vendredi 26 février 2016

Featherfin

Quand on pense au changement climatique de ces dernières décennies, on savoure Featherfin à haute dose. Ce son norvégien rassure au milieu des mouvements d'air chaud, pollués, qui font fondre les glaces majestueuses et étouffent les paysages de cristal. Eu égard à mon profil culturel, à ma sensibilité, les grands espaces blancs l'emportent haut la main sur l'invasion des chameaux et des scorpions.
A l'écoute de Featherfin, adios les serpents, les moustiques et bonjour les skis de fond, le gros pull jersey, le stick lèvres en poche pour foncer assister au bal des baleines, des dauphins bercés par les aurores boréales et voir danser les rennes ou les aigles royaux à la frontière russe.




Derrière le nom Featherfin, c'est l'homme-orchestre Knut Borre Lindbjor, journaliste web, créateur de label, que je présente en 2008 en évoquant son site Eardrums : "Eardrums est un blog précieux, devenu une institution. Visité et chéri par un public d'amateurs et de professionnels, riche et performant depuis 2005 il prend son envol en juin 2008 et se déploie en label. A ses manettes, à l'origine, un seul homme, un amateur de musique norvégien extraordinaire, Knut B. Il aime l'indie-pop, la musique des sixties, s'intéresse à l'electronique et l'expérimentale. Le succès arrive très vite, il s'entoure alors de trois autres accrocs de la pop, Stefan en Allemagne, Tim l'ami américain exilé en Irlande et Silja en Norvège.

En quelques jours, le label offre une compilation en 2 volumes avec 24 titres, Summer's Here 2008. La participation amicale des groupes qui ont fourni certains titres inédits pour l'occasion, est unanime. Eardrums a concocté une compilation "nordique", composée de petits groupes d'indie-pop scandinaves mais aussi de collaborations de musiciens de renom, Little Name, Northern Portrait, Bedroom eyes, Ant.. etc".



Knut a grandi avec un père musicien, guitariste dans un groupe des années 50 à 70 avant d'évoluer au sein du Balalaika Orchestra de Norvège où il joue du balalaika bien sûr mais aussi plein d'autres instruments. Dès lors, il accompagne des musiciens russes renommés comme Alexander Tsygankov du Russian Paganini, Inna Shevchenko ou encore le comédien norvégien Harald Heide Steen Jr. Dans les années 90, la pop surgit dans la vie de Knut et il monte le groupe electro-pop Monument, puis en 1996 l'autre projet SEA avec Richard Holmsen (du groupe Delaware).

Knut aux goûts évolués et pointus, se lance dans l'écriture et la composition l'année dernière avec trois EP Butterfly Girl, puis The Crimson Spill / Nananarama, et Wintersongs. A l'écoute des 6 chansons de Butterfly Girl, c'est un plongeon dans le grand Nord élégant, délicat et distingué. Parfumés à la pop, les titres offrent des instrumentations fines, des textes magnifiques avec notamment You Left Me et If you were coming in the Fall, qui sont deux poèmes d'Emily Dickinson (1830-1886). Knut est un esthète qui ne laisse pas de place au hasard. Il peaufine lui-même les images, le design et son univers artistique sublime enrichi l'ensemble d'une jolie âme pop .
La balade You Left Me impressionne illico, on se laisse emporter sur la musique poétique de Knut et la voix somptueuse de son ami Richard Holmsen. Ils réussissent tous deux à habiller les mots de Dickinson d'une crinoline de notes.



La douceur stylée dreampop ne rompt guère sur She Hit Me With a Raincloud, arrangée avec des claviers, des guitares qui donnent un bol d'air, une ambiance feutrée dessinée pour les voyageurs, les rêveurs et les amoureux de beaux espaces. Le disque compte la présence de l'écossaise Alison Eales à la voix d'une beauté infinie sur If You Were Coming in the Fall. Alison, auteur-compositrice de Glasgow est membre de The Colour Waves, de Butcher Boy, de All My Friends et signe un nouvel EP en solo sur Eardrums. Butterfly Girl et Half Dozen Lily-pads sont deux instrumentaux joués au clavier offrant des mélodies aériennes et romantiques, dans le sillage des illustrations, qui prêtent à se laisser entrainer dans un monde préservé et merveilleux de pureté. Les rythmes, la musicalité de Featherfin font voyager dans le temps, dans l'espace, et l'équipée de vikings pop qui nous y invite en compagnie de Knut est insubmersible : le 'boys choir' comporte Lawrence McCluskey (Bubblegum Lemonade), Mikael Mannerlin (Juni Järvi), Garry Hoggan (All My Friends/The Color Waves), Magne Velle (Morgenfugl), Henry Toft Jørgensen (Early To Bed/Uncle Rico), Chris Morgan (The Deddingtons/ Reporters), Christine Holmsen Lindbjør, Benjamin Lindbjør et le musicien espagnol Cris Romero (Sundae) au mastering.

