samedi 1 novembre 2014

The Orchids

Groupe de pop mythique né à Glasgow en 1986, The Orchids est lié de près à Sarah Records, label de pop mythique mis en place à Bristol en 1987 par le duo légendaire Clare Wadd et Matt Haynes qui accueillent en deuxième signature dès 1988 les musiciens écossais pour le single I've Got A Habit. Le lien qui les unit est si intime et solide que quand Sarah Records cesse son activité offrant un concert d'adieu en 1995, regroupant tous les groupes de la famille (Field Mice, Blue Boy, Another Sunny Day, The Wake, The sea Urchins, Heavenly, St-Christopher, East River Pipe etc), ce même soir The Orchids, au sommet de leur art avec 7 singles et 3 albums, raccrochent les guitares. Pour peaufiner ces 3 albums, Lyceum de 1989, Unholy Soul de 1991 et Striving For the Lazy Perfection de 1994 il y a l'amitié indéfectible et stable de leur producteur Ian Carmichael, également musicien des One Dove. Il y a plus de 25 ans, The Orchids, James Hackett à la guitare et chant, les guitaristes John Scally et Matthew Drummond, le batteur Chris Quinn , le bassiste James Moody et Pauline Hynds Bari au chant, sans encore en avoir conscience, font partie des précurseurs du mouvement indie-pop. Cette joyeuse et talentueuse clique pop aimant "faire la musique" en s'asseyant gracieusement sur l'idée du bénéfice se reforme une décennie plus tard. Sans chirurgie esthétique ni accent nostalgique, The Orchids signe en 2007 l'album Good to Be a Stranger très inscrit dans son époque qui sera suivi par The Lost Star en 2010, tout autant à la page. Cet excellent album contient une âme épique avec ses violons et violoncelles comme sur Come Lay Down On My Bed mais aussi une épine dorsale pop, cette fabuleuse pop qui pousse les tables, donne envie de monter le son et de danser comme des diables.


En ce mois d'octobre 2014, The Orchids sont de retour avec l'album Beatitude#9 fleuri d'harmonies, de mélodies savoureuses, épatantes tant elles alternent de genres, épousent le style pop actuel avec des orchestrations disco-pop, une fibre tantôt twee tantôt acoustique qui rappelle leurs origines avec la griffe subtile impressionnante de Ian Carmichael à la production. J'ai écouté plusieurs fois Beatitude#9 au milieu d'autres écoutes, des albums sortis ces deux derniers mois et celui de The Orchids est vraiment à classer en haut du panier. Sans regarder dans le rétroviseur après presque 30 ans de carrière, le groupe écossais signe un disque frais, fabuleusement moderne et benjamin avec un unique clin d'oeil au passé sur We made a mess, court et intense. Fournie de synthétiseurs arrogants, e la basse captivante du nouveau venu Ronnie Borland comme sur The good words are never too long et le chant sublime de Pauline Hynds, l'orchestration surprend tout le long, groovy ou expérimentale. Carte postale sonore et langoureuse, le thème amoureux domine décliné sous plusieurs rythmes avec en introduction un Turn your radio on de 40 secondes astrales. Aussitôt les guitares bondissent sur la batterie de Chris Quinn dans Something's going on où la voix de James Hackett, juvénile et clinquante, magnifie le titre. Le voluptueux Felurian's Dream vient onduler avant d'offrir un cocktail de notes réjouissantes et poppeuses avec She's just a Girl. The Orchids enchaine avec le tempo énervé, cuivré et funky de Someone like you pour poursuivre sur le magnifique piano de A perfect Foil, sa guitare acoustique enveloppante, sa basse chahuteuse et son rythme de soie. Les synthétiseurs stellaires continuent la balade spatiale sur The coolest Thing avec ses soleils, ses étoiles, ses déclarations enflammées et dansantes. Les arrangements astucieux et progressifs se retrouvent sur And when she smiled, balade maniée avec sensualité comme sur l'approche expérimentale de Hey! Sometimes! où brillent les guitares et les claviers. Après le chaleureux Good Words, les guitares s'aiguisent grâce au talent de Keith Sharp et les boules disco scintillent sur la stéréo avec Today's the Day. La cadence redescend en entrant dans le sillage moelleux et tendre de A way to you, maritime et iodé quand on repart dans le champ cosmique avec Your Heart sends me habillé d'une pleiade d'instruments à cordes qui concluent avec la trompette de We made a mess l'écoute de Beatitude#9 . The Orchids de manière surprenante sont bel et bien là et n'ont pas fini de vendre leur fraicheur et leur énergie de débutants.
TheOrchids


