mardi 11 février 2014

Scott Gagner

Scott Gagner est un auteur-compositeur qui à San Francisco évolue depuis des années sur scène en gagnant une belle renommée et une estime des musiciens en les accompagnant à la batterie. Il se lance en solo en 2007 avec l'EP de 5 titres, Cartographer puis continue son aventure en 2011 signant l'opus Rhapsody in Blonde, qui marrie rock, pop colorée et variée mariant le psychédélisme et la power avec des mélodies fabuleuses que je recommande. En 2012, avec son compère Steve Enstad, ils créent le projet Electrolic au son pop psyché ensoleillé efficace. En janvier 2014, le musicien opère un bien bel album plein de sensualité et de sucreries sonores nommé Rise & Shine.

Le disque s'ouvre sur I’ve taken a shine to you, une mélodie voluptueuse jouée au violon par Alisa Rose qui se trouve être une ode à la venue de sa fille au monde que tout parent qui se respecte (j'entends celui qui sait estimer sa chance) saura comprendre. Du mellow-pop d'un papa aux anges, la seconde plage Waterloo passe à l'offensive en parlant d'une bataille, celle qu'on vit face aux cathéters, aux moniteurs et tubes de respiration d'hôpital sur une rythmique plus jazzy aux cordes de piano aiguisées. Dans la veine de Josh Rouse, Nick Lowe et Ken Stringfellow qui participe ici à l'enregistrement en jouant de la basse, du vibraphone, du piano et chante, Scott Gagner offre un boogie dansant influencé par les seventies avec une voix dont le grain me rappelle Nick Drake et Harry Nilsson. L'ambiance funky est forte dans take it easy on yourself où le chant croone carrément et les cuivres, la trompette et le trombone joués par Rob Dehlinger sont rutilants. Jason Slota assure la batterie avec une dexterité époustouflante et Not Without Hope swingue gaillarde sur les violons et violoncelle de Courtney Browne. Une armée de cordes accompagne les textes amoureux avec Arnie Kim, Jonathan Chi, Ken Stringfellow, Scott Gagner aux guitares, Mark Anthony Calderon et Jamie Riotto aux basses, Scott Gagner, Rob Shelton, Mark Clifford, aux pianos et claviers.

Le ravissant vibraphone de Moonlight Dancing ferait fondre les valentins le 14 avec des métaphores sensuelles comme "The moon cast two shadows on the ground, There’s nothing I would rather do, Than moonlight dancing with you". "Your smile, your stare, your golden hair, The way you’d sway and saunter, Out there, i was your Fred Astaire, And you, my Ginger Rogers". Vient ensuite le suave I’ll be drinking this christmas qui dévoile l'humour et l'esprit de l'auteur-compositeur avec des claviers et des cuivres si taquins qu'on imagine davantage un noel sous les palmiers de Californie. Le luxuriant piano, la guitare romantique de Few and Far between pincera le coeur des épris et le virevoltant tempo de Catching My Breath leur donnera envie de se mordiller les oreilles. Good Friend enchaine sur un adieu doux et moelleux, quand le boogie d'une trompette stylée années 20 sautille à l'oreille avec I Don't Want to Set the World on Fire plein de son air smart et élégant. La liaison chaleureuse se fait naturellement avec le gospel adulateur de Dreams, puis le final Sentimental Lullaby est son schéma de comptine remarquable et au vibraphone, piano et guitare acoustique vibrants. Rise & Shine est un album au charme et romantisme exacerbé convaincant et fleuri d'harmonies que les valentins devraient cueillir comme une pâquerette le 14 février prochain.
ScottGagner


