lundi 11 juillet 2016

The Luxembourg Signal

Voici un groupe qui séduira les amateurs du genre indie-pop, les aficionados de feu Sarah Records et de la Factory. The Luxembourg Signal est un groupe composé de pointures qui signe l'album du même nom en 2014. Cette réunion d'artistes pop qui jouent dans leurs formations respectives depuis des années, comporte le trio de Los Angeles, Aberdeen, Beth Arzy (également dans Trembling Blue Stars), Brian Espinosa et Johnny Joyner, la chanteuse anglaise Betsy Moyer qui enregistre les voix à Londres, Dale Crover des Melvins à la batterie accompagné de Toshi Kasai (acolyte des Melvins), Ginny Pitchford, Dave Newton, ex-guitariste de Fonda et de Mighty Lemon Drops au mixing, accompagné de son ami David Klotz, pilier des Fonda, Daniel Kumiega à la guitare, John Girgus ex-guitariste de Trembling Blue Stars, aux claviers, chant et guitare. Toute cette joyeuse troupe regroupant des talents, de l'inspiration, de l'expérience, nous délivre un album de 10 titres de dream-pop monumentale.



L'ambiance pop démarre sur les chapeaux de roues avec Dying Star, orchestré avec de puissants sons de claviers et de guitares électriques volontaires pour une mélodie frontale. Ses contours dreamy et atmosphériques mettent dans le bain illico. L'esthétisme pop poursuit sa route avec Distant Drive qui nous fait plonger dans l'univers des Smiths, Echo and the Bunnymen, Brighter et des Human League. Les accords fusent, explosent comme des météorites pop au fil de la mélopée qui donne envie de trottiner sous son casque audio. Evidemment, Dale Crover illumine avec son tempo de batterie déchainée qui ne se calme pas sur le fabuleux Heaven, solaire, somptueux, entrainant à danser quand arrive She Loves to Feel The Sun.



Le shoe-gaze entre en scène avec First Light, sensuel et langoureux, où les voix subtiles en duo sont brillantes, les distorsions dans les guitares incroyablement belles, propulsant un moment dans l'univers de The Jesus and Mary Chain et Sonic Youth. Ne quittant plus cette sensation d'apesanteur, Drowning suit, avec ses guitares solides, éloquentes et sa batterie majestueusement combative pour faire resplendir la mélodie. Les cordes, les claviers, les tambourins poursuivent la cavalcade avec Wishing Pool, toujours propulsant, plein de reflets et de reliefs. Le court instant de Unphased et ses synthétiseurs rappelle la métaphore de l'espace dans les chansons pour évoquer les sentiments, les personnels et ceux de musiciens, comme sur We go on, carte postale des années passées ensemble en tournée, sur les scènes, aux quatre coins du monde indie-pop. The Luxembourg Signal termine sur des rythmique estivales et positives avec Let it Go, en mouvement, faisant des pirouettes pop jusqu'à la dernière note. Merci à Shelflife Records, génial label de Portland et San Francisco efficace depuis 1995 et qui offre une belle pépite d'harmonies, d'instrumentations florissantes et fédératrices avec ce grand album émissaire, The Luxembourg Signal.
TheLuxembourgSignal
ShelflifeRecords

dimanche 10 juillet 2016

The Royal Landscape Society

J'ai réalisé ces jours-ci que le genre de musique 'indie' présent sur Piggledy Pop peut paraître vague pour certains, un 'genre' de pop pas bien défini, très vague pour d'autres...Avant de me répandre en adjectifs dithyrambiques comme de coutume sur les Royal Landscape Society (parce qu'être désagréable et déglinguer des groupes, je trouve ça trop facile), je m'en vais faire un memento.

Le genre indie-pop, pop indépendante, nait dans les années 80 au Royaume-Uni dans le sillage du punk, post-punk puis de la New-age. L'Ecosse en ces temps-là est un véritable essaim avec l'arrivée des Orange Juice en 1978 chez Postcards Records, petit label de Glasgow qui grossit dans les eighties avec les Pastels, Belle and Sebastian, Go-Betweens, Teenage Fanclub, Franz Ferdinand etc. Puis arrivent les groupes anglais comme The Smiths, des labels 'indé' comme Rough Trade ou Sarah Records. Concrètement, la naissance de l'indie-pop découle du Do It Yoursel chéri par le punk et post punk, mélangé à l'influence sixties des Beatles et du Velvet Underground. La situation politique à cette époque en Angleterre est tendue, les musiciens du maddchester, de la britpop, imposent leur style, parfois asexué, accueillant enfin des groupes féminins, affichant leur sexualité librement sous des écharpes rayées au chaud dans les Dr Martens (les vraies, pas les chinoises). Après New Order, Joy Division, Cure, l'indie-pop compte plus tard Blur, Talk Talk, Buzzcocks, Pulp, Radiohead qui tâtant un mouvement musical typé 'troisième voie' contre le gouvernement en place de Margaret Thatcher, crée une pop de résistance 'underground'. En bonus, l'indie-pop évolue loin des gros labels, s'évitant avec intelligence et par principe d'autonomie d'avoir affaire à des Universal et consorts.



