jeudi 7 février 2013

Jordi Savall

Nommé ambassadeur européen pour le dialogue interculturel en 2007, il est depuis 30 ans l'homme qui remet au goût du jour la musique baroque, la réactualise, la présente au grand public avec vivacité et ténacité. 
Jordi Savall est le maître absolu de la viole de gambe. Tombé en désuétude, l'instrument revit sous sa coupe, retrouve une âme grâce à son oeuvre.
A 6 ans déjà, Jordi s'adonne au chant grégorien dans son école puis est fasciné par le son puissant de l'archet du violoncelle en découvrant le requiem de Mozart.
Il entre au Conservatoire Supérieur de Barcelone, ville où il naît en 1941 et où il rencontrera plus tard son épouse Montserrat Figueras. Très vite il adopte la viole de gambe et lors d'un passage à Paris, se voue avec passion à l'étude des manuscrits de Marin Marais et Monsieur de Sainte Colombe. Dès 1976, il enregistre de ces compositeurs Suite en si mineur chez Astrée puis le Tombeau de Mr. de Sainte Colombe en 1991 sur la B.O du film d'Alain Corneau, Tous les Matins du Monde.


1966, le jeune homme diplomé part poursuivre ses études en Suisse où il bénéficie de l'apprentissage de son maître Auguste Wenziger à qui il succédera au poste de professeur de viole de gambe et d'Ensemble à la Schola Cantorum de Bâle. Nommé récemment ambassadeur à l'Unesco, Jordi Savall a reçu nombre de récompenses, Officier de l’Ordre des Arts et Lettres, des victoires de la musique et awards, prix d'honneur, des douzaines de récompenses pour plus de 120 disques en français, anglais, italien, catalan et flamand et 150 concerts, dont le dernier à Jérusalem fut grandiose.
Son domaine est la musique baroque, musique médievale et de la Renaissance. Soliste et chef d'orchestre illustre, son empreinte est exceptionnelle de raffinement, bouleversante d'intensité. De l'Orchestre du Roy Soleil de Lully à la B.O Tous les matins du Monde, de sa passion pour Mr. de Sainte Colombe (1640-1700) à la contribution musicale au film de Rivette Jeanne la Pucelle, le travail de Savall est déconcertant de richesse et d'authenticité.

Il crée et dirige plusieurs ensembles comme Schola Cantorum, le Concert des Nations, la Capella Reial de Catalunya et le magique Hespèrion XXI. Défenseur d'une grande noblesse de la musique médievale, son entreprise est aussi familiale car il se produit avec sa femme, mais aussi son fils Ferran, joueur de Theorbe et sa fille Arianna, harpiste et chanteuse comme maman. Savall nous offre les danses royales du XIVe siècle, les danses de Cours Ottomanes du XVIe et XVIIe siècle, des oeuvres espagnoles revisitées Alfonso Ferrabosco II the Younger (1578-1628), des concerts hallucinants de beauté à l'abbaye cistercienne de Fontfroide (1093) et en 2006 l'album fabuleux, récompensé Disque de l'Année, Don Quichote de la Mancha. Cette année il y a 4 sorties sur le propre label de l'artiste, Alia Vox: Invocation de la nuit, Fantasias for the viole (1680- Savall et Purcell), Water Music-music for the Royal Fireworks (Savall et Haendel), Estampies et danses royales-Manuscrit du Roi (Savall et Hespérion XXI).
Le maestro Jordi Savall dit "tout le pouvoir de la musique soit capable de transformer l'être humain" a fêté hier ses 67 ans. Joyeux anniversaire Monsieur Savall.
alia-vox.com/

