lundi 27 août 2018

Eoin Dolan


Je présente Eoin Dolan l'an passé sur Piggledy Pop : "Eoin apparait avec le majestueux EP Placid Ocean en 2014. Suivi de singles qui annoncent le second EP Something Good, solide et entêtant (...) En 2016, l'album Eoin Dolan arrive avec ses 9 titres somptueux, qui proposent aussi une ballade romantique iodée qui part des côtes irlandaises et largue les amarres en compagnie d'Ocean Girl pour aboutir à Spain. Les singles suivent avec Rockefeller Christmas Address et I can make you hurt at will en 2016, One Girl et Good human being en 2017 (...) le 22 septembre 2017 est paru le sublime album Ubique. Eoin Dolan signe les 11 titres, chante, joue guitare et claviers, Conor Deasy est à la guitare et aux voix, James Casserly à la batterie et Adam Sheeran à la basse (...) Eoin Dolan est un perfectionniste dans ses orchestrations, excelle dans la production pop kaléidoscope gratifiée d'une écriture élaborée."



Ce 23 juillet 2018, il nous offre l'EP somptueux Superior Fiction. Une armée de claviers et de guitares conduits par Eoin également au chant, suivie par ses fidèles compagnons, Adam Sheeran à la basse, James Casserly aux percussions et à la batterie et Conor Deasy au chant et à la guitare. L'épopée psychédélique commence sur un Roman Voice et son orgue de bon ton qui rappelle l'ambiance romane mêlée à une ambiance pop sixties, sur les mots sublimement chantés qui titillent intensément sur deux minutes et deux références, la mémoire et la culture artistique. Ici comme sur ses autres albums, les thèmes du son, de la chanson et de la littérature sont récurrents dans l'univers de l'auteur-compositeur irlandais. Le tempo des guitares et de la basse groove sur Superior Fiction qui déroule une mélodie pop sautillante et souriante. Elle parle pourtant d'un sujet sérieux comme la façon dont on réceptionne une information, en faisant un tri soigneux, voire en s'aveuglant, se dédouanant de la réalité gênante qui entacherait notre petit confort, préférant dans la facile lâcheté.



L'instrumentation magnifique surf et psych-pop dans le sillage des Beach Boys, The Coral, et l'esprit critique dans les paroles toujours justes et blindées de panache façon Kinks s'allient au délicieux sarcasme. L'imagination et l'inspiration d'Eoin, nourries par ses lectures comme celles de Philip K.Dick dessine une âme avant-gardiste et Brose poursuit dans l'anticipation, mariant les éléments naturels, terrestres, cosmiques, l'histoire et les découvertes, les expéditions. Il réussit à donner une fort belle ampleur à la musique, de l'élasticité dans les harmonies et dans le chant. Cette impression de perspective est accentuée par l'écho accolé à Lunar Drift, sensuel via ses lignes de basses en rondeur, ses deux guitares électriques en apesanteur, et fondant avec sa mélodie modelée dans le granit Syd Barrett, figure admirée par Eoin Dolan. Superior Fiction est à l'image de son créateur, précurseur, harmonieux, imaginatif, figuratif dans l'interprétation et on se régale de l'essence d'Eoin Dolan, musicien au talent inné et impressionnant.

EoinDolan
EoinDolanPiggledyPop2017

vendredi 24 août 2018

Caper Clowns

Sacre bleu! J'aime Caper Clowns! Sous ce joli blason se cache une joyeuse troupe de musiciens d'Odense au Danemark qui travaille actuellement à son deuxième disque, A Salty Taste To The Lake. J'ai la chance de pouvoir l'écouter en amont et je m'en délecte. Il sortira le 5 octobre 2018. A ce jour, deux singles issus de l'album sont parus et le troisième, Paper Trail, est en chemin, prévu pour le 28 septembre. Le groupe signe son premier album The Buca Bus en 2016. Au Danemark c'est un succès, et depuis que les singles du prochain disque passent sur les ondes danoises et internationales leur renommée grandit de plus belle. Piggledy Pop est là pour en parler et suis honorée de le faire car les Caper Clowns sont d'enthousiasmants ambassadeurs de pop de bon aloi. Avec quelques 300 concerts à leur actif, ils sont invités à nombre de festivals depuis 2010. Autant dire qu'user leurs semelles sur les scènes ne modifie en rien leur motivation, leur dynamisme et inspiration. Rick Kingo, Peter Højgaard, Christian Højgaard, et Henrik Krogh rendent un bien bel hommage à la France qu'ils aiment et la dépeignent avec drôlerie et courtoisie sur le single Sacré Bleu. La rythmique dansante et intense suit des harmonies de guitares pop rafraichissantes et vivifiantes, sur le thème de l'emblématique France, avec ses clichés racés qui nous vont bien. La chanson ferait presque rougir de fierté et d'orgueil!



