dimanche 29 mai 2016

Fascinations Grand Chorus

Les deux musiciens new-yorkais de Fascinations Grand Chorus, Stephanie Cuto et Andrew Pierce évoluent sur les scènes indie-pop depuis des années.

Stephanie, diplômée en musique et pratiquant le saxophone classique, a lancé son premier groupe Souvenir Stand en 2012, sélectionné au New-York Popfest. Ce projet, elle le peaufine avec sa veine sixties ornée de cuivres et de rythmes géniaux en signant en 2013 l'EP Days I've Spent With You, suivi du single Wherever You Go , puis le formidable Days et ses quatre titres qui swinguent et invitent à danser sans convention. Stylées oldies, les paroles, la voix, les harmonies sont excellentes. Enfin l'EP deux titres Surprise sort en 2014 en cd et vinyle, pour être arraché comme un petit pain, tout étant vendu. Hormis son don de musicienne, Stephanie apporte à sa voix de la majesté, du blues, du rock et l'âme des années soixante dans toute sa musicalité et rythmique. Son chant est harmonieux et va comme un gant à l'instrumentation pop hautement solaire.



Quant à Andrew Pierce, il 'connait la musique' pour avoir créé en 2012 le duo Chalk and Numbers. J'écrivais en 2013 sur Andrew : "Andrew Pierce joue tous les instruments. Ils sont deux et ils envoient une puissance de son dans leurs mélopées pop sixties incroyables...Andrew tient dans ses doigts toute la musique pop surf et brit pop des Beach Boys aux Beatles... et son frère Dennis Pierce avec un système analogique habile et une finesse lo-fi fait sonner leurs influences sixties contemporaines et actuelles. La pop jouée et interprétée par Chalk and Numbers n’a rien de superflu et reste enjouée, pleine d’inspiration et sautillante".
Pour lire la suite, c'est par là : Chalk&NumbersPiggledyPop2013
Chalk and Numbers font chauffer les sillons avec le single Happiness This Time Of Year de 2012, suivi de l'EP He Knew, en 2013 l'autre sublime EP Parade sort précédant le single de 2014 Angelfuck.



Les deux amicaux artistes de Fascinations Grand Chorus viennent de faire paraitre deux premiers singles fort prometteurs. Stephanie Cupo et Andrew Pierce allient leurs talents d'auteurs compositeurs, leur univers pop sixties et leurs jolies influences, The Misfits, 1910 Fruitgum Company, Harry Nilsson et Big Star. Stephanie chante et joue du clavier, Andrew assure la batterie et guitare. Avec toujours le puissant Dennis Pierce à la production, le duo offre deux titres formidablement arrangés et mixés qui ne me quittent plus depuis des semaines. Se délectant de Welcome et de Growing, ces deux artistes qui se liguent et s'unissent proposent une pop sixties dynamite. Le style est caressé de notes sucrées, qui swinguent et surfent sur la platine avec ampleur et ardeur. Andrew déchainé à la batterie, Stephanie qui lâche les chevaux au clavier, des paroles amoureuses et printanières, il ne manque plus rien aux deux Fascinations Grand Chorus. Un régal pop à partager!
FascinationsGrandChorus





Parc Monceau

C'est un des joyaux de Paris, avec la place des Vosges, le parc de Montsouris et le jardin du Luxembourg. Au fil des ans, je découvre ces parcs à l'âme villageoise, ces lignes de buissons, les floraisons printanières roses et blanches colonisées de lierre, ses nuances de vert. Ces coeurs parfumés pour les parisiens, ces poumons colorés de tilleuls et de chèvrefeuilles, sont les lieux de pique-nique, des rendez-vous amoureux, des coureurs décidés et des danse de poussettes, d'enfants sur leurs trottinettes.
L'orage a jeté ses lances ce samedi sur les enfants du Parc Monceau. Depuis deux mois c'est un bordel noir dans Paris, révoltes, défilés, grèves, agressions, incendies et c'est sur des enfants lovés dans leur écrin de verdure réconfortant que s'abat la foudre.


