samedi 13 novembre 2010

Everybody was in the French Resistance...Now !



Depuis Mars 2010 Eddie Argos et sa compagne Dyan Valdés nous présentent un album croustillant de drôlerie Fixing the Charts Volume 1, qui comme son nom l’indique, reprend des chansons qui ont été des tubes, les parodie sans en faire de réelles cover. Les mélodies changent, les paroles aussi, et Eddie appose son style décalé, son humour et son phrasé so british, pas chanté mais déclamé, qui est devenu sa marque de fabrique. Le groupe phare qui a fait connaitre le très prolifique Eddie Argos est Art Brut (clin d’œil au peintre français Dubuffet) avec ses trois albums. Ce résistant et solide artiste anglais aime l‘art pictural, le pratique en vendant parfois ses toiles sur son propre blog http://the-eddie-argos-resource.blogspot.com/ ; Suivent ses groupes annexes, The Art Goblins,
The Black Arts, The English Travelling Wilburys, Art Naïf, et ce dernier joliment nommé Everybody Was In The French Resistance...Now!

 
CreequeAlliesMP3

Bien que l’ambiance du disque soit aux antipodes du kaki, des galons et des chars d’assaut, chaque titre revu et corrigé en prend pour son grade. Girlfren (you know i’ve got A) est une moquerie du Girlfriend d’Avril Lavigne, Billy's Genes qui triture le Billy Jean de Jackson est mordant de rire. He’s A Rebel est un petit coup de pied au derrière de Pete Doherty. Toujours dans le même esprit Superglue est un pied de nez cinglant à Vaseline, Creecque Allies ou Creeque Alley des Mamas And The Papas revisité devient un hymne à la Résistance, The Scarborough Affaire, éponge Simon & Garfunkel et même les Martha & The Vandellas se prennent une gentille grenade avec le titre Jimmy Mack.

BillysgenesMP3



C’est avec beaucoup de second degré qu’Eddie et sa compagne Dyan Valdès, clavieriste du groupe Blood Arm, détournent des charts, des hits, avec une note de sarcasme poilante comme quand ils squament la mégalo Kanye West dans Coal Digger.
En plus des paroles amusantes, la construction musicale du duo Everybody Was in the French Resistance…Now! est luxuriante, rutilante par la présence de tambourins, de clavecin, trompettes, accordéon, clarinette, etc… la pop domine, symbolisée par le tempo, les harmonies, les orchestrations dynamiques et le typé Eddie Argos, qui par son charisme et son sens de l’autodérision, supplante certains de ses collègues de l’indie pop qui pourraient bien en prendre de la graine.
FixingtheChartsMyspace
ArtBrutMyspace

lundi 8 novembre 2010

Villagers


Derrière ce joli nom de Villagers qui sonne « green » se trouve un artiste irlandais qui récolte unanimement des récompenses ( il gagne le Music Prize en Irlande, le Mercury Prize) et la reconnaissance de ses pairs ( Paul Weller l’invite pour un live sur la BBC, Leonard Cohen est présent à son concert à New-York, Neil Young et Tracy Chapman l’invitent à faire leur 1ère partie, en 2010 il partage la tournée des Tindersticks).
Avant tout, Conor J. O'Brien qui forme les Villagers en 2008 à la suite de la séparation de son groupe The Immediate et qui s’entoure de Tommy McLaughlin, James Byrne, Danny Snow et Cormac Curran gagne un public et une belle renommée depuis la sortie de son premier album Becoming a Jackal en mai dernier. Conor perd sa jeune sœur une semaine après, et malgré cela, a le courage de continuer au-delà du drame qui le touche en faisant vivre sa musique avec une tournée qui prend de l’ampleur. Il se produit avec le groupe presque tous les soirs, ayant commencé par les états-unis où le disque est sorti en juin.

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Becoming a Jackal est la meilleure vente en Irlande depuis le mois de mai; les critiques l’acclament et le qualifient de « disque plein de charme et de mystère », comme le New-York Times et le Irish Times : « les Villagers créent le genre de musique qui va dépasser les genres pour prendre une grande envolée ».
Signés sur le même label que Franz Ferdinand et Arctic Monkeys, Villagers offre en effet un disque splendide. Folk, pop, ultra mélodieux, superbement construit et réfléchi, l’album égrène des mélopées qui coulent, sussurent, voltigent avec classe. O’Brien qui joue de la guitare depuis l’âge de 12 ans sait avec brio composer, écrire des textes, mettre en forme l’ensemble avec goût et style. Pour les amateurs de Glen Hansard, Neil Hannon, Duke Spirit avec qui il a récemment partagé la scène, vous retrouverez chez lui la sensibilité et la sonorité irlandaise.

