lundi 17 février 2014

French Cassettes

French Cassettes est un quator américain qui a un sacré sens de la mélodie, immédiate et fraiche, qui caresse et titille l'oreille à une vitesse éclair. Les titres courts, efficaces, passent avec une facilité déroutante à l'écoute. La production de qualité offre des arrangements pop qualifiés de jangle, rock, ou surf avec une rythmique et une basse féroces. Originaires de Ripon près de San Francisco, Scott, Mackenzie, Thomas, James signent un premier ep jovial et estival nommé Summer Darling en août 2011. Que ce soit dans les paroles narratives, dans le chant ensoleillé et spontané de Scott Huerta ou dans les harmonies volontaires et énergiques, l'ensemble rappelle les Strokes. Les frères Scott et Thomas Fuerta jouent et composent depuis leur adolescence en public sur les scènes et plages locales. Ils rencontrent Mackenzie Bunch au lycée en 2006 et ensemble signent Summer Darling. Ils rencontrent ensuite le batteur James Gallagher et partent sur les routes de Californie pour présenter leurs premières chansons tout en peaufinant l'album Gold Youth de 9 titres sorti en août 2013.


Cette signature de French Cassettes est fort prometteuse. L'âme surf et rock orchestrée avec des tambourins et des guitares rutilantes est addictive et accrocheuse. Les voix groovent et séduisent en choeur, incrustées de soul et d'authencitité. Le narrateur, Scott, va à l'essentiel utilisant un champ lexical franc, avec comme thèmes de prédilection les dents et les langues sur Caterpillar, Teeth for Talking, US Kids, We were fun, Mouth Drum ou sur Spooky, les regards et la vérité sur Bee's Knee, Cousin’s Carpet ou sur Radley qui évoque le personnage de To Kill a Mockingbird. Cette référence apparait indirectement d'ailleurs dans le titre Secrets Make Sounds quand Scott entonne " Well the difference gets blurred when you mock like a bird about me". Les arrangements ficelés sont tout aussi directs, stimulants et percutants, plein de jeunesse consciente et soulignée sur I’m Green Today "The big yellow buses, those late morning rushes, I’m learning to read and to fight, We’re writing letters, plucking cards like they’re feathers, I’m green today, but tomorrow I’ll do better. ". Gold Youth est un album sautillant et scintillant avec un tempo qui galope, qui donne envie de danser avec ses mélodies rondement menées tandis que les French Cassettes ne sont qu'au printemps de leurs créations. A suivre absolument.
FrenchCassettes



samedi 15 février 2014

Ferns

Ferns est un groupe malaisien qui avec son nom, "fern star" désignant une famille de fougères, et le titre de leur opus de 2007, On Botany, nous livre un univers plein de pétales, d'oxygène, de fleurs des champs dans leurs mélopées. Originaire de Kuala Lumpur, les membres du groupe aiment Camera Obscura, Wilco, Jens Lekman etc, et ces jolies influences se distinguent dans leur pop rêveuse et élégante. Les guitaristes, Johan et Warren qui chante, le bassiste Adrian, le batteur Rudy et la claviériste Abby qui chante aussi, offrent un univers pop délicat, frais qui remporte un franc succès auprès des médias et du public, classant On Botany meilleur album indie-pop de l'année . Sur scène, le groupe est invité en Suède à partager l'affiche avec Pelle Carlberg et Club 8. Les arrangements fifties et sixties peaufinés twee sur les dix titres accompagnent des textes mélancoliques qui toucheront les amoureux déçus et les coeurs brisés. Les sentiments désespérés sur The Western Front "I honestly believe, Momentum breaks my heart"..."I honestly believe, This war was lost for me", ou sur This Sweet Refrain "Today you'll find, Another sad scene inclined, Make up your mind, All of us've gone through hard times" se lient de manière contradictoire à des harmonies légères, mellow et pailletées. Le thème romantique à toute épreuve est décliné sous toutes ses formes et ses temps dans une ambiance champêtre comme sur Finding love in a handful of beans avec ses feuilles, son fermier et ses saisons.


En 2011, Ferns revient avec l'album Fairweather Friends où l'esprit apparait moins désanchanté, parlant de soleil, d'arc-en-ciel sur des rythmiques dansantes aussi belles que sur Botany. Les guitares fluides et taquines avec des distorsions et des échos sculpent des airs un peu fifties. Lumineuses, les harmonies colorées et variées se font pastels ou flashy. La pleine palette sonore des Ferns est agrémentée de la voix limpide et suave de Warren Chan. L'écoute des dix titres tend à l'escapade dans une atmosphère plus cabotine et positive comme sur Miss Stormcloud "I know a girl who's good at bringing out the rain, She makes me think of things that I just can't explain" ou encore sur A Funny Feeling où les cicatrices semblent bien refermées "Some kinda romance I'll do a silly little dance, Don't need no metaphors, It's just you I adore". Les bonnes ondes émotives sont ornées de ukulele, de guitares et d'un piano revigorant avec des textes métaphoriques autour des éléments de la nature sur I Should Be Having More Fun qui égrène les saisons et les astres. Ferns sait attraper l'attention et l'envelopper avec ses deux albums aussi délicieux et parfaits qui je l'éspère seront suivis d'autres productions.
Ferns