Yves Duteil - Au parc Monceau

Au 18ème, Monceaux ou Mousseau était un village de 450 habitants, comme Batignoles, annexé par la commune de Paris vers 1860. Sur les plaines et champs où s'activent les fermiers, le Duc de Chartres (Louis Philippe d'Orléans) fait ériger un superbe pavillon octogonal dans l'optique de badiner, sur un jardin à la française entre 1769 et 1773 qu'il fait appeler 'la folie de Chartres'. Le parc de Mousseau fait 18 hectares, agrémentés d'une rivière, d'un petit lac, de multiples ponts, un moulin hollandais, une ferme suisse et des temples. On y organise des fêtes coquines. A l'époque, les folies sont des maisons pour gens fortunés ou aristocrates qui rencontrent leurs maitresses afin d'assouvir des plaisirs d'hédonistes, tout ça coincé entre une multitude de couvents. Reste aujourd'hui les Folies Bergères. Au 19ème il y avait une pleiade de Folies à Paris! A montmartre, folie Montigny, folie Sandrin, au faubourg Saint-Antoine on en compte plusieurs, idem au faubourg Saint-Antoine, folie Titon rue de Montreuil, folie Genlis rue de Chemin Vert, hôtel de Clermont puis de Montalembert rue de la Roquette, La folie Richelieu rue blanche, la folie Gramont rue de clichy, la folie Brancas rue Saint-Lazare comme La folie Boutin, La folie Boursault rue blanche, la Folie Marbeuf avenue des Champs-Elysées, puis la Folie de Chartres qui, sans aigreur particulière envers Louis-Philippe, était sacrément kitsch, assez de mauvais goût même...avec ses temples grecs, ses pagodes chinoises, ses tentes tartares, ses obélisques, pyramide, fausses ruines...
Metro Monceaux voir HectorGuimardPiggledyPop2014



Après la révolution, ce parc est complétement laissé à l'abandon, en friche absolue jusqu'en 1860. C'est Napoléon III qui mettra la main à la pâte, les frères Pereire, banquiers, entretiennent et remodèlent le parc réduit à 8 hectares grâce au travail de l'ingénieur Adolphe Alphand et du jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Seule la rothonde de l'entrée est d'origine.
En 1861, les familles Rothschild, Cernuschi, Ménier, Camondo feront alors élever des grands hôtels particuliers dont les jardins donnent sur le parc et Gabriel Davioud est chargé des entrées monumentales avec leurs grandes grilles dorées.



On aménage l'espace et on fourre les pelouses de statues de musiciens, Gounod, Chopin, d’écrivains, Maupassant, de poètes et de leurs muses, Alfred de Musset. Les voies des différentes entrées portent des noms de grands peintres du XVIIe siècle : avenue Vélasquez, avenue Ruysdaël, avenue Van-Dyck, rue Rembrandt, rue Murillo. Les artistes contemporains ont vécu là, Michel Petrucciani, Pierre Desprojes, Bourvil, François de Roubaix, Claude Monet, Gustave Caillebotte etc. Zola longuement évoque les façades, les demeures et les pelouses du parc dans La Curée et Marcel Proust le parcoure quotidiennement, habitant avec ses parents 9, Bd Malesherbes de 1873 à 1900, puis rue de Courcelles jusqu'au décès de sa mère en 1905. Le quartier était, par conséquent, le sien et le parc Monceau, le jardin où il jouait enfant.



« J'en atteste, Ô Monceau, tes jardins toujours verts,
Là, des arbres absents, les tiges imitées,
Les magiques berceaux, les grottes enchantées,
Tout vous charme à la fois. Là bravant les saisons,
La rose apprend à naître au milieu des glaçons,
Et les temps, les climats, vaincus par des prodiges,
Semblent, de la féerie, épuiser les prestiges. »
Abbé Jacques Dellile




dimanche 22 mai 2016

Jason Bourgeois

Amoureuse de sa musique, je suis aussi admiratrice de son univers, du personnage qui parallèlement à la scène indie-pop, réalise des films et des vidéos. J'évoquais le premier groupe de Jason, Bourgeois Heroes dans mon billet sur le label February et sur son ami Henning Ohlenbusch, ces deux musiciens travaillant ensemble, amis depuis des années. Jason a greffé à son CV en 2009 un autre groupe, The Novels et l'album Paper Cliché que je conseille poppement, dans lequel joue de la guitare et de la basse Mike McLellan de Beach Honey. Jason Bourgeois originaire de Northampton, Nouvelle-Angleterre, après 10 ans avec ses Heroes part trotter en solo pour nous concocter une superbe production de six titres. L'album Jason avec le double de titres était prévu à l'origine ; L'artiste l'a délibérément écourté et l'a logiquement nommé Jason Jr.
Il y a 3 ans, j'écrivais : FebruaryRecords
"Depuis 2002, les Bourgeois Heroes, Elise Nacca à la batterie et parfois à la guitare, Jason Bourgeois, au chant et guitare cuisinent des mélodies pop psychédéliques qui peuvent faire penser à un mariage entre la fraicheur excentrique et brillante des gallois de Euros Child ou de Gruff Rhys et l’inspiration, l’art de composer des Beach Boys. Tous les deux écrivent et coopèrent leurs mélopées à distance, Elise vivant à Austin et Jason à Northampton. Aimant faire résonner les cordes tous les deux, fans de Van Dyke Parks, ils signent des EP depuis dix ans et ne cessent de créer une pop baroque ravissante, de s’amuser au clavecin et au clap-hands dans une ambiance joyeuse et élégante sur Come out and Play with Bourgeois Heroes en 2007, Musical Postcards en 2010, Olé​/​Hola en 2011 et Fleur de Lys & Me en juillet 2013."





