jeudi 20 octobre 2011

Cass McCombs

Cass McCombs revient cette année avec deux nouveautés, j’écrivais sur lui en 2008 : Il aurait pu tenir le rôle principal dans Into The Wild, le film de Sean Penn. Cass McCombs voyage à travers les USA, de sa Californie natale, par Baltimore, puis New-york et enfin Chicago. Ce jeune artiste de trente ans est un electron libre.
Un peu manièré, sa fragilité planquée derrière ses lunettes de soleil, ce songwriter est non seulement un excellent musicien, mais il est aussi spirituel et drôle. Il fait penser tour à tour à Elliott Smith, Morrissey, Lou Reed...Cela donne une idée sur l'atmosphère qui règne dans ce 3ème album fraichement sorti Dropping the Writ. C'est le disque le plus pop après le 1er A en 2003 et Prefection en 2005, un bouquet de mélodies élégantes et accrocheuses.



Depuis, l’auteur-compositeur continue sa route avec Catacombs, paru en 2009 et dont les morceaux riches de guitares sur son chant vaporeux le rapproche encore plus de l’univers et l'intensité d’Elliott Smith.
En 2011, Cass McCombs, plus grobe-trotter que jamais, travaille entre la Californie, Chicago et New-York avec son fidèle ami producteur Ariel Rechtshaid et enregistre deux albums : Wit's End sorti en Avril et Humor Risk qui sortira le 8 Novembre prochain. Tous les deux montrent son talent énorme de composition, étant variés de sonorités et de thèmes comme les sentiments, la vie américaine, le voyage, la musique, avec nombre de repères littéraires qu’il maitrise.



Dans A knock upon the door sur Wit’s End, Cass McCombs chante The tired minstrel, leaving town, heard the Muse’s weeping, He turned up the Elvis tape in his grey car. Avec des allégories, des métaphores, il dévoile son quotidien d’artiste toujours avec humilité et dignité : You scoff at my card, Guess I’m no Abelard, “I don’t know…” just how far is Beulah, Would only to song, weren’t indulgent and wrong and shadow a long twilight, Always to play and sleep through the day for music and night et souligne aussi ses aventures dignes de l’amiral Byrd dans County Line: On my way to you, old county, Hoping nothing’s changed, County Line, I left so far behind.
Alors que Wit’s End est habillé de choeurs, d’orgues géniaux, d’une rythmique langoureuse sur les accords absolument émouvants de guitare, Humor Risk qui arrive bientôt dans les bacs est encore plus dansant et  ce en partie grâce à la participation de Rostam Batmanglij du groupe Vampire Weekend qui a apporté sa patte sur le titre Robin Egg Blue.

Cass McCombs - Robin Egg Blue (Gun Drum Mix) by DominoRecordCo

Wit’s End est un album tout en émotion, dans la voix, les textes, la délicatesse du piano, les arpèges de guitares puissants qui fournissent l’instrumentation travaillée et brillamment exécutée. Depuis 2009, les titres de Cass McCombs fourmillent dans des films et documentaires. L’artiste, qui a l’âge biblique de 33 ans , partage la scène avec nombre de groupes : Band of Horses, Cat Power, Bonnie 'Prince' Billy, Andrew Bird, Blonde Redhead, Modest Mouse, The Decemberists, Arcade Fire, Peter Bjorn and John, Papercuts, Fiery Furnaces, Jose Gonzales, The Shins, Iron and Wine, etc. Jugée introvertie parce qu’il fait preuve de grande discrétion, la personnalité de Cass McCombs rayonne pourtant dans ces deux magnifiques albums à vous procurer et à savourer.
CassMcCombsSite

Cass McCombs - The Same Thing by DominoRecordCo

jeudi 13 octobre 2011

Mocca

Groupe de pop indonésien de 1998, dont les membres initiaux Arina Simangunsong au chant, clavier, flûte et Riko Prayitno à la guitare, rejoints l'année suivante par Toma Pratama, bassiste, et Indra Massad, batteur, les Mocca proposent une pop joyeuse, savoureusement fraiche.
C’est en 2002 que Mocca sort son premier disque My Diary, album concept qui narre la vie d’une jeune fille, ses amours, ses désillusions, et comme l’indique simplement le titre, son journal intime. L’album sera salué par le magazine Rolling Stone qui le classe dans les 150 meilleurs disques indonésiens de tous les temps. Suit l’album Friends en 2004 et le groupe qui se fait connaitre essentiellement en Asie, parait sur une compilation pop distribuée en Europe en 2002, Delicatessen, qui séduit les amateurs du genre et qui  également retient l’attention de labels. Leurs titres, ornés de trompette, de saxo, de claviers et trombones sont fournis et très dansants. 



