samedi 10 novembre 2018

The Catherines

Heiko Schneider est le forban pop derrière l'alias The Catherines. Le musicien de Hambourg, fan de la France, de notre Catherine Deneuve, Nouvelle Vague, Godard et digne héritier de l'indie pop C86 met en place ce joli projet en 2017. Avec le label espagnol Mondo Canapé Records, il fait paraitre ce printemps 2018 un premier album The Catherines plein d'âme pop, de références et de passion. Prolifique, inspiré, Heiko nous comble en signant des singles régulièrement depuis un an. De toute évidence, le processus de création n'est pas pour lui une souffrance, au contraire, il s'amuse. Ce plaisir s'entend dans les arrangements fleuris de notes de guitares gourmandes et rayonnantes. Depuis le mois de janvier 2017 et le sublime Your Light Shines Everywhere, Heiko chevauchant en croisade pop, produit un titre par mois en prenant soin du visuel, consacré à la french touche des sixties et signe ce mois de novembre 2018 The more we kept moving the farther away we got from us. Alternant entre son brut de guitares, efficace et pur, synthétiseurs poppy de pied en cape, il émane de ses compositions une mélancolie finement dosée sur des accords variés. Ces accords sont d'ailleurs sur le bandcamp de The Catherines, Heiko expliquant généreusement son travail d'orfèvre, ce qui le tient au corps au moment de son travail. Celui-ci consiste à rendre hommage à cette grande vague de groupes indépendants, des années 80 jusqu'à nos jours, et qui font désormais partie intégrante de notre culture musicale européenne commune.





C'est un régal de retrouver l'esprit des Smiths sur Is Your Bigmouth Girlfriend Really So Charming, de Primal Scream sur How come you think everybody likes you? celui des Field Mice sur Let’s Kiss Good Night In The Morning. Avec une Ibanez 12 cordes à l'épaule, empruntée à l'autre Heiko de Hambourg, Heiko Shulze, ou bien maltraitant avec grâce sa Fender Telecaster, sa Gretsch, sa Gibson, Heiko Schneider produit des chansons formidables et fouillées ; Nourri aux Byrds mais aussi aux biscuits Bahlsen dont on entend le craquement sous la dent sur le titre I was struggling with your magic biscuit tin, notre Heiko a de l'humour en bonus. Parfois sarcastique, mais souvent charmant, ce trait d'esprit transperce ses mélodies, ses arpèges et le choix de ses compagnies comme celle de Hanna ou de Sandra Ost pour les duos. Les titres sont habillés de cor, de trompette, de cloches parfois comme sur Sunshine Every time you say it's okay I know it is okay, aux guitares rutilantes et choeurs sixties fabuleux. The Catherines, fait maison dans les règles de l'art, sensible aux atours français, expert ès-indie, en délivrant un cocktail d'harmonies dansantes, émouvantes et souriantes à piocher à l'envi, entre chaleureusement dans le panthéon des artistes PiggledyPop.
TheCatherines



dimanche 4 novembre 2018

Distant Shore

J'écrivais au mois de mai dernier sur l'EP deux titres de Distant Shore "Découverte vombrissante, attachante, les deux chansons de Distant Shore sur l'EP April '18 qui paraissent il y a un mois sont splendides. L'auteur-compositeur Ben Siddall concocte seul ces deux titres, Former Life et A Quick Goodbye, assurant guitare, basse, rythmique, chant. 
L'ambiance que Ben crée redonne toute sa place à la brit-pop. La voix, la mélodie et les arrangements s'accordent et glissent naturellement, suivant le sillage de ses compatriotes Adam Ficek, Pete Doherty et Alex Turner. Il y a de la rêverie et du lyrisme dans l'écriture, de la musicalité, dotées de cet accent anglais charmant qui envahit avec aisance la mélodie. Le musicien du Yorkshire, qui enseigne la musique, travaille actuellement sur un autre EP qui paraitra bientôt et déjà se dessine l'album pour la fin de l'année 2018."