lundi 10 février 2014

Summer Fiction

Venant de Philadelphie, Summer Fiction est le projet guidé par l'auteur-compositeur Bill Ricchini qui enfant passe ses vacances en bord de mer du Jersey, souvenir de balades avec sa soeur sur la plage, son walkman sur les oreilles qui marque son esprit et son travail de musicien. Après un premier album Ordinary Time en 2002 dont le titre A mountain, A peak apparait sur le film Stuck in Love, puis un second de génie en 2005, Tonight I Burn Brightly, il songe à de nouvelles compositions et enregistre la plupart des titres de l'éponyme Summer Fiction chez lui dans sa chambre pendant deux ans en ficelant les arrangements avec ses musiciens à l'université de Pennsylvanie. Ce fan d'Harry Nilsson inspiré et talentueux, signe d'abord deux singles Chandeliers puis By The Sea pour aboutir sur ce superbe album pop et fondant en 2011.
She's bound to get hurt ouvre le bal mélodieux avec du clavecin, des violons, les âmes des Byrds, Burt Bacharach et de The Left bank sont de la partie. Les voix en chorale malaxées, souples et puissantes sont dansantes et le saxophone donne envie illico de rester en leur compagnie. La pop et folk By the Sea qui suit offre une ambiance maritime, dialogue entre Suzanne sur sa chaise de plage et son chéri, de nage, de pique-nique romantique où le chant d'Eliza Jones qui est membre de Buried Beds répond à celui de Bill Ricchini sur une guitare cristalline et un piano délicat. L'instrumentale Diamond Beach poursuit dans la même veine. Entouré d'une équipe d'amis musiciens, Ricchinni invite à l'enregistrement le leader de B.C Camplight, Brian Christinzio qui est au piano, les trompettistes Chris Aschman et Nathan Slabaugh, Justin DiFebbo au clavecin et clavier, Monique Canniere au violon et James Rappaport au violoncelle, Larry Geiger au saxophone, les batteurs Tommy Bendel et Phil Robertson, Kimberly Hall à l'accordéon, Dave Hartley à la basse, Torin Greenwood aux percussions, glockenspiel et vibraphone, Scott Newcomer au trombone, Andrew Lesser à la clarinette, Robert McLung et Ryan Procini aux guitares. Ricchini qui produit, écrit, compose et chante, joue de la guitare, des percussions et fait les arrangements de cuivres et de cordes. Proposant une pop baroque inspiré de Brian Wilson, les titres suivants sans aucune fausse note ni grain de sable dans la mécanique pop sont peaufinés avec un soin judicieux.

Chandeliers nous emmène poétiquement en voyage aérien à cheval sur un clavecin et un piano voltigeants qui plaira aux amateurs de pop délicate à la Camera Obscura, Jon Brion et Lawrence Arabia quand le chaleureux et typé Kids of Catalina n'interrompt pas l'escursion en nous invitant à siroter un coca-light avec Sarah sous son "brown beret" à la plage en parlant au soleil, à la mer et aux coquillages . Dores et déjà, Summer Fiction porte son nom comme un gant, d'autant plus quand la guitare ispanique nous mène au port dans Carry On qui est ornée de rythmiques exotiques et iliennes pour évoquer l'amour sous les palmiers. Tandis que l'accordéon, le trombone, le cor, les trompettes nous cueillent l'oreille, l'instrumental Waltz (Summer Fade) et suivi par le langoureux To : Alone qui parle d'une fin d'aventure d'été sur une clarinette classe et élégante "It rained all through July, Now it’s farewell and goodbye, To: alone, Covers blown, This letter I send, To my old fair-weather friend It’s the end". Les cuivres de Lipstick Traces évoquent là aussi goulument et rondement l'histoire d'amour estivale qui laisse des empreintes avec des airs old-fashionned des années 30. Le country folk Throw Your arms around me, rythmé et ravissant conclue l'album avec une éfficacité harmonique incroyablement belle tout comme It's Getting Dark, dernier titre virevoltant qui évoque les illusions perdues d'un amour évaporé avec une joviale innocence et une noble naiveté. Le sens de l'orchestration et des arrangements que possède Bill Ricchini est magnifiquement accordé aux mélodies sur Summer Fiction, vivement recommandé par Piggledy Pop.
SummerFiction