The Crimson Spill et Nananarama, modelé dans une electro-pop dansante et légère, sont suivis du fabuleux Wintersongs où les guitares, le chant limpide et les claviers précieux semblent glisser sur des traineaux multicolores tirés par des rennes pop.
Nous retrouverons bientôt Featherfin avec Jeremy Jensen (The very Most) qui travaille sur un album Tribute de Rose Melberg. Knut a travaillé une chanson avec Deerful au chant. En attendant cette sortie d'album, il nous concocte en ce moment un nouvel EP pour 2016 où notre ami Jeremy viendra prêter sa voix...Il y a matière à trépider et à trépigner. Bonne écoute !
EardrumsFeatherfin

Références Piggledy Pop :
Eardrums
Sundae
LittleName
NorthernPortrait
Ant
BedroomEyes
ButcherBoy



lundi 22 février 2016

Jack and The'

Jack And The’ est un nom d'artiste choisi par Julien Longchamp, auteur-compositeur au talent inusable. Malgré ce pseudo qui s'arrête net sur le 'the', on peut imaginer la suite de mille manières, parce que depuis 2008, son travail musical est plein de collaborations et d'amitiés. Le français universitaire part avec une thèse en poche d'abord à Dublin où il signera son premier album Vacation (a pop manifesto) puis à Edimbourg où il vit depuis maintenant 7 ans. C'est de sa belle Ecosse que l'artiste nous concocte ce deuxième sublime album Melody Cycle qui sort officiellement aujourd'hui, 22 février 2016.

Julien signe des morceaux pop sunshine et sixties, très soignés et stylés. L'artiste, avec sa cape d'ambassadeur, honore la France comme le fait également Louis Philippe (Philippe Auclair, compositeur de pop, écrivain, journaliste sur la BBC, correspondant pour RMC, exilé depuis 1986 en Angleterre). Loin des yeux, loin du coeur, n'est décidément pas un adage valable pour les oreilles. J'écoute Jack and The' depuis 8 ans et parce qu'il est perfectionniste, minutieux, il travaille ardemment durant quatre années sur son album pour sculpter et broder 18 titres magnifiques. Tout vient à point qui sait attendre.
JackAndThePiggledyPop2008



Jack and The' écrit des mélodies pop qu'il orne d'orchestrations et d'arrangements splendides incarnés par les clarinettes (Ciaran Sutton, Amanda Feery), les trombones (Chris Rooney, Niall Harvey), la flûte (Sheila Rodgers), le saxophone (Ciaran Sutton), les trompettes (Kevin Foran, Niall Harvey), le violoncelle (Kate McKenna), le vibraphone (Jacques Telitocci) et le violon (Oona McFarland) ; L'Apostrophe Ensemble et les cuivres y resplendissent. Les 18 musiciens qui viennent participer à l'enregistrement qui sera finalisé aux studios Castlesound d’Edimbourg, comblent joliment le 'the' dans Jack and The'.

