dimanche 3 février 2013

Citizen Helene

Citizen Helene, alias Helene Bradley qui se produit sur scène jouant ses mélopées en public depuis 2009 avec son groupe The Racists, présente son projet désormais en solo. L’artiste anglaise qui vit à Londres et dont la voix de velours est comparée à celle de Karen Carpenter et Joni Mitchell, est un auteur compositeur de grand talent. Passionnée par la musique quand elle est jeune adolescente, elle obtient sa première guitare électrique à 13 ans et avec la complicité de son frère vendeur dans un magasin de disques, elle découvre tôt les Beach Boys qui sont les meilleurs à ses yeux, Bob Dylan et les Beatles. Ces influences se glissent inévitablement dans ses chansons, dont les sonorités sixties dans les choeurs griffés Brian Wilson, n’enlèvent rien à son style contemporain et cosmopolite. Le mérite et le charisme de Citizen Helene réside dans sa façon d’écrire et d’interpréter. Son ton est toujours en retenue, avec une sensualité et une discretion qui font penser à Nico et un chant juste et soyeux. Elle enregistre un EP éponyme en 2011, assurant guitare et voix, accompagnée de Sam Carter à la guitare (récompensé par la BBC comme meilleur guitariste folk), Ed Grimshaw à la batterie, Jeremy Radway à la basse et l’Elysian Quartet qui avec des arrangements de la patte de Sarah Scutt, intervient sur Stephen Fry. Les textes un peu mélancoliques ou tristes comme Sunday Morning Light, écrit le lendemain des funérailles de sa grand-mère, sont délicatement touchants sans être vulgairement larmoyants. La poésie est présente aussi de façon originale dans les mots et dans l’orchestration baroque pop, les harmonies folk jazz doucement psychédéliques sur PS I Don’t Love You et Til Tomorrow. Ayant déjà joué au Pop In à Paris en 2010, Citizen Helene a une besace pleine de superbes chansons qu’elle continue de jouer en live avec succès partout en Europe avec d’autres artistes comme Mary Epworth, les High Llamas, Ed Harcourt etc. Elle avoue dans une interview qu’elle aimerait faire les reprises The Look of Love de Burt Bacharach et Wichita Lineman de Jimmy Webb. Avec un goût aussi classe et prononcé, on peut s’attendre à un album des plus brillants. En attendant cet EP de Citizen Helene est à découvrir via son bandcamp. CitizenHelen   

Summer Aviation

Kevin Kelly, auteur-compositeur de Seattle, met en place The Melody Unit en 1996 entouré d’abord du batteur Mark Salvadalena puis du bassiste Tim Kappert et enfin pour la formation définitive après  changements de musiciens, de la chanteuse Jessica Folsom et du guitariste David Wentworth. Le quintet sort l’opus indie-pop aux accents psychédéliques Odds Against Tomorrow en 1998, qui sera suivi de Choose Your Own Adventure en 2001 où figure une cover de Prince. Fournis de mélodies pop, ficelées et finement arrangées intégrant une multitude d’instruments, les deux albums essentiellement composés par Kevin Kelly au chant et guitare, précèdent le génial Songs for the New American Century de 2005 avant que le groupe fasse un break. L’intervention d’Alex Duff et de l’ingénieur Peter Lynch aux claviers donne parfois des sonorités psychés et expérimentales aux orchestrations dreampop harmonieuses et efficaces. Novembre 2012, Kevin Kelly est de retour avec son épouse Lee Kelly en formant le duo Summer Aviation. Il sort un EP sunshinepop Love So Fine où les deux voix amoureuses se répondent gracieusement et de manière raffinée sur deux titres. L’album est actuellement en préparation et la qualité du EP promet un LP assez chic et chaud pour danser cet été. Sucrés et poppeux, les arrangements des rythmiques et claviers sont stylés sixties mais aussi proches de groupes contemporains comme Belle and Sebastian ou Stereolab accompagnés de guitares vitaminées aux Teenage Fanclub. Kevin Kelly fait un joli retour avec Summer Aviation et n’a pas fini de nous surprendre en composant des chansons dansantes stylées pop au parfum de miel. SummerAviation

