samedi 31 janvier 2015

Librairie L'Ouvre-Boîte, une nuit avec Jack London

Je fais ce soir un billet hors sentier, bien que l'initiative populaire, le sujet et l'endroit puisse coller à l'esprit de Piggledy Pop. Ma librairie de quartier où je dépense volontiers mes deniers, propose cette nuit 31 Janvier 2015 une exceptionnelle Nuit de Lecture, de 21 heures à 7 heures du matin avec la participation du lecteur Marc Roger qui viendra conter Martin Eden de Jack London. Après une séance de dédicace qui offrait mercredi 28 la présence de Soren Mosdal et de Rudy Ortiz pour leur roman Madeleine, ce matin un rendez-vous de lecture de contes pour les enfants, la semaine bien animée se terminera sous les étoiles d'une nuit blanche, éclairée par les mots couchés sur le papier.
Cette petite librairie au joli nom "L'Ouvre-Boite" n'a rien à envier aux gros magasins culturels. On y trouve son bonheur, des conseils, des idées, du charme et de la chaleur dans la présentation, la déco "pop" de sa vitrine et de l'énergie dans les initiatives. J'aime ça. Pour les amateurs et amoureux des livres, avoir son petit îlot de quartier qui fleure bon les parfums d'imprimerie, de bouquins neufs, est un réel bonheur. Il en existent heureusement bon nombre à Paris, ils résistent et les lecteurs que nous sommes ont le devoir de soutenir leurs actions. 





Marc Roger qui honorera Martin Eden au cours de cette nocturne et bercera de ses intonations vivantes et colorées les auditeurs, est un passionné de lecture publique. Né à Bamako, il parcourt le monde entier depuis 20 ans pour défendre bec et ongle la littérature, les livres, la lecture. En 1996, il crée la compagnie La Voie des Livres, fait un tour de France "à haute voix", une tournée au Brésil et une méridienne Saint-Malo/Bamako s'ajoutent à ses démarches. Le Nouvel Obs en écrit : "L’homme- livre ? L'expression serait trop faible pour un homme qui se donne corps et âme à son métier en établissant toujours un contact étroit avec son auditoire. Jouant habilement des intonations et des inflexions de sa voix haute et claire, il captive son public." Marc Roger propose aussi des Lectures-concerts, comme sur Albert Camus qu'il lit accompagné d'un pianiste, d'un flûtiste, d'un guitariste ou sur la route 66 en revisitant John Steinbeck tandis qu'une guitare reprend Woody Guthrie, ou encore les thèmes de la Grande Guerre marié à un piano, le jazz à l'honneur avec Louis Amstrong, la musique tzigane sur du Flaubert, le tango sur les mots de Jorge Luis Borges etc.

Marc Roger, a sa manière est un lecteur actif pop qui cette nuit plongera son public dans les voluptés de l'avant-garde de la Beat Generation avec Jack London, car l'auteur aura été précurseur du mouvement, surement une source d'inspiration pour Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs. Sur plusieurs plans, avec leurs destins, leurs aventures, leurs oeuvres, leur manière sensible d'aborder la vie et de la finir, les écrivains de la Beat Generation semblent être les héritiers du natif de San Francisco en 1876, Jack London.
L'écrivain qui admire Victor Hugo et Maupassant, est superbement décrit, expliqué dans la biographie Jack London, le vagabond magnifique, écrite par le chanteur Yves Simon qui voue une grande passion à Jack London.

