lundi 30 mars 2020

Alpine Decline

Alpine Decline, duo sino-américain, fête ses dix ans de carrière avec à son actif dix magnifiques albums dont le dernier Return to Desolation Lake paru en 2018. Jonathan Zeitlin et Pauline Mu commencent leur aventure à Los Angeles avec un album éponyme en 2010 suivi la même année de Visualizations, puis 消失​/​Disappearance en 2011, Night Of The Long Knives en 2013, Go Big Shadow City en 2014, Life's A Gasp en 2015, Ink et l'album acoustique 原声现场 en 2016, Action Moves Away From The Center en 2017 avant cette pépite pop de dix titres éditée par le label chinois Maybe Mars de Beijing.



Return to Desolation Lake est doté d'une pop shoegaze, atmosphérique et alternative qui séduira les amateurs des Field Mice, Brighter, Red Sleeping Beauty, St-Christopher, Mercury Rev. Les mélopées tour à tour à la substance jangle et obscure, lyrique et vintage, subjuguent de qualité mélodique. Les notes électroniques aux allures rétro, le tempo d'une douceur primitive, le chant velouté de Jonathan créent une ambiance indiepop dès les premières notes exquises de Blameless. Leur signature hypnotique est pertinente, exécutée par les guitares qui se font garage-pop sur le dansant Dispatch from the Guest House.



L'éclectisme des arrangements de A Place Where I Can Thrive émane de la vie et de l'expérience de l'auteur-compositeur. Jonathan, nait dans l'Ohio, vit à Los Angeles avant de partir vivre en Chine tout en signant ses premiers disques sur Laitbac, un label français. Pour lui il n'y a pas de séparation entre les deux mondes, juste le langage, divisé entre la Chine et l’Amérique, il conçoit ses paroles de manière fort poétique espérant que chacun y perçoive sa réalité, ses expériences, ses angoisses, ses bonheurs, ses peurs, ses colères et ses amours.

A l'écoute du fondant et émouvant Lies to Protect You, Alpine Decline réussit à capter les émotions : "And I write to you in this corrupted language, and I will wait for you beyond these broken lines, beyond these hollow times. And I'll weave your likeness into holy visions, your name in poetry, your voice in the breeze through dream fields. But I'm not telling any lies to protect you."



Le langoureux I Still Believe in You poursuit dans la luminosité et l'optimisme "How do I save myself? How do I get back to health? And do I believe in miracles?...When the fever comes down, you will still be around. I still believe in you…" quand Float a Balloon dégaine les cordes électriques et les claviers aiguisés offrant une tension mécanique réussie. Après l'instant cold-wave, Diamond Cutter et sa rythmique synthétique, sa voix réfléchissant multiples échos est un petit bijou addictif.  Peace in the Present Tense, aux arrangements et à l'orchestration de cuivres mêlés à la basse, dessine une ambiance progressive profonde et frissonnante.



La virevoltante Chained to the Mast qui évoque la fuite éperdue d'un élément piégé et égaré dans une masse amène vers la fin du disque. L'énergique Through the Floor termine avec le tempo psyché et brillant de Pauline à la batterie et les images d'étoiles, de feu, d'exil dans un endroit caché où il fait bon vivre.

Le stylé pop underground Return to Desolation Lake d'Alpine Decline balance entre le triste et le joyeux armé d'une musicalité vibrante et du talent infini de guitariste et de compositeur de Jonathan, impressionnant et charismatique. En 2014, Decline Alpine participe à la compilation française État des Lieux de Plaisir de France avec son titre vrombissant Personnal History . A vos casques !
AlpineDecline



samedi 28 mars 2020

Scott Mannion

Scott Mannion est un auteur compositeur originaire de Nouvelle Zélande, co-fondateur avec son ami Jonathan Bree du label Lil'chief Records en 2002. Ce label grandiose compte dans son gotha les albums des deux fondateurs et accueille Lawrence Arabia, The Ruby Suns,The Brunettes, Princess Chelsea, Dog & Wolf et The Tokey Tones.
Scott déménage en 2013 pour partir en Espagne où il vit toujours aujourd'hui, dans un petit village médiéval niché dans les montagnes non loin de Valence. Il s'autorise une pause professionnelle mais pour travailler sa musique et écrire ces dix magnifiques titres qui ornent Loving Echoes paru en juin 2019. Le disque absolument peaufiné et harmonieux est un bijou pop. Évoquant sa rupture sentimentale laissée derrière lui en se fiançant à la peintre greco-americaine Julie Karpodini, Loving Echoes est fourni d'arrangements et d'ambiances romantiques splendides.



