dimanche 13 avril 2008

Peter Morèn


Dans la famille Peter, Bjorn & John, je demande Peter.
Encore un équipage viking suédois catapulté dans les années 2000 sous le nom de Peter, Bjorn & John, reconnus notamment grâce au titre Young Folks sur lequel chante Victoria Bergsman des Concretes.
Pour mémoire Young Folks du 3ème album Writers Block, c'est des semaines de présence dans le chart anglais, meilleur titre 2006 pour le magazine NME, musique de films, de pubs, rappée par Kanye West, et le Grammy Award de la meilleure vidéo 2007.
Le groupe nait en 1999, Peter et Bjorn se rencontrent sur les bancs du lycée. John les réjoindra plus tard. Peter est agé de 10 quand sa mère lui offre une guitare. Il écoute les Beatles, les Byrds, les Kinks, plus tard, Ride, Teenage Fanclub et les Stone Roses. Il joue dans des pizzerias avec Bjorn. Il a 15 ans et il écrit...il écrit...une pléthore de chansons.

Le succés pour le groupe est une spirale infernale depuis 2006, un aspirateur de temps. C'est lors de quelques éclaircies, d'accalmies que Peter secrétement peaufine ses dizaines de chansons gardées sous cape depuis des années.
Le 8 Avril dernier, grâce à The Last Tycoon, le mystère est enfin dévoilé.
L'album est folk, parfois pop, surtout intimiste et délicat. La guitare acoustique et les cordes (violoncelles, violons) prédominent, enrichies d'envolées de piano, d'harmonica, de vibraphone qui sonne musique de film des sixties. Avec ces 10 titres, Peter nous emmène, nous décrit ce qui l'émeut et nous invite à toucher du doigt le sens particulier de la vie d'artiste; vie qui anime ses textes avec tact et mesure.
Voilà qui renvoie très logiquement au choix du nom de l'album The Last Tycoon, titre du film d'Elia Kazan (1976) adapté du dernier roman inachevé de F. Scott Fitzgerald, paru en 1941, qui relate la vie d'un homme marié à sa profession, sorte d'échappatoire à une vie sentimentale réelle.
On retrouve tout à fait le style rétro dans la composition musicale, effet sonore du gramophone dans Old Love, chanson qui parle d'amour déchu et qui suit de manière cohérente Missing Link, poétique et envoûtante. Puis c'est Le Petit Coeur, chanté en français, mélopée d'une pudeur éclatante. Dès le premier titre Reel to Real, les cordes, la guitare, le vibraphone et les cloches annoncent un album fascinant de sons et touchant par ses histoires imagées, autobiographiques que Peter clament tel un prophète.
Peter Moren est un song-writer digne de Dylan, Lennon, avec un grain de voix de Neil Finn (Crowded House) ou de Paul Heaton (Housemartins, Beautiful South). De passage ce soir à Paris, il continue la tournée par la Belgique, l'Angleterre, et New-York, première ville américaine. J'éspère qu'il repassera par la France plus tard pour jouer dans une salle plus intimiste.
myspace.com/petermorn

jeudi 10 avril 2008

1990s


Pas la peine de classer les 1990s dans un genre. Le groupe passe haut la main les frontières des générations et des types, sans public ciblé particulier. Et c'est bien dans ce domaine que se démarquent ces 3 garçons de Glasgow. On ne parle pas d'image ni de people-isation, les 1990s ne sont pas des commerciaux, ce sont bien des rockers. 1990s c'est Jackie McKeown à la guitare, Michael McGaughrin à la batterie, et Dino Bardot à la basse.
Cela fera un an en mai que leur album Cookies est sorti. Pourtant ce ne sont pas des débutants car c'est justement dans les années 90 que Jackie McKeownse apparait sous le nom de Yummy fur, groupe dans lequel les deux leaders du groupe Franz Ferdinand ont fait leurs armes. Le batteur et le bassiste jouaient dans un autre groupe écossais V-twin.
Leur premier single, You Made Me Like It, est paru en 2006. Ils se sont produits sur scène avec les Babyshambles, biensûr, avec Franz Ferdinand et ont participé à nombre de festivals ces deux années.

