samedi 27 juillet 2013

Fialta

Fialta est un quator pop californien qui apparait il y a deux ans avec l’EP 3P et nous offre pour l’été un superbe album sorti le 22 juillet 2013, Summer Winter. Les quatre amis de Fialta forment dans le privé deux couples mariés et la joie de vivre, la bonne humeur rayonnent sur les 12 titres. Michael Leibovich, David Provenzano, qui se rencontrent en 2003 pour former Sherwood leur premier projet et composent dès 2010 pour Fialta, tombent sous le charme de Beth Clements et de Sarah Shotwell. Les quatre sont musiciens et chantent en choeur des textes aux allures littéraires et aux formes romantiques qui évoquent le voyage et l’amour. Le nom de Fialta vient de la nouvelle de Vladimir Nabokov, Spring in Fialta
La Californie est à l’honneur sur Greek Pretender «Come to California, Flee the wasted east, Resurrect my Princedom by the Sea», l’Est américain est soupoudré de notes séduisantes sur High above Chicago, l’éloignement et la distance sont soulignés sur Japanese Novelty Shop. La chaleur des mélodies est fondue dans les harmonies pop baroque sur Photographs et sur le titre Cars, menées par les percussions variées, colorées, parfois caraibéennes, ornées d’un ukulélé estival. Les arrangements de voix sont champêtres, le chant des couples Michael et Beth, David et Sarah forment une osmose et une alchimie qui rend l’ensemble limpide, homogène. Ils s’entendent et se connaissent très bien, partagent la scène et la composition et la complicité des Fialta apporte beaucoup de dynamisme à l’écoute. Le piano et les guitares sont accompagnés par le glockenspiel, les tambourins et les clap-hands qui accentuent l’effet de synergie. Fialta signe un magnifique Summer Winter à l’âme sixties, peaufiné en studio avec à la basse James Trujillo et à la batterie la participation de Jesse Sotelo, du groupe des Hurricane Roses, puis au masteuring il y a Troy Glessner qui travaille pour Pedro the Lion et Death Cab for Cutie. Piggledy Pop suit Fialta depuis plusieurs mois et l’album tant attendu, est une telle réussite qu’ils nous feraient un sacré honneur de pousser leur voyage jusqu’en Europe pour le présenter. Puisque la peau de singe est pas facile à dénicher, touchons du bois !
Fialta
  

jeudi 25 juillet 2013

The Very Most

2009 : Groupe américain originaire de l'Idaho, The Very Most sont 6 musiciens dont deux voix, celle de Jeremy et celle de Gia qui se répondent avec magie et osmose. En 2004 ils enregistrent leur opus Making the Case For Me. A l'époque Jeremy Jensen avait parallèlement un autre projet avec sa soeur Rachel qui est aujourd'hui membre de Parenthetical Girls. Aujourd'hui c'est Elijah son frère, guitariste, qui rejoint The Very Most, ainsi que le bassiste Zach House, Clint Vickery à la guitare et Jake Hite à la batterie et sortent ensemble l'album Congratulations Forever avant d'accueillir Gia Trotter. Suite à lire là : TheVeryMostPiggledyPop2009
  Revoilà ma plume estivale sur Piggledy Pop pour parler de The Very Most que j’aime depuis leurs débuts. Le groupe ne cesse de me surprendre en écrivant des mélodies qui sont toujours aussi captivantes et en continuant de jouer devant son public sans modération et sans compter les miles. Le voyage en Irlande et la tournée dont je parle dans la chronique de 2009 s’est soldé par une belle collaboration avec le label irlandais Indiecater qui signe dès 2010 sous forme de compilation des quatre saisons l’ensemble des Ep, A Year With The Very Most. Les six musiciens continuent de créer, de travailler sans relâche et avec une veine sunshine et orchestrale, offrent le EP Patricia la même année, particulièrement touchant avec un titre hommage à Jonathan Richman et un autre aux Pixies avec la reprise de Here Comes Your Man