Tandis que son ami peintre Ben Lustenhouwer offre la couverture du disque, se joignent à Scott pour l'enregistrement Ryan McPhun des Ruby Suns, à la co-production et à l'écriture de quatre des dix titres, Clara Viñals aux choeurs, toute sa tribu d'amis du label : Alistair Deverick, Emily Zuch, Chelsea Nikkel (Princess Chelsea), Clara Bosch, James Milne (Lawrence Arabia), Jonathan Bree, Kari Hammond, Hayden Eastmond Mein, Li-Ming Hu et sa nouvelle clique espagnole : Adrián González Cortés, Amparo Díaz Soriano, Ezequiel Lázaro Alcaide, Inmaculada García Soriano, Lara Despaigne Zacarés, Laura Agustí González, Sergio Sánchez Lacalle.
JonathanBreePiggledyPop2018
LawrenceArabiaPiggledyPop2020
JonathanBreePiggledyPop2014

Depuis son aventure d'Auckland avec The Tokey Tones et deux albums, se sont écoulées seize années avant ce retour magistral. Mais quand le perfectionniste lâche enfin son travail, serein et abouti, c'est beau à pleurer. Smoke ouvre les volets sur les notes lumineuses de Scott au piano, glockenspiel et guitares, accompagné de Jonathan à la basse, de Li-Ming au clavecin. La voix envoûtante si pleine de musicalité et d'âme poursuit la séduction sur Be Your Mine et sa rythmique voluptueuse dans les caisses, la basse et les effets féeriques d'écho accentués par l'accompagnement des voix de Chelsea et James.



Scott troque le Hammond et le Yamaha pour le son merveilleux de ses guitares acoustiques et les touches sensuelles du Simmons, de l'omnichord et du Wurlitzer pour fleurir sa déclaration d'amour pénétrée et décidée, Do It for You. La cavalcade de mélodies pop psychédéliques et groovy continue avec l'excellente Not Exactly Deep, son tempo alternatif et sa brillante instrumentation fournie de saxophone, violons et violoncelles.
Le talent de guitariste saute aux oreilles sur Juniper Tree au chant délicat et aux pistes majestueuses dans leurs loopings, zigzaguant entre les cordes orchestrées. L'ambiance rétro sixties saupoudrée ajoute au profil nostalgique superbement dessiné sur les partitions quand le Roland de Ryan sur Somebody else's Dream et la maestria de Scott sur You Are the Substance That I Can't Live Without viennent chatouiller la platine de sonorités atmosphériques.



Scott Mannion brille de mille feux sur We should never Forget qui éparpille les morceaux de son coeur brisé dans l'instrumentation alternant avec le joli son du cor et son chant éminent. Puis Your Kinda Love déroule une mélodie sunshine pop délicieuse et positive. Les cuivres chaleureux, le tempo dansant, les glissades d'archets se marient parfaitement au duo Mannion-Viñals. 9 Years termine l'écoute avec la finesse et l'exigence de Scott Mannion comme on tourne précieusement la dernière page d'un roman. Me faisant fondre, je classe cet entêtant testament sentimental et musical Loving Echoes dans le panthéon 2019 de Piggledy Pop.
ScottMannion

jeudi 26 mars 2020

Jim Basnight

Jim Basnight tient une place d’envergure depuis plus de quarante ans dans le rock'n Roll. Avec sa personnalité attachante, son tempérament de lion, son énergie power pop, americana et pop psychédélique, la star des scènes underground signe le brillant Not Changing en mai 2019. Son univers inspiré des références Lou Reed, Bowie, Beatles, Beach Boys, Kinks, est aussi blindé de son expérience personnelle passée au sein du groupe Moberlys actif dans les années 80, pionnier du style power-pop. Puis il crée les groupes The Rockinghams, The Jim Basnight Band et The Jim Basnight Thing. L'américain de Seattle loin d’être un débutant maintient sa constante et fringante ardeur qui dynamise et réveille.





