Glen Hansard vient de nous quitter le 29 juillet dernier. Ce génial auteur compositeur irlandais fait vibrer le monde la musique depuis qu’il monte son premier groupe The Frames en 1990. Décédé trop tôt, à 56 ans, d’un accident de moto, il manquera énormément aux fans dont je fais partie depuis vingt ans. L’artiste offrait un charisme mémorable. Son don inné de guitariste se mariait aux paroles qu’il interprétait avec beaucoup de personnalité. Folk et pop, il apportait son univers poétique, sa musicalité pleine des couleurs de l’île d’émeraude tel un troubadour d’un autre temps.
Glen Hansard récolte un énorme succès en 2006 avec le film Once de John Carney dans lequel il joue son propre rôle au côté de Markéta Irglová, d’origine tchèque, pianiste et compositrice au talent incroyable. Le duo qui interprète les rôles principaux, écrivent et chantent sur la bande originale du film qui parle d’une rencontre de deux musiciens, lui est guitariste au chapeau, musicien de rue et elle est bouquetière ambulante, elle vend des fleurs. Le film s’est fait sans moyen, le producteur s’étant retiré au dernier moment. L’acteur prévu à l’origine était Cillian Murphy qui a aussi fait faux bond à la dernière minute. Le réalisateur a demandé à Glen Hansard de le remplacer, il a accepté, a composé toute la musique, sans même avoir de cachet. Le film tourné avec les moyens limités paraît dans des petits cinémas et c’est sous le manteau qu’il recevra les éloges des amateurs de cinéma indépendant, comme du festival américain Sundance qui sacre les films indépendants, pour enfin deux années plus tard, être récompensé par les Grammy Awards, recevant l’oscar de la meilleure chanson originale 2008 pour le titre Falling Slowly.
Après ce succès mérité, Glen Hansard et Markéta Irglová forment le projet nommé The Swell Season en compagnie du Français Bertrand Galen au violoncelle et de la Finlandaise Marja Tuhkanen au violon et alto. Le groupe signera 2 albums : Swell Season en 2007 et Strict Joy en 2009 avant que Markéta Irglová parte vivre en Islande. Les deux amis se retrouvent 15 ans plus tard pour signer en 2025 l’album Forward.
Glen, avec son énergie créatrice, son optimisme, sa si belle jovialité, avait orné notre discographie de plusieurs bijoux ces dernières années, ravissant ses millions de fans éparpillés de New-York à Sydney, de Dublin à Helsinki d’où est originaire son épouse, la poétesse finlandaise Maire Saaritsa et où le couple passait souvent en famille avec leur petit garçon qui a 4 ans. Le musicien aura produit depuis The Swell Season : Rhythm and Repose en 2012, Didn't He Ramble en 2017, Didn't He Ramble en 2015, Between Two Shores en 2017, This Wild Willing en 2019 et All That Was East is West of Me Now en 2023. L’année 2013, l’artiste fait une tournée américaine où il partage la scène avec Bruce Sprinsteen et offre des reprises comme Respect d’Aretha Franklin, des titres de Bob Dylan que l’irlandais adore depuis qu’il est adolescent, et le dernier enregistrement à ce jour au Funkhaus de Berlin et de sa parution le 26 juin 2026 : le double album Don’t Settle Vol1 (Transmissions East) et Vol2 (Transmissions West). Glen Hansard, par ce concert reprenant une jolie partie de ses titres depuis 30 ans, souhaitait ainsi fêter ses 55 ans. Le double album enregistré en direct avec tout son groupe d’amis musiciens est un bijou à se procurer.
A l’annonce de son accident, 11 000 personnes se sont retrouvées à la chapelle devant le Royal Hospital Kilmainham lundi matin dernier. Les amis musiciens, Lisa Hannigan, U2, Hozier, Imelda May, Liam Ó Maonlaí, Steve Coogan, Chris O'Dowd, Paddy Casey, son ami proche Eddie Vedder (Pearl Jam) accompagné de Markéta Irglová en duo, et nombreux autres ont rendu leurs honneurs aux funérailles émouvantes de Glen Hansard à la Cathédrale Saint-Patrick de Dublin ce 8 août 2026. Son album Didn’t He Ramble est teinté de l’âme irlandaise.
Les titres concoctés par Glen Hansard font resplendir tout l’esprit des landes vertes de son pays et l’amour de la musique, avec des instruments à foison, des cuivres, des cordes, les violons joués par ses amis du groupe The Dubliners. L’album est éminemment émouvant, hommage à sa terre natale où les violons s’accompagnent, se répondent, à la manière chaleureuse irlandaise. Glen Hansard manquera beaucoup.
