jeudi 20 juin 2013

Jeffrey Butzer

Jeffrey Butzer est un musicien d’Atlanta qui compose en tricotant un univers musical aux contours rétro et cabaret des chansons pop dansantes sur son album Collapsible sorti en mai 2013. Pour s’y employer, il s’accompagne de son instrument favori l’accordéon mais aussi de glockenspiel, violon, orgue, guitare et melodica sur des textes en français. Ses mots sont chantés avec la classe des fifties, beaucoup de style et d’esthétique étudiée dans l’interprétation à laquelle participent Cassi Costoulas, Lionel Fondeville et Don Chambers. Producteur et compositeur, Jeffrey qui est au piano, glockenspiel et accordéon s’entoure de Brent Hinds au banjo, Bill Taft à la trompette, P.W. Shelton à la basse, Chad Shivers à la guitare, Eric Balint au xylophone, Lionel Fondeville aux claviers et Kristin Haverty au violoncelle. C’est Lionel Fondeville qui écrit les textes sauf pour une chanson signée par Cassi Costoulas, Return to Quiet Berlin, magnifique mélopée jouée à la guitare sur sa voix délicate. 
 
La grande partie des titres en français, ont une veine romantique et nostalgique comme Valse 3 jouée au piano qui rappelle une ambiance d’après guerre touchante accentuée par le jeu du piano jouet et l’accordéon. L'inspiration du maestro Butzer vient de son goût pour la musique de l’Europe de l’Est et des musiques de films pour lesquelles il apporte sa griffe, notamment pour le film Wild in the Wind de Raymond Carr. Le premier Ep de Jeffrey Bützer de 2011, Little Dark Eyed Love qui offre en pochette une photo en noir et blanc d’Anna Karina est un bijou sonore qui pourrait paraître entièrement comme bande son pour un film. Le récent Collapsible de cet amoureux de Belle de jour a la même envergure et veine cinématographique . La présence du talentueux français Lionel Fondeville dont je parle dans ma chronique Tous les films ont la même fin là, apporte des harmonies french pop supplémentaires : TouslesfilmsontlamemefinPiggledyPop  
Se rapprochant de l’atmosphère de Yann Tiersen, le mélange américain et français sur Collapsible montre que Jeffrey Bützer sait mettre le romantique et le glamour en musique avec beaucoup de brio et de curiosité érigeant une culture sans frontière truculente. Etant derrière de nombreux projets, ses groupes variés West End Hotel, Midwives, The Compartmentalizationalists et The Bicycle Eaters, Jeffrey propose aussi un duo avec Claire Lodge en signant en juin 2011 l’album Past Wanstead Flats à écouter et savourer. JeffreyButzer

 

mardi 18 juin 2013

King Creosote

C’est Kenny Anderson qui concrétise le projet King Creosote depuis 1995 et joue aussi avec ses frères Ian alias Pip Dylan et Gordon qui mène son travail solo Lone Pigeon et en famille l’autre groupe The Aliens. Chronique de 2008 : AliensPiggledyPop 

Kenny Anderson est comme beaucoup de musiciens dans le monde de l’indie-pop un artiste complet qui ne véhicule pas l’image du musicien à instrument en bois et bonnet péruvien. Il conduit depuis les années 90 le label renommé Fence Records qui fusionne avec Warner, Rough Trade puis avec Domino Records qui signe depuis la plupart des sorties de King Creosote. L’auteur-compositeur écossais s’insurge contre le téléchargement pirate et décide de sortir sur son label uniquement des vinyles comprenant peu de titres, ce qui constitue au fil des années une quarantaine de disques. King Creosote me fait penser à un mariage entre Lloyd Cole et Gruff Rhys, de par des compositions pop, rock, folk liant des textes poétiques, la voix posée et magnifiquement mélodieuse et des instrumentations minimalistes ou orchestrales. Prolifique, talentueux, Anderson et sa veine familiale musicale aime s’entourer d’amis et travailler avec d’autres musiciens comme Jon Hopkins, producteur et compositeur qui est présent sur le Bombshell de 2007 mais surtout se joint en duo à Anderson pour le génial Diamond Mine de 2011. King Creosote collabore à d’autres albums et joue avec nombre d’artistes comme les Earlies, Meursault, Kid Canaveral, Malcolm Middleton, James Yorkston etc. 