Melody Cycle commence sur la tendresse de l'instrumental Paper Dance #2, où trottinent délicatement les cuivres, les instruments à vent. Julien auteur-compositeur des titres, chante, joue de la basse, du clavier, du piano, des guitares, du banjo, du sitar et gère des percussions avec les musiciens attelés au manège enchanté Jack and The' : Conor O'Hara à la batterie, Johnny Taylor au piano, Sean Og Collins aux claviers.
Talking Loud au groove sensuel et sucré, est un duo entre Julien et Sandra Collins qui offre une ambiance twee proche de l'élégance de This is Beaumont pour évoquer avec nostalgie un groupe de musiciens insouciant qui répète et joue à n'importe quelle heure, quoiqu'en pensent les voisins. Le décor de Melody Cycle est planté, on le découvre petit à petit avec Little Things, son piano taquin, sa basse qui fait du hulahoop sur le rythme sautillant et dansant typé Années folles qui fait inévitablement voyagé dans le temps. L'effet montagnes russes se poursuit avec I Think I'm Dancing, aux allures psyché, évoquant la musique, la danse dans un voltige de notes quand le boogie adorable de Chicory Salad, panaché avec son anglo-frenchy dans le texte offre un cocktail de couleurs, de sifflements et de voix formidables. Le titre Dinner at the Andersons, présent sur l'EP du même nom est comme je le décrivais à sa sortie 'une carte postale victorienne' qui met en scène The Duchess à 'un diner très british garni de ses sempiternels green beans...nous plongeant dans le monde précieux de Chapeau melon et bottes de cuir'.
JackAndThePiggledyPop2015



Puis l'excellent Saharian Sands ondule sur un psychédélisme langoureux, des guitares somptueuses, sans grain de sable dans la mécanique du chant hyalin de Julien. Les clarinettes et flûtes forment un majestueux sillage du Cygne aux yeux bleus qui se promène avec sa grâce noble, fragile et forte. Un interlude pastoral sifflé sur une guitare acoustique propose un moment de légèreté au milieu des 18 titres et ouvre la marche aux géniales guitares de A Few Facts, virevoltant de swing, de pop sixties. Melody Cycle continue l'enchantement avec son instrumentation magique, digne d'un bouquet de notes où gambadent les trompettes bras dessus, bras dessous avec le vibraphone épanouit. Julien et son parfait banjo dans The Secret Part of Town, nous conte une histoire musicale, nous emmène explorer la city sous la lune avec ses personnages. Maitrisant le langage pop, l'instrumentation claire et dansante, le charme opère sur Entropy and Me à la rythmique alternative, à la basse groovante et aux variations fort séduisantes. Le mélodique Snowy Days est un bijou tant par le chant que par l'espièglerie des arrangements en dentelle, suivi du Countryside à la divine musicalité rappelant les Kinks et Harry Nilsson. Le clavecin de l'épique The Duchess Latest Whim arrive avec son tempo british du siècle passé, à la fois conventionnel et frivole annonçant l'instrumental Days on The Run et Minimalist Life, dévoilant le réel talent d'auteur-compositeur de Julien Longchamp qui déroule un parchemin historique et musical sur le claquement de doigt de Claudine Quinn.
Melodic Cycle est un album précieux, parfait, rempli d'images et ciselé pour nous embarquer dans une autre époque et offrir des aventures, des atmosphères sur des mélodies pop de rêve et totales. Jack and The' sera en concert au Pop'in à Paris le 7 mars 2016.
JackAndThe





dimanche 21 février 2016

Pale Spectres / Tomiji

Il apparait d'abord sur les scènes indie-pop de Paris en 2012 avec le quator pop Pale Spectres entouré de Jean-François à la guitare, Rafael à la batterie et Stéphane à la basse. Thomas Guilcher tente une échappée en solo dès 2014. Fan de pop, amateur aux ouies curieuses et affamées, ses influences sont belles :The Jesus & Mary Chain, The Smiths, Belle And Sebastian, The Pastels, The Pains Of Being Pure At Heart, The Field Mice etc.
C'est sous le nom Tomiji qu'au printemps 2015 parait l'EP du même nom. Les quatre chansons sont somptueuses et à plusieurs titres. La composition est sublime, les mélodies et les textes s'entremêlent sans accrocs, les thèmes éloquents sont très justement et brillamment écrits en anglais avec un chant magnifique qui a de suite attiré mon attention. La voix de Thomas m'impressionne, elle est élastique, élégante, semble se promener sur les notes sans difficulté. Ses accents romantiques vont comme un gant au style pop.



