vendredi 30 novembre 2018

The Big City

The Big City est le groupe conduit par Javier Vicente pour la musique et les paroles. Originaire de Saragosse, Javier compose de la britpop et, écrit, chante avec une plume et accent anglais irréprochables, ce qui laisse entendre qu'il a l'oreille absolue'. Ses mélodies et arrangements sont ciselées par sa dextérité de multi-instrumentiste. Javi joue de la guitare, du piano, du clavecin, de l'harmonica. Son inspiration est mise en partition par sa troupe de musiciens talentueux, Francho Pérez aux percussions, xylophone, batterie, Borja Lasala aux claviers et guitare, son frère Hugo Lasala au banjo et guitares et Miguel Yrureta à la basse, (auteur et compositeur du groupe Life Has just begun). La formation est en place en 1999 et le premier album, aux parfums psychédéliques, A Spring Of Summers, parait en 2003, laissant entrevoir dans les thèmes un attrait pour la nature, les saisons et le voyage. Puis en 2006, le grandiose Call An Ambulance est signé chez King Of Patio records. Cet album, d'une qualité exquise, plus pop que le précèdent, me transporte et est à mes oreilles la pierre angulaire produite sur dix ans de carrière de The Big City. En 2009 les espagnols signent l'ep The Smiths/Finland suivi d'un album panoramique de tous leurs titres, The brugal Years et le dernier magnifique album de 2013, The Way The Trees Are.



Le somptueux Call An Ambulance commence sur le mouvement de Folk On qui préconise de partir vers des contrées meilleures sur un texte fourni d'images musicales 'trumpeter girls', ' you hear the whistle', 'pigs on parade' et des mots qui entrainent 'paths', 'trains' sur le tempo vif des claviers, de la guitare électrisée, de la batterie vigoureuse. Dans la même veine virevoltante, il y a les abeilles, les chats, un tambourin, une baleine, une fille qui chante et la neige cristalline du dansant et très rythmé Ex-Snowman avec son clavier salé, poivré et piaulant excellemment. Suit le sublime Call an ambulance, cosmique et poétique, avec son message amoureux distribué par particules entre les lignes et entre les mots pleins de 'bees' de 'sirens that sing' et de 'dolphins'. Le chant de Javi y est sensuel et velouté, tellement épris et langoureux qu'il transforme le froid de l'hiver en miel, en soleil printanier sur Polen . Les sentiments y sont colorés, des vertes vallées, des feuilles mordorées sous un ciel pour baldaquin comme sur Life Has Just Begun suivi de la dynamique Wacky Races.



Oh This Place's So Quiet (Parts I & II) arrive en milieu de disque avec son format alternatif, en demi-teinte, en guise d'aveu délicat dans une première partie, désignant le manque et l'absence ressentis. Le tempo accélère en seconde avec guitare, piano, boite à rythmes et batterie, alertes et revigorants sur le chant limpide et les mots aquatiques. L'ambiance nocturne et caressante de New Milky Ways est sublimement déclinée sur les harmonies vocales chaleureuses et les guitares alliées à la batterie offrent un son brut créant de l'intimité. Javier aime Brian Eno et Ride, il aime aussi les impressionnistes et reconnait utiliser des métaphores comme code à déchiffrer pour comprendre le sens de ses textes, souvent personnels. Il joue, comme avec une palette de couleurs, à balancer les égaliseurs, les réverbérations, sur la voix, les guitares. Ces effets sont renforcés par le travail de Francho et Borja dans la finesse de l'acoustique et la dynamique du mouvement. Tout cette broderie dans les arrangements, cette grêle de notes vibrantes entre les cymbales et le vibraphone, se retrouvent sur les fondantes Take Me Where It's Safe et All The Great Dictators. Les titres comme de troublantes cavatines pop s'enchainent jusqu'à The Official Sandcastle Building Bureau qui boucle l'album avec poésie et style. Les guitares furieuses s'attachent au chant ardent et robuste pour former un Call An Ambulance pop hétérogène où viennent nager les baleines, danser les dauphins et chanter les sirènes.
TheBigCity