Je ne ferai pas la liste des 40 albums. Par contre évoquer son dernier en date est obligé car il s’agit d’un disque qui contient tout le génie de Kenny Anderson. King Creosote sort cette année 2013 That Might Well Be It, Darling, probablement une des meilleures productions indie-pop des ces décennies avec notamment son titre de 11 minutes Ankle shuckles . Anderson sort là encore des mélopées magiques de son chapeau et signe un album royal dont le contenu varie de styles, marie les genres, une richesse d'instruments sur son chant et ses textes toujours aussi beaux. A se procurer absolument ! KingCreosote

dimanche 16 juin 2013

The Pastels

Groupe de pop comme seule la ville de Glasgow peut nous offrir, les Pastels dévoilent la palette de leurs talents dès 1983 en signant le single Songs for Children. A l’origine, c’est Stephen McRobbie alias Stephen Pastel, qui crée le groupe et plus tard, fort de l’esprit communautaire pop écossais, lance le label 53rd and 3rd qui comptera parmi ses éléments imminents, Jesus & Mary Chain, Shop Assistants, BMX Bandits et les Vaselines. A ses côtés, les Pastels se forme avec le guitariste Brian Taylor alias Brian Superstar et le batteur Chris Gordon; Gordon quittera le projet pour être remplacé par Bernice Simpson et le groupe se complète avant 1987 du bassiste Martin Hayward, de la chanteuse Annabel Wright quand l’opus Up for a Bit With The Pastels sort. Mélange de synth-pop, wave et punk les débuts sont marquants et les médias s'arrachent les Pastels qui signent Sittin' Pretty en 1989. 



Désormais, la pop agrémentée de trompettes, de violon et de flûte sur la formation initiale de guitare, basse, claviers et batterie fait son apparition avec des textes de Stephen subtils et sublimes. En 1990, le line-up change et entre Katrina Mitchell, au chant et à la batterie. Sittin’ Pretty sera l’album de l’amitié avec la dernière apparition de Hayward et Superstar avec en bonus la collaboration des amis de Stephen, Eugene Kelly des Vaselines et David Keegan des Shop Assistants où chantaient Annabel Wright auparavant. La famille musicale s’étoffe autour de Mobile Safari en 1995 avec la présence des Teenage Fanclub, David Keegan toujours de l’aventure et Dean Wareham . DeanWarehamPiggledyPop

   
Les mélodies qui ornent ces trois premiers albums sont belles, rondes et sucrées comme cerises qui tombent juteuses de l'arbre comme en 1997 avec Illumination sur lequel jouent le pianiste et composeur Bill Wells ( qui travaille en studio avec Belle & Sebastian), Jonathan Kilgour et Isobel Campbell. Depuis dix ans, les Pastels qui composent des mélopées noisy et pop touchent et influencent nombre d’artistes comme Nirvana, Jarvis Cocker et les Sonic Youth. Après le mini album The Last Great Wilderness, sort en 2009 Two Sunsets, travail collectif avec les japonais de Tenniscoasts, Katrina qui écrit la moitié des morceaux, sa soeur Allison Mitchell à la trompette, les Teenage Fanclub, Bill Wells, BMX Bandits aussi compositeur des Snow Patrol . Les 12 titres de l’album sont splendides de mélodies et d’arrangements somptueux avec en bonus une reprise de The Jesus and Mary Chain About You.

