jeudi 30 juin 2016

Une éducation

Film sixties avec une bande sonore à saliver, orné de hula-hoop, An Education nous offre un scénario signé de l'excellent Nick Hornby, auteur réputé dans le milieu indie-pop depuis son premier roman High Fidelity, puis About a Boy, Vous descendez?, Carton Jaune, etc :  NickHornby&BenFoldsPiggledyPop
Stylé et britannique sur le bout des ongles, il plaira à la génération des baby-boomers, aux amateurs de pop et de livres et ravivera inévitablement des souvenirs chez celles qui ont connu cette 'éducation' au sein d'institutions pour jeunes filles...
Comédie romantique, la rencontre des protagonistes, Jenny et David se déroule sous la pluie, Jenny attend le bus, son violoncelle sous le bras, quand David la voit prendre l'eau et lui propose d'abriter l'instrument dans sa bristol. Le film dans son ensemble n'est pas mythique mais grâce à Carey Mulligan qui amène du charme, une présence incroyable et une prestance qui s'affirme de film en film, c'est un succulent long-métrage à voir.



J'ai notamment admiré Mulligan dans Orgueil et Préjugés, puis en 2015 dans Les Suffragettes. Ce dernier film prend place en 1912 et relate l'histoire du droit de vote des femmes en Angleterre, la bataille féroce, acharnée, menée par ces femmes d'un courage fou, incarnées par Carey Mulligan, Helena Bonham Carter et Meryl Streep qui joue Emmeline Pankhurst, femme politique qui mena les troupes dans ce combat.

An education est filmé à Londres, les images font rayonner tout ce qui caractérise le Royaume-Uni, les dialogues, drôles et sarcastiques se marient au fameux flegme tout en époussetant les idées conventionnelles de l'époque. On retrouve cet état d'esprit et cette ambiance dans le film TheBoatThatRockedPiggledyPop
Le sens de la dérision et du loufoque vit sous le stylo de Nick Hornby qui adapte ici le best-selller autobiographique de la journaliste Lynn Barber. Elle y raconte sa véritable histoire lorsqu'à 16 ans, elle rencontre un homme, charmeur sociopathe, plus âgé qu'elle. Une touche 'french' apparait courtoisement quand Jenny écoute des 33tours dans sa chambre et chante Sous le ciel de Paris de Juliette Greco où quand elle retrouve ses amies en dehors de l'école pour fumer et lire l'Etranger de Camus .



L'acteur américain Peter Sarsgaard est tout aussi excellent. Il a joué dans une foule de films depuis 1995, notamment Boys don't cry, L'Homme au masque de fer, Jarhead, Le Mystificateur, Night and Day..Son rôle de David, juif, passionné d'arts, entourés d'amis, grand séducteur, menteur compulsif, représente un vent de liberté pour la jeune fille engoncée dans une éducation peu distractive, est génialement interprété. Le personnage arrive à se mettre les parents dans la poche, les séduit sans mal. Jenny découvre les concerts, les soirées, les restaurants, les voyages. Les parents sont d'autant charmés qu'ils imaginent avoir casé leur fille à un homme riche qui se révèle dans l'intimité très étrange voire désaxé, un parvenu 'sans éducation' qui avance en eaux troubles.



De façon subtile, la réalisatrice danoise Lone Scherfig refait vivre les sixties, avec les mentalités d'après guerre coincées entre le conformisme et la politique libérale à tous crins, les idées indécrottables antisémites, personnifiées par la directrice de son école que plante la fabuleuse Emma Thompson, qui s'entrechoquent avec des moeurs qui se délient, les expositions, la musique et la démocratisation des loisirs. Dans l'Angleterre de 1960, l'intérêt de Jenny pour Jane Eyre va dévier sur les Beatles et le romantisme en sandwich 'à la Greco' avec sur Les quais de Paris. Jenny doit faire face au choix cornélien, la facilité de vie aux bras d'un homme aisé ou l'adversité, prenant en main son propre destin. Comédie croustillante An Education, autobiographie adaptée par Horby avec panache, qui date de 2009 est à ressortir des fagots en cette période enflammée que déclenche le brexit. Amis anglais, l'Europe économique ne nous embarrassait pas en 1960 dans l'entretien de nos liens amicaux, de notre fascination réciproque inavouée, ça ne changera pas aujourd'hui ! 