Dansant, diantrement galbée et prompte à l'enthousiasme, Let's flip a Coin entraine d'emblée dans l'univers dreamy et gentle pop, racé Sarah Records, si cher et familier au blog. L'effet 'madeleine de Proust' continue avec Home à la mélodie sucrée et aux accents eighties de Cherry Orchard, Love Parade ou du récent Alpaca Sports que Thomas accompagne à la guitare quand ils jouent à Paris. Le somptueux I'll Love you Forever déroule une mélodie onctueuse ornée de rythmiques, de basse et de guitare. La musicalité ne fait aucun pli et la voix sublime, offrant un air de douceur, dévoile une personnalité tendre et enjouée. After All, stylé et bondissant, montre l'aisance de Thomas pour tenir la plume, le micro et les guitares. Dans les chansons de Tomiji, se retrouvent mélangés les airs soyeux et à ressort, une voix limpide et souriante, une instrumentation alternative entêtante, accrocheuse. L'EP, remarquable, est bien trop court mais mon petit doigt sait que le musicien travaille en ce moment à de nouveaux titres avec Pale Spectres qui nous réserve des surprises et pourra bientôt combler la futile frustration.



Thomas Guilcher aime jouer avec d'autres artistes sur scène, qui d'Europe aux Etats-Unis, apprécient sa valeur, ses valeurs. Le projet avec le brésilien Adriano do Couto Ribeiro de Postal Blue qui a les jolies formes de promesses et le doux nom de Coquelicot est en cours. J'y reviendrai, évidemment.
Le 23 février prochain sortira la superbe compilation Syntherely Yours signée du groupe américain The Very Most (j'ai la chance de l'avoir déjà découverte) sur laquelle Thomas Guilcher apparait aux côtés de Math and Physics Club, Pellow, Postal Blue, The Smittens, Lemonade/Strawberry Whiplash, Adam and Darcie et Tiny Fireflies. Les groupes y reprennent les titres de The Very Most. A l'écoute de Sweater chantée par Thomas, j'étais béate par ce timbre de voix, véritable trésor qui revisite la chanson avec ses nuances pleines de charme. J'y reviendrai, évidemment, aussi.
Tomiji et Pale Spectres jouent une pop porcelaine, fine et délicate, reconnue par les artistes experts du genre dans le monde entier et j'ai le sentiment que cette chaleureuse manifestation internationale est bien méritée.
PaleSpectres
PostalBlue
TheVeryMost



mardi 16 février 2016

David Grumel


Mes oreilles vibrent depuis l'écoute d'Utopia et après une étude plus détaillée, je m'aperçois que son auteur est un stakanoviste de la musique. (définition sur wiki du stakanovisme : "faisant l'apologie d'un travailleur très productif et dévoué à son travail.")
Ce féru de musique et de travail s'appelle David Grumel. L'artiste mi-personnage de fiction, mi-oreille absolue, n'est pas seulement un technicien extraordinaire, c'est aussi et surtout, un créateur à la tête bien fleurie d'imagination, bien ficelée sur ses épaules pour mettre ses idées en pratique.
Apparu il y a une dizaine d'années du haut de ses alpages, le musicien gravit les marches une à une. D'abord enfant, à 6 ans, il s'imprègne du piano, puis adolescent, écrit des chansons pour monter son premier groupe à 11 ans et un autre à 15 ans. Le jeune musicien est non seulement surdoué, il est aussi précoce et a, systématiquement, un temps d'avance sur les autres. Cette maturité et cet avantage s'entend dans ses compositions avant-gardistes.




Puriste de la mélodie, du son, il se perfectionne au piano et à 18 ans, réapparait avec le groupe State of Soul juste avant sa première production en solo en 2000 avec le single Lifestyle, puis Revolution Beat / David Versus David qui en quelques semaines devient n°1 des téléchargements en France, puis en Europe.
L'oiseau s'envole, le phoenix barbote dans les cendres et le montagnard décolle sur ses skis, là-bas, sur les hauteurs d'Annecy. Je rappelle qu'en 2000 le téléchargement n'était pas aussi commun qu'aujourd'hui... Là encore, David s'impose, malgré lui, comme un précurseur et coiffe, dans ce domaine, tout le monde au poteau.


2001, parait le génial single Linoleum Love. L'auteur-compositeur, aussi ingénieur du son, fan de Billie Holliday et de David Bowie, signe des productions qui offrent du groove, du beat, du jazz, de l'electropop, du rock, du classique, du folk, de l'expérimental, du dreampop, des notes sixties proches des univers cinématographiques d'Ennio Morricone, Roubaix, Bari etc. Cette année 2001, David signe chez Naive et le titre savoureux Brand New Pop Song apparait orné du soin précieux de Thorvaldur B. Thorvaldsson aux arrangements de cordes, qui sera suivi en 2005 par un premier album au nom qui rappelle son territoire et ses racines, Beaurivage.