The Royal Landscape Society sont de Séville. Les musiciens du groupe Cris Romero, Fran Torres, María Barrero, David Vidal et Juan Luis Castro au mix, raniment dans ce premier album de juillet 2014 toutes les âmes qui ont fondé le mouvement indie-pop de The Smiths, The Orchids à C86, Trembling Blue Stars tout en offrant un pop actuelle, moderne, dans la veine de The Real Estate, Jim Ruiz Set, King Creosote ou les Frank and Walters.
L'album éponyme commence avec le fabuleux Goodbye. Ses guitares, sa rythmique dans la batterie et la basse virevoltent et entêtantes, font galoper nos neurones indie-pop en liesse rappelant un peu les arpèges du Failure des Kings of Convenience. Puis Friends and Lovers, aux allures synth-pop, rafraichissant et dansant, porte un joli texte plein de charme old-school et de retenue, comme La La La où les instruments façon twee à la Sarah Records jouent une mélodie qui colle avec classe et finesse au thème.



L'élégance ne désarme pas avec le tempo fort réussi de Frost, qui avec ses paroles mélancoliques propose un air énergique et chaleureux griffé synth-pop suédoise comme celle du label Labrador. Clean, fait du même bois, invite encore à gigoter sur les claviers vitaminés. Le chant lo-fi de Cris est somptueux pour accompagner les arrangements façon 80's et 90's qu'il joue aux synthétiseurs avec brio notamment ceux de Early Sunrays qui rappellent Blueboy et Field Mice. Le fort réussi mini-album de 9 titres contient 3 remix de Goodbye, Friends and Lovers et Early Sunrays respectivement orchestrés par les groupes Combray de Barcelone, Devil Town et I am Dive de Séville. The Royal Landscape Society est un album superbe et excellent par ses mélodies et son interprétation. 
TheRoyalLandscapeSociety
SundaePiggledyPop2012
FeatherfinPiggledyPop2016

dimanche 3 juillet 2016

Marc Elston

Marc et son frère Graeme Elston
Il y a des histoires d'amitié comme celle de l'Angleterre et de la Normandie, immuables. Marc Elston connait bien la région où, quand il quitte Nottingham, il passe ses étés en famille. D'ailleurs, son choix de pochette pour l'album qu'il signe ce mois d'avril 2016 porte sur le pont de Normandie. Regroupant des EP, des singles, des titres enregistrés à la maison dont 3 morceaux sont peaufinés avec le brésilien Adrian Do Couto de Postal Blue, la compilation The Colours They Bring est absolument essentielle aux amateurs du genre. Marc y déroule un tapis de mélodies pop qui ramènent à la britpop si chère à nos oreilles et proche de l'univers des Housemartins, Lloyd Cole, the Smiths, etc. J'évoque son travail d'auteur-compositeur dans un billet sur ses groupes, The Liberty Ship puis Franklin's Kite avec lequel Marc joue sur la scène du festival Indietracks en Angleterre aux côtés de The Very Most, Cosines, Allo Darlin', The Just Joans, Spearmint et bien d'autres.
Franklin'sKitePiggledyPop2014
PostalBluePiggledyPop2016



C'est Everything You Say And Do qui ouvre le bal, avec ses lignes de guitares vitaminées et son tambourin taquin, signé sur la compilation Indietracks 2014 et suivi de la ballade souriante Taking Care Of Business d'avril 2015 ornée du swing et de la sunshine d'Adriano. Arrive la mélopée Normandy by Sundown qu'à l'époque j'avais eu le privilège d'écouter dans son process, enregistrée lors d'un séjour de Marc en 2014 dans les vertes contrées de la Normandie et arrangée avec un délectable tempo bossa dans la basse, le synthétiseur et les magnifiques arpèges de guitare. Adriano Do Coupo revient accompagner Marc Elston sur Mumble de 2015, titre également sur la compilation Eardrums. La rythmique entêtante, la mélodie accrocheuse, s'allient au chant énergique de Marc. Fools Like Us accroche les wagons qui zigzaguent gaiment dans une atmosphère electro-pop avant que les guitares s'envolent élégantes sur The Wonder Hour offrant une atmosphère artistique dans la veine des Eggstone ou des Wannadies. Puis You Want A Girlfriend, intime et somptueux suivi de The Colours They Bring, rock et plein d'entrain indie-pop propose un adorable moment jangle pop, continué avec les tambourins espiègles et le mellotron de Other People's Stories.