2013 est l’année des Pastels qui reviennent avec Slow Summits encore un album au top du classement Piggledy pop pour l’année. Stephen et Katrina brillent de mille feux par le chant, l’écriture fine et inspirée, les arrangements pop sixties pointus des guitaristes John Hogarty, les airs de trompette d’Allison toujours aussi tambourinant, les handclaps, les claviers et le cor joué par Chris Kimber. Les participations sont colorées avec Craig Armstrong, compositeur écossais qui signe les BO de Romeo et Juliette, Moulin Rouge, et arrangeur de Massive Attack, Madonna, U2 etc, Jane Atkins et Alison Lawrance au violoncelle, Norman Blake et Gerard Love des Teenage, l’ingénieur Bale Cook, le flûtiste Tom Crossley, le batteur Ronald Lippok et le multi-instrumentiste John McEntire du groupe The sea and cake, de Stereolab et Paul Savage des Delgados, ingénieur de Mogwai, Franz Ferdinand, Wake the president, Aidan Moffat et Stevie Jackson. Slow Summits est une pépite pop supplémentaire à l'actif des Pastels, faite pour l’été mais tout autant intemporelle. ThePastels

 

lundi 10 juin 2013

Laurent Lamarca

Laurent Lamarca gagne ses galons dans le milieu de l’indie-pop de manière méritée. Né avec des notes de musique dans le biberon, l’artiste qui vit désormais à Paris, grandit à côté de Lyon et fait ses premières armes sur scène au sein de groupes punk-rock. Il continue depuis sa route en composant pour d’autres et en travaillant à la production des projets musicaux de ses amis. Sa personnalité et son inspiration le poussent désormais à créer son propre univers artistique, notamment en délivrant son charisme hors du commun lors de concerts et en signant son premier et très réussi album : Nouvelle Fraîche. Fleuri de mélopées radieuses, de balades accrocheuses, l’ensemble des titres est abouti. L’opus est frais parce que ce sont les débuts du musicien mais aussi parceque les textes en français écrits avec une intention et une poésie sont avant-gardistes. Doté d’un tempo dansant, Nouvelle fraîche est aussi touchant et émouvant par l’homogéinité des textes amoureux mis en musique par des guitares, des claviers qui s’épanouissent et sont magnifiés par les arrangement de Victor Roux, ami et acolyte musicien de Laurent.


L’ambiance de la première plage qui porte le nom de l’album, vague electro-acoustique dans la veine de Radiohead, dessine d’emblée des allures contemporaines et offre des claviers et des voix en écho avant de faire place à l’excellence pop de J’ai laissé derrière moi. Kleptomane avec sa mélodie solide déroule des métaphores et des rythmiques intelligentes et efficaces. La voix de Laurent Lamarca a du tempérament et sait faire voltiger les mots avec une classe rock’n roll atypique. La suite des chansons crée une surprise délicieuse avec Little Rimbaud, dansant, ennivrant qui précède le superbe La main. Ce titre joué essentiellement à la guitare porte dans ses notes un charme décuplé qui nous mord l’oreille. L’intimité du titre Céline dévoile la sensibilité du jeune auteur-compositeur dont on peut dores-et déjà deviner l’intensité du talent créatif. Le tempo sans vergogne de Garçon sauvage et la voix fulgurante qui s’allie aux claviers frétillants forment un titre fort mature et impressionnant. Les claviers et les arrangements electro endiablés continuent sur Taxi, qui nous embarque et nous promène jusqu’à Belleville, resplendissant, orchestré pop et agrémenté d’une flopée d’instruments. Vénus arrive avec ses cordes pincées, ses voix en chœur, son orchestration magnifique saupoudrée de rythmes lumineuses dignes de particules stellaires pour laisser place à Autour de moi, stylé par son texte, désarmant par son interprétation, sa musique subtile et magique. Les jolies choses boucle l’écoute de manière non pas jolie mais réellement belle, totalement ravissante. Le jeu des percussions tout au long des plages, le chant de Laurent Lamarca vif, lyrique et intègre, l’âme dans les cordes de guitares et les airs galvanisants, forment un Nouvelle fraîche brillant et charismatique qui promet un grand moment sur scène le 12 Juin au Sacré Frenchy. laurentlamarca

Concert privé au Sacré Frenchy à Paris le 12 juin 2013 à 20h ! tournée de la vidéo live du titre « Garçon sauvage ». Pour participer, envoyez un mail à contact@justmusic.fr et venez avec vos lunettes de soleil !

Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...