samedi 28 septembre 2013

Sweet Baboo

Sweet Baboo c’est un des bijoux du Pays de Galles, des pépites pop signées de la main de Stephen Black depuis 2003. Le cortex de l’artiste ne lésine pas et en sort des albums d’une musicalité pop fabuleuse. L’album The Mighty Baboo de 2008 fait suite à trois perles grandioses, l’EP C'mon Let's Permoose de 2004 et les singles Mountain et C'mon Beef respectivement de 2006 et 2007; Depuis, deux albums sont sortis Hello Wave en 2009 et I'm a Dancer / Songs about Sleeping en 2011 qui lui vaut d’être nominé aux Welsh Music Prize. En 2013, le maestro nous offre Ships, avec lequel le gallois démontre brillamment qu’il a le vent en poupe et mérite son succès grandissant. 



If i died ouvre le bal avec des cuivres, la voix puissante et tendre dans les notes chantées dignes des montagnes russes, la batterie et les claviers tournoient avec gaillardise. Le tempo ne désemplit pas sur The Morse Code For Love Is Beep Beep, Beep Beep, The Binary Code Is One One, offensif et dansant, drôle et ennivrant pour évoquer le sujet de l’amour. La solidité des instrumentations et l’élégante basse nous enveloppent sur Let's Go Swimming Wild, langoureuse invitation à plonger dans l’univers sensuel de Sweet Baboo.


  

Le titre C'mon Let's Mosh! incite réellement à danser et le chant aux accents délicieux gallois est virevoltant comme sur Twelve Carrots of Love qui suit et dont l’humour séduit et convainc. Les orchestrations pop symphoniques et psychédéliques sont d’une absolue beauté et les textes descriptifs proches du ton de Jonathan Richman sont poétiques, habillés d’un esprit cocasse fort touchant. Le titre Chubby Cheeks est tout aussi désopilant et émouvant. 8 Bit Monsters qui suit donne l’impression de mots naifs, enfantins, signés d’une pop premier degré qui en devient arrogante et provocante. Le psychédélisme dans les thèmes comme sur You are a Wave dont le titre rappelle le nom de l’album montre que malgré les apparences, le second degré est bien là, que Sweet Baboo maitrise la métaphore, ornée d’instruments éblouissants comme sur The Sea Life Is The Life For Me (Mermaid Cutie) où l’on comprend in fine que l’artiste produit et arrange les albums de Euro Childs et de Gruff Rhuys. Build You A Butterfly continue l’épopée rythmique avec des cuivres en symbiose avec les guitares guillerettes et la batterie joyeuse pour conclure sur le génial Cate's Song où la distorsion dans la voix délivre une belle intimité et une certaine pudeur dans sa déclaration d’amour. L’album Ships est signé par le label Moshi Moshi en 2013 qui propose déjà un prochain EP Motorhome Songs avec un lien pour écouter le single depuis deux jours et qui parle de la jolie escapade de Stephen Black et sa douce sur la route allant de Cardiff à la plage de Bamburgh Castle. Un régal que tous les amateurs d’indie-pop apprécieront à sa juste valeur. SweetBaboo


Cracbooms

Originaires d’une région qui m’est chère, c’est à Aurillac que les garçons pop de Cracbooms concoctent un bien joli premier Ep éponyme en 2011 pour poursuivre en décembre de la même année avec une reprise ensoleillée de la Compagnie Créole, Bon baiser de Fort de France. Dans la veine du groupe marseillais Aline, des Bordelais de Pendentif, Cracbooms : Clément Warlier au chant et guitare, Thibaut Plantecoste à la basse, Jerôme Laporte à la guitare et Benoit Puechbroussou à la batterie ne sont pas inspirés par le plateau des mille vaches mais par la mer, les filles, le soleil, et les bateaux, le voyage qui font ressac sur les différents EP comme Copains soleil ou comme sur le dernier de mai 2013 Je reviens dans un an.
  Les quatre garçons jouent sur les scènes françaises ces deux dernières années pour présenter leurs mélopées, écrites en français, dansantes et chaloupées. Quand je les écoute, je replonge dans les années fin 80 quand j’assistais au premier concert de Tahiti 80 à Rouen. La fraicheur et le toupet vogue le long des mélodies poppeuses et accrocheuses. Le jeu des guitares est abouti, les textes imagés sont superbement interprétés. La justesse du chant, les mots aventuriers et l’instrumentation rythmée nous emmènent au long cours sur les côtes tropicales de la pop française. Les Cracbooms offrent une musique enjouée, en faisant surfer à leur manière irrésistible les notes optimistes et harmonieuses sur les thèmes colorés, permettant de prolonger l’ambiance estivale. Avec Cocoon, Marshmallow ou Mustang qui met en selle Cracbooms en partageant les concerts, la belle et solide Auvergne et son Chaudron dévoile un potentiel pop qui séduit Piggledy Pop.
A suivre !
cracbooms

 

mardi 24 septembre 2013

Jean-François Coen

C’est un des rares auteurs compositeurs français qui me touche depuis des années et dont je regrette la discrétion. Depuis Gainsbourg, très peu de musiciens se colle aux paroles en français avec autant de poésie, de sens dans les mots crus ou délicats, interprétés avec sensualité. Jean-François Coen écrit avec cette élégance dès 1988 pour le duo Luna Parker, connu pour son tube Tes états d’âme Eric en lui confiant le morceau La Tour de Londres que l’auteur remet à son goût sur son opus La Tour de Pise dix ans plus tard. Entre Pise et Londres il y a Oran où il nait, puis Paris où il vit depuis qu’il a 6 ans, où il apprend la musique au Conservatoire. A peine âgé de 20 ans, il signe son premier disque en 1979 en tant que bassiste au sein du groupe post punk Modern Guy qui sera enregistré à New-York et produit par John Cale. Voilà, on est en 1981 à Paris, il y a Eli et Jacno, Lilidrop et son fabuleux Sur ma Mob, Taxi Girl, et Jean-François Coen qui déploie ses ailes en jouant de la basse pour Juliette et les Indépendants et Mirwais, groupe de Mirwais Stass guitariste de Taxi Girl mais aussi de Madonna.