Le virtuose Elston offre une nouvelle friandise power-pop avec Hurdles and Rewards au chant et à la mélodie sublimes. Les cordes de guitares marquent la rythmique épatante sur When You Touch Down, avec son instrumentation alternative désinvolte et gracieuse. La twee s'invite sur Frost and Rhyme aux allures langoureuses et nostalgiques sur des mots amoureux quand l'âme historique britannique galope sur le dansant Hawker Hunter Tower Bridge Incident. 2AM parle de musiciens et son tempo chaloupé donne sacrément envie d'onduler les hanches avant de se les désarticuler sauvagement sur la basse et la guitare dévergondées de The Way You Danced With Me. The Colours They Bring contient toutes les couleurs de l'Union Jack, avec ses courbes pop british à s'empourprer, cuivrées, efficaces, vrombrissantes : Un album dans la droite ligne des Boo Radleys, Pastels, Orange Juice et des Pale Fountains à se procurer.

Normandie by Sundown from Marc Elston

Andy Shauf

Andy Shauf est un auteur-compositeur canadien. En 2012, il signe un premier EP nommé Sam Jones feeds his demons, dévoilant un univers musical émouvant, extrêmement mélodique, dans le sillage de Harry Nilsson et d'Elliott Smith tissant avec brio un scenario dans chacune de ses chansons . Multi-instrumentiste, l'artiste compose, chante et joue de la guitare, du piano, de l'harmonica, de la batterie, du banjo, de la clarinette. Les ballades pop envoûtantes sont construites d'une façon alternative sur sa voix magnifique. Les cordes et les cuivres sont mélangés subtilement et l'orchestration délicate accompagne des textes d'une douceur infinie. De 
Véritable petit chef d'oeuvre, la suite est aussi superbe. En février 2015 parait l'album, simplement fantastique The Bearer of Bad News. Ses 11 titres sont des scènes de vie, chantées avec beaucoup de charme et d'âme, arrangées finement avec une pléiade d'instruments, dosés, voltigeants, gracieux. L'orfèvre mélodiste travaille sur toute la chaine de la création, du papier à l'instrumentation, à l'interprétation et la production ayant enregistré seul ce premier album dans la maison de ses parents.



Andy Shauf grandit dans une famille de musiciens dans la région du grand ouest canadien Saskatchewan bordée de prairies. A 12 ans, il commence la batterie, la guitare, joue de la musique punk-rock dans un groupe puis découvrant les albums d'Elliott Smith, Paul Simon, Randy Newman il est vite contaminé, s'essaie illico à l'écriture. 6 ans plus tard sort son premier disque, travaillant ses chansons le soir en rentrant du lycée. Depuis 2012, le jeune musicien joue sur scène et tourne au canada sans faiblir pour faire connaitre ses chansons jusqu'à ce que le label indépendant Tender Loving Empire lui propose une signature. Habitant depuis peu la ville de Regina, Andy Shauf compose son deuxième album qui sera enregistré en studio et qu'il peaufine seul en jouant tous les instruments, à l'exception des cordes, assurées par Colin Nealis. Au mois de mai 2016, ce bijou pop sort portant le joli nom de The Party.



Tout comme auparavant le disque nous narre l'histoire de personnages, hauts en couleur, variés à l'image de l'instrumentation. Avec une trame boogie, jazzy, groovy, la pop y est resplendissante. Après Jerry, Helen, Jenny, l'auteur-compositeur nous invite à découvrir de nouveaux scénarios, divers décors avec de nouvelles têtes comme le magicien, Martha et Alexander. The Magician, orchestré avec dextérité offre une mélodie solide, un chant d'Andy limpide, aérien, pour former une pop somptueuse. L'ambiance intime et sophistiquée groove délicieusement sur Early To The Party et sa basse sensuelle, ses cordes langoureuses. Le piano majestueux enchante sur Twist Your Ankle où Andy met de l'effet dans son chant pour le faire scintiller et créer un tempo qui voltige suave et précieux.



Quite Like You sautille, clopin-clopant sur les guitares et la basse décrivant le couple Jeremy et Sherry avant la sunshine pop de Begin Again qui évoque ses sentiments pour Sherry. L'ambiance me rappelle fortement celle des Woody Allen avec une pincée de Charles Shulz, les rencontres naives et maladroites, autour d'un verre, dans les parcs, comme The Worst In You qui avec humilité, une rythmique bondissante, est un bol de spontanéité et d'innocence. Le naturel d'Andy Shauf cache du génie, un talent exceptionnel dans la composition et l'instrumentation qui continue avec le sentimental Jimmy sur To you et le groove virevoltant de Eyes Of Them All. Les guitares à l'attaque de Alexander all Alone ravive l'âme de Needle in the Hay, avec un piano et un chant posé, lyriques quand Martha Sways boucle l'écoute avec grâce sur la guitare acoustique délicate et les violons romantiques.
Pour présenter ce The Party époustouflant de qualité et de musicalité, Andy Shauf après avoir joué en Europe et à Paris en avril, part en tournée sur le territoire américain et canadien avec Chris Cohen et Scattered Clouds pour des dates quasi quotidiennes jusqu'au 19 décembre.

AndyShauf



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...