dimanche 21 août 2016

Whyte Horses

C'est un très joli nom Whyte Horses pour un groupe de pop psychédélique. Originaire de Manchester, l'auteur-compositeur Dominic Thomas est un furieux fanatique de sixties, chasseur de trésors vintage, dénichant des vinyles rares aux quatre coins du monde. Il décide de passer du stade de consommateur au statut de producteur, créateur et homme orchestre en signant le fabuleux Ep Snowfalls-Morning Clouds en 2014 puis, ce mois de mai 2016, un premier album au nom éloquent, Pop Or Not. Les dès sont jetés et ils sont gagnants. Le musicien ne laisse pas de place au hasard, ni sa place aux commandes, étant co-fondateur du label Finders Keepers qui ré-édite des titres anciens sur vinyles, des chansons inédites, obscures, en leur faisant peau neuve. La fibre de l'album est autant mancunienne qu'européenne, étant enregistré dans une maison au coeur de la campagne italienne, où Dom travaille ses titres avec la participation de la chanteuse guitariste française Julie Margat qui apporte sa touche frenchy sur certaines chansons.



L'instrumental Pop or Not met illico dans le bain, où les bulles multicolores font flotter un air psyché sixties en crescendo jusqu'au magique Promise I Do ( sitar song) qui galope, fougueux et sauvage, sur la batterie et les guitares ferrées. Les rythmiques font vibrer l'épine dorsale sur Relance II, où le chant de Dom Thomas, limpide et habité, aimante les oreilles quand l'excellent Peach Tree Street vient les dorloter. La couleur originelle, chantée en français par Margat du groupe Lispector, se dévoile davantage hypnotique et kaléidoscopique.



Tandis que tous les sensations virevoltent dans les couleurs, les parfums, les textures, Dom lance la cavalcade amoureuse avec She owns the World, When I Was A Scout, Elusive Mister Jimmy, The Other Half Of The Sky, Wedding Song, Alone at Last, jusqu'à l'effet magnétique, astral et planant de la dernière partie du disque typée soit garage pop soit lo-fi punk sur The Dream Before, Astrologie Sidérale, Back to Earth, Feels Like Somethings Changing et Natures Mistakes.
La patte personnelle de Dom Thomas mêlée de perfectionnisme et de spontanéité, d'un sens mélodique pointu et d'une orchestration pop alternative surprenante et dansante font de Pop or Not un sacré et tonique album de 17 titres à se procurer chez CRC Music et à écouter en boucle. D'ailleurs, je retourne au trot auprès des Whyte Horses, faire un petit plongeon dans ma chère Manchester City grâce au pétillant Peach Tree Street.
WhyteHorses





samedi 20 août 2016

The Golden Eaves

Aux amateurs d'indie-pop stylée easylistening, The Golden Eaves sauront vous plaire et vous distraire. Avec un univers musical proche de The Clientele, Love, David J, The Felt Tips, le groupe d'Augsburg en Allemagne est constitué de Kenji au chant et guitare qui évolue au sein de divers groupes, de Joe Brooker à la guitare qui joue aussi dans The Pines et The Foxgloves. Avec eux il y a Max à la basse et Marc, producteur de l'album, qui joue de la batterie. Les quatre musiciens apparaissent avec l'alias The Golden Eaves en 2015 et nous délivrent un fort délectable single en janvier 2016, No Other.