La promenade sur A Salty Taste To The Lake commence élégamment avec The Way I Dream. Blindée de poésie positive, elle gonfle les coeurs, souffle un air scandinave solide et une mélodie pop lumineuse ornée de la magie de Lone Kingo à la flûte. Avec ses harmonies splendides, la musicalité se trouve à la croisée des Beatles et de Crowded House, mariant la brit-pop à l'indie pop folk. Leur style reste joliment scandinave laissant filtrer sur les partitions l'âme lumineuse nordique d'Hans Christian Andersen mêlée à la tradition musicale étendard du couple royal, le prince Henrik et la reine Margrethe, passion chèrement cultivée par les danois. L'envie de taper du pied ne nous quitte pas quand l'odyssée poursuit avec Lifeline, si rock et conquérante qu'on imagine les hussards de la garde faire le tour du Groenland à cloche-pied, entrainés par le tempo effréné. L'énergique batteur Søren Daugaard Jensen fait voltiger ses baguettes et les guitares électriques forment gaillardes, une 'line' exaltante de notes. La guitare acoustique se fait duveteuse sur Kissing Daylight avec son chant amoureux, intime, où le narrateur amoureux, la nuit, raconte à sa dulcinée une histoire 'de dragons chassés par les rois'. La ballade langoureuse brille et s'éveille sur les couleurs matinales, menée par les guitares, la basse et le bodhrán délicat de David Needham, avant d'accélérer la cavalcade pop avec Second to None qui fait mouche évoquant la prétention de quelqu'un qui descend vite de son piédestal. Le fantastique Sacre Bleu arrive, frais et tellement rempli de fleurs, tellement pavé de bonnes intentions à l'égard des français qu'on ne peut qu'adouber les Caper Clowns.



L'aventure rythmée, furieusement dansante, continue d'enchanter avec Pretty & Underwear qui fait entrer un piano taquin et coquin sur la batterie virevoltante de Alexander Storm alias Skipper. L'atmosphère joviale se ressent aussi dans le travail des musiciens qui tour à tour, composent et chantent. Puis Loops, magistrale, magnifiquement écrite zigzague entre romantisme et philosophie avec une instrumentation en spirale qui avale l'attention. Paper Trail gambade sur une rythmique offerte par Soren où les guitares alliées aux voix en chorale déroule du bonheur pour enchainer sur l'irish bouzouki, la guitare acoustique, l'harmonium de What If, nostalgique et émouvant. La mémoire et la mélodie se donnent la main sur le titre sentimental qui en devient poignant. Puis le tempo revient ambitieux fortifié par le piano qui martèle l'air de Me For A Friend, coudoyant les guitares et le chant qui grimpent les côtes sans manquer d'oxygène en guise de règlement de compte amoureux. A tête ouverte, les mots aussi charnels que poétiques, voltigent sur As Long As She Is Around Me, chanson savoureuse pour terminer ce somptueux et onctueux album. Pour l'esprit sympathique qui émane des Caper Clowns, plein d'entrain, qui travaillent en famille à tous les étages du projet, doublé de leur qualité de musiciens et d'auteurs-compositeurs, A Salty Taste To The Lake rejoint les autres disques du panthéon Piggledy Pop.
CaperClowns



jeudi 23 août 2018

Grasscourt

Signés chez Lost Map, l'excellent label écossais basé sur l'Isle Of Eigg, tenu d'une main de maître par Johnny Lynch et qui concentre des artistes de haute qualité comme Randolph's Leap, Martha Ffion, Firestations, Alabaster Deplume, Savage Mansion, Monoganon, Seamus Fogarty, Kid Canaveral (King Creosote) etc, Grasscourt rejoint cette liste prestigieuse.

