendant sa jeunesse, la musique est primordiale à la maison et très jeune, elle intègre une chorale. L'auteur compositeur écoute tous les styles de musique, aime autant The National que John Maus et croyant à l'instinctif artistique, aux influences qui agissent sur l'inconscient et elle se laisse bercer sans résistance autant par Nico et Joni Mitchell que par un livre ou un film. Alice Boman fleurit ses textes amoureux d'images poétiques pleines de nature, de symboles, comme la lune, les paysages, comme sur les somptueux Skiss 3 et Skiss 8 où l'orgue étaye l'atmosphère intime et délicate. En mars 2014, le single What parait annonçant le deuxième EP qui viendra en juin. Avec son chant aussi émouvant, voluptueux que les notes jouées à son piano, elle est sur les routes de Norvège, d'Espagne, d'Angleterre cet été sur scène à Salisbury le 29 Août avec St-Vincent, Flaming Lips et Yo la Tengo. Les titres excellents, l'univers magique et l'interprétation de haut vol de la jolie Alice Boman prouvent sa profondeur certaine et son don pour la création qui gagnent ma confiance et mon admiration.
AliceBoman

lundi 7 avril 2014

Neighbours

L'aventure musicale des Neighbours commence à Pittsburg en 2009 quand les quatre musiciens amoureux des Zombies et des Beach Boys se rencontrent. Michael Cunningham aux claviers et chant, Ross Reilly aux guitares et chant, Joe Tarowsky à la basse et chant, Andy Mulkerin à la batterie composent des musiques dans la veine Motown, soul, garage pop, avec un groove incroyable. La nouveauté et le coup de maitre ne se trouvent pas dans le style mais dans la façon de l'entretenir avec des mélodies fraiches, des arrangements inspirés et alternatifs dont l'esprit psychédélique frôle le répertoire de Love et le genre pop sixties de Burt Bacharach. Ce qui est notable chez les Neighbours aura été la manière de commencer leur parcours, à l'ancienne, par la scène dans la tradition des groupes des années 60. Avant de passer en studio d'enregistrement les quatre américains jouent d'abord en live, inlassablement sur les routes pendant presque deux ans, comme l'ont fait les Beatles, les Who, les Pink Floyd, entre autres. Un premier single parait en 2011 suivi de l'album Prime Numbers en 2013.

Michael et Ross qui est l'auteur-compositeur du groupe font de la musique ensemble depuis l'université de Pittsburg dont ils sont tous deux diplômés et sur ces douze superbes titres, ils se font enfin plaisir en étant accompagné d'un ensemble de cuivres qui fleurit et anime l'orchestration. Saxophone, trompette, cor se fondent aux instruments pour créer une ambiance ensoleillée et dansante rythmée par Andy qui brille sur All the Time. La rythmique étudiée et appuyée par la basse de Joe comme sur Tell the Truth est ce qui distingue Prime Numbers des autres albums contemporains soul-pop. Les instruments en symbiose offrent un tempo excellent, l'orgue de Real Talk et ses tambourins dégainent et mitraillent à la Al Green des notes de Rythm'n blues. La somptueuse et ronde What did you say est un bijou à mes oreilles, mellow et aérien. L'excellent Winifred suit avec sa saveur mélancolique qui parle de "memories" et qui pourrait très bien rendre hommage à Winifred Atwell, la reine du boogie-woogie dans les années 50. Le légitime Reminder et son piano endiablé poursuit avec les cuivres chauds et groovy sur No Matter the Season, qui croone et roucoule. La batterie de All the Time débarque gaillarde, redoutablement éfficace. La beatlesienne Up and Down the Avenue, toujours aussi ficelée, techniquement exécutée avec brio, offre un chant et des envolées de voix ennivrants. Les mélopées voltigent et se déclinent avec délicatesse ou avec fougue après le rock psychédélique de Green Shoes, l'enfiévré No Car, se terminent dans l'amusement et la taquinerie avec Fun et Streetlight Girl ; Fabuleuse conclusion avec ces deux titres qui donnent illico une envie irrépressible de monter le son pour partager les Neighbours avec ses voisins. Neighbours



Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...