vendredi 7 février 2014

Andy Klingensmith

Auteur-compositeur du Michigan, Andy Klingensmith propose une chamber pop pétillante aux arrangements chaleureux et bricolés à la maison. Inspirées et stylées ses chansons glissent à l'oreille, l'accrochent et la percutent. Elles sont habillées de guitares et d'instruments divers avec des textes ludiques et éloquents. Le jeune ménétrier américain nous comble avec un 6 titres sorti en début d'année, le stellaire Bright Again qui annonce le second album qui est en cours d'écriture. Son papa Keith Klingensmith talentueux musicien qui tient le label Futureman Records signe les albums de son fils, la filiation étant belle et légitime.

Ce disque frais et jovial commence par une mélopée ensoleillée et pleine d'entrain Bright Again, interprétée avec des choeurs dans la veine des Beach Boys renforcée par des tambourins dévergondés, une clarinette enchanteresse et un texte souriant. Avec Andy Klingensmith aux guitares, à la basse, aux claviers, tambourins et chant, il y a les apports notables de Jay Gummert aux instruments à vent et à la batterie, Riley Smith qui prête aussi sa voix aux choeurs. Le magnifique No Control, pop et alternatif rappelle le genre de Phil Spector, des Beatles ou plus récemment, les High Llamas et les Neutral Milk Hotel. Le style psychédélique y est saupoudré avec classe et finesse d'ambiances pastorales sur Oh Miss No Name, pop et rock avec des guitares et une batterie à l'unisson, smithiennes. Le titre qui suit l'esprit de No Control qui refuse de suivre la ligne et être enchainé moralement, fait état de la liberté avec des métaphores poétiques et romantiques. L'amour évoqué dans les textes qui prend des formes différentes, montagne ou fontaine, est écrit justement au printemps 2013 quand Andy compose les six titres. Cette ambiance champêtre se retrouve dans The Parade, mélodiquement aboutie, la chanson éclot et s'épanouit au fur et à mesure des arpèges et des notes de flûtes. Le tempo psychédélique envoûte et le chant en chorale accentue l'effet d'évasion et de rêve "And I would ask the sky to take a seat, if it wasn’t still under my feet".

Les tambourins joyeux ajoutent un brin d'air tonique sur le splendide et kaleidoscopique The Penultimate Color, varié d'harmonies et de mots imagés "But the flowers they bloomed and so are doomed to be the penultimate color we're allowed to see, And so how long will nature still pen its overture, Where will the notes fall in the dark without us knowing?". Peels and feels qui boucle l'écoute offre le leitmotiv amoureux sur un air enthousiaste, coloré de sensibilité et de tonalités. Les six morceaux de Bright Again en guise de vague de chaleur signés en janvier 2014 sont un régal au coeur de l'hiver. D'une efficacité étourdissante, Andy Klingensmith enregistre tout chez lui, comme l'album précédent Picture Of d'août 2013 dont les douze titres sont à écouter absolument, idéalement à offrir à l'être aimé.
AndyKlingensmith
Reprises de papa Keith Klingensmith qui chante The Only Living Boy in New-York et Windy



