mardi 9 avril 2013

Chris Walla


Christopher Walla est un grand monsieur de la musique rock indépendante américaine. C'est un super actif, perfectionniste, multi-instrumentiste, un des meilleurs guitaristes du moment, leader des Long Winters, guitariste principal des Death Cab for Cutie, il joue avec Nada Surf, Decemberists et Tegan & Sara, il est aussi leur producteur et produit encore d'autres groupes tels que Hot Hot Heat, Thermals, etc.
Après un projet solo avorté Martin Youth Auxiliary en 2000, Chris Walla remet un coup de collier en créant son studio d'enregistrement à Portland, Hall of Justice. En 2007, il participe à une superbe compilation de reprises Bridging the Distance, réunissant des artistes de Portland, the Dandy Warhols, Britt Daniel, Viva Voce, the Minus 5, the Decemberists, the Minders et d'autres groupes chantant du Sam Cooke, Brian Eno, Yes, Fleetwood Mac etc... Chris Walla y fait renaitre le titre d'Alan Parsons, Shattered dreams.


La même année, il est de retour en studio pour y enregistrer son nouvel album Field Manual sorti en janvier 2008. Il y joue tous les instruments sauf la batterie qui est assurée par ses amis, le batteur de Nada Surf et celui des New Pornographers. L'album est sublime, drôlement bien élaboré, les guitares y sont à l'honneur. Le fond comme l'indique le titre de l'album parle d'endroits et lieus différents, de voyages et d'hommes. Impliqué sur le plan politique Walla sera inspiré par des évenements comme l'ouragan Katerina et l'aide allouée ou pas aux civils.

Dès le 1er titre Two-fifty, on décolle et on part en balade à son bras en chantant "Let's move forward out of". Score, plus rock amène le son piquant des guitares, des orgues, sur un chant volontaire "the resistance is calling". Sing Again donne la tonalité pour une traversée du sud Dakota. Les titres s'enchainent, parfois groovy faisant penser à Josh Rouse, qui aime lui aussi le thème du voyage, parfois plus folk, A bird is a song parlant du Colorado "Who would need escape, who would seek salvation From a place so bright and clear". C'est aussi pop avec Geometry C où Chris entonne de joyeux da-dee-dum-dum sur une profusion de guitares, de cordes pincées et grattées me ramenant au son puissant d'un autre groupe du genre, Popsicle. La promenade se poursuit avec Everybody needs a Home, puis Everybody On "Everybody on the border towns, your radios, your northern sounds: Fly your banners from the line, a thousand miles long", plus loin, le fabuleux Our Plans collapsing. Walla signe dans l'ascension avec Archer V Light, entrainante, progressive, une envolée de sons qui magnifie l'atmosphère. Le calme revient en fin de parcours avec le titre Unsustainable et Holes, deux morceaux magnifiques représentant le repos du guerrier pour clore en douceur sur l'orgue Rhodes.
La voix de Chris Walla sur Manual Field est émouvante et impliquée, une qualité à ajouter à ses dons de musicien hors normes.

hallofjusticerecording.com

dimanche 7 avril 2013

The Nobility

The Nobility, groupe basé à Nashville, est conduit depuis 2005 par l’excellent auteur-compositeur et chanteur Sean Williams. A l’image de son leader, l’univers de The Nobility est tantôt excentrique, tantôt romantique, toujours enjoué et riche de références musicales. Fan des Kinks et des Beatles, il sait faire planer l’âme des sixties dans ses compositions arrangées avec originalité et une grande musicalité. Les titres que signe Sean Williams sont portés par des mélodies solides et efficaces, ornées d’une pléiade d’instruments. On retrouve tour à tour sur l’opus de 7 titres en 2005 The Art of Building a Moat, puis sur les 11 titres de The Mezzanine en 2007, l’EP 3 titres Gentle Giant puis sur l’EP 6 titres sorti pour Noel 2010 I've Got A Present For You des orchestrations fournies et fleuries de flûtes, de cors, tuba, violoncelle, saxophone, violons, d’orgue et piano assurés par Stephen Jerkins, de guitare jouée par Sean Williams avec la présence des bassistes Benjamin A. Harper et David Dewese, et de la batterie avec à ses commandes, Brian Fuzzell. Des amis musiciens ont concocté une compilation de reprise des chansons de The Nobility, Happy Birthday Dear Sean, en 2011 année où les rythmiques psychédéliques, les arrangement pop baroque de The Nobility sont derechef resplendissants sur le dernier album The Secret of Blennerhassett Island. Les 11 titres, rafraichissants, dansants sont dans la veine pop orchestrale, avec des envolées lyriques, rock sur Moonlight Shines et des choeurs enchanteurs sur My Best. Des notes psychédéliques et drôles se glissent légères dans les textes en se mariant à la perfection comme sur Start it all Over et les ballades romantiques sont tout aussi cadencées et chaloupées avec Marigolds ou Everybody Says It's Funny. La voix de Sean Williams particulièrement belle et charismatique qui anime à elle seule les textes s’allie aux instrumentations de cuivres comme par exemple sur Caviar Comedian et fait virevolter les titres, rendant l’ensemble élégant et magnifiquement abouti. The Nobility offre des mélopées rayonnantes de pop alternative à savourer avec l’arrivée du printemps. TheNobility

