jeudi 4 mars 2010

Lawrence Arabia


Il y a des rencontres magiques, bénies des dieux, comme celle avec Lawrence Arabia alias James Milne, qui vous hydratent de bien-être dans une traversée du désert. Ce jeune artiste à la barbe hirsute n'est ni Jésus, ni un ayatollah paumé dans ses montagnes de Nouvelle-Zélande. James Milne est le nouveau Jonathan Richman, un disciple des Beach Boys qui propose son deuxième album en janvier 2010, joliment nommé Chant Darling. Même s'il a quelque chose d'un digne héritier de Brian Wilson, ce James là aurait plus à voir avec le premier ministre tasmanien Sir James Milne Wislon (1812-1880).

Avec son port de tête indétronable et son style sophistiqué, second degré, Lawrence Arabia n'est pas né de la dernière pluie. Membre des Ruby Suns, de Okkervil River, de The Brunettes, il se produit sur scène également avec Feist et d'autres talibans de la pop.
http://piggledypop.blogspot.com/2008/05/ryan-mcphun-ruby-suns.html



Chant Darling est un disque d'une absolue drôlerie et auto-dérision, galbé d'un esprit sarcastique des plus fins. Les paroles sont succulentes. L'ambiance sixties qui garnit les 10 titres, tantôt psyché, tantôt groovy, amène la pop à son solstice. Ses morceaux dégainent des partitions de guitares et trompettes festives et enthousiastes. Look like a fool, titre beatlesien en ouverture, présente la voix de James, envahissante, tendue, d'ailleurs proche de celle de John Lennon. Les distensions de guitares accueillent la flûte et les choeurs poppeux, puis les cordes des violons. Le mistral vient rafraichir la torpeur des arrangements dans le second titre The Undesirables, mélancolique, pour enchainer sur 8 autres chansons torrides et toniques. Chant Darling est un disque calibré, franc, façonné par Lawrence Arabia pour faire swinguer dans les chaumières.

myspace.com/lawrencearabia
deezer

vendredi 26 février 2010

Toy Fight


Ravissant univers pop emmené par Sébastien Brocca , maxime chamoux, david simonetta, el bert jaune et Mina Tindle, les Toy Fight sont français.

Il est si rare de croiser au détour d’un rayon de disques un album aussi sautillant, jovial, harmonieux. Les musiciens qui composent le groupe ont chacun une formation et se retrouvent sous le nom de Toy Fight depuis les années 2000. Après une séparation de courte durée en 2004, les voici en piste en 2006 en signant un premier album Anagram Dances, puis Peplum sorti en mai 2009.
Leurs inspirations respectives, leurs différentes personnalités font que l’album est riche de mélodies, varié et emballant. Sébastien, Maxime et David sont tous les trois prolifiques et chacun y va de sa griffe. Cette osmose et entente fait qu’il n’y a pas de tête dominante au sein du groupe et les trois composent, mitonnent des airs galopants dignes du guide michelin de la pop.





L’album est découpé par des interludes où s’inscrivent, tour à tour, les noms du trio infernal. Cela forme une écoute distrayante, surprenante. Impossible de s’ennuyer! Il s'agit de se laisser embarquer par la trompette, les claviers, guitares, glockenspiel, banjo et violons. L’ambiance saloon de Drum Drum Boy, banjo et piano, le bastingage chaloupé et psyché de la bossa de Golden Make up, le minimaliste mélodique de Tiffany, la rythmique sur absolument tous les titres, viennent d’un sacré travail de composition, soigné et passionné. Autant les fans de Belle & Sebastien aimeront, autant les amateurs de bossa brésilienne des années 60 ne décrocheront pas de cet album mirifique et aussi merveilleux qu‘un coffre à jouets.
Peplum est un bijou pop virevoltant d‘enthousiasme, les Toy Fight à suivre…et surtout à écouter !

myspace.com/toyfight



mardi 23 février 2010

Yvon Chateigner


Producteur enflammé, interprète passionné, Yvon Chateigner porte son opus La Vie devant Soi sur les scènes françaises dès 2006. Depuis son fer de lance est les chanteurs oubliés ou parfois mal connus des années 60 et 70. Le jeune artiste se consacre à ce travail d’archéologue musicale, d’historien de textes et de compositions passés avec une ferveur originale et sans bornes. Grâce à sa volonté en acier de ré-éditer ces pépites démodées et romantiques, ces airs rétro mais pas ringards, il nous permet l’espace d’un instant d’oublier le mauvais goût actuel, ce r&b ampoulé, ce dance-floor de dj clichés, cette vaseuse tektonic. Yvon Chateigner ose et va de l’avant sans se soucier de savoir s’il rentre ou pas dans le mouvement embourbé. Tant mieux.
Sa jolie motivation ranime l’âme de Jacqueline Boyer, Betty Mars, Cora Vaucaire, Henry Tachant ou encore Charles Dumont, et Zizi Jeanmaire avec le Temps des cerises.
(Vidéo : Cora Vaucaire interprète La complainte de la butte, paroles de Jean Renoir, musique de Georges Van Parys, pour la première fois en 1954 dans le film French Cancan signé Jean Renoir.)


Un des ses nobles travaux de réhabilitation artistique, de remise au diapason d'airs d’antan , est L’Amore L’Amore sorti en 2008, album hommage à Luigi Tenco sur lequel Yvon reprend 17 titres. Tenco est un des plus grands auteurs-compositeurs italiens des années 60. Artiste brillant, poète maudit, il se suicidera en 1967 après Le festival de San Remo, où le succès n'accompagnera pas l’un de ses titres Ciao Amore Ciao interprété par Dalida. Luigi Tenco composera plusieurs albums entre 1961 et 1967, une multitude de chansons, dont Vedrai Vedrai chanté par Ornella Vanoni qui sera longtemps au hit parade italien, et qui est désormais un standard.

box.net/shared/vk0ov7jl72

A la manière d’Etienne Daho qui reprend Piaf, Yvon offre là un superbe album. L’Amore L’Amore est savoureusement orchestré, la pop symphonique glisse dans les notes ensoleillées. Les guitares frôlent les hautbois, les guitares basses taquinent les trompettes et le trombone, le piano s’amuse avec les contrebasses et les flûtes. Le chant d’Yvon enveloppe le tout d’élégance. Son interprétation en italien est touchante. Il y a dans sa voix la tendresse de la dolce vita de Federico Fellini, l’ambiance italienne à volo, la terre de Sienne et ses dégradés, l’odeur des cyprès, le charme voluptueux ultramontain. Depuis L’Amore L’Amore, Yvon Chateigner poursuit l'aventure au côté du chanteur Arnold Turboust, illustre compositeur et producteur. Turboust produit le troisième album d’Yvon et participera à l’écriture tout comme Veronique Riviere, Dorval, Paul Manners, Eric Chemouny et Pierre Faa (voir http://piggledypop.blogspot.com/2009/04/peppermoon-et-pierre-faa.html)
Après le Trianon, le Rendez-vous prochain est fixé à l'Alhambra à Paris en Novembre 2010.

myspace.com/yvonchateigner

Eli Moore

Eli Moore est un auteur-compositeur américain basé à Langley, Washington et actif sur les scènes indie-pop depuis 2005 étant membre du group...