jeudi 30 octobre 2008

Eleni Mandell


Eleni Mandell, au prénom de déesse greque, maintient sa tignasse brune d'un élastique élémentaire en jouant avec sa guitare sur scène. Originaire de Los Angeles, où elle étudie les arts, elle écoute Tom Waits en grattouillant sur sa Gibson, puis le rencontre en chair et en os. Cette expérience la persuade de devenir musicienne. Elle tente l'aventure.
Guitariste à la voix énergique et confidentielle, la jeune femme vogue dans multiples sphères musicales, country, pop, rock, jazz avec toujours, sa propre note, sa griffe personnelle et sa personnalité éclaboussante.

Elle développe très tôt un son Mandell avec Wishbone, son opus folk-jazz de 11 titres sorti en 1998, sur lequel apparait le titre Normandie, vaporeux et langoureux. Sorti sur son propre label qu'elle crée sur le pouce, nommé Mr Charles, ce premier album en 1000 exemplaires qu'elle propose elle-même après ses concerts, se vend comme des petits pains. La jeune femme a du talent et du tempérament. Dans ce monde essentiellement masculin, elle ne recule devant rien, encore moins devant la production de son second album en 2000, Thrill, toujours folk et country ficelé à la corde digne d'un lassau de rodéo pour une ballade dans le grand ouest américain. La demoiselle joue sur scène, parcours des miles seule avec sa guitare, comme guidée par son étoile, écrit dans la foulée en 2001, Turn on the lights, un 2 titres et Snakebite composé de 13 titres.

En 2003, c'est son magnifique Country for true Lovers qui aide la belle Eleni à se dévoiler au grand public; elle y chante un traditionnel Kingsport Town. Elle remporte la même année avec Elliott Smith la récompense annuelle du LA Weekly.
Son chant et son interprétation se font désormais plus rythmés, plus affirmés et confirmés. Elle se produit avec ses compagnons de route, le bassiste Ryan Feves, le batteur Kevin Fitzgerald et joint au groupe récemment le guitariste Jeremy Drake. Afternoon pointe le bout de son nez cette année 2004.
Son style feutré balance entre Dean Martin, Madeleine Peyroux et Jill Sobule (la Negatives de Lloyd Cole; pour les connaisseurs), Eleni dégage une présence sur ses mélodies, elle habite littéralement ses compositions avec un charme chic et rétro. Elle est naturelle, spontanée, une jolie artiste avec un réel talent de création et d'interpretation (elle n'a guère besoin de se maquer avec un président de république, et elle fait elle-même ses chansons). Son dernier album signé en 2007, Miracle of Five est une totale réussite, riche de violons, accordéons, contrebasse, guitares, que je conseille de cueillir avant l'arrivée de Artificial Fire, disque prévu dans quelques mois. (vidéo : Make-Out King)
elenimandell


samedi 25 octobre 2008

Woodpigeon


Woodpigeon est un collectif canadien conduit par Mark Hamilton, aux allures de hippie des années 70, sans en être vraiment. Ils me font plus penser aux chercheurs d'or du 19ème siècle avec cette flamme qui les habite, avec leurs barbes et chemises à carreaux et cette quête de beauté, de rêve.
Un premier ep Sketchbook sort en 2005, puis la même année suit Pigeonbooth.
La dizaine de compères poursuivent leur travail de création en produisant eux-mêmes leurs ep, six en tout, en l'espace de deux ans. Leurs productions très chaloupées, voguent entre le pop-folk et de la pop twee-country (allez! inventons des mots!), entre Sufjan Stevens, Belle and Sebastian, et Reindeer Section. Leur son est si brut, tellement naturel, enregistré en studio dans les mêmes conditions que celles adoptées par Sufjan Stevens, qu'en écoutant les Woodpigeon on imagine déjà une bande-son pour un autre "Into the Wild".

En 2006, voilà leur opus Songbook, perturbant et absolu, par les constructions des chansons, alternatives, des paroles de rêve qui emportent loin et conquièrent les oreilles, une répartition enchanteresse des instruments. Les mélodies tombent comme des pluies d'étoiles, grâce aux tambourins, maracas, banjo, guitares, basse, accordéon, hand-claps, pianos, violons, glockenspiel, trombone, trompette qui brillent et s'amusent à nous envelopper d'une orchestration parfois baroque et psychédélique. Les Woodpigeon ne font rien comme tout le monde, même pas dans le choix des titres de chanson, hors normes, comme Home As A Romanticized Concept Where Everyone Loves You Always And Forever.


En Août 2008 est paru leur nouvel album, Treasury Library Canada. Ils ont encore frappé fort. Le disque ne comporte que des pépites, nos chercheurs d'or se sont bel et bien installé sur une mine, aucun doute. La musicalité du disque flirte avec l'excellence. L'ensemble est superbe, doux et énergique, soyeux et rugueux. C'est un livre de petites histoires qui se suivent et Mark Hamilton, avec talent, sensibilité, qui est journaliste de profession, nous les livre d'une voix magique et habile. Treasury Library Canada est une enluminure à écouter absolument.
woodpigeon

jeudi 23 octobre 2008

Im from Barcelona


Who killed Harry Houdini? demande les I'm from Barcelona, titre de leur tout flambant neuf album..Harry Houdini, prestidigitateur hongrois émigré à Detroit USA, est mort en 1926 à 52 ans d'une péritonite. La version officielle du décès, rupture violente de l'appendice, est depuis des années controversée.
Quelques jours avant son trépas, il donnait une représentation mettant en scène sa faculté à recevoir des coups dans le ventre et ainsi prouver son invincibilité. La rumeur d'un meurtre court et inspire moult écrivains, parmi eux Sir Arthur Conan Doyle avec The Edge of the Unknown. Houdini assassiné? Une exhumation a été réclamée par les descendants pour une ultime autopsie du magicien. Alors que le mystère est sur le point d'être élucidé, les suedois d' I'm from Barcelona signent un sublime disque dédié à Houdini.