dimanche 26 octobre 2014

Jean-Louis Murat / Babel

Autant Piggledy Pop oeuvre pour faire découvrir de nouveaux groupes, autant le blog peut évoquer des astres, des maitres absolus de la composition et de l'écriture comme Jean-Louis Murat. Mes conseillers particuliers, dont l'un a l'ADN auvergnate, autant dire que les émotions de son "siège", surement les plus réelles, les plus pures de toute l'assistance ont dû la survoler et atteindre la scène, sont allés le voir à l'Olympia le 23 septembre dernier me vantant le charisme impressionnant de Monsieur Murat. Leur avis extrêmement enthousiaste, mon souhait de faire un billet sur l'artiste depuis un moment et la sortie le 13 octobre 2014 du bijou Babel, m'amènent à prendre la plume. Connaissant très bien les truites des grands moulins, les myrtilles du Sancy, la poudreuse de Chamablanc, les loups légendaires des bois de Murat, ma plume ne trempera pas dans le sentimentalisme mais sera très certainement imprégnée de sincérité. Car pour ceux qui ont la chance d'être là-bas, les 20 titres de Babel sont un cadeau. Pour les autres, c'est un chef d'oeuvre de finesse d'écriture, de poésie, de lyrisme et de rock à découvrir absolument. Jean-Louis Murat est l'auteur compositeur français qui domine les autres depuis des années tant ses mélodies majestueuses, ses textes littéraires, sa musicalité poétique et sa voix, incroyablement ronde de subtilité, émouvante et finement maitrisée le distinguent du misérable imbroglio musical français, essentiellement proposé par les gros labels (gros et gras d'esprit avec un maigre sens des valeurs esthétiques) soutenus souvent, ça va de pair, par de médiocres médias. La jolie rebelion de Murat face au système économique de la musique gangréné depuis les années 80, lui a valu une renommée qui avec le recul était malséante. Aujourd'hui, il est évident qu'il avait raison de batailler au détriment quelquefois de sa carrière. Cette belle intégrité s'entend dans sa musique, à la fois constante par sa qualité au travers des décennies mais aussi riche de sa parole, de son tempérament d'acier qui protège une âme de poète. Cette personnalité solide et ce coeur tendre se retrouvent intraséquement sur Babel. Je ne reviens pas sur ses tueries d'albums passés signés par cet enfant du musée de la Toinette qui grandit en taillant du salers avec son laguiole, mordant à pleine dent le pounti, et me consacre qu'au récent sublime Babel, dont le titre vient du petit village Saint-Babel, qui vivifie l'album du maestro bourboulien d'une veine autobiographique.

Ouvrant Babel l'offensif Chacun vendrait des grives et sa volée d'instruments, est orchestré avec la présence de The Delano Orchestra. La guitare électrique et la batterie au galop, pourraient accompagner un départ en croisade magnifié par les trompettes, le banjo et les choeurs. The Delano Orchestra est un groupe clermontois qui par sa présence à l'enregistrement, aux arrangements et aux côtés de Jean-Louis Murat sur scène, accentue le profil très intime, originel et personnel du disque. Leur alliance naturelle, viscérale, de leur amour commun pour l'Auvergne offre un résultat mélodique grandiose. L'ensemble de musiciens The Delano Orchestra est composé d'Alexandre Rochon (guitare, banjo), Julien Quinet (trompette), Guillaume Bongiraud (violoncelle), Matthieu Lopez (guitare électrique), Christophe Pie (batterie), Thomas Dupré (basse), signe un premier album en 2008 chez Alienor dont je parle dans mon billet sur Pierre Bondu, puis signera depuis quatre albums choyés par le label auvergnat unique en son genre en France par son apanage, Kütu Folks Records. Toujours pour rester local, Chant Soviet offre la présence de deux personnalité : la chanteuse de Cocoon, Morgane Imbeaud, qui a déjà travaillé avec Murat sur l'album Charles et Leo, textes de Baudelaire, musique de Léo Ferré et un ami de Murat qui lui rend souvent visite au coeur des monts auvergnats, le compositeur et guitariste d'Elysian Fields, Oren Bloedow qui vient jouer sur le titre dansant, dont les rythmes chauds des cuivres, des guitares et de la basse, contrebalancent avec le froid de l'Arctique et de la Taiga. Puis j'ai fréquenté la beauté dont la vidéo a été réalisée par Alexandre des Delano, débarque avec ses couleurs, ses animaux, ses parfums, ses frissons sur la route de la Tour avec un Jean-Louis Murat dont la voix cristalline danse le menuet et prend autant de courbes et de lacets. Ces virages mélodieux continuent dans le chant sur Blues du cygne et sont subtiles, groovy, sensuels sur les trompettes friponnes, une orchestration délicieusement bluesy, fleurie de clap hands et des arrangements divins de Christophe Pie. Dans la direction du Crest, chevaleresque et langoureux offre une mélodie touchante sur un texte plein de métaphores que seul Murat réussit en personnifiant les lieux, la nature, leur donnant de l'"hémoglobine" qui coulerait, jusqu'à Saint-Léger, si on y touchait.