mercredi 30 janvier 2013

Livingstone Daisies

En savourant Wednesday, j’ai retrouvé des particules d’accords des Beatles, des choeurs résonnant Beach Boys avec des notes country mêlées à une basse délicieuse digne des groupes indie-pop des nineties et quelques notes ont suffit a attiser mon attention. En écoutant l’album Don't Know What Happiness Is des Livingstone Daisies, mes souvenirs me ramenaient sur les vagues des lacs texans, vers les couchers de soleil du Bayou ou les berges du Mississippi. Bien que les titres soient estampillés rock américain, ornés de sonorités britpop, avec des guitares rutilantes, les voix des Livingstone Daisies viennent au final du continent australien ; Il est donc peu étonnant que le disque présente à la fois l’esprit country-folk et un son pop anglo-saxon rappelant les Teenage Fanclub dans les harmonies. Le groupe est formé de Van Walker, de Liz Stringer, tous deux guitaristes, Cal Walker à la basse et Michael Barclay à la batterie. Van Walker est la voix leader mais la présence des quatre musiciens animent les choeurs sur tout Don't Know What Happiness Is qui annoncé par un single en 2012, sortira le 15 février 2013. Les Livingstone Daisies propose une veine indie pop-rock australienne à suivre de près. Pour ceux qui sont également séduits, je vous invite à découvrir le parcours de Liz Stringer qui sort en avril 2012 sont quatrième album Warm In The Darkness où évidemment, les influences telles que Bob Dylan, Neil Young et Big Star voltigent élégamment sur les mélodies et les arrangements.


 

dimanche 27 janvier 2013

Mehdi Zannad / Fugu

Medhi Zannad se fait connaitre sous le nom de Fugu dès 2000 avec son opus Fugu 1 année où je découvre l’artiste auteur-compositeur français sur une compilation parue en 1998 nommée La piste aux étoiles, sur laquelle figure Orwell, groupe avec qui Fugu travaille en studio à plusieurs reprises.  OrwellPiggledyPop

 

En 2005, Fugu sort son deuxième disque, As Found, pépite power-pop des plus délicieuses. Pour l’enregistrement de l’album, Medhi s’allie à Tahiti 80 avec Xavier Boyer aux manettes et percussions, Pedro Resende à la basse sur Here Today, Mederic Gontier à la guitare sur Blackwall et Sylvain Marchand au clavier, percussions sur She’s Coming Over. Medhi chante, joue guitares et claviers, assure le handclaps et avec lui il y a aussi Simon Johns à la basse et Rémy Galichet le meilleur tromboniste en France. As Found est une bombe harmonieuse qui démontre le talent de composition de Medhi Zannad qui en bonus, offre un grain de voix si voluptueux et sucré que même son chant est intraséquement pop. Ses paroles en anglais et sont accent excellent font de lui un interprète français aux facettes in fine internationales. Les arrangements de guitares bondissantes, claviers psychédéliques et les harmonies dans les choeurs sont dansants, frais et accrocheurs. Les rythmiques visceralement pop accroissent et évoluent au fil de l’écoute où les sonorités dynamiques et mélodiques arrosent de plus en plus les titres. Dès le morceau Straight from the Heart, les titres vont crescendo vers une apothéose de sons, absorbants et magnifiques. Sur As Found, le piano, les flûtes, raniment l’âme des Kinks et des Beatles qui flotte élégamment sur l’ensemble, comme celle des Pale Fountains dans les cuivres et celle des Beach Boys dans les synthés.
2007, Fugu qui se dessine un chemin certain dans le milieu indé et désormais devenu une référence en matière de power-pop change son fusil d’épaule en s’alliant à Serge Bozon et signant la BO de son film La France. L’acteur et réalisateur Serge Bozon est un fin connaisseur de la culture mods et de la musique des sixties. Tous les deux se retrouvent pour travailler sur le dernier album de Mehdi signé cette fois de son nom Mehdi Zannad. Ayant composé les musiques, Mehdi invite son ami Serge à se coller aux paroles et le résultat est splendide. L’album Fugue de 2011 est un savoureux mélange de compositions power-pop et de l’écrit griffé esprit mods qui donne un aspect original quant aux productions passées de Fugu, un profil franc, direct dans les textes absolument réussi. Le style particulier de Bozon se rapproche indirectement des mélopées des années 60, utilisant des mots simples, parlant essentiellement d’amour, tout en étant intemporels et sachant toucher et interpeller chacun de nous. Le résultat est irrésistible. Pourtant aussi incroyable que cela est, Fugue ne passe pas sur les radios françaises type France Inter (ça mérite le tirage d’oreilles, les radios françaises marchent vraiment sur la tête...) Fugue est une collection de titres pop lumineux, ornés d’orchestrations de cuivres et de cordes, des guitares rutilantes sur Oh Sarah et sur Le tableau, des claviers revigorants sur L’aéroport, des mélodies solides et abouties comme le maestro Mehdi Zannad sait si bien les édifier. Chaleureusement conseillé par Piggledy Pop. MehdiZannad
 

Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...