samedi 24 novembre 2018

Charlotte Rampling

L'actrice, la chanteuse est une icône du cinéma et de la musique. Ce que j'admire chez Charlotte Rampling c'est sa personnalité, sa façon de croquer la vie, la mordre, la ronger et s'en régaler. Elle a du panache, du chien, elle est forte. Réfléchie et posée, elle peut autant être instinctive et cette force équilibrée, dit-elle, ne vient pas de l'extérieur, ni des gens, ni d'expériences vécues, elle est innée. Le réalisateur Laurent Cantet dit " Il y a une très très grande force dans le regard qui me fusille à chaque fois que je peux croiser ses yeux." La photographe Bettina Rheims dit "Elle n'a peur de rien, on sent qu'elle n'a peur de rien. Elle regarde la vie, elle regarde la mort, elle regarde sans peur." Dans l'admiration que je lui voue, il y a du respect. Celui de l'artiste et de la femme, qui jeune a dû se battre, confrontée à des pertes de proches, dès l'âge de vingt ans. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, surtout les faibles, ces réelles épreuves ne l'affaiblissent pas. Evidemment. 





Charlotte Rampling c'est 124 films, 50 ans de carrière, avec des rôles audacieux, mystérieux, extrêmes, comme elle les appelle 'wildside'. Elle cherche volontairement à se mettre en danger, par curiosité, par goût de liberté et pour ne pas se trouver coincée dans le confort. Cette énergie, cet état d'esprit indomptable Woody Allen, Visconti, François Ozon, et tant d'autres en sont béats. Jouer la comédie est son don, elle est indéniablement faite pour ce métier, impressionnante tragédienne et brillante dans ses rôles de composition. Les personnages qu'elle incarne sont tous différents. Elle mue, elle change sa coquille et enlève son armure comme aucune autre comédienne. C'est sur les tournages ou sur scène qu'elle a l'occasion de déposer les armes, en la circonstance, elle décharge son plein d'émotions. Et ça fait mouche, à chaque fois, comme dans le récent Red Sparrow de 2018, histoire d'une espionne recrutée par les services secrets russes et entrainée au métier grâce à l'agent redoutable, impitoyable, interprétée par Charlotte Rampling. Ce style froid et terrible, on le retrouve un peu à Londres dans la série London Spy après Sous le sable, filmé dans les Landes en bord de mer. De hollywood à la finesse plus européenne de Bruegel, le Moulin et la Croix, Rampling endosse sur deux siècles, un panel de rôles mâtinés avec maestria. 




Charlotte Rampling nait en 1946 dans l'Essex d'un père colonel de l'armée britannique mais aussi champion olympique d'athlétisme aux JO de Berlin en 1936. Sa mère, est artiste peintre, aussi héroïne d'un roman de Fitzgerald. La famille vient vivre à Fontainebleau en 1955 et Charlotte apprend le français ces quatre années de collège avant de repartir pour son Angleterre natale en 1960. Elle fait ses premiers pas sur scène, se passionne pour le théâtre et avec Sarah sa soeur elles se produisent en public en chantant et dansant. Elles sont resplendissantes de bonheur. Charlotte a son premier contrat et joue dans une pub pour les gâteaux Cadbury. Ses initiatives prennent forme, elle signe son premier rôle dans Knack en 1964, Georgy Girl un an plus tard, un rôle dans Chapeau melon et bottes de cuir et The long Duel avec Yul Brynner en 1967. Mais cette année 67 est un drame pour Charlotte alors agée de 21 ans quand sa soeur Sarah, 23 ans, se suicide. Sa mère, ne supporte pas et ne se remettra pas. Charlotte empile les films et enfouit le deuil, la douleur qu'elle désintègre de sa matrice. Son histoire personnelle, elle la brosse pudiquement et pour la première fois dans son autobiographie Qui suis-je, et on comprend ce profil magnifique énigmatique et solide à la fois, son caractère simple et si riche. "Je m'appelle Tessa Rampling. Charlotte est mon deuxième prénom mais il m'a saisie. Tessa est devenue Charlotte. Dès ma naissance, j'ai connu ce mélange un peu trouble de ce qui vient, passe, de ce qui blesse, de ce qu'on ne peut saisir. Les larmes et les rires se mêlent, nous les enfermons. Chez les Rampling, le cœur est un coffre."