Grasscourt, duo composé de Tom Percival, également auteur et illustrateur de livres pour enfants, et de Matthew Lacey qui apparait au sein du groupe de Bristol, OLO Worms, signe l'EP Come Alive/ Stones Upon My Chest ce mois de juin 2018. Evidemment l'éminent Steve Lamacq les remarque et diffuse Come Alive dans son émission sur la BBC. Les deux musiciens ont enregistré deux titres magiques. Ils jouent eux-mêmes tous les instruments et pour les concerts, ils invitent Anneliesa, épouse de Matthew, pour assurer le synthétiseur. Car Grasscourt a une besace garnie de chansons à jouer comme Connect, Go Again et Begin to Change, à déguster sur leur soundcloud.



Ce qui attire mon oreille au prime abord c'est le style alternatif de l'instrumentation, doté d'un doigt de psychédélisme et d'une goutte d'humour. Ensuite, l'attention portée par le tempo dynamique plonge dans les mots. Leur sens, saupoudré d'un trait d'esprit, est mordant, musclé, déterminé. La dichotomie me séduit. Elle est maligne. Elle est clinquante entre les deux titres, l'un évoque la vie, l'autre la mort. La sensation de ramification se glisse aussi dans leurs personnalités qui rayonnent dans les notes, l'humour so british, sophistiqué qui tend parfois vers le sarcasme et la noirceur. Le chaud-froid souffle sur les deux morceaux où les mélodies merveilles indie pop se font écho et se relayent. Come Alive, rebondit et s'envole à la hauteur des mélopées de Of Montreal, Neutral Milk Hotel, XTC, et Gorky's Zygotic Mynci. Les instruments vibrent et vivent, tambourinent et craquent les amplis sous les tapes rythmées et offensives. Les deux Grasscourt montrent leur agilité pour jongler avec les harmonies, tout comme sur Stones Upon My Chest qui avance dans le sillon rock trip-hop des Beta Band. Le titre charme, par ses guitares, ses claviers, ses voix essentielles en mouvement qui donnent chair à l'orchestration synth-pop. J'ai hâte de découvrir la suite, surement pleine d'énergie, d'inspiration et d'ardeur musicale.

GrasscourtLostMap
RandolphsLeapPiggledyPop2012
MarthaFfionPiggledyPop2015



Isle of Eigg

mercredi 15 août 2018

Jean-Charles Foucrier - La stratégie de la déstruction

Le Transportation Plan est mis en lumière par l'historien Jean-Charles Foucrier dans son livre La stratégie de la déstruction - Bombardements alliés en France, 1944. Il est paru chez l'éditeur Vendémiaire en décembre 2016 à la suite de la soutenance de thèse de doctorat de son auteur en novembre 2015. Comme décrit au dos de l'ouvrage, "ses recherches portent sur la stratégie militaire, la propagande, l'opinion publique et l'historiographie des bombardements aériens sur la France durant la Seconde Guerre mondiale."
"Le scientifique britannique Solly Zuckerman a en effet, depuis 1940, conçu un vaste plan d'attaques aériennes dont le système ferroviaire français est la cible privilégiée : gare de triage, centres de maintenance, centres de stockage du matériel roulant...Il s'agit de paralyser les mouvements de l'ennemi en prévision du Débarquement."