La chaleureuse clique, talentueuse, qui fait jouer le vibraphone et le tambourin candides sur les guitares électriques et acoustiques ambitieuses poursuivent leur entreprise avec deux EP en 2011 et 2012, Snow Covered et Ununiversalizable Us. Tout en participant à la compilation Village Green en mars 2013 avec deux titres dont la reprise du projet de Adam Sanders, Adam and Darcie, Take Them All Away, The Very Most pense à nous concocter pour l’été l’EP somptueux Just a Pup sorti en Juin 2013. Ces quatres nouveaux titres sont ronds d’harmonies, galbés d’arrangements brillants, avec des textes narratifs mélancoliques, romantiques, constamment efficaces. 
Jeremy Jensen accompagne Liz Hunt, la chanteuse du groupe de Cardiff The School ; Leurs deux artistes en symbiose reprennent It's Not Unusual. Sous format vinyle, l’EP Just a Pup des Very Most que l’on peut commander via le bandcamp de The School (pratique pour les européens) laisse entrevoir un album à venir grandiose. Le chant délicat et le jeu de guitare élégant de Jeremy, ses compositions aux courbes pop dansantes et captivantes, la batterie de Jake Hite magnifique qui accompagne la basse de Brion Rushton et la guitare de Elijah Jensen sont présents au Popfest de New-York édition 2013. A leurs côtés, il y a Math & Physics Club, The School, Making Marks, The Smittens, Alpaca Sports, French Films, etc.. The Very Most est sur le point de devenir le groupe phare dans le monde Indie Pop, le « very must» à se procurer absolument.
theschool

mercredi 24 juillet 2013

Ashley Park

Derrière le nom d’artiste Ashley Park, il y a un auteur-compositeur, qui fait un travail d’orfèvre en guise d'arrangements, du nom de Terry Miles. Il apparait en amont avec deux autres projets, Cinnamon, groupe de quatre musiciens qui signe Cream Soda en 1996 et Saturnhead, dont le 45 tours Introducing...de 1997, porte l’âme des Guided Voices notamment sur le titre A Post-Aristocratic Theme Song, avec le psychédélique pop qui orne les instrumentations derechef sur l’album Saturnhead, California en 1999. Parallèlement, Terry Miles peaufine un autre album pop de 12 titres prometteurs et aboutis, Welcome to...the Kelly Affair paru en 1998 sous le pseudo The Kelly Affair.



Sunshine pop, orchestrale pop, le style des compositions de Terry Miles qui lance le projet Ashley Park en 2000 avec Town and Country propose un délicieux mélange d’influences, allant des Beatles aux Beach Boys, passant par les Kinks et les Zombies. Multi-instrumentiste et arrangeur, le canadien de Vancouver est prolifique et inspiré. Sur cet opus, Miles joue de la guitare électrique, acoustique, de la basse, est aux claviers et au piano, s’entoure de Michael White à la batterie, Chris Harris au violoncelle, banjo, et piano, Kyle Axford à la trompette. Les harmonies pastorales et aiguisées sixties dans la veine de Bacharach, sont chantées par Terry Miles dont le grain de voix élégant enthousiasme et irradie. En 2001, un second album de 15 titres, American Scene, parait et donne l’impression que Miles sort les mélopées comme par magie de son chapeau. La première en écoute Old Masquerade qui est une chanson hommage au mythique Snake Oil salesman, embarque immédiatement dans la nostalgie de l’enfance, du voyage, du rêve, thème leitmotiv du magnifique disque où le musicien, accompagné par son amie Kelly Haigh au chant sur quelques titres, s’offre une reprise de Neil Young, Tell me why.


En 2003, Ashley Park qui ne compte plus que Terry Miles, Kelly Haigh et Gregory MacDonald signe The Secretariat Motor Hotel. Souhaitant revenir à certaines bases country, Terry Miles concocte 12 morceaux plus alt-country mais toujours avec une trame pop contemporaine et rétro à la fois, proposant des instrumentations fleuries de cor, trompette, banjo, tambourin, mandoline, piano et une ribambelle de guitares. Puis en 2005, Nobody Broke your Heart sera le dernier album à ce jour dont Ashley Park nous gratifiera.

BytheStereoAshleyPark

Ami avec Nikki Sudden, il participe à ses albums, au piano et orgue Hammond sur trois de ses albums dont le dernier de 2011 Playing with Fire. Il fera de même avec les Jacobites (2 albums et membre du groupe), avec The Salteens et d’autres encore. 
Sans vraiment décrocher des studios d'enregistrement, il se consacre désormais à une autre passion qui est le cinéma et l’écriture de scripts. Il réalise deux films liés aussi à la nostalgie de l'enfance, odes au passé, When Life Was Good en 2008, The Red Rooster en 2009 et fait partie de la sélection au Toronto International Festival pour A Night For Dying Tigers, film qu’il écrit, dirige, filme et produit en 2012. Cet amoureux de peinture et de littérature, artiste aux multiples facettes, n’a pas fini de nous surprendre. 