Martin Eden que Jack London écrit en 1909 est un roman qui dessine discrètement son autobiographie. Peinture de la société américaine au début du XXème siècle, Martin est un jeune marin d'Oakland, ivre quand il se bagarre avec les ivrognes du transbordeur, ivre d'admiration et d'amour pour Ruth, bourgeoise à la beauté éblouissante. L'attirance est partagée malgré la différence de statut social. Le jeune héros prend des résolutions pour conquérir la jeune femme et décide de s'entretenir physiquement, de dévorer tous les ouvrages de la bibliothèque de la ville, se met à écrire des poémes, des romans, jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse de lui. Mais son érudition grandissante, Martin se rend compte que son entourage n'est pas si cultivé, Ruth y compris et il prend conscience tout au long du roman qu'il ne faut pas confondre intelligence et éducation. Il cherche à vivre de sa plume, continuant de travailler comme ouvrier à se ronger la santé et se rend compte en fréquentant Ruth et sa famille que la bourgeoisie ne comprend rien à la culture. Devenant subitement un écrivain à succès, il part loin de toute l'hypocrisie pour s'installer sur une île du Pacifique. Les dernières pages, la fin de l'histoire de Martin Eden sont émouvantes.
Le héros comme Jack London, sera tour à tour ouvrier, pilleur d’huîtres, trimardeur, marin, chercheur d’or, reporter de guerre, militant socialiste, écrivain de renom. Comme Martin Eden, Jack London en 1909 est terriblement fatigué par le travail et usé par l'alcool quand il rentre d'un tour du monde inachevé à bord de son voilier en déclarant "Je suis fatigué au-delà de toute expression et je reviens chez moi pour me reposer" avant de mourir d'une overdose de morphine. Martin Eden qui sera lu ce soir est le roman le plus autobiographique, surtout annonciateur des intentions de Jack London et si passionnant ; Certainement assez captivant pour une belle veillée au 20 rue des petites écuries dans le Xème arrondissement, emmitouflé à L'Ouvre-Boite qui annonce : "Une nuit hors du commun, Petite restauration sur place, Croissants chauds et pains au chocolat dimanche matin à 7 heures...N'oubliez pas votre duvet!"
JackLondon
OuvreBoite

The Charlatans

Immense groupe de pop rock indépendante, The Charlatans fait parler de lui dans les West Midlands, de Manchester à Birmingham, dès 1989 en signant le single Indian Rope dont le titre The Only One I Know entre dans les dix premiers titres des charts anglais en 1990. Avec un style s'approchant de leurs collègues Dexys Midnight Runners, Happy Mondays ou de Blur c'est le bassiste Martin Blunt qui recrute le guitariste, chanteur Tim Burgess, le claviériste Rob Collins, le guitariste Jon Day qui sera suivi de Mark Collins et le batteur Jon Brookes pour signer l'opus Some Friendly en 1990. Dans une veine délicieusement garage, soul et R&B, la pop de pointure et de précision jouée par les anglais n'a depuis pas pris un poil de ride. D'ailleurs les groupes actuels qui s'échinent à faire le même genre de pop en ne réussissant qu'à obtenir qu'un dixième de son comparable prêtent à sourire. Après 25 ans de carrière, tumultueux, vraiment rock'n roll, parfois dramatiques, The Charlatans est là et bien là encore avec Modern Nature paru le 26 Janvier 2015.

Mark Collins intègre la formation en 1991. En 1992 sort le deuxième bijou, Between 10th And 11th, ici encore fort contemporain, psyché et détonnant de rythmes, de guitares et claviers sensuels qui pourtant ne connait pas le succès mérité. Cette période est un peu tendue pour le groupe, dont le claviériste Rob Collins sera emprisonné 4 mois pour complicité de cambriolage et détention d'arme illégale. L'histoire dit que Collins aurait attendu le cambrioleur dans la voiture pendant l'attaque sans savoir ce que son ami s'apprêtait à faire. Ne restant pas fixés sur les chiffres de vente du second album, Collins ayant purgé sa peine, les musiciens reviennent en 1994 avec Up to Our Hips. Cette fois, le public accueille dignement le disque qui de nouveau apparait en tête des charts et passe en boucle sur les radios toute l'année 1995. Cette reconnaissance booste The Charlatans qui repart en studio pour enregistrer Tellin' Stories. Un terrible et tragique accident de voiture emporte Rob Collins âgé de 33 ans en juillet 1996 alors que le groupe termine l'enregistrement . Il avait contribué à presque la totalité des chansons, enregistrant ses parties magiques, modernes voire avant-gardistes de claviers, orgue, mellotron et choeurs qui seront présents de manière posthume sur Tellin' Stories à sa parution en Avril 1997. Les Charlatans sont choqués. Martin Duffy, des Primal Scream qu'ils connaissent depuis des années vient aider pour finaliser l'enregistrement et sur scène pour les accompagner dans leur tournée comme pour le concert de Knebworth avec Oasis, prévu une semaine après la disparition de Rob. Le groupe assure son show et même traumatisé, y brille aidé chaleureusement de 100000 personnes qui les acclament. Martin le bassiste dira après ce concert "Nothing was dedicated to Rob Collins because everything would be dedicated to him".