Dans les semaines qui suivent mon billet, Distant Shore fait paraître un nouveau single. Ben Siddall qui est arrangeur et producteur pour d'autres formations depuis des années a eu raison de se lancer en solo. A l'écoute de Moving Up North, il exprime tout son potentiel et son savoir-faire pop. Inspiré par son propre déménagement d'il y a quelques mois, l'amoureux de la nature déploie ses ailes dans ses harmonies aériennes, crée du mouvement en douceur pour se fondre avec joliesse au thème. Les oiseaux, la mer sont ses domaines de prédilection et il les photographie aussi brillamment qu'il les glisse poétiquement dans ses chansons. Sa richesse mélodique étend son territoire, son agilité à la guitare explore les espaces sonores. Distant Shore fait partie de mon top 10 2018 Piggledy Pop.
DistantShore

samedi 3 novembre 2018

The Vapour Trails

The Vapour Trails est un groupe d'Aberdeen, nouvellement entré dans la sphère indie-pop, avec des compositions jangle-pop efficaces et solides qui sont nourries de leurs influences toutes aussi belles que variées, Johnny Marr, Aztec Camera, Belle and Sebastian, Velvet Underground, Guided By Voices, Wilco et des groupes dont ils s'offrent des reprises savoureuses comme les Teenage Fanclub, House of Love, Byrds, Crosby & Nash ou encore les Beatles. La troupe écossaise est Kev Robertson, leader à la guitare et chant, son fils de 16 ans Scott Robertson et Nicholas Mackie tous les deux guitaristes, Andy Crossan à la basse et Kenny Munro à la batterie.



Ce qui est singulier et remarquable chez The Vapour Trails, c'est l'impressionnante dextérité et le sens inné de la mélodie accrocheuse. Pour ma part, ce qui au prime abord a absorbé mes oreilles c'est le tambourin, dodu, audacieux, la clé pour le rythme déjà vivace et redoutable tenu par les guitares. L'instrument utilisé avec savoir-faire peut être très noble, devenu nécessaire pour le Velvet Underground, Brian Johnstown Massacre, Love et bien d'autres. C'est un régal de le retrouver grâce aux Vapour Trails et de s'en délecter pendant plus d'une heure sur la page soundcloud du groupe. Kev décrit ses arrangements un peu lofi et rétro ; J'ajouterais par les envolées de guitares rock et pop, une base psychédélique douce et harmonieuse. Sans avoir fait paraître d'album, ce qui n'est pas fondamental à l'heure du streaming, les titres comme Sonic Wave et l'ensemble de guitares au son organique, dynamique, met le feu à mes écouteurs quand The Inner Truth fait resplendir une mélodie jangle raffinée et esthétique qui fait danser, dodeliner du chef et accessoirement bouger le popotin. Variées, les harmonies aériennes et entraînantes, se marient aux textes colorés de poésie comme Shatter the Sky et ses choeurs, ses cordes de guitares en unité qui électrisent et emballent immédiatement. Les Vapour Trails titillent l'esprit soul avec une basse qui groove et des riffs qui font bloc sur Hear You Know pour poursuivre dans la texture pop excellente de On A Nearby Bay. Les amateurs de Lloyd Cole aimeront la continuité de la traditionnelle britpop chez The Vapour Trails, surtout quand Kev convoque l'artillerie lourde du psychédélisme, du rock garage avec inventivité et inspiration sur To You
Vapour Trail est aussi le titre d'une chanson du groupe mythique Ride, dont je pense Kev Robertson appréciera le lien. TheVapourTrails



Summer Salt

Summer Salt est comme son nom le susurre plein de soleil et de sel. Le groupe du Texas joue une sunshine pop stylée sixties et bossa iodée, enrobée d'humour et fort prometteuse. Ce groupe est grandiose, talentueux et je pense que nous entendrons parler de Matt Terry, l'auteur-compositeur guitariste et chanteur, dans les années à venir. Le trio d'Austin, Phil Baier, Matt Terry, Eugene Chung, la vingtaine, propose un éventail de chansons depuis 2014 et signe ce mois de septembre 2018 l'album solide et impressionnant, Happy Camper. Complétement désarmée face au choix d'une chanson, ce qui ne m'arrive que rarement à l'écoute des disques, trouvant souvent la cerise sur la galette, cet album contient du début à la fin des pépites sublimes. Chacun des titres a son atout, son charme et mérite une attention particulière.