Romans de Nick Hornby adaptés au cinéma:

High Fidelity



About a Boy



Carton Jaune (Fever Pitch)

dimanche 26 juin 2016

Quelle quiche cette lorraine !


Article extrait de Boboquiche.blogspot :

"Témoin des vicissitudes de l’histoire d’Europe, on retrouve les premières traces de ce miraculeux gâteau en 1586. Le duc de Lorraine, Charles III, en faisait une consommation régulière, si l'on en croit le livre des dépenses de Philippe de Rarécourt, Maître d’Hôtel du duc, qui s’inquiétait du déficit du duché aggravé par la consommation excessive de quiches.
Nous devons la forme actuelle de cette tarte mirifique à Vincent de la Chapelle (grand-père de Don Bonapasta, Docteur ès Quiche), cuisinier de Stanislas, duc de Pologne devenu roi de Lorraine le 11 avril 1736. Stanislas ne réside jamais à Nancy, et mène une vie fastueuse dans les châteaux des ducs de Lorraine à Lunéville, Commercy ou la Malgrange où il se goinfre de quiches. Il se dit philosophe, a pour ami Voltaire, et a pour but d'éblouir ses contemporains. Il souhaite faire de Nancy une des villes les plus belles d'Europe, mais lorsque Stan mourut en 1766, la Lorraine fut rattachée à la France et Nancy perdit son rang de capitale, et la quiche se répandit dans le royaume de France."








Etude sociologique de la Quiche, Extrait de Kikita/free

Comme nous pouvons le remarquer sur ce graphique, cette population ne cesse d'accroître depuis les années 70, avec une accélération de cette accroissement dans les années 90. Ce phénomène s'explique par le fait que les nouvelles technologies (Internet, lecteur dvd, four micro-ondes....), ont pu révéler au grand jour des quiches qui jamais ne se seraient faire connaître sans cela.



On distingue dans cette population, les quiches (qui sont les femelles) et les quichons (les mâles). Bien qu'ils ne se reproduisent pas nécessairement ensemble, cette population ne cesse d'accroître.

Qu'est-ce qu'une quiche, et comment la distinguer?

Tout d'abord, une quiche se caractérise par un langage pauvre et hermétique que lui seul est le seul à comprendre. D'où, l'énorme lacune de communication.
Ce langage pauvre, se caractérise par la répétition de mêmes phrases , les seules que le quichon sait prononcer (" moi, pas comprendre", "j'pige rien", "j'ai rien suivi", "c'est trop compliqué pour moi"....). Ces phrases, sont le reflet des difficultés intellectuelles auxquelles il doit faire face.






La quiche, c'est meilleur avec des frites !

samedi 25 juin 2016

Cillian Murphy

Cillian Murphy est un acteur irlandais 'pop'. Né en 1976 à Cork, d'un père inspecteur académique et mère professeur de français, alors qu'il entame des études de droits, le jeune homme se tourne vite vers l'artistique. Après une expérience au théâtre, dans des mini-séries, il obtient en 2001 un très beau rôle dans le film Disco Pigs. Il participe également à la bande originale du film où apparait deux chansons qu'il compose. Car Cillian Murphy est avant tout, viscéralement, depuis toujours, un musicien comme il le décrit dans une interview : "A l’origine, je voulais être musicien. J’ai commencé à jouer de la guitare et de la batterie assez jeune, puis j’ai fait partie de plusieurs groupes avant d’en créer un avec mon petit frère, Sons Of Mr Green Genes. La musique a été ma première façon de m’exprimer de manière créative, que ce soit à travers les concerts ou l’écriture. Je me suis très vite senti à l’aise sur scène."