The Charlatans sont plus inspirés que jamais et continuent d'écrire, signent Us and Us Only en 1999, plus folk et country sous l'influence de l'admiration que porte Tim à Bob Dylan et Wonderland en 2000. Ils jouent au Royaume-Uni, dans le reste de l'Europe et aux USA, gagnent en renommée et les disques d'or abondent. En 2004 Up at the Lake ne remporte pas trop de succès et ne paraitra d'ailleurs jamais aux Etats-Unis. Tony Rodgers aux claviers (depuis 1997), Tim Burgess au chant, guitare, harmonica, et melodica, Mark Collins à la guitare, Martin Blunt à la basse et Jon Brookes à la batterie opèrent un changement de style en 2006 avec Simpatico, plus dub et reggae. Pendant l'année 2007, The Charlatans est présent sur scène pour une flopée de concerts, partageant l'affiche avec les Who et Rolling Stones jusqu'à la sortie du dixième album, et pas des moindres, en 2008, You Cross My Path. Avec brio, le groupe offre un album moderne, plein de sonorités, riche en arrangements et sublime sur le plan de la composition qui groove avec ampleur. Le chant de Tim Burgess est toujours impeccable, sa voix inchangée est toujours là, puissante. En 2010, parait le flamboyant Who We Touch, encore plus groove, pop psychédélique à souhait, arrangé de violons, de claviers délurés et de la basse resplendissante de Blunt. Comme un mauvais sort qui s'abat sur eux, Jon Brookes en Septembre 2010 s'évanouit sur scène lors d'un concert, le diagnostic annonce une tumeur au cerveau. Il décède le 14 Août 2013 quand The Charlatans s'apprêtent à enregistrer Modern Nature en laissant comme remarque sur leur site "How to stay motivated in the middle of a cold, damp Cheshire February, in a building full of memories, with no record label, and just a few sketches of songs from aborted recording sessions the year before? The Charlatans did what they always do. They dug deep, and searched for soul." En octobre dernier était offert un concert au Royal Albert Hall en mémoire de Jon Brookes, live touchant de ses amis Johnny Marr, New Order, The Vaccines, The Chemical Brother, Liam Gallagher.