Ce 'vaste plan' se nomme Transportation Plan. Il est mis en place par Solly Zuckerman, éminent biologiste, expert ès-endocrinologie et physiologie de la reproduction chez les primates. Reconnu et admiré, respecté, il publie en 1932 son premier livre La vie sexuelle et sociale des singes, puis un autre en 1933 sur le même domaine avant de partir un an à Yale poursuivre ses recherches. Cela ne laisse pas présager au prime abord de le retrouver dès 1939 au sommet de la hiérarchie du commandement allié. Il rentre donc à Oxford en 1934 pour enseigner et sera professeur d'université jusqu'en 1939. Avant son séjour aux Etats-Unis il avait crée un club qu'il renouvelle à son retour sur l'île. Ce club de gentlemen 'politisés' s'appelle The Tots and Quots et compte dans ses membres des scientifiques, économistes et autres universitaires. Parmi eux, une figure notable dans la genèse du Transportation Plan : Frederick Lindemann surnommé 'prof', futur Lord, vicomte Cherwell qui deviendra un proche conseiller de Churchill
1938, suite aux accords de Munich, Zuckerman et Bernal, un ami scientifique, rédigent un memorandum qui souligne le rôle de la recherche scientifique vers la production de guerre, la défense contre les attaques aériennes et l'aide aux victimes des bombardements. Ces pages sont publiées et le livre Science in War parait en 1940. D'abord anonyme et confidentiel, ce petit livre édité chez Penguin, amorce l'idée du Transportation Plan.

Zuckerman veut s'impliquer. Bernal travaille alors au Ministry of Home Security. Ensemble ils étudient les effets des bombardements sur primates et tandis que l'Angleterre subit les attaques de la Luftwaffe cette année 1940, le rapport de Zuckerman et de Bernal intéresse les grandes instances de l'armée britannique. Leur ami du club, Lord Cherwell, plaide auprès de Churchill pour poursuivre l'étude de Zuckerman en lui communiquant une minute du rapport sur les impacts des bombardements sur les civils et les constructions.



Alors que Molotov scelle avec Churchill l'alliance anglo-russe, en 1942, un accord suit avec les Etats-Unis. Roosevelt veut attaquer au plus vite. En Angleterre, le Bomber Command avec Harris aux commandes et des milliers d'avions bombardiers sont prêts. Cette même année, Eisenhower est élu commandant en chef des forces américaines en Europe (SHAEF) qui devra préparer l'Overlord.  Eisenhower à la tête du SHAEF doit compter sur le répondant d'autres 'fortes' têtes comme celle du général de Gaulle, celle de Montgomery et celle de l'adjoint d'Eisenhower, Tedder, qui deviendra un solide ami du baron Solly Zuckerman. Celui-ci soutiendra contre vents et marées le Transportation Plan auquel il s'attèle dès 1942 en étudiant les bombardements sur la Sicile en 43 et de ses observations, trace les grandes lignes du Plan dressé afin d'augmenter les chances de réussite du Débarquement sur les plages de Normandie le 6 juin 1944. Pour assurer le bon déroulement d'Overlord, Zuckerman établit qu'il faut paralyser le système ferroviaire français, affaiblir la mobilité de l'armée allemande par opérations aériennes de bombardements.



Le Transportation Plan ne rencontrera pas que des transports de joie. Zuckerman doit s'armer de patience, essuiera quelques revers de ses détracteurs et ils sont nombreux, maréchaux et généraux, certains sont au SHAEF, à la direction des opérations du Bomber Command, au Committee of Four, au MEW, à l'EOU, au Joint Technical Warfare Committee ou au Joint Intelligence Committee. Zuckerman doit redoubler d'efforts pour convaincre après des nuits de délibérations et de polémiques, souvent stériles, organisées par Churchill réunissant ce 'monde' susceptible et ambitieux qui se repose sur des analyses et expertises inexactes ou trafiquées. Des missions de bombardement autres, en parallèle , comme les road-blocks sont menées, par l'AEAF et son commandant Leigh-Mallory. Les pour-parlers s'éternisent autour de la précaution officielle : la limitation du nombre de victimes. Mais officieusement, il est bien question de politique. Car depuis 1942, le Bomber Command de la RAF (royal air force) et l'US Air Force ne travaillent pas de concert mais sont en compétition. Dans cet esprit, ils procèdent à l'Area Bombing, un bombardement peu délicat souvent à l'aveuglette, sans précision. Celui sur Hambourg fera 40 000 victimes civiles. Le Transportation Plan doit effectuer des prédictions du total de victimes et Zuckerman sera celui aussi que l'on désignera pour vérifier et recenser le nombre de victimes l'été 44.