La magie opère. Les titres sont brillants. Ils ont surmonté la difficulté de faire aussi bien, voire mieux, que le premier album de 2006 Let Me Introduce My Friends, succès grandiose pour le groupe. L'ensemble des textes, l'ambiance y est plus intime, plus soft et personnelle. Gunhild , duo du chanteur Emanuel et Soko est d'une douceur absolue, intriguant. L'instrumentation y est riche : trombone, ukulélé, glockenspiel, claviers, violons, l'abondance des instruments est à l'image du nombre de lurons (29) dans la troupe suédoise.

Le tambourin et la trompette annonce Andy, le titre sorti en single il y a quelques semaines. Certainement moins catchy que les tubes précédents qui finalement se retrouvaient dans de stupides jingles météo. Cet album est plus construit, plus pensé, extrêmement travaillé et s'apprécie en écoutes répétées. L'oreille est vite envahie par le doux son de clarinette et de banjo dans Paper Planes, les cuivres titillent et accompagnent les paroles drôles et inspirées There's a big old man, In his underpants, He plays the clarinet every night....In the flat below, There's the Cosby show, And Theodor is screaming at Bill, Claire is mad and Ruby is ill, There's a cat out there, Running everywhere, Chasing all the girls in the park, I wish that I could see in the dark...
Merci Emanuel Lundgren, fondateur des I'm from Barcelona, de prendre votre guitare, de composer des mélopées aussi pertinentes et amusantes. Rendez-vous à leurs concerts, show et chaleur garantis : en Octobre le 24 à Amiens, le 25 à Lille, le 26 à Rennes, 27 à Nantes, 28 à Toulouse, 29 à Barcelone, le 31 à Paris et au festival de Vendômes le 1er Novembre.
myspace.com/imfrombarcelona

mercredi 22 octobre 2008

Lucksmiths


J'ai déjà écrit sur les Lucksmiths mais quand on aime on ne compte pas ( cf Piggledy17/06/08).
Je peux écrire, encore et encore, tant que ce groupe pop australien mythique composera et sortira des disques. Car depuis Spring a Leak paru en 2007, les Lucksmiths ont fait honneur à leur public en parcourant les continents, jouant sur scène comme des princes. L'éloignement pendant la tournée leur a inspiré ce nouveau disque First Frost qui nous arrive comme une bombe pop.

First Frost, c'est "la première gelée" et quand on glisse le cd dans la platine, les frissons sont là. C'est de la faute à Tali White, le seul chanteur pop au monde qui chante et joue de la batterie en même temps. Dès le premier titre The Town & The Hills, sa voix est là, envoûtante, charismatique. Il y a du swing dans les mots, d'une beauté absolue, et dans cette rythmique présente autant dans ses cordes vocales qu'à l'extrémité de son pouce. Marty Donald et Louis Richter, guitaristes, Mark Monnone, bassiste, sont assurément les trois meilleurs guitaristes que je connaisse dans le milieu pop-indé, au même titre que Jeff Baron des Essex Green, Ben Crum des Great Lakes, la bassiste Julia Rydholm des Ladybug Transistor ou encore Jens Lekman et son ukulélé. Louis, Marty et Mark habillent les mélodies de leurs arpèges comme des orfevres sertissent les diamants. How we met, offre une partition de basse et guitare absolument ennivrante. Ce disque semble habité. Les Lucksmiths ont passé du temps en Tasmanie, Tali White n'a plus quitté son crayon, les mélodies et les paroles lui venaient comme s'il avait rendez-vous avec la région, comme un retour aux sources qui le touche très profondément. La geographie, la distance sont les thèmes principaux, notamment dans le très rock Never & Always. A l'écoute des textes comme Pines, South-East Coastal Rendezvous, How We Met, The Town & The Hills, on perçoit une personnalisation des paysages, une intimité entre Tali et la nature tasmanienne qu'il n'a plus envie de quitter "the city looks its best over my shoulder". The National Mitten Registry est comme toutes les autres chansons, merveilleuse, un tour somptueux de magie, sortent du chapeau des flugelhorn, des violes, violons, trompettes, cuivres en cascade, les voix en choeur de tous les amis qui ont participé au disque. Parmi eux, Fred Astereo qui prête sa voix et signe l'album avec son label The Lost and the Lonesome.
Là encore les Lucksmiths nous font un cadeau magnifique avec First Frost, géant et divin. Le quator natif de Melbourne, brille, album après album, pour entrer en grande pompe au panthéon de la pop.
myspace.com/lucksmiths
myspace.com/thelostandlonesomerecordingco

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...