Cookies est un album remarquable. C'est du son rock anglais pur jus. Les mélodies riccochent, ne se ressemblent pas, surprennent, de titre en titre, et tendent à la perfection. A eux trois, ils donnent une sacrée substance à cet album dont je ne me lasse pas.
La construction des morceaux est terriblement alternative, très propre. Cookies dans les oreilles, c'est se prendre la batterie "multivitamines" en intraveineuse (Enjoying Myself), la basse "pince-me pince-moi" taquine cruellement (Risque Pictures), la guitare electrique balance des bombes de riffs (Thinking Of Not Going).
Sans se faire de l'ombre, ni se marcher sur les cables, les trois chantent en choeur, comme seuls les anglo-saxons savent le faire. Le trio lance à tue-tête des wawa, des badabada, des ouhouhou pour parfaire la jovialité et la bonne humeur générale. En plus les textes sont hilarants: dans Pollockshields, quand ils sortent en plein soleil, ils voient des filles transformées en nonnes, ou bien dans Weed, un type fume tellement de drogues qu'il en devient parano au point d'avoir peur de son téléphone alors qu'il n'en a pas.
Les 1990s reprennent du service cet été avec des concerts et festivals en Angleterre, Irlande, Norvège et Espagne. En France? euh non. Nous on a Cali....voilà, voilou, voili. Chacun sa croix.
myspace.com/1990sband



mercredi 9 avril 2008

Gregoire 4

Grégoire 4 est un groupe de rock français, mené par l'élégant Grégoire Garrigues qui fait naître le quatuor en 1995.
A la fin des années 70, Grégoire joue de la guitare mais cela ne lui suffit pas, et se met à apprendre la batterie, sax ténor et autres instruments. Il écoute et aime Eddie Cochran, Bill Halley et Vince Taylor qu'il accompagne sur scène un soir de 1979. C'est aussi la période où il rencontre son ami Eudeline, où il commence à jouer avec les Guépards, les Castaways et Pill Box.
Des années plus tard, l'envie de création, d'écriture et de scène est toujours aussi piquante. Grégoire se lance en 2005 avec son projet en sortant Insouciance et Eternelles Compulsions. Ambiance rock'n'roll à souhait agrémentée de frime, de drague dignes de voyou au grand coeur des années 50/60 au volant d'une Aston Martin ou d'une Jaguar. L'univers "âge tendre", Carnaby, mocs, sur un balancé-roulé doo-wop est mis en exergue par le son phénoménal des riffs de guitares (Te dire, La flamme de l'amant inconnu, Tu mens, Etenelles compulsions) et l'orgue, piano, clavecin aux sonorités Yardbirds et Velvet Underground (Des Impressions, Be my queen).

Bonus avec Grégoire:
*Peux-tu nous dire plus sur tes collaborations amicales (paroles, musique)?
pour les paroles, Robert Lloyd a beaucoup collaboré sur les deux premiers albums, on a pris l'habitude d'écrire ensemble, avant même la création du groupe, sur des thèmes et obsessions que nous avons en commun.
Sur notre second "Eternelles compulsions" Jean-William Thoury a écrit le texte de "Eloigne-toi de moi"
et sur notre prochain, "Arrogants et sauvages", Jean-William en a écrit 4 et moi le reste.
*et les musiciens qui sont intervenus sur tes albums?Sur le premier album il doit y avoir Gérald Coulondre au tambourin sur un titre qui est resté inédit et l'ingé son aux maracas sur "Walking around".
Sur le second, c'est l'invasion!
De la formation Gregoire 4 du début, il y a Nicolas Sabra (ex-guitare) qui chante avec moi "Des impressions" et Guillaume Fréal (ex-basse) au violoncel sur le même titre.
Ma femme, Marie, chante sur "A contre courant" (elle chante également sur le prochain disc "La nuit sur Paris").
Il y a également Jon Von (ex Rip Offs et Mr T.Experience) à la guitare ("Soir de juin" et "Black suede shoes" du 4 titres) et un autre américain en la personne de Alan Merrill qui fait le solo de "Soir de juin" et choeurs et solo de "Time flies".
Il faut savoir que Alan Merrill jouait dans les 70's avec The Arrows et qu'il a composé ce tube planétaire "I love rock'n'roll"! Egalement sur "Time flies", il y a aux choeurs, Romain Decoret bassiste et chanteur des Lone Rangers avec qui j'ai joué longtemps avant Gregoire 4 dans the Castaways, Pilll Box et Mojo Navigators.
Et pour terminer Patrick Eudeline est venu interpréter le pont de son titre "Soir de juin".
Sur le single, F.Robert Lloyd partage avec moi les solos de la version longue de "In and out of time" et les membres de Steve and the Jerks font les claps sur "Black suede shoes" un titre que j'avais écrit pour eux.
Le tout enregistré avec deux batteurs, l'actuel, Hervé Laithier et Iann Assuied qui a assuré l'interim quand Hervé était parti.
*Depuis combien de temps fais tu de la musique? Ce qui t'a tenté ou influencé dans tes premiers pas , les groupes que tu ecoutais?J'ai commencé la guitare vers 13 ans et j'ai eu ma première électrique à 14 ans. J'ai toujours été entouré de musiciens dans ma famille, il y a toujours eu un piano à la maison. Mon père est un fan de jazz et joue du sax, de la clarinette et du piano régulièrementet donc avant même de m'en rendre compte j'ai été bercé par Duke Ellington et bien d'autres.
Ma première tentative de groupe était à Petit Quevilly en 1976 avec des copains du lycée.
Mon premier flash important c'est Eddie Cochran et plus particulièrement "Summertime blues" puis Vince Taylor, Bill Halley les premiers Stones, Beach Boys, Smoke et plus moderne: Alice Cooper, Slade, T.Rex donc du classic et du glam rock de l'époque de ma jeunesse.
Et ce qui m'a vraiment tenté, c'est quand les Ramones sont arrivés en 1976 en ramenant avec eux le coeur du rock'n'roll, l'os qu'on ronge sans fin!
Là je me suis dit "c'est pour moi!"