Finalement, Roosevelt tranche après des semaines de querelles, justement nommée par Jean-Charles Foucrier 'La guerre des Lords'. Le Transportation Plan commence bel et bien au printemps 1944, le 6 mars, trois mois jour pour jour avant le Jour J. L'opération est de désintégrer le système ferroviaire français, et pendant un mois et demie, le plan cible les hangars de locomotives, les gares de triage (reléguées au second plan, seule erreur évidente de Zuckerman), les voies de communication et ateliers de réparations, 80 centres ferroviaires soit 71 000 tonnes de bombes larguées. Il y a 20 000 morts normands en un mois et demie, 156 000 soldats alliés victimes des combats en Normandie, 4560 pertes de l'aviation alliée, 60 000 victimes françaises, Nantes, Rouen, Boulogne, le Havre, Saint-Etienne, Caen, Lisieux, allonge la triste liste de 12 000 à 15 000 tués ajoutés aux normands. Le terrible chiffre de morts chez les aviateurs, sur 125 000 membres d’équipage du Bomber Command on dénombre 55 000 morts côté anglais et 30 000 tués côté américain.



La lecture de la Stratégie de la destruction est passionnante. Jean-Charles Foucrier avec son travail fouillé et impressionnant permet aux non-initiés comme je le suis de comprendre en plongeant dans la logique militaire d'une part et d'autre part, l'ambiance de l'époque, particulière. De son état de gestation à sa structure et sa mise en oeuvre, son enjeu et ses résultats, le Transportation Plan fait froid dans le dos parce qu'il noue l'humanité et la psychopathie. Décortiqué et expliqué par l'historien qui compose ses écrits de références, d'annexes, de photographies, de graphiques, ce plan nous cueille par ces deux facettes, l'absence absolue d'empathie et l'enjeu de la Libération. Ce balancement de sentiments ou pas nous absorbe. Les attaques aériennes anglo-américaines aux objectifs stratégiques ou économiques ne laissent pas de marbre.

L'analyse et l'étude de Jean-Charles Foucrier apporte au récit une logique et un raisonnement applicable à toute époque. Le Transportation Plan destiné à bombarder la France dévoile l'impunité d'Eisenhower qui fait face à l'intransigeance et l'opiniâtreté du général de Gaulle qui démonte l'AMGOT sous l'oeil cruel et rieur de Churchill. Le Transportation Plan, dans les mois qui suivent la Libération de la France, sera appliqué à Allemagne, avec un nombre de morts civils inhumain et in fine, deviendra une zone d'occupation américaine. Du 13 au 15 Février 1945, les alliés bombardent Dresde en Allemagne, 3900 tonnes de bombes larguées, bilan humain 25 000 morts.







L'utilité et la nécessité du Transportation Plan sont décrits avec une grande qualité et ingéniosité par Jean-Charles Foucrier qui invite à la réflexion. Selon le suédois Niklas Zetterling, les alliés avaient 'surestimé la capacité de renforcement adverse' au moment où commence le Transportation Plan et d'après son étude minutieuse, démontre que les chiffres étaient 'extrêmement éloignés de la réalité'. Le polonais Mierzejewski quant à lui conforte l'efficacité du plan. Zuckerman lui-même un demi-siècle plus tard, cherchera 'une preuve nette de l'efficacité du Transportation Plan'.

L'étude du plan, de la stratégie des anglo-américains laisse entrevoir en toile de fond l'action de l'Ultra et ses révélations sur la faiblesse des armées allemandes avant et après l'Overlord, jamais prises en compte par les alliés, qui feront fi de la Résistance française et l'action du général de Gaulle, méticuleusement et systématiquement tenus à l'écart. Avec ses nuances fines coupées de délicieux secrets, de la délivrance de vérités, de témoignages surprenants et émouvants, Jean-Charles Foucrier mentionne sans concession ce qu'était le dessein du plan. La lecture de La stratégie de la déstruction - Bombardements alliés en France, 1944 est absorbante, captivante et éclatante.
LaStrategiedelaDestruction-BombardementsAlliésenFrance1944





Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...