La chèvre alpestre propose une rythmique taquine pour raconter l'histoire d'un homme qui a perdu sa chèvre avec toute la moquerie et badinerie du poète qui nous emmène et on le suit. Le tempo marqué et calibré mitraille des cuivres rock'n roll sur Qu'est-ce qu'au fond du coeur, les oreilles bondissent, plongent, complétement immergées par la basse, la batterie et le clavier psychédélique d'Alexandre qui "livrent toujours bataille". Puis Les Ronces commençant par les paroles de la ronde enfantine écrite en 1753 par Madame de Pompadour, "Nous n'irons plus au bois" rappelle avec la suite des paroles le lien fort qu'unissait Jean-Louis Murat à ses grand-parents, évoquant le loup à pister sur la neige, le ruisseau des grands moulins, le sioule, le vendeix, le passé, les allemands...et les souvenirs qui prennent la forme de poison, de ronces. Mujade ribe, voluptueux et charnel, monte en puissance avec l'orchestration qui ondule pour évoquer "la Dordogne qui remonte" comme celle qui traverse le Mont-Dore, longe le Puy de Sancy et si bien mise en musique par Murat qui manie les mots en les déposant délicatement sur les notes, tel un magicien. Vallée des merveilles est une ballade dansante, à l'ambiance légère menée par un tempo suave, pour parler de fruits, d'animaux, de la fameuse hirondelle si chérie par l'auteur pour être divinement tranchant en décrivant les dérives humaines. Le jour se lève sur Chamablanc ramène si joliment les souvenirs du petit Jean-Louis Murat au vendeix où le blé était à faucher, aux genets, à la rhubarbe à couper, Martin et 'le Pierrot' sur le violoncelle subliment mélancolique et le clavier habité pour un thème qui brille de souvenirs. Neige et pluie au Sancy est une cavalcade de sons un peu country avec le banjo pour essuyer quelques boutades de la part du climat. Ici le tempo guerrier va comme un gant à la plaine brulée qui peut être rugueuse et brutale, ce qui constitue toute sa grandeur et sa beauté. Col de Diane poursuit sur le thème de la mystique Auvergne, avec les voix qui se lient à la trompette et au violoncelle pour décrire la chasse, le diable, le chateau de Murat..."faut pas y compter", avec son auteur qui lance des particules de notes en jouant avec les mots, les triturant, les caressant pour nous délivrer un texte là encore, princier. Noyade au Chambon, émouvant avec son château, les guitares, la batterie, les sujets fluides évoqués avec classe et orchestrés avec élégance, pour dépeindre une noble ambiance volcanique. Tout m'attire est une chanson marquante qui reste en tête sur un sujet amoureux, une rythmique et des cymbales éfficaces. Frelons d'Asie enroulée par le chant sublime de Murat, accompagné par Morgane, avec les arrangements de cuivres et de cordes de The Delano Orchestra qui tournoient sur un texte métaphorique parlant joliment de la décadence, est suivi de Long John qui nous embarque sur les eaux, en ballade sur un navire avec la guitare acoustique splendide, le chant de Morgan tel celui d'une sirène allié au violoncelle et à la mélodie prodigieuse. Les instruments se déchainent sur la voix superbe et dansante de Murat qui offre un texte magnifique, romantique, poétique, rempli de tendresse, de lait, de violettes. C'est empli de cette Auvergne si belle et majestueuse, de la complicité émouvante entre Jean-Louis Murat et ses grand-parents que se termine Babel sur le swing guilleret de la basse, de l'orgue, de la trompette voltigeants pour finir au Camping à la Ferme qui est savamment mordant ...Enfin et quelle belle inspiration, le vingtième titre Passions tristes, boogie avec ses flûtes, son style alternatif de génie où toute la joyeuse clique auvergnate chante en choeur pour conclure un Babel taquin, canin, flamboyant et dansant, hautement rythmé par les Delano Orchestra et par les mots griffés Jean-Louis Murat qui nous compose là un album qui fleure bon le Pays. Merci !
JeanLouisMurat

Février

Je préviens d'emblée, le groupe est récent et n'a signé pour le moment que deux singles, donc la chronique sera brève. Février nait au printemps dernier, apparaissant avec le single magique Float qui sans que ce soit téléphoné est réellement ondoyant. D'une fluidité pop charmante qui semble évidente, on entend la technique maitrisée par le guitariste et chanteur Eirik Åsbakk, mais aussi par les autres menestrels : le batteur et bassiste Anders T. Gjerdrum, le guitariste, chanteur et pianiste Tarjei Antonsen et le batteur Erik Lønne. Tous les quatre étaient auparavant dans la formation Mining in Yukon depuis 2011 qui a splitté l'année dernière. Originaires de Tromsø en Norvège, les deux groupes, se connaissent bien et continuent de jouer ensemble. Dans les environs, on retrouve le frère d'Eirik, Torgrim Åsbakk pour le duo acoustique Trubadurene Tom & Torgrim.