Conor via ses mélodies, dont la poésie et la magie pourraient le muter en elfe, nous emmène explorer des thèmes intimes qu’il aborde avec délicatesse. L’instrumentation soft et acoustique parsème les titres de douceur, le clavier pop-psyché est parfois très dansant, quand le chant de Conor J O’Brien arrose les notes de finesse. Les violons, la basse, la guitare, le piano et la rythmique groovent sur The Pact et apportent un tempo engageant sur Home, ou sur Becoming A Jackal qui sonne un peu My Little Red Book de Love, drôlement bien rodé en balade sur Twenty Seven Strangers. Je retrouve même des accents d’Elliott Smith dans le titre To Be Counted Among Men. Becoming a Jackal des Villagers est une des meilleures productions de l’année 2010.
Myspace



lundi 1 novembre 2010

Elizabeth and the Catapult


Je notais la fulgurance de leur opus Taller Children en janvier dernier et voici le deuxième album de Elizabeth and Catapult, The other side of zero, sorti le 26 octobre, qui présente une autre facette du groupe new-yorkais. Elizabeth Ziman, chanteuse, pianiste et auteur-compositeur, le souligne lors d’une interview « I’d hope there’s humor to both of our albums, but they’re actually quite different from one another, While Taller Children has the sarcastic lightness of a Woody Allen film, the new record’s more in the vein of Kubrick or Lynch. It’s a bit darker, a bit more tongue-in-cheek—another side to who we are. »



L’ensemble des titres a une sonorité pop et groove, avec la voix d’Elizabeth qui égrène ses mots lyriques avec la clarté vocale de Tori Amos et la finesse musicale de Feist. Il y a bien des contrastes et des dissonances entre les titres qui créent des surprises et cela crée une variété d’ambiances sur un fond de poésie. Alors qu’Elizabeth reprend un titre de Cohen sur le premier album Everybody knows, l’écrivain et musicien Leonard Cohen qui fait paraitre son recueil de poèmes The Book of Longing en 2007, inspire la jeune compositrice de Brooklyn.

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C’est le piano qui ouvre le bal, suivi d’une pléiade d’instruments, violon, flûte, batterie et guitares, qui brillent et resplendissent comme les étoiles des paroles du titre opus Time We all fall down. Le trio composé d’ Elizabeth Ziman, Pete Lalish et le batteur Danny Molad offre un génial homage à Cohen, sans faire précisément de reprise, le poéte est pourtant omniprésent, par des références, par le style, son aura qui plane et voltige au-dessus des orchestrations et des paroles, comme sur Thank You For Nothing, ou Open Book. Elle se retrouve des points en commun entre l’approche monastique du zen chez Cohen et sa vie new-yorkaise.

Il y a des parallèles dans les chansons, et des dissociations sans confusion, comme dans You and me, qui parle de la fin d’une relation sur un air instrumental pop et dans Go Away my lover en duo avec Jeff Taylor. L’alternance entre le son pop jovial et les balades romantiques, brodée par l’excellent multi-instrumentiste Danny Molad, ici à la rythmique et à la production, la force des mélodies, l’originalité des symphonies ondulent et démontrent le talent infini du trio.
Leur style, net et rond comme le zéro embrasse néanmoins divers genres, jazz, country, pop, blues. C’est vivant et sophistiqué (avec la collaboration du guitariste Blake Mills et le pianiste de Tom Waits, Patrick Warren), spontané (comme par exemple la participation de Gillian Welch et de Dave Rawlings, pas prévue) et étudié (depuis deux ans avec Tony Berg, producteur de Peter Gabriel). La qualité des compositions reflète bien l’inspiration de Elizabeth Ziman qui a grandi à Greenwich Village, dans la rue où se produisaient pour la première fois Bob Dylan et Joni Mitchell. Loin du sarcasme et du sourire de Taller Children, le thème de The other Side of Zero, forgé de regret et de nostalgie, est savoureusement soft et solide.

