dimanche 15 octobre 2017

Glassmaps

Glassmaps est l'alias de Joel Stein, ancien guitariste de Howling Bells, qui signe le premier EP My Head, My Heart en 2014. Son travail solo, écriture et composition, est accompagné d'un esprit d'équipe avec à ses côtés, les batteurs Christoph Schneider et Jaan Siekmann, du bassiste Rob Kerner, du pianiste Joscha Eickel. Comme beaucoup d'auteurs, Joel est sensible aux saisons, aux climats et écrit subtilement sur ces changements du temps comme sur l'amour, les bonheurs, les pertes d'êtres chers. Sa voix particulière apporte une musicalité supplémentaire à ses titres dansants electro-pop qui nous ramènent parfois ce parfum nostalgique de la madeleine de Proust pop : les Beatles.



Je savoure l'album Strangely Addicted et ses 10 fabuleux titres enregistré dans le home studio du bassiste des Killers, Mark Stoermer et qui sortira le 10 novembre prochain. Il attaque avec le piano opéra rock de Strangely Addicted. La batterie pleine de vigueur répond aux guitares offensives pour ce titre amoureux qui dégage une énorme énergie. Puis Summer Rain entre en piste, oxygéné et en force, avec sa guitare électrique, la batterie et la basse assurée par Mark, joliment combatives. La rythmique n'abdique guère grâce au savoir-faire du batteur Glenn Moule sur l'ingénieux Hyponotised et son allure psychédélique accrocheuse. Les effets de voix montent en puissance sur des arrangements judicieux et puissants. I'm sorry déroule deux minutes de douceur sur le chant émouvant amplifié par le microphone Telefunken et une basse sensuelle efficace qui porte sa dose d'optimisme comme dans Future Love qui suit. La mélodie somptueuse est accompagnée d'une solide instrumentation. La soul et le funk viennent hypnotiser les oreilles sur In the Shadows où Joel Stein et ses musiciens brulent d'imagination et de technique jusqu'au formidable Don't Think Twice.



Là, tout le rock britannique carillonne et vibre. Celui des anglais des Hollies, Wings, Searchers surgit sur une huit cordes, une six cordes; Des cordes pincées folk et des choeurs associés, il en pleut des myriades dans le studio où s'entremêlent les banjos, les double-basses et les guitares vintage. Les voix groupées et alliées continuent sardanapalesques sur le jovial Golden Dayze avant d'accueillir la balade langoureuse Inner Place aux mots nostalgiques touchants 'there's nothing wrong remembering' qui plaira aux amateurs de Blur et de Lennon. Avec le splendide Old Friend, l'artiste londonien qui sait marier sa musicalité moderne à des mots charmants old-school au parfum désuet, séduit et montre que la musique reste intemporelle. Strangely Addicted en est un exemple par excellence, fouillé, inspiré, on y entend toutes les influences du rock anglais des sixties aux années 2000. Le génial label Lost in a Manor a saisi cette singularité dans le format des chansons et l'interprétation qui fait de Glassmaps un groupe à suivre et à découvrir absolument.
Glassmaps






samedi 14 octobre 2017

Grimme

Grimme est le nom de scène du musicien-magicien Victor Roux, producteur et artiste esthète. Il brode sa musique comme ses images vidéo pour un résultat homogène et beau. En mars 2017 parait son premier album The world is all wrong but it's all right qui m'accompagne depuis et dont je pioche les titres fréquemment sans me lasser. Originaire de Lyon, il est un auteur-compositeur inspiré qui façonne ses chansons comme des pièces montées où se superposent instruments à cordes et à vent. L'ambiance est pop orchestrale dans un esprit de narration omniprésent et l'auditeur de se forger paysages, couleurs et figures à son gré. Prolifique et complet, après son groupe de 2011 Azrael Victor lance Grimme en 2013, tout en composant en parallèle pour d'autres musiciens comme Laurent Lamarca. LaurentLamarcaPiggledyPop2013


L'album de onze titres commence sur le vertigineux The world is all wrong but it's all right. Les couleurs envahissent les paroles, les notes rythmées du piano galopent pour accueillir des cuivres, des choeurs qui s'élancent élégants. C'est une immersion spontanée dans l'univers Grimme. La pop de From the birds grignote l'attention avec le violon, la harpe et les percussions en cascade.Les mots sont pleins du spectre lumineux. Après les oiseaux, c'est le ' china cat' qui vient se languir sur le somptueux Lordship Lane hanté par la présence de David Bowie. Quand le trombone de I've gone to sleep se glisse sur les cordes, l'atmosphère devient lyrique et onirique. Roses, qui rappelle Painting Flowers du premier EP réinjecte une jolie dose de nuances parfumées nostalgiques. Le piano suit les ondulations du violoncelle et des voix pour nous emmener fureter dans un jardin romantique dissimulé au sein d'une ville.