Puis le deuxième single Jazz qui renchérit est épatant, très prometteur. Les musiciens norvégiens âgés de 25 à 27 ans sont des passionnés de pop, de rock et même s'ils ont tous fait des études et ont des emplois du temps chargés, ils  continuent de créer, de signer des mélodies belles et palpables. On connaissait la scène de Bergen avec les Kings of Convenience, ou bien Datarock, Lovedance, Alexander von Mehren, Kambourines etc, et Février qui y est désormais installé est prêt pour la conquête du public local mais aussi international ayant joué en Islande cet été au festival Bukta de Reykjavik. Eirik Åsbakk sous ses mèches d'or et dérrière son sourire juvénile, devenu récemment jeune papa est inspiré, prolifique, pointilleux. Les influences musicales présentes sur la page officielle du groupe comme Avi Buffalo, Sparklehorse, Neil Young, Talking Heads, Elliott Smith,Deerhunter, Crystal Castles, Animal Collective, Beatles, Nirvana, Pavement laissent à penser que les futures productions de Février seront juteuses. A suivre.
Février

PROMOFévrier




Følg medFévrier

Mr Day

Véritable cocktail d'influences qui aurait le goût de Franz Ferdinand offrant un tribute aux Blues Brothers sous le soleil californien en mode bollywood, la musique de Mr Day est fertile et colorée. Les guitares électriques ont de la soul, du blues, et se marient parfois avec un ensemble de violons, ou un clavier psychédélique sur des arrangements funky, ska, et sans nul doute, pop. Ce groupe formidablement groovy est français. C'est à Lyon que la bande de musiciens affûtés se fleurit d'Eric Duperray à la guitare, chant et composition, Julien Masson à l'autre guitare, Raphaël Chambouvet à l'orgue, Rémy Kaprielan à la batterie et Bruno Hovart à la basse et production. Eric aka Mr Day n'est pas un débutant et sur scène depuis les années 90 il monte le groupe Kool Kats Club, puis le Metropolitan Jazz Affair et en 2001 The Dynamics, ensemble reggae soul. Bruno guitariste de talent et bassiste est aussi arrangeur et producteur spécialisé en soul music, Raphael est un pianiste actif jouant dans la formation lyonnaise CHK,  Julien est le charismatique guitariste et compositeur du groupe garage soul The Buttshakers, idem pour Rémy qui assure la rythmique de Mr Day mais aussi de Belle du Berry, CHK, Poppy Grass, David Lewis et The Dynamics.

Après le premier EP Curtis en 1999 au nom évocateur, il y a deux sorties d'album signées Pascal Rioux & MR Day en 2000 et 2001, Pascal Rioux étant un ami de longue date qui monte le label Rotax dans les années 90 et tient les rênes aujourd'hui de Favorite Recordings, label de Mr Day. L'EP Deep Ocean sort en 2005, suivi de Soul On Wax en 2007, Tears of Joy en 2009 pour enfin enchainer sur deux albums, Small Fry en 2010 et Dry Up In the Sun en 2012. Les deux jolies pièces contiennent toute l'âme de la Motown faisant rayonner par quelques reprises l'esprit de Curtis Mayfield, T Rex, Dusty Springfied, Cornel Campbell avec la cover Queen of minstrel, le tout saupoudré d'une atmosphère mods, décrite par le groupe "cette culture reste une source inépuisable d’inspiration et de curiosité, une sorte de terrain de jeux favori entre l’Amérique du Jazz, les Beatniks des 50′s, Rome, les costumes et les Vespa de la Dolce Vita, le Paris de Saint Germain, de la Nouvelle Vague, le Swinging London des 60′s qui importe et recompose à sa manière les musiques américaines, le Blues, Rythm’n'blues, le Rock’n'Roll la Soul et aussi les sons jamaïcains".
Le titre Soulfood apparait dans la pub Dolce Gusto de Nescafé et aide à une renommée internationale méritée car Eric et sa Fender Telecaster, sa voix souriante immaculée de soul, qui écrit des petits chefs-d'oeuvre au son authentique peut se permettre de survoler et dépasser la montagne Sainte-Victoire. Idéal pour travailler vos pas de danse funky chicken à la James Brown et pour découvrir le bébé daté du 29 septembre de Bruno, l'EP Time, ça se passe là : MrDay



Christian Lee Hutson

Christian Lee Hutson est un auteur-compositeur américain qui produit des chansons délicates et folk dans le sillage de Paul Simon, Red House...