jeudi 13 février 2014

The Autumn Defense

The Autumn Defense commence l'aventure musicale en 1999 avec à ses commandes deux musiciens qui sont actifs chacun dans des groupes : John Stirratt bassiste et batteur de Wilco, de Uncle Tupelo, et Pat Sansone qui joue avec Andrew Bird, Joseph Arthur, Josh Rouse, The Clientele et Phil Selway, batteur de Radiohead. Lire plus là : PhilSelway Le duo de musiciens muti-instrumentistes américains signe en 2001 l'opus The Green Hour, griffé pop orchestrale avec des arrangements sixties proche de Love avec d'ailleurs comme cerise sur le gâteau, une reprise du titre de Woody Guthrie, Revolutionary Mind. L'ensemble des titres est fleuri de trompettes, trombone, glockenspiel, guitares, mellotron, de synthétiseur moog et d'orgue, piano, sitar, vibraphone, basse, guitare classique et pour la plupart, joués par John Stirratt et Pat Sansone.

Jusqu'alors les deux compères accompagnaient des musiciens sur scène et en studio d'enregistrement. Green Hour les révèle comme deux auteurs-compositeurs orfèvres de la pop, inspirés et brillants. The Autumn Defense part en tournée présenter l'album et continue de composer pour signer en 2003 Circles. Pendant que Pat Sansone est intronisé membre de Wilco aux côtés de John Stirratt, Circles reçoit des critiques dithyrambiques dans la presse rock internationale. Avec des harmonies épanouies, des mélodies magnifiques, on y trouve l'empreinte de Forever Changes et de Yankee Hotel Foxtrot avec leur griffe singulière et réellement consistente. Petit chef d'oeuvre pop, Circles offre une atmosphère sucrée et chaude californienne, une qualité de production, des compositions astrales et atmosphériques dont les textes nous parlent de ciel bleu, de neige, de soleil et de "village green". Les violons, l'orgue hammond et les guitares se lient à la perfection au chant magistral de John et de Pat qui proposent une fibre parfois seventies, parfois sixties influencée par les Beatles. Mélancolique, romantique et poétique, l'album est une lettre d'amour intemporelle. Les cordes puissantes sont jouées par John Pirruccello et Jeff Tweedy aux guitares, Brad Jones à l'orgue, basse et guitare 12 cordes, et Andrew Bird au violon. L'année suivante The Autumn Defense coopère avec le groupe new-yorkais Hem pour un superbe EP Birds Beats & Flowers sorti en septembre 2004 tandis que John Stirratt compose l'album de 11 titres Arabella avec sa soeur jumelle Laurie avec qui il fait de la musique depuis leur enfance en chantant Dylan, encouragés par leurs parents Avery le papa qui joue au sein d'un jazz band et la maman Betty Lou qui joue de la guitare et du piano dans la maison de Nouvelle Orléans.
Originaire du mississippi, Patrick Sansone a beaucoup en commun avec son ami John. Il grandit aussi dans un milieu musical et commence à créer, jouer dès le lycée, fait de la musique très tôt avec notamment Birdy à la Nouvelle- Orléans, puis joue de la batterie dans Blind Melon. En 2008, il signe également avec sa soeur Danielle Stirratt l'album alt-country de toute beauté, Two Flowers.

Tous les deux sont des acharnés de travail de composition, de studio, de production et de scène, jouant continuellement avec Wilco depuis 2004 et continuent leur projet The Autumn Defense avec le génial album éponyme de 2007 qui derechef contient des pépites pop dotées d'harmonies et de mélodies époustouflantes. Se joignent à l'enregistrement nombre d'amis musiciens comme le guitariste Nels Cline ancien membre de Wilco qui joue aussi Jon Brion, le violoniste et violoncelliste Chris Carmichael, Steve Tyska au cor et bariton, Greg Wieczorek aux rythmiques, John Pirruccello à la guitare, Jennet Ningle à l'oboe et Jim Hoke à la flûte. Nostalgiques, romantiques, les deux savent aussi bien parler des sentiments et les chanter que ce soit John est sa voix au grand panache sur Spend your life ou Pat prince du chant suave sur Where you are. Le quatrième album Once Around sort en 2010, poppeux, du velours sur 11 titres qui nous emmène à Londres, dans une atmosphère instrumentale parfois soul et brit-pop proche de celle de McCartney.