L'album grandiose est co-produit avec Bardi Johannsson, musicien islandais du groupe Bang Gang, producteur de Lady & Bird, et créateur du groupe Starwalker avec Jean-Benoit Dunckel de Air. Beaurivage compte aussi la présence de Brian Reitzell, batteur de renom, réalisateur de la BO Lost in Translation, proche de Turin Brakes et de Beck. Aux côtés de David, il y a l'irlandais Brian Mc Partlin qui écrit et chante avec lui sur Overground (1971). L'album comporte tous les aspects musicaux que David Grumel maitrise : la soul, la pop, le trip-hop, le jazz, et le classique avec l'Orchestre philharmonique de Reykjavik.

Depuis 10 ans, David, "le travailleur très productif et dévoué à son travail" qui vit la musique comme un plaisir avant tout, s'attèle à produire et arranger les projets d'autres groupes, d'autres musiciens, Caspian Pool, Loren Lopez, Davis, Neeskens, Pirouettes etc, et participe à l'écriture de bandes-son pour la télévision, pour les publicitaires, sans s'essouffler.
Cette année il se concentre sur ses 9 titres, pour lui et pour nous ! Utopia, son deuxième album, sort ce 9 février 2016 et c'est un chef d'oeuvre. Le compositeur explique le choix du nom Utopia dans une interview : "Cela veut dire littéralement « qui n’est en aucun lieu », ce qui correspond bien au côté planant, voyage immobile et hors du temps de l’album. Ensuite, il y a un passage sur l’utopie dans « Éloge de la fuite » d’Henri Laborit, que j’ai adoré. C’est également un clin d’œil à une magnifique chanson du premier album de Goldfrapp".



Cette jolie habitude d'accueillir chez lui, sous son aile, d'autres as de la musique pour l'accompagner occasionne la présence de son ami irlandais Mc Partlin qui co-écrit trois chansons, The Good The Evil, Western Soul et Little Stones et son acolyte, compagnon de composition, le guitariste et bassiste Jérémy Rassat. A Starry Night qui ouvre l'album, co-écrit avec Loren Lopez, est un titre somptueux. Le violoncelle d'Olivier Koundouno, le cor de Charles Pierron et la batterie de Cédric Gerfaud s'allient à tous les autres instruments joués par David qui chante magnifiquement avec Neeskens dans les choeurs. L'émerveillement poursuit sa volupté grâce à Le Manoir, céleste, envoûtant. Cascadeur prête sa voix qui glisse et s'enroule à la basse, magistrale. Le piano époustouflant et la guitare sublime de Franck Hédin captivent l'attention, quand The Good, The Evil souffle un vent de liberté dans le chant en écho, la rythmique, enveloppée par le virevoltant violoncelle. Les influences cinématographiques titillent les notes sur Bari/Roubaix au son electropop sixties Moriconnien et où David joue du santoor, de l'orgue et du solina comme sur Western Soul, moderne et aérien avec ses percussions. Le travail de mélodiste impressionnant se coordonne à la fabuleuse basse de Aleksander Angelov. Nino' theme hypnotise par la qualité de l'orchestration, de la symbiose de la basse avec le cymbalum, le piano démontrant le talent d'instrumentaliste de David qui joue à caresser les cordes comme un artisan sculpte et ponce. Little Stones suit avec cet esprit 'Utopia', du mouvement, de la fuite, du retour aux sources avec ses mots splendides, le chant subtil qui se marie délicatement au piano féerique. L'instrumentale Beautiful Sorrow subjugue, sensuel et rythmé, avec David et Jérémy qui brillent aux guitares. Le Korg et le piano, atmosphériques, développent une mélodie stellaire qui annonce le dernier mouvement, Azur, aux notes de piano émouvantes et fort vivantes. Utopia est une ode au romantisme, à la musique et à la passion. Chaque ambiance, chaque note, créent des panoramas et on suit volontiers David Grumel dans les entrelacs de ses mélodies prodigieuses.

DavidGrumel



Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...