De l'âme, il y en a à ras bord sur Modern Nature qui est pour ce début d'année l'écoute qui me parcourt l'épiderme de frissons. The Charlatans et leurs 25 années de bonheur, de tragédies, ne peuvent pas être meilleurs que sur ce nouvel album. On y trouve la maturité, leur esprit novateur, la sagesse, la folie, un foutu groove, orné de psychédélisme et d'une pop, solide et performante. Talking in Tones ouvre le bal avec une rythmique suave, un clavier splendide, la basse magnifiquement inquiétante, la voix de Tim superbement froide, dans l'esprit du thème de la chanson. Puis So Oh et la guitare de Collins, l'orgue et le chant posé, sur un rythmique percutante offre un bouquet de notes pop accrocheuses qui rappellent les mélodies britpop des 90's. Les arrangements et la mélodie de Come Home Baby qui sonnent immédiats et spontanés sont progressifs, étudiés faisant fusionner du shoegaze, de la soul et de la pop. L'absence d'un ami est évoquée sur le mélancolique Keep Enough, poignant, avec ses paroles qui évoquent le passé pour rebondir et avancer "Remember where you were yesterday", tout comme sur In The Tall Grass "Felt free in the tall grass, Letting go of the past" mis en beauté par l'élégance de Tony Rodgers qui excelle à l'orgue et aux choeurs. Le psychédélisme sensuel, la rêverie comme le chante Burgess sont aussi superbement présents sur Emilie, mélopée qui bombe le torse avec les guitares beatlesiennes et la voix de Burgess, parfaite. Puis Let The Good Times Be Never Ending, morceau incroyable, vient nous cueillir pendant 6 minutes, dédié à l'ami Brookes, émouvante, groovy et dansante. I need you to know, où l'on sent là aussi la douleur et le chagrin ne tombe pas pour autant dans la complainte ou la sentimentalité. Courageux, The Charlatans regarde le futur en jouant les nuances dans les guitares qui se frottent à la batterie mutine, volontaire comme sur Lean In, rock et jubilatoire dont les choeurs intarissables entonnent "just because we know where we're going". La production y est étincelante, rien n'est à jeter, les titres qui s'enchainent sont beaux. Le groove de Trouble Understanding qui est dans la veine d'un Primal Scream ou d'un Blur, démontre encore une fois l'inventivité, l'inspiration des Charlatans, qui balance de réelle petites bombes dans un montage orchestré aérien fort stylé. Pourtant derrière une mélodie optimiste, la fragilité de la vie est soulignée avec délicatesse "Another minute, And it could be, A different ending, Another second, And it’s gone". Lot to say, ballade qui virevolte et laisse des questions en suspens se pose logiquement comme dernier titre de l'album, homogène, sublime. The Charlatans a la reconnaissance et la presse dans son camp pour Modern Nature qui incontestablement, est un album abouti, émouvant, artistiquement remarquable dont la qualité est évidente.
Je conseille aussi l'écoute de l'album solo de Tim Burgess Oh No I Love You, dont les textes sont signés Kurt Wagner des Lambshop et qui est concocté avec R. Stevie Moore avec aussi les musiciens de Factory Floor et My Morning Jacket.
TheCharlatans

dimanche 25 janvier 2015

Wolf Larsen

Wolf Larsen est une auteur-compositeur, guitariste et interprète de San Francisco où, quand elle laisse sa guitare à la maison, elle mène une bataille professionnelle en tant qu'avocate pour les droits à la santé et à l'éducation des filles dans le monde entier. Elle a même créé une organisation appelée The Girl Effect qui grandit d'année en année s'alliant à d'autres associations. Pour agrémenter son projet, elle monte un label indépendant Wolf Larsen Records dont les bénéfices vont en partie au financement de la jolie cause. L'artiste Sarah Ramey porte le pseudonyme de Wolf, en référence au Sea Wolf de Jack London et Larsen, au nom de son grand- père.
Cette générosité, ce caractère autonome et courageux s'entend dans ses productions et dans son opus de 2011, Quiet at the Kitchen Door qui contient 10 titres avec une signature artistique que l'on peut classer entre Agnes Obel et Leonard Cohen. Le style est intime, délicat, poétique, acoustique avec parfois des arrangements de cordes et de cuivres qui restent discrets mais effectifs. Quand Kitchen Door arrive aux oreilles, une voix déclame un poème de son cousin Larsen Bowker, aussitôt suivit par Sarah qui fait sonner divinement ses cordes de guitares pour accueillir sa voix incroyablement belle. L'attention est accrochée. Son grain de voix presque mystique envoûte.
“When I was young
I wanted to be just like him.
One of the charm, of a bright orange smile
and muscular laughter.
Bold brown eyes flashing fearless
when he sat not alone
on cold blue nights in empty boxcars.
Riding a freight train's
solitary wail away from Nebraska
Depression, accompanying dreamswithered farms.
Nothing left but the leaves of possibilities.”