Brent Kenji est un artiste américain de San Francisco confirmé et prolifique dans le monde de l'indie-pop. Il est membre de The Fairways, The Clay Hips, The Guild League, Skypark mais aussi The Young Tradition, duo avec le suédois Erik Hanspers. L'alliance des deux artistes honore la pop, offrant des mélopées gorgées d'orchestrations de trompettes, tambourins, harpe, orgue, une armée de guitares et de claviers, ornée de cloches dévergondées. Le chant somptueux de Brent se marie à la perfection aux mélodies bondissantes et aux instrumentations luxuriantes. Je conseille leur délicieux Ep California Morning et l'album Northern Drive.
Cette année, le maestro pop s'unit à Heiko pour former le nouveau projet The Pippinger Flur et signent en juin 2016 le single Madeleine (When It Rains), suivi de A Beautiful Day le 17 juillet dernier puis la judicieuse et mélodieuse reprise de Sandy Salisbury, A Little Bit of Love, ce 10 août 2016. Voilà de la pop de grande qualité, chaleureuse, vitaminée, recommandée, à tout moment et pour les veinards d'outre-rhin, Kenji conduit The Golden Eaves en tournée avec The Aislers Set : Super Undergrund Schallplatten à noter sur vos tablettes!
TheGoldenEaves







jeudi 18 août 2016

Gigi - Maintenant

L'album Maintenant est un projet ponctuel qui s'est monté entre 2005 et 2010, date de sa sortie, à l'initiative de l'ingénieur et producteur Colin Stewart qui contacte l'auteur-compositeur Nicholas Krgovich. Stewart vient d'acquérir du matériel vintage et souhaite faire un album dans la veine de Phil Spector. Il joint son ami Krgovich qui à l'heure actuelle fait partie des compositeurs les plus doués et fertiles dans le milieu de l'indie-pop. Je conseille son tout nouvel album pop funky Hills, paru en mars 2016 où Nicholas réunit avec un immense talent son don pour les harmonies et la danse qui le passionne, qu'il pratique naturellement sur scène et dans ses vidéos.



Sous le nom de Gigi, c'est tout un collectif d'artistes de Vancouver qui participe à Maintenant. On compte parmi celui-ci Rose Melberg, Owen Pallett, Mirah, Ladyhawk etc. La veine sixties est panachée d'influences comme les Marvelettes, Burt Bacharach, d'arrangements typés Herman's Hermits ou Beach Boys. Pour glorifier les 15 titres, le premier No, My Heart Will Go On rassemble toute l'équipée de musiciens sur la mélodie sautillante et ensoleillée. Puis la mellow pop fait son entrée sur des paroles amourachées et estivales avec The Hundredth Time jouée et interprétée par Duffy Driediger et Ryan Peters du groupe Ladyhawk. La chaleur bossa poursuit grâce à Zac Pennington de Parenthetical Girls et son chant sensuel et la rythmique chaloupée de Dreams of Romance. Une jolie touche de féminité arrive avec la majestueuse Rose Melberg qui joue et chante un superbe Alone at the Pier, romantique et griffé avec sa trompette, ses guitares, ses harmonies dansantes, décrit par Krgovich : "I had just seen Imitation of Life and A Summer Place and was thinking a lot about Sandra Dee when I made up this one. A pier seemed like a fitting late 50’s, red and white striped, kind of setting for the song. Rose reminds me of Sandra Dee a bit, and I love hearing her sing such a hopeless lyric." Suit le génial Everyone Can Tell avec Ryan Beattie alias Himalayan Bear qui nous plonge dans les sixties avec un chant dandy délicat .



L'ambiance vintage continue avec le fabuleux piano de One Woman Show et le timbre de voix magnifiquement accrocheur de la chanteuse Joey Cook. Le titre suivant I'm Not Coming Out Tonight avec Marissa Johnson et Sydney Vermont nous gagne par les orchestrations de cordes, belles et réussies, qui plairont aux amateurs des Camera Obscura. Les trompettes et tambourins dévalent les partitions sur Some Second Best au tempo fifties offrant la participation de toute la troupe encore au chant qui donne un joyeux profil de colonie de vacances dans le style des Coasters ou de The Del Vikings. Le duo suave et somptueux de Bobby Birdman et Katy Davidson apporte avec I Can't Bring Myself To Smile un moment de mélancolie imprégné du décor des années 50 quand le psychédélisme sucré et dégourdi de Strolling Past the Old Graveyard avec l'artiste à découvrir absolument, Karl Blau, délivre un morceau croustillant. The Marquee au charme envoûtant de l'interprétation de Katie Eastburn ouvre la marche au virevoltant Impossible Love chanté là aussi en chorale. Mirah Yom Tov Zeitlyn roucoule comme Diana Ross sur Won't Someone Tell Me? qui donne l'envie de trémousser les couettes avant la douce fragilité de la voix d'Owen Pallett sur I'll Quit et son instrumentation intense. Enfin, l'auteur-compositeur de ces 15 chansons formidables, Nicholas Krgovich assure avec une grande classe Neathe The Streetlights qui boucle ce tourbillonnant Maintenant à ranger soigneusement dans toute discographie de bon goût.
NicholasKrgovich