La courageuse jeune Charlotte de 23 ans enchaine les scénarios, les tournages de 1969 avec Les Damnés de Visconti à 2019 avec Benedetta de Paul Verhoeven qui sortira dans quelques mois. Côté vie amoureuse, elle épouse brièvement en 1972 l'acteur Bryan Southcombe, a un fils en 1972, Barnaby, et divorce en 1976. 1979, elle épouse Jean-Michel Jarre, d'ailleurs compositeur de Les Damnés, avec qui elle a David en 1977. Ils se séparent et divorcent vingt ans plus tard. Elle rencontre alors Jean-Noël Tassez, journaliste, homme d'affaires, qui disparait en 2015 d'un cancer. 2014 est la seule année dans la carrière de Charlotte sans film. Même enceinte, toute jeune maman, elle tournait comme pour l'excellente adaptation du roman de Michel Déon, Taxi Mauve, film de Boisset en 1977. Elle a accompagné son compagnon cette année 2014 dans l'épreuve de la maladie. Après sa disparition, elle enchaine avec trois films en 2015, quatre en 2016, féroce dans le travail. Je conseille pour la filmographie, Stardust Memories de Woody Allen en 1974, Sous le sable de François Ozon en 2000, Melancholia de Lars von Trier en 2011 et le grandiose 45 years de 2015, (oscar de la meilleure actrice) si émouvant, figeant de par la météo, l'endroit, le jeu des personnages, l'histoire du couple qui tient sur du mensonge et de l'hypocrisie pendant 45 ans : formidablement glacial. La carrière de Rampling est époustouflante et étourdissante.



Le personnage me séduit aussi par ses choix, ses directions non balisées, son art de flirter avec les frontières, pour remplir un domaine artistique, avec tendresse, comme celui du chant. Charlotte Rampling sans pourtant avoir une 'voix' ni une 'voie' classique est musicienne. Elle surprend en jouant de sa voix comme d'un instrument. Le résultat est beau, d'une infinie délicatesse. En 1974 pour le film Portier de nuit, Charlotte chante Wenn ich mir was wünschen dürfte à l'origine chantée par Marlene Dietrich et sa voix est somptueuse, habitée de particules vaporeuses. En 2002, elle signe Comme une femme brodé par Jean-Pierre Stora, auteur de musiques de films et chansons pour Jeanne Moreau et par Michel Rivgauche, auteur de la Foule d'Edith Piaf, mais aussi pour Bourvil, Maurice Chevalier, Yves Montand, Jean Piat, etc. L'album qui ouvre sur Je suis Farniente fait plus que cueillir l'attention, il la croque. Le style bossa, easy listening avec des paroles souriantes et fleuries d'images franco-anglaises comme sur le titre God Save L'Amour est parfaitement pop. Son fils David Jarre chante avec elle sur Dépot De Bilan D'Un Amour garni de violons et de tambourin. Le bandoneon de Je Pourrais Mourir Pour Toi enveloppe, Les secrets d'un coeur émeut. On sourit sur la clarinette et l'accordéon de On Ne Couche Pas ou Le robot et la marguerite. Chaque titre a son histoire, telle une carte postale et ces canevas chantés, plein d'intelligence, embarquent sur les arrangements de cordes touchants.