Et voilà le 3ème album, Arrogants & Sauvages, du pur-sang Grégoire 4, enregistré dans les studios A.P.C ( la griffe renommée de vêtements) sur lequel nous retrouvons à la guitare l'excellent José Ortuno, la belle et talentueuse Vanessa Chrétien à la basse et Hervé Laithier en maestro de rythmiques et batterie. Marie Garrigues avec sa voix majestueuse est là sur La nuit sur Paris. La pochette, clinquante et classe, est signée Jean-Baptiste Mondino et le graphisme, Alec Hörlin Du Houx.
La mission du groupe: concilier le cahier des charges rock'n'roll — énergie, hédonisme, attitude — et celui de la power pop — mélodies, concision, élégance.
Mission fort joliment réussie. Grégoire 4 honore le rock français en véritables esthètes.
(vidéo live Mutant Show: Insouciance)
gregoire@apc.fr
myspace.com/gregoire4

mardi 8 avril 2008

Chris Esquerre


Chris Esquerre est un personnage, l'extra-terrestre du paf qui me fait énormément rire.
Pour être honnête, il me fait rire aux larmes. Et c'est bien le seul!
L'humour est-il subjectif? Peut-on rire de tout?
Ce que j'aime chez Chris Esquerre, c'est qu'il survole avec malice les questions existentielles. Il s'inspire de tout ce qui l'entoure, les personnes qu'il croise, les sujets traités dans les journaux, et il a matière.
Il a le don pour relever le petit truc qui prête à sourire et le rendre franchement drôle. Sa voix également me fait rire. Il y a dans son timbre de voix un brin de sarcasme et d'éspieglerie.
Les interviews micro-trottoir pour la radio (il a travaillé pour RFI et Radio Nova) sont truculents. Chris interpelle des badauds fort inspirés qui répondent aux questions "que pensez-vous de la création du Centre d'accueil pour extra-terrestre à Antony?" ou bien encore "Alliot-Marie a decidé de rendre la moustache obligatoire pour les gendarmes, qu'en pensez-vous?".

Depuis ses passages chez Ardisson, puis M6, Chris excelle dans sa chronique "les journaux que personne ne lit" dans l'Edition Spéciale sur Canal+. Son cheval de bataille: éplucher, analyser, décortiquer des revues spécialisées parlant de fauteuils articulés, de hérissons, de tatouages (où il souligne, biensûr, des anecdotes personnelles sur son passé de loubard dans le gang de Vierzon). Chris est également le seul humoriste à ce jour à maitriser le language cheval, sanglier et éléphant, sans complétement non plus s'assimiler à ces espèces. C'est aussi grâce à lui, qui n'a pas pour habitude de se voiler la face, que l'on découvre des magazines qui proposent des stages informatiques en Egypte avec des options "maniement de souris en croisière sur le Nil". Lui seul a l'oeil aguerri, lui seul sait nous donner les bonnes infos pour mieux servir et accomplir son devoir d'analyste ès-presse.
Ayant déjà carte blanche aux côtés de Samuel Etienne sur Canal+, je croise les doigts pour retrouver Chris sur scène un jour, pour enfin concrétiser son rêve de One-Man Show dont le thème serait, évidemment, la chouquette. Ca tombe sous le sens!
chris.esquerre.free.fr

Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...