dimanche 19 août 2012

Allen Stone

Allen Stone est le prêcheur de la bonne parole du moment dans le monde de la soul musique. Agé de 25 ans, cet auteur-compositeur aux boucles d’or semble avoir hérité du patrimoine des années 60 et 70 tant ses mélodies collent à l’univers de Marvin Gaye ou d'Al Green. Originaire de l’état de Washington, Allen Stone suit les cailloux laissés par les petits poucets Ben Kweller et Brett Dennen. Comme eux, il a déjà un talent hors norme et une expérience scénique incroyable, ayant joué sur tout le territoire américain en vendant ses disques comme des petits pains et gagnant une renommée méritée de ces lives. En mission pour le Seigneur comme dans les Blues Brothers, le jeune artiste fils de pasteur a sorti un premier disque Last to Speak comprenant 11 fabuleux titres et réitère en octobre 2011 avec l’album somptueux de 10 titres, Allen Stone. Habitée par le gospel, sa voix est éloquente et hardie. Grand musicien, Allen Stone maitrise aussi bien les cordes de sa guitare que ses cordes vocales et sait avec ses gestes élégants en chantant et jouant, tenir l’auditoire attentif. Ses textes sont tout aussi sensés que sensuels. 

   

Il amène de belle manière son avis sur la musique actuelle dans son opus Sleep «Spend my night shootin’ at the stars, trying to change the world with this guitar, i know it’s a long shot but it’s working out so far», donne ses opinions politiques avec des textes positifs, porteurs d’espoir. Entouré d’autres compositeurs comme E.Philips, Heidi Rojas, Andrew Rose, P.Sebastian, les musiciens du Raphael Saadiq's rhythm section (orgues, cymbales, batterie, flûtes, trompettes) et le Tower of Power (ensemble de Detroit, cuivres, basses) complètent la troupe. Album d’un swing et d’un groove absolu, Allen Stone offre une instrumentation subtile et aboutie, une performance vocale plus que louable et des mélodies à la fois divines et diaboliques. Un bijou estival grandement conseillé. AllenStone



dimanche 12 août 2012

Magic Bullets

Philip Benson chanteur rencontre Corey Cunningham auteur-compositeur et guitariste en 2000 à San Francisco. Ils forment un projet nommé Cosmos en premier lieu, puis au fil des années s’entourent du batteur Colin Dobrin, du bassiste Nathan Sweatt, du guitariste Ryan Lynch et du pianiste Matthew Kallman. Dès 2004, portant le nom de Magic Bullets, le groupe se produit en concert, gagne une audience et des fans à travers le pays. En 2007, parait leur opus de 10 titres A Child but in life yet a Doctor in love et la même année, Magic Bullets qui s’est forgé un public grâce aux lives participe au Noise pop festival, accompagne Voxtrot, The Walkmen, Elfpower et Cold War Kids en tournée. L’album rock offre des notes eighties punk qui font penser à Television et contient des accords, des arrangements pop qui évoquent The Smiths. La nostalgie dans les textes ajoute une dose de vintage, la dynamique du tempo est dansante et pour un premier album, les riffs de guitares, les roulements de batterie, la basse galopante, le rythme endiablé du Wurlitzer sont épatants. Le single The Upstairs Flight de 2008 apparait sur le EP 4 titres vinyle Lives For Romance de 2009, suivi du vinyle 2 titres de 2010 Lying Around / Thoughts of You, qui scellent le début de l’aventure avec le label Mon Amie Records.
  En 2010 c’est leur album Magic Bullets qui fait couler de l’encre. La presse unanime quant à la qualité du disque souligne les influences du groupe, Feelies, Velvet Underground, Orange Juice, ainsi que la ressemblance de la voix de Philip Benson avec celle de Ian McCulloch et de Morrissey. Le disque est magique. Il sonne spontané et travaillé, les guitares scintillent en déclinant des mélodies qui rapidement attrapent et accrochent l’oreille. A Day not so far off qui ouvre l’album met dans le bain de suite et They wrote a song about you nous colle à l’émail. Pretend & Descend et Lying around sur les arpèges de guitare à la Johnny Marr achèvent de donner envie d’y faire des bulles. Les paroles de Young Shoulders, poppeuses à souhait vont comme un gant au chant de Benson et replongent dans l’ambiance pop des années 80 avec des sonorités à la David Byrne, Norman Blake, aussi bondissantes que les rotules de Ramesh Srivastava des Voxtrot.