dimanche 2 février 2014

Ducktails

Si la mode actuelle dans le milieu indie-pop est le retour du son des eighties et du sacro-saint saxophone, les Ducktails se posent en experts du genre. Derrière ce nom de groupe qui vient justement d'une série télévisée des années 80, Ducktales, il y a l'excellent musicien Matt Mondanile. Originaire du New-Jersey, il apparait avec ses projets nommés Real Estate ou sous son propre nom avec nombre de titres en poche en 2006. Amateur de son pur et peu trafiqué, il travaille un style sonore roots, proche du son live avec une veine chillwave, lo-fi, dream-pop fort sensuelle et groovy. De 2009 à 2012, l'auteur-compositeur enregistre une myriade de démos, notamment sur cassette. Après 3 albums, Ducktails en 2009, Landscape en 2010 et Ducktails III: Arcade Dynamics en 2011, des EPs sur cassette, en 2012 sa signature chez Domino le fait accéder au studio d'enregistrement. Il y convie dans un premier temps son amie Jessa Farkas pour un duo sur le single Letter of Intent qui sort en 2013 et qui précède l'excellent EP Wish Hotel puis l'album The Flower Lane. Pour peaufiner l'enregistrement de ces dix fabuleux morceaux, Mondanile invite son groupe de scène qui est à ses côtés depuis des années et qui ici co-écrit The Flower Lane, les Big Troubles ainsi que la chanteuse de Cults Madeline Follin pour partager le titre Sedan Magic.

Les textes et les mots langoureux chantés avec délicatesse par Matt Mondanile qui évoquent autant l'exitation des lumières de la ville que la chaleur des couvertures sont mélangés finement au groovy de la basse de Joel Ford et de Luka Usmiani, au piano et claviers taquins de Samuel Franklin et Daniel Lopatin, au suave saxophone de Ian Drennan, aux guitares chaloupées de Matt et de Sam Mehran. Le tout est mixé avec dextérité par le magicien Arl Carlson du groupe Peaking Lights qui joue aussi de la flûte. Depuis un an Ducktails a quitté New-York pour tourner dans le monde entier de l'Australie, Japon, tous les Etats-Unis jusqu'en Europe avec Deerhunter ou Kurt Vile et parallèlement Matt Mondanile travaille avec d'autres groupes comme Noah Lennox de Panda Bear et d'Animal Collective avec qui il enregistre le single Killin' the Vibe, les Smiths Westerns, ou encore Cults. L'esthétique de l'auteur-compositeur qui joue de la guitare, basse, batterie et piano crée un son typé et tient aussi un rôle important dans l'image, étant amateur de cartoons, de bds, du peintre finlandais Jan Anderzen qu'il aime marier à la pop, aux pochettes d'albums et aux vidéos.

Les harmonies vintage, les arrangements eighties qui rappellent la brit-pop et la new-age de Manchester viennent un peu du temps où Matt était étudiant à Berlin et y cotoyait d'autres musiciens allemands et anglais qui jouaient ce genre de pop comme James Ferraro et Spencer Clark des Skaters pour à son retour jouer dans les bars de Brooklyn et broder autour d'un son qu'il nomme "basement" ou "hypnagogic pop". Les sonorités pop sont langoureuses, rythmées avec des thèmes comme l'art, la nature et l'amour sur Ivy Covered House ou sur The Flower Lane"in the corner of the basement gallery" ou les arbres, le lierre, la neige se mélangent au boogie de "under cover". La magie des mélodies et de la rythmique nous emmène loin dans une certaine galaxie d'étoiles pop sur Planet Phrom, à l'incisif Assistant Director en guise de poli règlement de compte poursuivant sur le très beau Sedan Magic. International Dateline rappelle les séjours en Allemagne et en Angletterre du jeune Matt mais aussi ses escapades espagnoles et californiennes sur des guitares endiablées et des synthés hypnotiques. Puis le nostagique Letter of intent dont la vidéo rend hommage à New-York où le couple se promène "hand in hand" "when you are walking next to me..smiling in the gallery, all our thoughts seemed fantasy" séduira les amateurs de Prefab Sprout, de Felt, des Talking Heads avec des effets noisy dans les voix adorables de Matt et de Jessa. Enfin, le dernier titre Academic Avenue qui se rapproche du style psychédélique de Real Estate où brillaient Matt, Martin et Alex sonne plus que jamais spontané avec le nouveau son en or brut de Ducktails. The Flower Lane est intemporel, un coup de maître de la belle et performante équipe des Ducktails que j'écoute en boucle depuis cette année.
Ducktails



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...