Plus qu'une icône, Charlotte Rampling à mes yeux est un symbole féminin par excellence avec sa discrétion, sa classe, sa manière piquante de préserver ses distances et son regard presque animal qui doit faire tourner la tête des hommes. Loin des féministes bourrues, testostéronées, qui donnent une vile image de la féminité et font honte, l'accorte Charlotte Rampling, mille fois plus élégante, courageuse, mystérieuse, blindée et sexy, est une digne ambassadrice de certaines femmes et des femmes certaines.



dimanche 18 novembre 2018

The Babe Rainbow

Camouflés sous des allures de hippies, The Babe Rainbow sont des musiciens de haute qualité. Le trio australien se présente en 2015 avec le fabuleux EP éponyme de quatre titres dont Secret Enchanted Broccoli Forest. Ce qui peut sembler 'hippie' se pose dans les paroles parfois foutraques et excentriques, leurs cheveux longs et peaux tannées de surfers mais au-delà des apparences, leur univers musical pop, funk, soul est sophistiqué. Quoiqu'il en soit, ils ne jouent pas de la flûte de pan avec le nez.

Parait l'an passé le sublime album The Babe Rainbow composé de douze titres solidement funky, dansants et arrangés aux petits oignons, bulbes liliacés sexy et torrides. Mis en place par l'ingénieur Samuel Joseph, le producteur Stu Mackenzie (membre du groupe King Gizzard & the Lizard Wizard) qui participe en jouant de la clarinette sur Charms Travel, on retrouve aussi la voix française de Pandora Decoster sur deux titres, David Walker au mixing et Panda Grace Fitzgerald aux cordes sur Blue Hour. Les lords pop de Byron Bay, fans de Donovan, Burt Bacharach et des Beach Boys, concoctent des mélodies flower et sunshine pop disco efficaces que je ne peux que conseiller. A mes oreilles, la reprise de Fallait Pas Écraser La Queue Du Chat chantée par notre Clothilde nationale, devenue ici Superstition Shadow Walk est un réel bijou, clin d'oeil à la culture sixties française réussi. Le disque est garni de pépites du genre comme Peace Blossom Boogy et Monky Disco, qui à son écoute, donne envie de jongler avec des bananes et de se secouer frénétiquement en chantant 'les australiens sont mes amis'.





Au mois de juillet 2018, nos amis The Babe Rainbow, Angus Dowling au chant et batterie, Jack Crowther guitariste et Lulu (Louise) le bassiste, rencontré à Paris, signent le nouvel album Double Rainbow . Les mélodies y sont psychédéliques, folk, disco, habillées de lignes de basse et gorgées d'harmonies vocales sucrées et fondantes. Les guitares sautillantes s'offrent avidement dès The Magician qui ouvre le disque . La batterie souple et élastique flotte charmante sur Supermoon qui d'emblée montre la volonté d'hommage aux tempo sixties qui devient vibrant sur Gladly. Les percussions déployées donnent de l'élan aux guitares sur les aboutées Darby and Joan et Eureka.



Le chuchotement glorieux et adroit du sitar psychédélique de Alan Chadwick's Garden précède Cool Cat Vibe orné d'une basse pure, savamment groovy sur les wah wah de la guitare léchés. Puis le sensuel et soigné Bella Luna accueille une flûte traversière élégante dessinant un profil contemplatif, suivi du délicat instrumental, puissant en arpèges pastoraux 2nd of April. L'effet laconique et litanique continue avec Running Back et New Attitude qui boucle l'album sur un clavier délicat. L'essence pop harmonieuse des derniers titres de Double Rainbow comprenant un instrument unique accentue l'effet planant et démontre que The Babe Rainbow peuvent voyager dans les styles musicaux, largement et aisément. Nos amis australiens visitent souvent Paris, ne cessent de clamer leur amour pour la France et leur affection nous honore! En attendant leur retour, The Babe Rainbow attaquent une vague de concerts en janvier du côté de l'Océanie et sont à retrouver chez Flightless Records.
TheBabeRainbow
FlightlessRecords





samedi 17 novembre 2018

Surface to Air Missive

Surface to Air Missive est l'alias d'un seul homme, multi-instrumentiste, arrangeur et compositeur, Taylor Ross. Il signe en 2013 son premier album du même nom, suivi de Third Missive en 2015, A V en 2016 et cette année 2018 parait Surface II Air Missive qui contient ses compositions de 2012-2013 dont aucun label ne voulait à l'époque.