jeudi 4 avril 2013

The Madd

Voici un groupe que j'ai passé dans mon émission de radio l'année dernière. Je vois que la mayonnaise ne prend pas vraiment car aucun site ou blog français n'en parle et pourtant...
Les Madd sont un grand groupe. Les amoureux du rock garage, du rockabilly, du mouvement Mods devraient y trouver leur compte.
Ces quatre garçons dans le vent, de la ville de Rotterdam, Dave Von Raven pour le chant et guitare, Richard Bouguet, le frenchy à la basse, Marty Graveyard le batteur et De Schuinsmarcheerder à l'orgue font des concerts et jouent partout dans le Nord de l'Europe.
Ils ont raison de garder la passion car ils ont un sacré disque à faire découvrir et ils sont doués sur scène. La combinaison en fait un des meilleurs groupes garage du moment.
Dès la parution en 2006 de leur premier ep Are left Behind, j'étais scotchée et mordue. Les orgues et claviers délurés, psychés, jouaient un antipasti rock des plus alléchants . Les guitares exitées, provocatrices et les clap-hands d'humeur généreuse de I'm Gone annonçait déjà un plat de résistance de haute teneur.

Enfin, l'opus Ongeneeslijk Beat sort en 2007 signé chez Excelsior Recordings avec en avant-garde le single Jump Now, le titre d'ouverture de l'album. Dès les 40 premieres secondes d'écoute, les hollandais psychédéliques balancent le son Madd sans scrupules, sans retenue. La suite est de la même envergure. Les chansons sont toutes élancées et honorent les grands groupes des sixties comme Love, Kinks, Barons, Count Five, Small Faces, Archies etc. Le cd contient de véritables perles: I saw Abba avec les choeurs qui entonnent des Yeah enervés, les riffs saturés des guitares de Come on, avec les cordes taquinant le tambourin pour laisser entrer la flûte arrogante. La ballade Sad Boy, authentique et convaincante alterne avec le suivant I want you, need you, love you débordante d'énergie satanique, obsessionnelle qui laisse entrevoir que le chenapan Sad Boy a plus d'une idée en tête pour reconquérir sa belle.
Le groupe passe en Angleterre, Allemagne et Suisse. Reste à croiser les doigts pour une venue dans l'hexagone, et si tel n'est pas le cas, la consolation est totale avec leur album. En bonus, le dernier titre Je suis parti est chanté en français, diaboliquement bon!
themadd

mercredi 3 avril 2013

Richard McGraw


Burying The Dead sort le 15 janvier 2010, signé par Richard McGraw, auteur-compositeur new-yorkais. McGraw n'en est pas à sa première production, c'est son cinquième disque. Burying the Dead, sorti sur un petit label Non-Utopian qui est loin d'utiliser l'artillerie lourde promotionnelle, édité le jour du décès de Vic Chesnut, fait déjà le tour de la planète en remportant un franc succès. C'est légitime et mérité car c'est un objet magnifique de fond en comble.
De la veine de Wainwright, Dylan, Donovan, Will Oldham, Nick Cave, certains s'accordent pour dire que McGraw est le nouveau prophète du genre et que Burying the Dead de 2010 et Popular Music de 2012 sont des pièces majeures de son répertoire.
La pochette de Burying the Dead est représentée par un dessin de Kevin Sprouls, célèbre portraitiste et créateur du style pour le Wall Street journal. Au côté de Richard McGraw, il y a le Brooklyn Philharmonic, des invités comme Baird Hersey + Prana, ensemble vocal qui a officié déjà avec les Talking Heads, Joni Mitchell etc.. et à la direction artistique des noms comme Jay Foote des Welcome Wagon et Diane Birch, pianiste américaine qui sort un superbe opus en 2009, Bible Belt.


Brillamment entouré, Richard McGraw offre une reprise de The Faith de Leonard Cohen dont il est clairement l'héritier, Chelsea Hotel et My life, magnifique titre de Billy Joel, sont revisités avec l'amicale collaboration de Jay Foote, également arrangeur et producteur de Sufjan Stevens, entre autres.
Sur une trame lyrique conduite par les violons, violoncelles, accordéons, Wurlitzer, banjo, l'atmosphère folk règne et c'est la guitare de McGraw, profonde, grave, vibrante qui mène la danse. Un peu alt-country comme sur On our Knees et son banjo flamboyant, parfois pop alternatif, Burying the Dead est aussi porté par les textes poétiques, riches de métaphores, et la voix habitée de Richard McGraw. Son chant, fulminant de maturité et de sincérité, convainc et touche.
Il y a du génie et du brio dans Burying the Dead, comme dans Popular Music qui sont des albums à déduster absolument.
richardmcgraw.bandcamp

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...