Mon écoute est je l'avoue sabrée et perturbée par l'envie de danser sur les mélopées. Les chansons sont galbées, offrent du relief dessiné par l'instrumentation fine et distinguée. Le tempo agit subtilement pour enchanter et machinalement faire bouger de la tête aux pieds. L'évasion, principalement ce que les amateurs de musique recherchent, est assurée sur cette tuerie pop Happy Camper des Summer Salt, sorte de grosse cerise qui est à mes oreilles le meilleur album de l'année 2018. Cette magnifique pièce séduira les amateurs de pop de tous poils, de tout âge, en toutes saisons et par anticipation, plaira longtemps.

Heart and My Car, amoureux et drôle, ouvre le bal. D'emblée, le décor est planté, les palmiers dansent, le sable chaud voltige et les chapeaux de paille valsent. La dulcinée a quitté le protagoniste de l'histoire qui par la même occasion a perdu sa voiture dans laquelle certains voyages sensuels ont fait grimpé le kilométrage. Matt Perry use de métaphores qui feraient rougir n'importe quel garagiste polyglotte. Le boogie langoureux dans les guitares et les 'hoohoo' des choeurs façon Beach Boys sont truculents. La volupté dans le grain de voix de Perry ajoute du sel aux arrangements réussis et panachés de Revvin' My CJ-7 qui parle de musique (vous l'aurez compris) et d'un musicien qui y trouve du réconfort quand il en a besoin, stressé dans son quotidien à la 'american pie'. Tandis que le style bossa et surf pop subjugue et envoûte sur la rythmique exotique blindée d'ultra violets, Speaking Sonar devient brulant et érotique sur les thèmes de l'océan où deux dauphins dansent dans les fonds marins en goûtant au plaisir du 'sonar'. L'épiderme vibre et frissonne sur l'épicé Rockin' my Paw, souriant, sautillant et ficelé avec une écriture imagée qui classe Matt Perry au rang des auteurs compositeurs du bois de Paul Simon et Jonathan Richman.



On continue de gigoter sur le flux vif des lignes de guitares, épaulé par la batterie et les voix énergiquement élégantes de Candy Wrappers. Discrètement, au hasard des titres, glisse le lexique de la musique 'electric guitar', 'Dancing as the records spin round' 'harmony rebel', comme celui des bonbons, 'candy', 'bubblegum', du mouvement 'run' 'swim' 'drive' 'dance' 'ride' 'climb up' et du soleil comme sur le lumineux Oh Dear. Le chant des cigales commence le délicieux Seventeen, au mellow sucré de guitares surf fifties qui forment des vagues mélodiques vintage époustouflantes. L'âge symbolique de dix-sept ans est un sujet classique dans l'indie-pop et ce titre se hisse facilement dans la liste marquant une maturité présente sur le titre Life Ain't The Same qui suit. L'instrumentation tropicale enchante et la séduction opère sans relâche jusqu'au formidable Swingin' For the Fences où Perry brille au chant sur les caisses de batterie rutilantes. Happy Camper et son profil effectivement heureux s'avance vers la fin du disque avec le fertile Lovesick et ses guitares rétro modelées california dreamin', et le chapelet familial 'My uncle tells me, To join a rock-n-roll band And write a little song' sur un tempo bee-bop et des voix en chorale au groovy rockabilly extrêmement bien menés. Enfin le langoureux et touchant Fast Furious and Wonderful qui réunit tous les éléments, mélodie, brio de l'interprétation, thème du temps, du mouvement, de la maturité déclinés de manière fort jolie. L'album ballade, en mouvement perpétuel, se termine sur Happy Camper, au romantisme fondu au tourbillon des moteurs, du soleil, du camping dans la nature et de la musique. A savourer absolument.
SummerSalt



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...