MERCREDI 1ER JUILLET - DAP LIVE + GUESTS 22h - free
la POP française se porte bien, fragile, sexy et acidulé deux exemples ce soir !
d.a.p fête la sortie prochaine de son premier album et ce sera chez Régine, . Au menu : d.a.p en live avec plein d'invités (Alister, Loane, Selim…), suivi de the Yolks et d’Aurore Molière en DJ set. A la manière de Christophe ou Jean-Claude Vannier, une douce mélancolie s’échappe de leurs titres, et le fantôme du grand Serge n’est jamais très loin... Sur scène d.a.p développe son univers comme une pellicule en noir et blanc. Mais avec des garçons et des filles en couleur ! d.a.p a partagé l'affiche avec Katerine, Zita Swoon ou encore Pauline Croze, a joué au à la Flèche d'Or, au Baron, à la Favela Chic, au festival les Rendez-Vous Soniques, etc
La demoiselle est actuellement en studio en Argentine, son pays natal, pour nous concocter un nouvel album de chansons inédites écrites par Françoise Hardy, Jacques Duvall, l’australienne Sally Seltmann (du groupe New Buffalo, qui a écrit 1234 pour Feist et qui chante avec Jens Lekman), et peaufinées par le fabuleux violonniste et compositeur Henri Graetz, et un duo avec Jipé Nataf, un de ses nombreux et constants amis.
Mercedes Audras est une pierre précieuse dans la pop française, une compositrice, musicienne et interprète brillante. Apparue en 1988 aux côtés d’Etienne Daho sur Pop Satori, à qui elle restera toujours fidèle et qui l’aidera à mettre le pied à l’étrier avec son premier single La tête à l’envers, adaptation du titre Winter des Comateens. Puis elle rencontre Edith Fambuena du groupe Les Valentins avec qui elle partage des concerts et une grande amitié. Leur collaboration perdure toujours.
1990, elle participe à un concert hommage au Velvet Underground et reprend Femme fatale. Puis en 1992, Mercedes fait la connaissance des Innocents, Jipé Nataf et Jean-Christophe Urbain, avec qui elle enregistre en ce moment. Elle joue et assure des concerts au Gibus, au Rex, à Liège elle rend hommage à Jacques Demy en compagnie de DominiqueA, Autour de Lucie, … et Philippe Katerine qui, en 1996, produit son premier album éponyme, Mercedes Audras. Katerine chante et écrit des titres, Valérie Leulliot d’Autour de Lucie chante Qu’importe c’est l ’été en duo, Jipé Nataf et J-C Urbain jouent, composent et mixent. On y retrouve sa sœur jumelle Rosario qui chante sur Au bout du compte, les Little Rabbits présents avec leurs guitares, tout comme Olivier Libaux (Nouvelle Vague, Imbécile avec Katerine, cf piggledy 26/04/08).
L’album Mercedes Audras est une réussite absolue, pop, bossa, avec deux titres en espagnol, un feu d’artifices de sons, avec de la mandoline, des cloches, piano (Pierre Elliott aux manettes), de la flûte traversière, du tambourin, de l’orgue, clavier et trompettes, trombone et violons; Mercedes y resplendit.
Signée sur Village vert, la demoiselle ne tarde pas à créer son propre label et appose sa griffe sur nombre de compilations, en 1997, Paranoma ou apparaissent Superflu, Autour de Lucie etc, un duo avec Françoise Breut en 1999 sur Hidden songs de green Ufo elle signe un titre aux côtés des Little Rabbits et DominiqueA; puis elle prépare son deuxième album, main dans la main avec les Valentins qui s’appellera 2002. Une de ses sœurs Maria Audras, réalisatrice de films, fait appelle à elle pour la musique de ses films Pépé en 1993, L'affaire Valérie Lemay en 2002 et La quête en 2006, année où Les deux qui s’aiment, nom de son troisième album extrêmement mélodieux, co-réalisé par Les Valentins, voit le jour.
Mercedes est une artiste d’une grande classe, au talent énorme, qui dévoile une timidité et une voix en or, une personnalité rare dont l‘intelligence évidente la préserve de l’autosuffisance. Fidèle et intègre, son travail est intimement à ses amitiés depuis plus de 20 ans tout comme elle nous livre son univers personnel dans ses chansons. Cette confiance est un honneur que nous fait Mercedes Audras, dont nous serons sûrement gratifiés à la sortie de son quatrième album en préparation. Un Rendez-vous à ne pas manquer.
Nicolas Haas a un sacré talent de composition, d’interprétation et pour couronner le tout, une âme de poète. C’est en 2000 qu’il apparaît sous le pseudo Laconic pour offrir son opus Pensées en escalier, puis sort quasiment en même temps sous un autre pseudo, Primaa, l’album Le théorème des ondes, plus electronica que le premier. Un double album Electrosphère et Nucléocubes en 2001 éclaire sur les évidentes qualités d’écriture de Nicolas. Pianiste depuis sa tendre enfance, c’est vers le cinéma que le jeune bachelier normand s’oriente en intégrant l’école Insas de Bruxelles. Depuis 2002, Nicolas exerce sa voix, s’entoure de musiciens d’excellence. Et c’est finalement sous son propre nom qu’il signe en 2005 Une île à ma portée. Cette même année, il se verra récompensé pour la BO du film Petit d’Elise Romestant et reçoit le prix de la meilleure musique originale au Festival Chant contre Champs de Poitiers.