Adolescent, entre deux pièces de théâtre, pour se motiver, il écoute Miss You des Rolling Stones. Il a sa première guitare très jeune, joue du tambourin, écoute des cassettes qu'il loue à la bibliothèque de Cork et monte son groupe pop. Quand ses premiers contrats d'acteur arrivent, il ne se résout pas à se séparer de sa passion. Sur Disco Pigs, histoire qui relate la complicité de deux adolescents de 17 ans nés le même jour dans le même hôpital dans la veine des Enfants Terribles de Cocteau, realisé par Kirsten Sheridan, où il partage l'affiche avec l'actrice Elaine Cassidy, Murphy signe le single So New. La musique du film est signée de Gavin Friday, musicien avec qui Cillian retravaillera en 2005 pour le film Breakfast on Pluto, chantant en duo la reprise de Lee Hazlewood, Sand.



Depuis, sur son chemin d'acteur, nous avons vu Cillian Murphy dans Batman, Inception, 28 jours plus tard, Broken, Au coeur de l'océan de Ron Howard en 2015, Red Eye de Wes Craven, le sublime Sunshine de Danny Boyle, The Wind That Shakes the Barley de Ken Loach et dans la série phénoménale actuelle dont je suis fan, Peaky Blinders.
Cette excellente série dépeint la période trop méconnue et pourtant si riche d'entre deux guerres au Royaume-Uni avec l'histoire d'un gang en 1920 à Birmingham qui terrorise le monde des courses hippiques et aussi les autorités, ayant des liens serrés au fil du temps avec Churchill. Leur leader Billy Kimber, qui a 24 ans est un gangster, chef des lignes Peaky, est devenu un des plus respectables et légitimes homme d'affaires du pays. Cillian Murphy interprète ce rôle et bien sûr, la bande son de la série est extraordinaire, avec Nick Cave, Artic Monkeys, White Stripes, Ane Brun, The Raconteurs, Tom Waits, Johnny Cash etc...



Parallèlement à son activité d'acteur, Cillian collabore avec des musiciens comme Money, I Break Horses, Nils Frahm, Paul Hartnoll, The Frank and Walters en participant à leur album Songs for the Walking Wounded (voix sur Stages et Hanging on the Edge) et Feist en apparaissant dans sa vidéo dirigée par Kevin Drew de Broken Social Scene pour le titre The water. Impliqué et engagé dans les bandes originales des films où il joue, Cillian Murphy fan de Blur, se ravit que Damon Albarn signe la BO de Broken, s'immerge dans Sigur Ros et de la musique classique pour jouer la scène finale de Sunshine, et récemment appelle un des ses amis, Flood, producteur de PJ Harvey, Nick Cave, Depeche Mode pour intervenir sur la bande son de Peaky Blinders.



L'idée de passer de l'autre côté de la caméra a pris forme en discutant avec son ami Simon Raymonde fondateur du label indie-pop Bella Union et membre des Cocteau Twins, qui signe le groupe Money. Suite à une rencontre du leader du groupe Jamie Lee avec Murphy autour du projet de la vidéo de la chanson Hold Me Forever, l'acteur-musicien revêt une nouvelle casquette avec brio, celle de réalisateur.

"Jouer est devenu ma plus importante façon de m’exprimer, mais je suis toujours aussi passionné de musique. J’en écoute tous les jours, et elle influence mon travail et la personne que je suis quotidiennement." "pour moi, il s’agit plutôt d’émotions. La musique te transforme émotionnellement, non? Elle te fait sentir différent, ou elle renforce certaines émotions que tu ressens déjà. Quand je vais à un concert, je ne veux pas en ressortir en me disant «mouais». Je veux ressentir quelque chose, me sentir transformé, bouleversé émotionnellement parlant. J’aime la manière dont la musique peut faire ça. Et puis, la musique est une exploration infinie. Tu découvres un groupe qui te fait découvrir un autre groupe, puis un autre groupe… J’adore le fait que ce soit une aventure sans fin. "