Le thème du voyage en train ou sur les sentiers, le long des rivières, sous la pluie poursuit son chemin sur No One's To Blame qui propose une mélopée soul avec des choeurs angéliques pour accompagner le chant précieux de Wolf Larsen couronné de trompettes, trombones aux particules jazzy et gospel. Two Doves continue d'ériger une ambiance folk et poétique, un univers fleuri de douceur et de retenue. Wild Things est enregistré en live avec le piano et la guitare virevoltants, Sarah joue au milieu d'enfants d'une école primaire qui miaulent des wooohooo avec entrain et apportent un sacré esprit boogie au morceau. Puis les arrangements de cordes, violons, violoncelles, contrebasse viennent orner le titre fabuleux Jedi qui a un parfum de Renaissance en évoquant la princesse Diana, des dragons, Saint-Thomas, des poèmes "The hero she is sleeping, A Jedi princess keeping, A sword inside a song". La grâce habille les compositions de Wolf Larsen qui construit If I Be Wrong avec de la dentelle magique et ensorcelante dans les mains. Peu étonnant de constater que les irlandais l'ont utilisé dans une jolie publicité représentant la magie de Noel. La volupté opère toujours sur Maybe Babe qui légère, voltigeante commence en français avec "je t'adore" sur une guitare raffinée et des notes conquérantes. Jesse's song est sublimement acoustique, couvert du chant intime et solide de l'artiste qui promet de protéger et d'aimer "And you went walking up that mountain And we were singing out that midnight hymn, And even though it’s a long way down, I will go, just to keep you around". The last brother fait penser à Joan Baez, Bob Dylan, Leonard Cohen par les sonorités et le sens du texte qui évoque un soldat mort au combat, rapatrié dans son cercueil au pays. L'instrumentation allant de l'orgue, aux cuivres, à la mandoline du dernier titre Wolf Larsen, Sarah nous offre une interprétation authentique et pleine de soul vibrante, d'émotions, d'excellence. Quiet at the Kitchen Door est d'une réelle beauté, arrangé, orchestré avec soin et minutie par le producteur Nick Stargu et par son auteur Wolf Larsen, engagée pour sa cause. Je conseille chaleureusement d'écouter, d'acquérir ce disque magnifique.
TheGirlEffect
WolfLarsen



Here Comes The Reign Again: The Second British Invasion

Curry Cuts est un label américain de Portlands qui produit des cds et vinyls ingénieux comme Drink A Toast To Innocence: A Tribute To Lite Rock en 2013 et le tout dernier bébé de septembre 2014, Here Comes The Reign Again: The Second British Invasion. Ces deux compilations offrent la participation d'artistes variés comme Mike Viola, Bleu, The Davenports, Kelly Jones, Linus of Hollywood et d'autres groupes qui viennent s'ajouter comme The Corner Laughers, Ken Stringfellow, The Wellingtons ou encore Chris Collingwood des Foutain of Wayne. La première compilation est consacrée au thème de l'amour, reprenant essentiellement des standards des années 70 avec des versions croustillantes comme celle de Michael Carpenter qui brode à sa manière la délicieuse We Don't Talk Anymore de Cliff Richard. La seconde rend hommage à la brit-pop, aux groupes qui ont forgé le mouvement indie-pop dans les années 80. Après la création et l'invasion de l'âme anglaise dans la musique pop par les Beatles, puis les Rolling Stones, il y a eu dans les eighties une seconde invasion passionnante avec à la proue du mouvement Cure, Pulp, Joy Division, Duran Duran, Tears For Fears, Eurythmics, Culture Club, Frankie goes to Hollywood, Soft Cell etc.