Site
Piggledypop








dimanche 17 octobre 2010

Belle And Sebastian

Le groupe écossais Belle and Sebastian voit le jour en 1995 au sein de l’université de Glasgow où certains groupes peuvent bénéficier d’un studio pour enregistrer. Stuart Murdoch et Stuart David s’y rencontrent et écrivent des démos qui accrochent le label local Jeepster. La paire de Stuart étoffent leurs morceaux en la compagnie de Stevie Jackson, Chris Geddes, Richard Colburn et Isobel Campbell.

L’équipe signe son tout premier album éponyme dans l’enceinte de l’université et attire très vite l’attention, notamment par l’attitude assez mystérieuse du groupe qui ne met pas de photo sur le disque et l’humilité toute particulière qui le personnalisera toutes ces années. Sur le petit label de l’université, au doux nom de Electric Honey, où l’on peut croiser Ken McCluskey, ancien chanteur des excellents Bluebells et Alan Rankine du groupe The Associates, les Belle and Sebastian signent en 1996 l’album Tigermilk. Les compositions pop de la bande écossaise séduisent et traversent le Royaume-Uni. La même année, un deuxième album apparait, garni de mélopées savoureuses, If you’re Feeling Sinister. Belle and Sebastian assure d’emblée la première partie des Tindersticks à Londres.


Jeepster réédite les deux premiers albums puis en 1998, les écossais signent The Boy with the Arab Strap et en 2000 Fold Your Hands Child, You walk like a Peasant, sans compter une pluie de Ep...

2001 marque un passage pour les Belle and Sebastian parsemé de plusieurs changements : Isobel Campbell quitte le groupe, les signatures sont désormais sur le label Rough Trade. Sarah Martin intègre l’équipe au violoncelle ainsi que Mike Cook à la trompette pour bientôt, tous deux, en faire partie officiellement. Puis arrive Bobby Kildea qui assure la basse suite au départ de Stuart David. Avec un bel esprit de communion pop, chacun évolue dans des projets annexes, Stevie et Chris sont V-Twin, Richard Colburn est dans Snow Patrol, autre groupe du label Jeepster. Pendant ce temps, Isobel Campbell chouchoute son projet solo Gentle Waves et Stuart David se consacre à Looper. Belle and Sebastian, fort lié autour de Stuart Murdoch, remet la main à la patte en 2002 avec le ep Legal Man qui lance vraiment la renommée du groupe qui signera dans la même année, la BO du film Storytelling.
Le sixième album Dear Catastrophe Waitress apparait en 2003. Après une belle et longue tournée internationale qu'effectue la bande, il nous faudra attendre 2006 pour savourer The life Pursuit et un album live BBC Sessions. Entre temps Stuart Murdoch ne lésine pas et continue de travailler sur des compilations et l’album comedie musicale God Helps the Girl de 2009.




Depuis le 11 octobre dernier, les Belle and Sebastian nous font le cadeau sublime Write about Love comprenant 11 titres galvanisants, resplendissants. Murdoch s’est entouré de ses acolytes et artistes comme Norah Jones, l’actrice Carey Mulligan, ainsi que des musiciens du LA’s Section Quartet. Pour les amateurs qui commanderont la version vinyle, ils auront deux titres bonus, Last Trip et Suicide Girl. Ce huitième album est magnifique, varié, stylé. C’est là encore du grand Belle and Sebastian où Stuart chante en duo avec Norah Jones, parvenant à respecter le genre vocal et l’univers de la chanteuse. Album choral, chaque membre du groupe a la possibilité d’écrire et chanter ses propres titres. Sarah y écrit, compose et chante sur deux titres magnifiques I didn’t See It Coming et I can see Your Future et Stevie est l’auteur et interprète de I’m not Living in the Real World. Ce n’est pas la première fois que Stuart Murdoch qui est le leader et le compositeur de la majorité des titres laisse une grande liberté à ses complices avec qui il travaille depuis des années. C’est la griffe et l’esprit des Belle and Sebastian, cette humilité et simplicité s’entendent, se ressentent à l’écoute de leurs albums et font d’eux, outre la qualité infinie de leurs productions, des musiciens attachants et uniques.
SiteOfficiel

Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...