Cillian Murphy, les pieds sur terre, surtout l'irlandaise, avec sa femme et ses deux fils, est un artiste complet inspiré et charismatique, au talent inné et infini pour mélanger et marier la musique à diverses autres formes d'expression. Ce fan de Bob Dylan, Alexandre Desplat, JJ Cale, The Beatles, Ennio Morricone et King Creosote met en oeuvre sa perception de 'l'aventure sans fin' pour notre plus grand plaisir.
CillianMurphy







dimanche 19 juin 2016

Mac DeMarco


Mac DeMarco n'est pas une marque de café, mais de l'amour, il nous en propose du bon et du résistant avec son dernier album d'août 2015, Another One.
Le jeune canadien de 26 ans est très actif, productif et surtout inspiré. Il n'écrit pas une pléthore de chansons pour faire du chiffre mais bien parce qu'il vit sa musique depuis 7 ans, passionnément et concrètement. L'artiste fort sociable et généreux n'est pas du genre à faire de la musique reclus, au contraire, sa renommée grandissante dit qu'il est bavard lors de ses concerts qu'il enchaine. Très drôle et charismatique, il fait aussi rire son audience. Au delà de ce caractère sympathique et attachant, le jeune homme est doté de l'oreille absolue et d'un talent inoui. Le musicien forme son premier groupe à 19 ans et auto-produit un premier EP. Puis il intègre sur scène le groupe de Vancouver Japandroids avant de déménager à Montréal et sortir en 2012 un album de 10 titres, Rock and Roll Nightclub. Magnifiquement fleuri de mélodies pop, l'album est un essai qui sera transformé en avril 2014 avec Salad Days de 11 titres grandioses suivi du génial Another One enregistré à Brooklyn l'été dernier.



Ses mélopées sont construites comme des histoires qui font voyager sur les continents, au bras de Johnny ou d'Annie, sur fond d'amour et de rock'n roll, avec des arrangements sublimement pop. Guitariste fantastique, il compose et écrit des airs savants qui font autant danser que sourire. Ses fins sarcasmes montrent que l'artiste a une âme de troubadour de la veine de John Lennon et de Jonathan Richman qu'il admire et qu'il a aussi un esprit bien fait et bien rempli. Créer des univers semble être inné et les mettre en musique avec sa basse scintillante et sa guitare vibrante paraît venir avec une aisance sincère et amusante. A l'écoute de ses deux albums, on saute dans les fleurs, sous le soleil, dans la bonne humeur constante grâce à son sens de l'auto-dérision. Mac DeMarco ne se prend pas au sérieux, sous sa casquette, le garçon garde la tête sur les épaules, pas dévissée un poil.



Pitchfork qui est fan le décrit comme le ' the goofball prince of indie rock' et si la presse a tendance a le prendre pour un rigolo désinvolte parce qu'il préserve son sens de l'humour et de l'humilité, il n'en reste pas moins que monsieur DeMarco est un bosseur, un acharné à la tâche qui peaufine les détails et ne laisse de place au hasard. Sa personnalité frivole et insaisissable perturbe. Je la trouve grandiose. Artiste jusqu'aux bouts des ongles, la poésie et l'élégance habille The Way You'd Love Her à l'entame d'Another One, titre qui accroche les oreilles au plafond dès la première écoute. Les arrangements subtiles font voltiger la guitare, la batterie sensuelle, sur le chant volontairement taquin et entêtant. Another One, avec son clavier langoureux flirte avec la basse envoûtante avant le solaire No Other Heart et son texte enchanteur 'I'll put the sparkle right back in your eyes'. Avec une veine rock proche de Wilco, Lou Reed, Kevin Ayers, Mac taquine le style psychédélique avec excellence sur Just To Put Me Down quand le somptueux A Heart Like Hers, fluide, nostalgique, est orné d'un discret blues sur un clavier brillant et une rythmique énamourée. Puis on repart à sautiller en faisant des bulles sur le tempo impétueux de I've Been Waiting For Her en chantant avec DeMarco qui est étourdissant de charme à la guitare. Without me offre une cadence alanguie délicieuse pour parler de sa dulcinée partie et évaporée jusqu'à l'ambiance humide de My House By The Water, aux samples aquatiques pour imager le coeur brisé et l'amour en fond de cale. Mac DeMarco joue sur les scènes européennes tout l'été, des Pays-Bas, à la Suisse, Danemark, à Londres la semaine prochaine et passera aux Eurockéennes en juillet. Sa tournée est à retrouver là : MacDemarco







Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...