En avril 2012, le nouvel album Much Ado About ( qui fait songer à la pièce de William Shakespeare Much Ado About Nothing ) est un délice là encore de sons pop, efficaces, aboutis, magnifiquement mélodiques et dansants. La batterie et les guitares sollicitent les orteils, le chant innondent les ouies et la basse dans Time and Again scotche par sa force mélodique. Les compositions sont remarquables, variées et enthousiastes. Exécutées avec un swing et punch admirable, elles laissent la place au romantisme rétro des textes et des instruments unifiés, mariés avec fluidité qui forment un ensemble puissant et dense. Avec cette superbe production, les Magic Bullets se rangent désormais et sans sourciller aux côtés de The Smiths, Pulp, Go-Betweens, Feelies, Happy Mondays et des actuels Voxtrot, Northern Portrait, Princeton. 
  

vendredi 10 août 2012

Orca Team

Trio de Portland immigré à Seattle, Orca Team semble descendre directement de la lignée surf-rock de Dick Dale, Shadows, Challengers, The Ventures, avec un son de stratocaster et de mustang des années 60 qui donne du tremolo à gogo et une basse qui swingue et glisse sur des vagues de choeurs beach-boysiens. Let it Go, le premier 10 titres sort en mai 2010 et illico accroche les oreilles des radios et des labels. La batterie minimaliste de Dwayne Cullen est gaillarde, grosse caisse et cymbales aspirent l’attention, tout comme la guitare de Jessica B qui décline des arpèges galopantes et bondissantes et la voix de Leif Anders dont la basse, pierre angulaire de leurs compositions, est rayonnante. Abouti et enregistré avec qualité, Let it Go alterne avec des mélodies pop griffées de psyché, de post punk, assez courtes qui sonnent très contemporaines malgré le charmant air rétro. Le EP Kissing Cousins de 8 titres suit en juillet 2011, proposant encore des morceaux d’envergure comme mon préféré Michael, ou encore les très dansant I’m Waiting, Night Moves et les brillants I Dream, Full Moon. 

Signés sur le label pop HHBTM (Happy Happy Birthday To Me Records) des Smittens, Marshmallow Coast etc, les Orca Team viennent de publier leur premier album Restraint le 14 juin 2012 et partent en tournée aux Etats-Unis en passant par le Royaume Uni. Les 11 titres de Restraint qui comportent Michael et Night Moves sont des pépites sonores de moins de 3 minutes qu’on rejoue en boucle, qui tournent en tête un sacré moment. Le tempo et la mesure des morceaux, l’esthétique garage pop donné à l'album osée et particulière donne une couleur et un son propre à Orca Team ; Une des plus belles sorties de l’année pour Piggledy Pop. OrcaTeamBandcamp

 

lundi 6 août 2012

Matthew E. White

Serge Gainsbourg disait « L’amour sans philosopher - c’est comme le café - Très vite passé». 
L’amour mis en musique par Mattew E.White, on prend le temps de le déguster. 
Originaire de Richmond, l’auteur-compositeur-interprète est aussi le chef d’orchestre d’un label qui a sa propre formation de musiciens de jazz, un choeur, un ensemble de cuivres et cordes nommé Spacebomb House Band, du nom du label que White vient de créer, Spacebomb. Se fier à son allure un peu hippie serait une erreur car derrière la tignasse et la barbe hirsute du monsieur, se trouve un guitariste hors norme qui a un talent d’arrangeur fort et corsé et une envie d’entreprise musicale pointilleuse et dynamique. 

Matthew E.White sort un premier EP le 24 juillet dernier.
One of These Days est bardé de sensualité, une déclaration d’amour au tempo langoureux et groovy. La rythmique soul fabuleuse confère une âme aux titres dont les textes ont comme église le désir charnel et le sentiment amoureux. Les arrangements de cordes flirtent avec le saxophone, les congas et avec la complicité de Phil Cook en featuring. Ce deux titres introduit à la perfection l’album qui sortira le 21 aout 2012, Big Inner. Le mordant et ardent White qui souhaite nous initier à Spacebomb via Big Inner, passe de la guitare au piano, aux orgues, aux synthés psychédéliques et de manière impériale, propose des orchestrations pop et soul mêlant cordes et cuivres influencées par Randy Newman, Curtis Mayfield, Harry Nilsson ou encore The Band. 

Les notes conquérantes et sucrées qui accompagnent la voix sensuelle de Matthew E.White sur le titre évoquant Big Love procurent un enchantement qui continue avec Will you love me. Les sept morceaux qui constituent Big Inner nous plongent dans une atmosphère lattée aux parfums rock, soul et pop ennivrants. Les Mountain Goats qui sortent le 2 octobre leur disque Transcendental Youth sur lequel Mattew E.White fait les arrangements de cor partageront leur tournée américaine avec lui et le robuste crooner barbu se chargera d’arranger et d’orchestrer son live ainsi que les prestations du groupe californien. Big Inner est une promenade musicale amoureuse qui a du corps et qui donne envie de suivre Spacebomb les yeux fermés. What else? MatthewEWhite

 

Boris Maurussane

Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l...