Sur cette dernière pépite Jason Jr, le ménestrel pop-psyché américain se rapproche davantage de ses influences, Zombies, Beach Boys, Beatles et Kinks. A l'écoute de ces six fabuleux morceaux, on jerke, on twiste, les queues de cheval poussent sur la tête et les mocassins à pompon ripent. Jason a un don naturel pour l'écriture et la composition, tout en saupoudrant ses divines mélodies de textes voluptueux et d'arrangements baroques, typés sunshine-pop. Pour l'accompagner à l'enregistrement, son ami Henning Ohlenbusch l'accompagne aux claviers et à la basse, Ken Maiuri est aux claviers, xylophone et basse, Brian Marchese aux percussions et batterie et Ryan Quinn à la guitare.
HenningOhlenbusch



Dès l'amorce de l'album au titre symbolique To The End Of The Page, l'attention est illico captée. Jason fait preuve de talent inné mais aussi d'un réel travail, utilisant des prismes sonores des années 60, il offre ensuite un Are you Ready vif et électrisant qui accueille son ami Lord Russ à la cithare. Sa voix ronronne et cabriole, donne de la chair et du style fort élégant à ses harmonies. Puis Waiting Around, en forme de balade ornée de wurlitzer et de choeurs sixties ravissants ramène à l'esprit l'atmosphère des High Llamas. Les accords du clavier joués par Annie Regan swinguent sur Hey Julia, la rythmique et les arpèges s'envolent avec une classe infinie. La guitare de Jason, qui joue aussi du piano et de la basse, nous propulse sans scrupule dans les yéyés délurés psychédéliques, donne envie de se trémousser sur un be-bop rock faisant des tresses avec des rouflaquettes rebelles. La mélopée romantique Someone From A Long Time Ago est une ode à la nostalgie, avec ses flûtes sopranos qui rappellent les années collège avec une naiveté sublime. Enfin la surf-pop enorgueillie de sunshine vient titiller les oreilles sur BankbookChris Wilkey assure les rythmiques et la batterie. Jason Jr est fourni de rythmes magistraux, de voix espiègles, de chansons alternatives brillantes qui échelonnent un album fort réussi que je chouchoute depuis sa réception et qui sera j'espère suivi bientôt de son grand frère Jason.
JasonBourgeois

Jason Bourgeois - Bankbook from Jason Mazzotta on Vimeo.


samedi 21 mai 2016

Morning Smoke

Mon coup de coeur du moment va à ces musiciens anglais de Brighton Morning Smoke. Leur univers pop griffé post-punk, noisy, fait mon régal ces jours-ci. Le groupe depuis 2014 enchaine les singles et offre ce mois de mai 2016 une poignée de titres incroyablement beaux. Cintrés pour les puristes, exécutés avec perfection, leurs titres tiennent une fibre artistique de la digne lignée des Cure, Joy Division, Sisters of Mercy, New Order, dansants et décapants. A mes oreilles, Morning Smoke qui déclare être influencé par Sonic Youth, Beach Fossils ou Slow Dive, sonne diablement et à l'écoute du premier EP Stephanie I, procure un bien fou.



Derrière leur air encanaillé, les quatre musiciens de Morning Smoke sont des esthètes du rock alternatif. Les chansons sont peaufinées, écrites avec talent et elles s'imposent dans le style grâce au chant et à la guitare de Milo McNulty, à la guitare de Max Wright, à la basse de Chris Shaw et à la batterie d'Isaac Ide. En décembre dernier, le jeune groupe signe un Soft Decay où les guitares scintillent sur des paroles nostalgiques accompagnant une mélodie impressionnante de maturité. Ce single fait suite à In Euphoria, puis Hunger et Unknown. Au printemps 2015, Morning Smoke fait paraitre un single magnifique en split avec le groupe Corners sur les labels Dead Fun Records et Lollipop Records. Puis en janvier 2016, les quatre garçons persistent, encore plus percutants et convaincants avec Cannibal Hymns, un single scalpant formidablement efficace. Ce mois de mai 2016 au milieu des brins de muguets et de lilas se glisse le titre Waste my Time qui accroche, tenace et entêtant.
Volontairement Morning Smoke offre des singles, joue sur les scènes indépendantes, avant de s'atteler à un premier album et être certain qu'il sera attendu. Le groupe est invité à participer au Great Escape Festival, joue ce soir en plus sur la scène du Globe pour les chanceux qui sont à Brighton. J'attends les futures mélopées avec une grande et certaine impatience.
MorningSmoke



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...