La promenade sonore nous ramène à Londres avec le spoken words de London Trains avant Spilt violins qui tournoie dans la vie urbaine nocturne. A l'écoute des textes comme celui de Ever More, on distingue les influences anglo-saxonnes de Grimme qui aime Dylan, Beck, Rolling Stones et Johnny Cash. Les harmonies sentimentales du banjo prennent au fur et à mesure de la chanson un profil électrique. La pop élancée orchestrale revient dansante sur Sail On avec son tambourin et son volume mélodique, iodé de bleu. La basse d'Alexandra's palace virevolte, l'instrumentation rebondit, soft et cristalline, accompagnant la magnifique voix de Victor Roux. From a king to a Jack ferme l'album avec délicatesse et harmonie. Les notes composées sublimes se marient aux choeurs éblouissants et au grain de voix en or de Victor. The world is all wrong but it's all right est imagé, poétique, nuancé tant dans l'orchestration que dans l'accompagnement visuel, une réussite, le fruit travaillé et muri d'une belle inspiration.
Grimme



dimanche 8 octobre 2017

Magic & Naked

Magic & Naked est un groupe suisse de pop psychédélique superbement groovy qui nous ramène à l'époque estivale par le bout du nez. Ils sont quatre musiciens solides et inspirés : Elie Ghersinu au chant, à la guitare acoustique, basse et claviers, Léonard Persoz à la guitare électrique, Romain Deshusses à la batterie et guitare électrique, Augustin von Arx à la batterie, flûte et percussions. Se greffe aussi aux percussions un cinquième élément, Marco Guglielmetti. Venant les uns et les autres des formations genevoises The Cats Never Sleep et The Tangerines, c'est Elie qui en 2013 met en place le projet Magic & Naked avec une formule acoustique. Petit à petit, le groupe s'étoffe et le premier album parait en décembre 2015.
Ils aiment et écoutent Syd Barrett, Bowie, JJ Cale, The Beatles et on retrouve de la pop groove country psych folk pour agrémenter leur style musical résolument rock dans le tout nouvel album paru le 8 septembre 2017, Human Expression.



J'adore l'album. Il m'emmène dans mes rêvasseries dès les premières notes, fleuries et irisées, de What's behind that locked door. Symboliquement, ce qu'il y a derrière la porte est une douce lumière tamisée qui jouxte des partitions gonflées à la pop et au chant collectif qui lance des 'pa pa pa' entrainants. Les guitares poursuivent majestueuses et taquines sur All i want to do au profil garage-pop qui se permet un groove subtil avec basse et batterie. La rythmique remarquable sur les voix sucrées et rafraichissantes de My green bird nous rappelle les Beatles avec sa mélodie qui accroche, son clavier sixties et ses guitares qui gambadent princières. Les harmonies énergisantes, peaufinées de The Glance, pop psychédélique sixties, fait opérer le charme. Les arrangements ont de l'allure et scintillent d'élégance systématiquement sur chacune des pistes.



Le groove magique de Bring me the moon déroule un jeu malin de guitares et basse entremêlées qui semblent être tombées dans le chaudron pop. Le chant d'Elie grandiose offre du funk langoureux et brillant sur The Night I Found Out tatouée d'un son underground presque baggy. La flûte vient jubiler et batifoler avec la guitare acoustique sur In the morning quand la balade We Will Lose, dont le style alternatif inspiré et coloré aspire totalement l'attention, vient chevaucher le genre rock-psyché de ses particules acoustiques et électriques. La basse, intense, captivante poursuit sa course folle sur Dark Room qui pousse goulûment à danser et à se dandiner sur les vivifiants tambourin et clap-hands . Les textes amoureux nous prennent par la main pour des visites d'endroits aux décors mystérieux et rocambolesques. To Be A Queen poursuit dans la découverte d'espaces ronds de sensualité ; Idem sur Desert Sky qui démantibule la colonne vertébrale par ses gigotements frénétiques. Les guitares, basse, caisse claire et claviers ferment la marche sur un A Casual Warning habile et assuré. Human Expression est un album fin et abouti, aux titres entêtants et musclés d'inspiration, d'harmonies maitrisées qui guide les Magic & Naked sur le chemin du succès.
Magic&Naked



dimanche 1 octobre 2017

Eoin Dolan + Biggles Flys Again

Biggles Flys Again
Voilà une équipe que j'aime située dans la très belle Galway irlandaise. Ce sont deux spécimens, deux entités qui se sont croisées. Mixées, elles détonnent et délivrent un territoire indie garni de mélodies pop.