Sur les rails, Nicolas Haas appose son sceau sur dix courts-métrages, des séries télé et génériques, des musiques de pub et la préparation en parallèle de Un peu de Nous, un bijou de 13 titres sorti en 2009. L’album est d’une beauté absolue; La voix de Nicolas, fluide, toute en émotion enveloppée d’élégance à la française, accompagne majestueusement les accords des guitares, du piano, de la contrebasse. Il n’y a pas de dichotomie entre le chant et la musique assurée par Matthieu Imberty (guitares, ukulélé) aussi compositeur des titres de l‘album, Antoine Reininger (contrebasse), Damien Joëts (piano), de John Shamir (batterie), la voix angélique de Nathalie Ré et Arnaud Nuvalone (violon), Jeanne Lancien-Mondon (violon), Mathilde Sternat (violoncelle), Nidal Joseph (soubassophone et tuba), Julien Matrot (trompette), François Piriou (trombone).
Les paroles sont savamment réalistes mais jamais terre à terre, jamais à ras-les pâquerettes même si l’envie de se rouler dedans nous étreint en écoutant Tu es une rose ou Les coquelicots. De la poésie à la réalité, Nicolas découpe ses chansons comme on monte un film et nous initie au 7ème art comme Jean-François coen qui s’allie à Michel Gondry. On est embarqué dans un tourbillon d’images, de détails, de métaphores sur le souffle de Nicolas, les paroles respirées dans Où vont ces hommes ou Je vole et on partage ses atmosphères intimes joliment déclinées. De la veine des compositeurs de bandes originales qui redorent le cinéma français comme Yann Tiersen, Georges Delerue (cf Piggley Pop 19/02/08), Antoine Duhamel, François de Roubais, Alexandre Desplat , Philippe Sarde etc, Nicolas Haas offre un univers d’humour, de second degrés, de classe, de lyrisme et d’essentiel en accord avec ses références personnelles allant de Bourvil, de Ionesco, Audrey Hepburn, à Debussy ou encore Dominique A. Un peu de Nous est un album particulièrement réussi, un incontournable de la nouvelle chanson française.
Petit mirage ce soir d’orage à Clermont-Ferrand, en première partie de Lloyd Cole, après la course folle du taxi qui accuse mon retard au concert, j'entre et il y a cet artiste sur scène, timide posé sur son orgue hammond, une ambiance solennelle dans la salle, des anges passent, en rase motte. C’était il y a 7 ans déjà.
Depuis, il s’en est passé des choses pour Maximilian Hecker. C’est à Berlin qu'il apparaît en 2000 sous sa frange blonde, fragile, pour présenter Polyester. Batteur et pianiste de formation, il accompagne d’autres groupes mais se rend vite compte que ses propres compositions ne pourront être entendues que s’il se lance en solo. Il commence par distribuer à des proches une poignée de démos copiées de Cold Wind Blowing et le voilà en piste.
En 2001 sort le magnifique Infinite Love Songs, 10 titres romantiques, garantis pur jus. Guitare acoustique et synthé sont volupté. Le résultat est si beau que l’album place le jeune allemand sur le podium entre Radiohead et Air (mes podiums ayant 4 places, j‘y ajoute Luke Perry). Puis Rose voit le jour en 2003. Hecker frappe encore plus fort. Le piano apparaît au milieu des claviers et des guitares électriques, majestueux, vibrant, délicat. Lui trouvant déjà de la grâce, Rose annonce son aura. Ce gars est habité, son âme traverse les sillons et sa voix tantôt froide, tantôt chaude, trouble, touche, émeut.
L'ange continue son parcours avec l’album Lady Sleep en 2005. Les orgues titillent l’échine, les chœurs virevoltent comme des chérubins confirmant une bonne « foi » pour toutes le côté spirituel dans les orchestrations ornées de violons et violoncelles. Il rend évident son talent d’auteur compositeur d’hymnes pop-mélodiques dans I'll Be A Virgin, I'll Be A Mountain en 2006. Entouré de musiciens, Maximilian ne cesse de parcourir la planète en offrant une foule de concerts. Début 2009, la cerise sur le gâteau avec One day et 20 titres magiques. L’album comporte des nouveautés encore plus pop où il brille aux manettes, guitare, piano, voix, glockenspiel et tambourin. Il y a aussi des démos inédites, des reprises (Bob Dylan, Tim Buckley, Kings of Convenience, Fionn Regan). Avec ses titres white, Grey, Rose, Green Night, powderblue, au fil de ses albums, Maximilian Hecker offre une palette de sons, d’ambiances plus colorées qu’il n’y parait. A découvrir.