 

Fan des Beatles, Pink Floyd et Jimi Hendrix, Jean-François Coen artiste complet et fidèle en amitié, signe son premier album solo Tour de Pise en 1993, dédié à son ami disparu Guillaume Israel, le chanteur de Modern Guy. Avec lui, ses amis Yahn Lecker, guitariste, membre de Modern Guy et Hervé Zenouda batteur du groupe Stinky Toys prennent part à l’aventure que Jean-François Coen souhaite produit seul et à sa manière. Cet amoureux de cinéma fait un clin d’oeil au Mépris de Godard sur son titre Camille et de façon avant-gardiste, se lie in fine au 7ème art en demandant à son autre ami réalisateur Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, L'Écume des jours) de faire la vidéo de La Tour de Pise. Le clip depuis est devenu un modèle, une référence pour les amateurs de pop indépendante et la mélodie de Coen, son texte cinématographique lumineux constituent un des titres majeurs des années 90. 


Toute la musicalité, la volupté poétique et l’art de la composition de monsieur Coen sont de retour en 2004 sur l’album au nom évocateur Vive l’amour. Les 11 titres tous magnifiques, sont parsemés d’humour et d’images, de métaphores détonnantes qui transforment les mots en butin. Album amoureux, le talent d’écriture s’inscrit aussi dans le mordant de Ulysse & Penelope, superbe duo avec Salomé Califano ou encore Calamity Jane, colorés de références. Toujours entouré de ses proches, Stan Cuesta à l’origine de Casse toi, le titre Photogénique, émouvant et frissonnant écrit par Guillaume est joué à la guitare par Peter Leonard déjà présent sur Tour de Pise et dont la fille Léa compte parmi les choeurs. Vive l’amour est à l’image de Jean-François Coen, touchant et chaleureux, de la présence des amis, des sentiments entre les lignes, de sa voix ennivrante et de tous les instruments qu’il joue et arrange. 
  Créatif, Jean-François Coen offre des instrumentations pop précieuses, des guitares chavirantes, des synthétiseurs épiques, des rimes acidulées et romantiques. Vive l’amour, passionnant et absorbant n’a depuis pas été suivi par d’autres signatures, hormis sa participation à la BO de No"I" in Team de Shaun Severi en 2011 et l’année dernière le titre Trois Jours en écoute sur bandcamp. En 2008, il reprend avec classe le titre Bleu comme toi pour l’album collectif de reprises d’Etienne Daho, Tombés pour la France où apparaissent Arnold Turboust, Doriand, Daniel Darc, Sébastien Tellier et Jacno. Ecouter de nouvelles chansons serait un sacré cadeau et me laisse gredinement rêveuse, idem à l’écoute des anciens titres comme Calamity Jane qui me donne envie de saisir chapeau et colt. Les chansons de Jean-François Coen ne prennent pas une ride et forment une pierre angulaire dans le paysage de la french pop. JFCoenBandcamp


 

dimanche 22 septembre 2013

Earth MK. II

Sous l’alias Earth Mk. II se cache un jeune homme de bon goût, Hugo van de Poel qui est un artiste inspiré et influencé par des noms comme Syd Barrett et Billy Nichols. Hugo est comme l’âme soeur de Jacco Gardner, avec qui il joue depuis 2009 sous le nom de Skywalkers. Les deux musiciens hollandais ont arrêté le groupe aux sonorités sixties et psyché pour se consacrer à leurs projets en solo; pour ce faire et de manière soft, les deux acolytes signent l’album Year One en novembre 2010, titre qui me laisse croire qu’il y aura une suite dans l’épopée des Skywalkers. 
  Si Jacco Gardner galope à bon train depuis 2010, comme je le souligne en janvier dernier là : JaccoGardnerl’amitié qui le lie à Hugo Van de Poel depuis qu’ils ont 12 ans perdure et l'amène à produire l’album solo Music For Mammals que Hugo signe le 30 aout 2013. L’âme de Syd Barrett et des Zombies traverse les 13 titres et les habille d’une pop baroque psychédélique incroyablement composée et exécutée. Les mélodies séduisent et aspirent l’attention, le clavecin, les guitares et la distorsion qui fleurit la voix d’Hugo est hypnotisante. Les arrangements et les instrumentations sont divines, de The Warden à I Think You’re Not The Kind Of Person That You Say You Are, ça balance dans les rythmes comme dans les textes. La balade envoutante Memories où il me semble reconnaitre monsieur Gardner dans les choeurs a un charme rétro et romantique qui rappelle l’indie pop de Sarah Records, des Field Mice à The Orchids. La basse, les tambourins, les flûtes, la guitare et les claviers mélancoliques ou ensoleillés sur Friends servent sur plateau une dreampop psychédélique ravissante et aboutie. Music For Mammals, excellent premier coup d’essai, promet d’excellents moments encore à l’écoute de Earth Mk. II. 


Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...