lundi 15 août 2016

Manuel Decocq

Artiste normand, le multi-instrumentiste Manuel Decocq est déconcertant de talent. Il ne vogue pas seulement d'un instrument à un autre aisément, il évolue également dans divers paysages musicaux avec innéité. J'ai passé des heures à savourer son album Manuel Decocq de huit titres sorti en janvier 2015 plein de la fibre pop d'Alexander von Mehren ou des High Lamas. Parallèlement, l'auteur-compositeur, joue dans le trio jazz klezmer Ana Kap avec Pierre Millet au bugle et au cornet, Jean Michel Trotoux à l'accordéon. Manuel joue du violon dans le quator classique Karinn Helbert et il lui arrive d'accompagner au violon le groupe de rock rouennais Mister Moonlight qui fait rayonner l'âme de la Factory d'Andy Warhol et du Velvet Underground.



Manuel écrit depuis le début des années 2000, compose des odes pop, sunshine et jazzy, avec des orchestrations et des arrangements de cordes conquérants. Son album est peaufiné à Caen avec le savoir-faire de Jean Eudes Solignac Lecomte, Dominique Lafontaine et Isaac Azoulay. Avec des textes fins, imagés, les mélodies sont ingénues et efficaces. Les baisers fous où Manuel assure l'orgue, la guitare acoustique et un chant cristallin, accueille Cyril Maudelonde à la batterie, Fabrice Lafontaine à la basse, Manu Constant à la guitare électrique et Elodie Saint dans les choeurs. Quand arrive le somptueux De quoi j'ai l'air, chanté, totalement instrumentalisé par son auteur, il apporte d'emblée un degré supplémentaire de douceur ensoleillée à l'écoute.



Enchainent le délectable et victorieux J'ai peur avec ses cordes et son orgue qui font virevolter les notes puis le délicat L'ombre de moi qui touche par son orchestration admirable, son rythme papillonnant et son texte habillé de poésie. Manuel au piano et orgue est accompagné du clarinettiste Jean Baptiste Perez. La belle et noble Normandie entre en scène sur De vénus ou d'ailleurs, où Séverine Lebrun offre une très belle partition de flûte avec Damien Cordelet à la guitare, et Manuel, brillant à l'orgue et au chant. Les cuivres, les cordes et les percussions offrent un aparté résolument pop sur Inédit avant de poursuivre avec l'hardie bossa nova de Um mundo feliz, aux rythmiques savoureusement chaloupées de Jean Eudes Solignac Lecomte et de la basse d'Hugues Letort, des arrangements mélodieux avec le violoncelle d'Elodie Fourré sur un texte écrit et interprété avec classe par Maria Lana Gastelois. L'album se termine sur l'adaptation anglaise de De quoi j'ai l'air, devenu If i could look avec son orchestration pop funky fantastique, où la trompette de Pierre Millet (ami de Manuel dans le trio Ana Kap), l'ensemble de cordes, le piano et la batterie rendent le morceau furieusement beau. Manuel Decocq accompagne nombre de musiciens comme son ami Manuel Bienvenu, autre formidable compositeur d'harmonies pop français, sur son album Amanuma de 2013.
ManuelDecocq

Manuel Decocq






Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...