En 2006, ils signent le titre I Would Never en collaboration avec Karolina Komstedt, chanteuse du groupe pop suédois Club 8. Club8PiggledyPop
Dès lors, la renommée de Mocca va en grandissant et ils offrent des concerts en Malaisie, en Corée, en Suède et au Japon, où ils trouvent un autre label, Excellent Records, pour peaufiner l’album Pop Renaissance.
En 2007, c’est la sortie de Colours, encore plus fleuri, swinguant sur de la bossa, des airs disco rythmés et influencé par les sixties et seventies, qui les emmène en tournée partout en Asie jusqu’en juillet 2011 quand le groupe annonce la fin de l’aventure.
Si vous êtes passés à côté de Mocca, glissez les discrétement dans votre discographie, ça vaut son pesant pop d’or.
MoccaMyspace

jeudi 6 octobre 2011

Eureka Birds

Eureka Birds est un groupe de cinq musiciens mené par Justin Levy, qui compose les morceaux, joue du clavier tout en chantant. En tournée depuis la sortie du premier EP, Eureka! en mars dernier, Justin est accompagné par Scott Hesel qui est à la batterie et à la basse, parfois joue les deux en même temps avec une baguette dans une main taquinant les cymbales tandis que l’autre main pince les cordes de la basse. Lors de ces concerts impressionnants de technique, Dami Soh assure ses partitions de violoncelle quand Nathan Royer s’exécute à la trompette. Dave Rogoza peut quitter momentanément sa guitare, faire un solo de kazoo ou se mettre à la batterie (le batteur est la plupart du temps Dan Vellucci), alors que Justin Levy joue des partitions psychédéliques dignes des Yardbirds à l’orgue.




Le show est garanti avec les Eureka Birds et la qualité musicale n’y perd absolument rien, au contraire. La maitrise des instruments, la dextérité, l’inspiration, qui rend hommage par exemple à Houdini, inondent les titres pop du groupe originaire de Baltimore. Les arrangements sont profondément travaillés, les harmonies sont solides, alternatives dans Cactus Man un peu velvetien, nourries de pop dansante dans There was light. La cohésion est vivante au sein du groupe qui chante en choeur et propose des partitions simultanées fantastiques, quand se mêlent violon et orgue aux guitares dans Sarah (Sits and cries), créant une somptueuse ambiance chamber pop et évoluant vers du son psychédélique dans That Mountain Is a Volcano.



Eureka! est une belle réussite de 6 titres des jeunes Eureka Birds qui je l’éspère passeront le présenter en Europe.
siteEurekaBirds

mercredi 5 octobre 2011

Sunday Sunday

Sunday Sunday est le pseudonyme ensoleillé de Gilles Mallet qui sort le splendide album The Death of Johnny H en 2010. Le disque est un véritable phénomène phonique, l’artiste est un personnage atypique dans le paysage musical pop français. Multi-instrumentiste accompli et très complet, Gilles Mallet n’est pas un jeune premier puisqu’il jouait auparavant au sein du groupe Polyethylene et il orne désormais en solo Sunday Sunday de multiples sonorités et ambiances . The Death of Johnny H. est comme un film qui déroule ses séances, au fil des 13 titres, avec des textes travaillés et poétiques. La voix de Gilles est ronde, d’une justesse absolue sur les mélodies lumineuses. Au prime abord, le mariage piano-voix cristallin et l’intimité dans les mots évoquent l’univers de Chris Garneau. Puis en poursuivant l’écoute, battant la rythmique en crescendo, tour à tour en écoutant les titres Bank, Perhaps, New Gold Star, on retrouve du son Beatlesien, quand John Lennon touche par sa perfection vocale, ou encore Bob Dylan dans les partitions folk, de la beauté mélancolique rappelant Nick Drake.



La douceur balance avec le tempo et avance en osmose avec les textes, de manière osée, inspirée. Après la magnifique Northern Star, Coffee emmène malgré son titre dans un moment hypnotisant. La guitare électro-acoustique de 2 many people, suivie de la basse, la batterie et le piano, enrubannée dans le grain de voix de Gilles, joue une composition digne d’une ritournelle d’Elliott Smith. Idem pour Bruce Wayne, où la guitare chevauche sur le tempo du metallophone dévergondé. A radiolise in my acid stomach me rappelle l’atmosphère de Sigur Ros, une voix celeste qui se confirme plus grave et intérieure sur Beautiful Grave Sunday Sunday brille et où Gilles Mallet se révèle plus créateur que jamais. At your funeral explore la ballade avec le synthé qui devient psyché sur les mots plus mordants au fil du déroulement de The Death of Johnny H. qui est un album incroyable, une fleuraison de titres qui s’écoutent sans parcimonie. Le final I know i am a lake est une composition d’orfèvre, à l’image de l’album qui est un astre mélodique. Signé sur Katatak, Sunday Sunday s’ouvre un cap et un horizon pop avec encore de beaux jours devant lui.
SundaySundayMyspace

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...