lundi 22 juillet 2013

Jon Brion

Né dans le New-Jersey en 1963, Jon Brion est aujourd’hui l’un des meilleurs auteurs-compositeurs, au sommet de l’art en tant qu’arrangeur et un producteur intuitif, talentueux, qui est généreux et passionné. La musique est présente dans sa vie dès le berceau, parents musiciens, son père dirige l’orchestre de Yale, sa mère est chanteuse de jazz et frère et soeur, respectivement chef d’orchestre et violoniste. Très tôt multi-instrumentiste, Jon Brion alors âgé de 17 ans décide de quitter l’école. Il fait partie début années 80 du groupe The Excerpts, puis installé à New-Haven, il forme The Bats avec Bill Murphy, signant l’album How Pop Can You Get? en 1982. En 1987, il s’envole pour Boston où il rencontre les personnes avec qui il continuera les années suivantes à travailler comme Mike Denneen, qui a un label et un studio d’enregistrement, et Aimee Mann alors jeune guitariste, chanteuse dans le groupe Til Tuesday




Instinctif, vivant sa passion au coeur des studios, cet artisan de la musique à l’oreille absolue, apporte son savoir faire et son inspiration à d’autres groupes en arrangeant et produisant le deuxième album Spilt Milk des californiens Jellyfish en 1993, en jouant de la guitare sur les titres des Wallflowers, groupe de Jakob Dylan (fils de Bob). Il montera le groupe The Grays avec le guitariste des Jellyfish, Jason Falkner auteur-compositeur également qui travaille avec Eric Matthews et joue, écrit, produit les albums One Mississippi et Lapalco de Brendan Benson ainsi que l’album Is and Always Was de Daniel Johnston
Brion joue plusieurs instruments en 1996 sur l’album Omnipop de Sam Phillips, aide Michael Penn (génial musicien, frère de Sean et mari d’Aimee Mann) à l’écriture de la BO de Hard Eight puis assure en solo les BO des films de Paul Thomas Anderson, Boogie Night en 1997, puis Magnolia en 1999, bande originale nominée aux Grammy Awards. (P.T Anderson, réalisera plus tard There Will Be Blood qui sera en 2008 nominé 8 fois aux Oscars et offrira à Daniel Day-Lewis l’oscar du meilleur acteur, tout comme The Master, nominé et oscarisé en 2013). 




Le travail de composition de musiques de film n’attire pas Jon Brion au prime abord, mais le piquera in fine et le mènera à signer celle du magistral long métrage du français Michel Gondry en 2004, Eternal Sunshine of the Spotless Mind et sur laquelle Beck au chant et Brion à la musique s’offrent la reprise de Everybody's Got to Learn Sometime. Tout compte fait, il signe comme un prince quinze bandes originales dont les dernières ParaNorman (où Brion rajoute un titre de Donovan et un des White Stripes), This is Forty en 2012 et The Blue Umbrella en 2013 sont stupéfiantes tant les mélodies sont abouties et belles.




Jon Brion en solo offre un magnifique disque en 2001 et Meaningless comprend des pépites intemporelles, magnifiques, comme Trouble qui est surement une des plus belles chansons écrites depuis des lustres. Brion y assure tous les instruments, biensûr la composition, arrangements, production et invite Aimee Mann à co-écrire les paroles de I Believe She's Lying et Grant Lee Phillips alias Grant Lee Buffalo, le texte de Walking Through Walls. Certains critiques osent comparer Jon Brion à Brian Wilson, aux Beatles et il coopère d’ailleurs à l’album de Sean Lennon en 2006, Friendly Fire. Le fils de John Lennon dit dans une interview au sujet de Jon Brion : « how I would imagine it’s like to work with Prince. It’s like having a weird alien prodigy in your room». Les collaborations sont multiples, les productions brillantes et on compte parmi elles donc Aimee Mann, Sean Lennon, Jakob Dylan, Eels, Fiona Apple, Eleni Mandell, Robyn Hitchcock, The Polyphonic Spree, Jude Cole, Jimmie Dale Gilmore, David Byrne, Brian Stevens, Sam Phillips, Elliott Smith, Rufus Wainwright, Of Montreal, etc... 


La liste se complétera encore dans les années à venir et confirmera que Jon Brion est une star. Loin du clinquant dont il n’a guère besoin, authentique, ce qui le démarque est son humilité quand il se produit toutes les semaines dans le même bar-concert de Los Angeles en y invitant ses amis et le public à participer. Jon Brion est le maitre absolu depuis vingt ans, le chef d’orchestre et le compositeur pop de notre époque. La dernière vidéo est le show organisé par Jon Brion où il invite son ami Elliott Smith : 43 minutes d’émotion...intense évidemment pour Piggledy Pop.

   

Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...