Eoin Dolan

Il y a d'abord Conor Deasy que j'écoute depuis plusieurs mois avec son projet Biggles Flys Again. Je l'ai découvert grâce à une vidéo concoctée par le réalisateur-designer compatriote Marc Corrigan. Suivez la flèche ⇒ MarcCorriganPiggledyPop



Le maestro est un guitariste talentueux et un auteur-compositeur ingénieux. Sa sensibilité déposée sur les partitions est d'une beauté infinie. Le premier EP de 2007 expose son univers artistique avec des chansons mélodiques et accrocheuses. Le jeune homme est un musicien qui partage son art avec idée et inspiration; L'EP Biggles Flys Again de 7 titres est varié, enregistré avec un 12 pistes à la maison ce qui lui donne une dimension humaine fort séduisante. Il est suivi le 1er mai 2008 de Chocks Away. Ce qui marque, en plus de la qualité sonore, c'est la musicalité dans la voix délicate, en relief, de Conor Deasy. Une série de singles parait Summer's Coming Soon en 2011, Friends en 2012 et Old Pop Song en 2013 dont je suis friande. Puis en 2013 Biggles Flys Again offre l'album grandiose Remember Saturday reprenant quelques singles et beaucoup de nouveautés, à savourer comme l'EP Chambers, dernière production en date.
En écoutant Conor Deasy, on se promène à son bras, battant la campagne, les saisons, avec son chien en éclaireur, parlant d'amour et musique sur des orchestrations de guitare, basse, piano et glockenspiel.
BigglesFlysAgain



Il y a non loin de là, un autre musicien et auteur-compositeur du nom d'Eoin Dolan. Quand Biggles Flys Again fait une pause en 2013, Eoin apparait avec le majestueux EP Placid Ocean en 2014. Suivi de singles qui annoncent le second EP Something Good, solide et entêtant sur lequel apparait comme guitariste un certain... Conor Deasy. Autour d'eux il y a une bande d'amis aussi talentueux, James Casserly à la batterie, Robin Van Der Klooster à la basse, Maidhc O HEanaigh à la flûte et pour rester en famille, Brendan Dolan est là, au trombone. En 2016, l'album Eoin Dolan arrive avec ses 9 titres somptueux, qui proposent aussi une ballade romantique iodée qui part des côtes irlandaises en larguant les amarres en compagnie d'Ocean Girl pour aboutir à Spain. Les singles suivent avec Rockefeller Christmas Address et I can make you hurt at will en 2016, One Girl et Good human being en 2017 qui accueillent Adam Sheeran à la basse.



Il y a une semaine, le 22 septembre est paru le sublime album Ubique. Eoin Dolan signe les 11 titres, chante, joue guitare et claviers, Conor Deasy est à la guitare et aux voix, James Casserly à la batterie et Adam Sheeran à la basse. L'aventure musicale prend place avec les effets flash-back du jeu de pistes à l'envers sur Good Human Being qui d'emblée m'évoque les Beatles. Ella continue la promenade pop sur des guitares joviales et une rythmique bondissante pour nous inviter à découvrir les grand-parents d'Eoin, Mícheál et Molly Dolan, Frank et Marcella Finn, à qui il dédicace le disque. Une sacrée musicalité émane des claviers et des cordes electro de My Life Grows on You où la basse charismatique et envoûtante, voltige. Elle se met au galop sur la dansante Sea of Hope où le chant analogique sème des particulaires interstellaires et cosmiques comme si John Lennon accompagnait les Neutral Milk Hotel pour une session en studio.



L'ambiance synthpop continue sur Civilized où la poésie s'immisce, planante et langoureuse comme sur It is Good That We Dream offrant des guitares magnifiques au son qui trottine taquin et furieusement funky. L'atmosphère est marine, vintage, avec des arrangements sixties mêlés de modernisme finement explorés comme le montrent l'instrumental Sunset Moon suivi de One Girl, carrousel de notes synthétiques et brutes. Crater of my Heart est un bijou de production blindé d'un romantisme sarcastique. Puis Forgotten Star, qui assure les frissons, est un coup de maitre en écriture et en interprétation, me rappelant cette sensation, cette émotion, à la première écoute de Placid Ocean et son casino en bord de mer. La voix et les mots en écho d'Eoin qui s'accompagne à la guitare sont extraordinaires. Le titre Ubique boucle l'écoute en douceur, aérienne et magique, démontrant qu'Eoin Dolan est un perfectionniste dans ses orchestrations, excelle dans la production pop kaléidoscope gratifiée d'une écriture élaborée.
EoinDolanUbique







Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...