Les mélopées de Jim sont des bonbons rock et garage sans prétention moralisatrice ou politique, jouées pour créer des sensations, jouées avec un plaisir qui s'entend et se savoure. Not Changing offre une cascade de guitares assurées en grande partie par Jim. A ses côtés il y a le guitariste Bruce Hazen, la bassiste Garey Shelton, Steve Aliment aux choeurs et le batteur Dave Warburton.
Pour les amoureux des Sex Pistols, Jam ou Psychopaths, le groupe mythique des Morbelys déjà éternel poursuit son aventure avec Jim Basnight. Ce bijou, réel cadeau, ouvre sur les guitares scintillantes de Code to live By, entraînantes et colorées du thème de la liberté qui attrape et s'empare illico de l'attention.



Le tempo langoureux de Not Changing nous emmène dans l'histoire de la musique, celle de Jim qui depuis 1977 fréquente toutes les scènes de renom américaines et qui n'échangerait sa vie rock'n Roll pour rien au monde. Le tempo fait monter la température sur Big-Bang avant la magnifique Avenue of the Star aux accents T-Rex. Puis Making Love for a Living déclenche la rythmique endiablée avec la voix rebelle de Jim qui brille à la guitare.
Suicide Evening qui suit est un bijou émouvant et absorbant par ses arrangements et ses mots interprétés avec élégance avant le petit chef d'oeuvre Best Lover in the World et son rock brut, garni de cordes électriques flamboyantes. Le rock de Jim, imagé, lucide, spontané est efficace sur son magnifique hommage à son compatriote Kurt Cobain.



Nos oreilles s'empourprent goulûment sur la déclaration amoureuse Never Get Lost et se consument totalement sur Second Street, où les révérences et les tabous sont superflus. Les guitares et la batterie s'en donnent à coeur joie dans le style plus boogie sur Saturday Dreams qui ravira les amateurs des Stones. You Never cease to amaze continue de flirter et de charmer avec ses accords grisants et cadencés avant la pop joviale de Having fun. Percussions et lignes de guitares battent le fer brûlant et offrent un moment pailleté de rock sur Living The Way I Want qui termine Not Changing. L’artiste ne décroche pas de sa passion, avec raison. Ses mélodies enthousiastes, son élan et son inspiration panachée montrent son talent intemporel, gravé dans l'histoire du rock. L'éternel Jim Basnight qui à dix-neuf ans partage la scène avec les Ramones à New-York en mars 1977 en est un beau symbol. JimBasnight



lundi 23 mars 2020

Yenkee

Graham Cooney alias Yenkee apparaît en janvier 2018 avec le single cinglant et cintré Are You Alright. Teinté de groove, le style électro-pop y est savamment saupoudré d'instruments qui offre une impression de modernité habillée de références et de professionnalisme. L'artiste irlandais originaire de Cork est entouré d'Eoin Conway aux claviers, de Meg Cronin au saxophone, Luke O' Neill à la guitare. Yenkee poursuit sa composition soul et funky la même année avec le double titres Lander et Freedom. Le chant mélodique de Graham ajoute à la qualité de la production, faisant des loopings rafraîchissants entre les mots ciselés et élégamment inspirés.


Septembre 2019, le fulgurant Cannibal Tree de quatre titres paraît. Le talent de Yenkee se confirme et se savoure. Les jeux de cordes, de rythmiques ondulent sur la basse de Cannibal Tree. Les arrangements pop délicieux sont virevoltants et dansants. Les notes de synthétiseur de Nathanael Laffan, les cymbales offertes par Fergal Hennessy sur Would You Rather sont fructueuses. La mélopée écrite et interprétée par Graham est d'une classe dance, pop psyché dotée de la cornemuse de Liam Costello qui séduit par son âme celte.



La romantique Pearl offre une interprétation de velours accompagnée du superbe saxophone de Muireann Joyce-Hearne et d'une guitare majestueuse. Eoin vient apporter sa touche cristalline aux claviers quand la rythmique chaleureuse et distinguée inonde le lumineux Maybe, ode à la patience mise délicatement en écho par le chant de sirène d'Aibhín O' Neill et le jeu de guitare admirable. Enfin le musicien continue ce parcours avec charisme et brio en signant le magnifique single Lucy ce mois de février 2020. Il est garni de lucidité et d'une instrumentation éloquente, convaincante quant à la qualité du répertoire de Yenkee que je glisse dans le panthéon 2020 de Piggledy Pop. Yenkee

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...