Taylor Ross enregistre seul ses chansons de son home studio en Floride et se produit sur scène avec des musiciens. J'ai récemment découvert son univers artistique, époustouflant de caractère. Il a vingt-cinq ans à peine lorsqu'il signe A V, son véritable dernier album en date. Les douze titres sont excellents, mêlant de l'acoustique pop à du psychédélisme façon Of Montréal, Neutral Milk Hotel avec du Incredible String Band qui est sa référence. Sa griffe, en plus de la composition alternative psych-pop, rock, folk typée, tient dans son grain de voix aux inflexions particulières, à ses métaphores dont la présence fidèle du cygne au travers de ses albums qui peut passer pour bluette, s'élance en perle éloquente. Sa personnalité est une sorte de curiosité dans le panel indie-pop actuel.



SAM sait faire réfléchir ses mélodies sur A V, en zigzags, en reliefs, avec My Stratocaster qui ouvre le disque. Ce qui crée cette amplitude, c'est aussi l'utilisation de la flûte soprano que Taylor reconnait aisément comme un mystère qu'il aimerait savoir utiliser, sans y parvenir, quand il maitrise piano, basse, guitares et batterie. A l'écoute de I Call Me Us, il donne l'impression de fourmiller d'idées, d'aller en diagonale et en réalité, le musicien taille et sculpte ses mélopées au millimètre. On plonge dans l'univers psychédélique grâce à My Finest Shirt qui sonne comme un duo formé de Syd Barrett et d'Elliott Smith, balade où les détours tortueux nous mènent à une vue sublime. Puis à l'image de la pochette d'album, Ascent to A V, en guise de pause de deux minutes, sort l'artillerie de flûtes inquiétantes, au point de faire flipper n'importe quel serpent, avant le majestueux Please No More qui s'empare de l'attention. Telle une méditation, le titre est un voyage in petto dans ses pensées délicates et poétiques mis en valeur par la guitare, le tempo qui galope sur la guitare électrique entêtante. Le rythme continue son ascension sur Sharp Guise jusqu'au Return of Swan où s'entrelacent guitare, basse et flûte. Malgré sa place en milieu d'album, il fait oeuvre de péroraison ; Idem pour Electric Swan sur l'album précédent et Swan Begins sur le dernier.



Puis la pop ressurgit sur Full Love Wonder et Morning Thought avec ses arrangements florissants, sa cascade d'instruments sémillants et ses mélodies cadencées. Something you're not offre une douceur et une volupté quand le piano vient titiller basse et guitare avant le style garage de Me And The Gang et le délicieux Time Being aux mouvements de claviers conspirants. Taylor Ross a du mérite, de l'inspiration. Son talent, patent, vient de son travail mais aussi de son tempérament. Surface to Air Missive a du panage et renouvelle le genre pop baroque avec une grande qualité technique, des ramifications psychédéliques, précieuses et percutantes, épiques et oniriques, sur ce très beau A V.

Un nouvel EP de quatre titres I Fell In est paru il y a deux semaines. On y retrouve une version acoustique de Morning Thought et des inédits destinés à l'origine à A V ; Voyage imaginaire redoutablement mélodieux avec des sauts périlleux dans les arpèges et des harmonies à tire-d'aile qui font effet et complètent le plaisir avec SAM.
SurfaceAirMissive



Boris Maurussane

Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l...