The Autumn Defense revient le 27 janvier 2014 avec l'album frais, flambant neuf au nom symbolique de Fifth. Les deux troubadours signent là encore un coup de maîtres en composant des titres façonnés de sonorités sixties, seventies, avec des ballades réanimant les âmes des Byrds et de Simon and Garfunkel. Comme Circles, Fifth est une déclaration d'amour sonore, subtile et captivante. Les guitares puissantes, les voix de miel, le tempo chaleureux offre des dégradés d'univers bossa, folk, pop ravissants comme sur August Song qui parle d'un émoi avec groove et rythmes chauds. Magnifique tapisserie d'arrangements, de recherche esthétique dans les mots et les mélodies, Fifth est un album abouti, un bijou d'une force musicale impressionnante qui se classe au top des albums Piggledy Pop.
AutumnDefense



mercredi 12 février 2014

Richard Lewis

Auteur-compositeur anglais exilé à Paris depuis cinq années, Richard Lewis offre deux albums en 2011 Postcard et Untitled dont nos compatriotes de la butte montmartroise devraient être fiers. Les deux disques sont des carnets de voyage du musicien qui a traverser l'Asie et a posé ses bagages dans différents points du globe. En 2012, il compose et écrit le très inspiré et sculptural album You are Here, accrocheur et attirant joué dans une veine pop, folk, ou jazzy et habillé de violons, de banjo, de basse, flûte et trombone, et toujours l'union réussie de la guitare et du piano. Richard Lewis lance son propre label Louba Reve Records et y signe deux autres projets que les siens comme ceux de Brian Wilshere, compositeur classique qui propose Music for Percussion and Piano en 2013 puis récemment, Chamber Music, travail génial de musique classique contemporaine. 

Les morceaux de Richard Lewis sont variés, colorés comme son Postcard qu'il décrit ainsi dans une interview "En m'installant en France, j'ai trouvé qu'il existait une carte postale de ma propre maison à Montmartre. J'avais envie de l'envoyer à mes proches en Angleterre. Mais il n'y a pas la place sur une carte postale pour exprimer tout ce que je ressentais à ce moment. Le projet s'est donc étalé un peu. En même temps, je suis fasciné par la capacité des gens de ne pas dire tout ce qu'il y a à dire. Même quand tout dépend de ça. J'ai donc fouillé dans ma boîte à trésors et j'ai rassemblé les passages les plus banals des cartes postales que j'aurais reçues, au fil des années, des gens que j'aime. J'ai ensuite filmé mon quartier. Même en multimédia, ce "postcard" n'a toujours pas la hauteur de mon sentiment. La carte que j'envoie dans la vidéo, elle est arrivée finalement chez un ami anglais, en exil aux Etats-Unis et quelque peu perdu. Il a tout compris."

Sur Postcard, la plume de Richard Lewis vole au vent de La chanson d'antan, légère, dont l'accordéon nous berce dans une ambiance nostalgique et dont le texte touchant pourrait faire office de bande-son du film Amélie Poulain. Le coup de force de l'artiste anglais est que sa vie parisienne transperce élégamment ses textes comme s'il était né à Paris, ville qu'il connait sur le bout des doigts et sait ranimer dans ses chansons. Montmartre, les marches, la basilique et ses ruelles vivaces flottent sur les mots en français et en anglais. L'écriture est sans défaut dans les deux langues, ce qui n'est pas évident chez les auteurs français qui tentent d'écrire en anglais. L'accent délicieux de Richard Lewis rappelle le chant de Kevin Ayers dans Puis-je, de l'irlandais Perry Blake dans Tant de belles choses ou Stuart Staples qui entonne Plus de liaisions. Le superbe Postcard et l'instrumental Vers st-Rémi précèdant le duo émouvant de Rue Berthe " tu étais mon bateau, dont les voiles m'éffleuraient, et j'aurais tant voulu avec toi naviguer, vers de nouveaux paysages, pleins de gens vigoureux, tropicaux ou sauvages, bronzés et bienheureux" sont des cartes postales sonores qui nous convient au voyage. Suit le splendide when the heart gives in chanté par Nancy Wallace et joué au piano, comme l'instrumental suivant Louba Reve accompagné d'un accordéon envoûtant.

La valse des bas quartiers entre en scène, virevoltante et poétique avec son 4 temps valsant et le grain de voix de Richard Lewis cabotin comme il l'écrit " je t'apporterai, une valse des bas quartiers, un poème, une rue du vingtième, le clignotement des néons mouillés", suivi du tempo bossa et langoureux de Just Like the song qui parle de départ. La notion de séparation et de manque est aussi dans L'autre bout du monde où l'auteur s'adresse à son aimée qui est loin, avec un accordéon mélancolique et une guitare délicate qui se marrient parfaitement à l'atmosphère. L'effet est renforcé  par le titre La Bercée, instrumentale géniale avec son piano souverain, l'accordéon taquin et sa clarinette, flûte, arrangées par Jude Rees. La mélopée d'amour déçu Quand tu viens est aussi somptueuse que le dernier titre instrumental Rungis, le 13 juin qui boucle ce moment magique nourri de l'univers de Richard Lewis, qui séduira les amateurs de la musique de Yann Tiersen. Signé en Mars 2011, Postcard est accompagné le même mois d'une autre signature que je conseille d'écouter à tout prix, l'album Untitled avec des titres qui titillent et accrochent l'oreille comme Furieux Pays, White Tulips, ou Secrets. Richard Lewis compose des airs pop minimalistes ou pop symphoniques ornés de trombone, violoncelle, violon, piano orchestrés avec des arrangements parfois jazzy, fins et ficelés avec classe et un talent infini.
RichardLewis



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...