Sur Here Comes The Reign Again: The Second British Invasion, les reprises sont succulentes, concoctées aux petits oignons par le producteur Andrew Curry. Dans le détail, la génial compilation commence avec Chris Collingwood et sa Life In A Northern Town à l'origine chantée par Dream Academy avec David Gilmour à la production, groupe crée en 1984 qui souvent a lui-même rendu hommage à Nick Drake. La reprise de Collingwood ici est fleurie des voix de Philip Price et Flora Reed du groupe Winterpills. Suit la superbe Goody Two Shoes de Jim Boggia & Pete Donnelly,  deux américains qui s'amusent aussi à reprendre Paul McCartney quand ils se produisent en live. Everybody Wants To Rule The World titre de Tears for fears en 1985, repris ici excellemment par Mike Viola qui y joue tous les instruments. Kim Wild est présente évidemment via le groupe Big-Box Store qui cuisine un Kids In America comme des chefs quand West End Girls de Pet Shop Boys joue sur la platine grâce à Secret Friend, groupe monté par le thailandais Steven Fox comptant des musiciens qui séparément participent à Here Comes The Reign Again : Kelly Jones qui reprend Something About You de Level 42 et Linus of Hollywood qui reprend Everytime You Go Away de Paul Young.

L'écoute se poursuit avec le savoureux True de Spandau Ballet repris par Minky Starshine, musiciens de la côte ouest américaine qui travaillent avec le producteur Ken Stringfellow (Posies, R.E.M., Big Star), présent également ici en reprenant Digging Your Scene des The Blow Monkey's. La chanson est arrangée avec Andrew Curry, qui touche aussi aux manettes de la cover Our House de Madness faite par The Corner Laughers. Le plongeon dans les années 80 se prolonge avec joie quand Cruel Summer de Bananarama arrive joué par People On Vacation, duo indie-pop conduit par Ryan Hamilton et Jaret Reddick, amis dans la vie et sur scène avec le multi-instrumentiste Linus of Hollywood, qui suit sur la platine avec Kelly Jones dans son sillage. On conserve l'esprit old-school avec The Wellingtons et Only You de Yazoo, suivi de TeamMate avec Tenderness interprétée à l'origine par General Public. Celui qui vient après avec le magistral Don't You Want Me de Human League c'est Chris Price, avec son énergie et sa personnalité qui est suivi du ténébreux Sweet Dreams d'Annie Lennox chantée là par Tracy Bonham. Enchaine le nostalgique et très beau Wouldn't It Be Good de Nick Kershaw repris avec finesse par Cliff Hillis.

On danse diablement sur la suite ornée d'Eric Barao qui nous offre un Tainted Love de Soft Cell pas piqué des hannetons, le new-yorkais Freedy Johnston qui joue à la façon bossa Promises, Promises de Naked Eyes, la jeune artiste et sa voix alto puissante Rachael Yamagata ravive Do You Really Want To Hurt Me de Boy George. La rythmique colorée vient planer sur Save A Prayer de Duran Duran que David Mead reprend avec goût et inspiration. Puis le Relax marqué et griffé par Mike Doughty est original, efficace pour danser comme le Dancing With Myself de Taylor Locke, chantée à l'origine par Billy Idol. On poursuit avec un régal en compagnie de Ken Stringfellow qui brode un Digging Your Scene en respectant l'esprit des Blow Monkey's. Les poppeux The Davenports enchainent avec Freedom de Wham dans les règles de l'art, fourni de clap-hands rafraichissants et suivi du langoureux They Don't Know de Tracy Ullman remis à jour par Graham Alexander et du No One Is To Blame d'Howard Jones qui à l'époque, en 1985 avait été produit par Phil Collins, façonné ici à la sauce ska par Eytan Mirsky & Alyson Greenfield. The Nines en reprenant Life's What You Make It des monumentaux Talk Talk font persister le plaisir et collent du miel aux oreilles tout comme Bleu, auteur-compositeur américain qui conclut la compilation avec Don't you titre de Simple Minds. La boucle est bouclée! Magnifique et excellente compilation qui fait un véritable tour d'horizon des standards des eighties, Here Comes The Reign Again: The Second British Invasion est à avoir absolument dans sa discographie. CurryCuts



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...