dimanche 3 février 2013

Citizen Helene

Citizen Helene, alias Helene Bradley qui se produit sur scène jouant ses mélopées en public depuis 2009 avec son groupe The Racists, présente son projet désormais en solo. L’artiste anglaise qui vit à Londres et dont la voix de velours est comparée à celle de Karen Carpenter et Joni Mitchell, est un auteur compositeur de grand talent. Passionnée par la musique quand elle est jeune adolescente, elle obtient sa première guitare électrique à 13 ans et avec la complicité de son frère vendeur dans un magasin de disques, elle découvre tôt les Beach Boys qui sont les meilleurs à ses yeux, Bob Dylan et les Beatles. Ces influences se glissent inévitablement dans ses chansons, dont les sonorités sixties dans les choeurs griffés Brian Wilson, n’enlèvent rien à son style contemporain et cosmopolite. Le mérite et le charisme de Citizen Helene réside dans sa façon d’écrire et d’interpréter. Son ton est toujours en retenue, avec une sensualité et une discretion qui font penser à Nico et un chant juste et soyeux. Elle enregistre un EP éponyme en 2011, assurant guitare et voix, accompagnée de Sam Carter à la guitare (récompensé par la BBC comme meilleur guitariste folk), Ed Grimshaw à la batterie, Jeremy Radway à la basse et l’Elysian Quartet qui avec des arrangements de la patte de Sarah Scutt, intervient sur Stephen Fry. Les textes un peu mélancoliques ou tristes comme Sunday Morning Light, écrit le lendemain des funérailles de sa grand-mère, sont délicatement touchants sans être vulgairement larmoyants. La poésie est présente aussi de façon originale dans les mots et dans l’orchestration baroque pop, les harmonies folk jazz doucement psychédéliques sur PS I Don’t Love You et Til Tomorrow. Ayant déjà joué au Pop In à Paris en 2010, Citizen Helene a une besace pleine de superbes chansons qu’elle continue de jouer en live avec succès partout en Europe avec d’autres artistes comme Mary Epworth, les High Llamas, Ed Harcourt etc. Elle avoue dans une interview qu’elle aimerait faire les reprises The Look of Love de Burt Bacharach et Wichita Lineman de Jimmy Webb. Avec un goût aussi classe et prononcé, on peut s’attendre à un album des plus brillants. En attendant cet EP de Citizen Helene est à découvrir via son bandcamp. CitizenHelen   

Summer Aviation

Kevin Kelly, auteur-compositeur de Seattle, met en place The Melody Unit en 1996 entouré d’abord du batteur Mark Salvadalena puis du bassiste Tim Kappert et enfin pour la formation définitive après  changements de musiciens, de la chanteuse Jessica Folsom et du guitariste David Wentworth. Le quintet sort l’opus indie-pop aux accents psychédéliques Odds Against Tomorrow en 1998, qui sera suivi de Choose Your Own Adventure en 2001 où figure une cover de Prince. Fournis de mélodies pop, ficelées et finement arrangées intégrant une multitude d’instruments, les deux albums essentiellement composés par Kevin Kelly au chant et guitare, précèdent le génial Songs for the New American Century de 2005 avant que le groupe fasse un break. L’intervention d’Alex Duff et de l’ingénieur Peter Lynch aux claviers donne parfois des sonorités psychés et expérimentales aux orchestrations dreampop harmonieuses et efficaces. Novembre 2012, Kevin Kelly est de retour avec son épouse Lee Kelly en formant le duo Summer Aviation. Il sort un EP sunshinepop Love So Fine où les deux voix amoureuses se répondent gracieusement et de manière raffinée sur deux titres. L’album est actuellement en préparation et la qualité du EP promet un LP assez chic et chaud pour danser cet été. Sucrés et poppeux, les arrangements des rythmiques et claviers sont stylés sixties mais aussi proches de groupes contemporains comme Belle and Sebastian ou Stereolab accompagnés de guitares vitaminées aux Teenage Fanclub. Kevin Kelly fait un joli retour avec Summer Aviation et n’a pas fini de nous surprendre en composant des chansons dansantes stylées pop au parfum de miel. SummerAviation

mercredi 30 janvier 2013

Livingstone Daisies

En savourant Wednesday, j’ai retrouvé des particules d’accords des Beatles, des choeurs résonnant Beach Boys avec des notes country mêlées à une basse délicieuse digne des groupes indie-pop des nineties et quelques notes ont suffit a attiser mon attention. En écoutant l’album Don't Know What Happiness Is des Livingstone Daisies, mes souvenirs me ramenaient sur les vagues des lacs texans, vers les couchers de soleil du Bayou ou les berges du Mississippi. Bien que les titres soient estampillés rock américain, ornés de sonorités britpop, avec des guitares rutilantes, les voix des Livingstone Daisies viennent au final du continent australien ; Il est donc peu étonnant que le disque présente à la fois l’esprit country-folk et un son pop anglo-saxon rappelant les Teenage Fanclub dans les harmonies. Le groupe est formé de Van Walker, de Liz Stringer, tous deux guitaristes, Cal Walker à la basse et Michael Barclay à la batterie. Van Walker est la voix leader mais la présence des quatre musiciens animent les choeurs sur tout Don't Know What Happiness Is qui annoncé par un single en 2012, sortira le 15 février 2013. Les Livingstone Daisies propose une veine indie pop-rock australienne à suivre de près. Pour ceux qui sont également séduits, je vous invite à découvrir le parcours de Liz Stringer qui sort en avril 2012 sont quatrième album Warm In The Darkness où évidemment, les influences telles que Bob Dylan, Neil Young et Big Star voltigent élégamment sur les mélodies et les arrangements.


 

Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...