samedi 8 novembre 2008

YuLeS

La jolie surprise du jour est la découverte de ce duo français, frères dans la vie mais aussi dans leur art. Yules: Bertrand et Guillaume Charret qui composent à quatre mains, de manière bien belle et naturelle, étant entourés depuis leur plus tendre âge de musiciens. Leur page myspacienne nous livre que papa et maman Charret aimaient jouer et écouter de la musique. Leur deux fils ont grandi au milieu d'instruments, nourris de Leonard Cohen et Beatles. Outre l'environnement familial qui les initie très tôt aux partitions de musique, ils vivent désormais de cet art et le font vivre à leur façon, tels des maestros.
Quand j'écoute The Release, album sorti chez Pias le 15 septembre dernier, il semble évident que Yules a écouté beaucoup de disques; ils les ont compris, absorbé, habité. Quelques soient leurs influences, les deux frères écrivent et produisent une musique riche de références, de sonorités, de styles.

Release est une pépite pop-rock. J'y entends du Lennon, du Velvet, du Kinks, du Beach Boys, du Love avec l'orgue hammond (This is my xmas song), plus près de nous, du Syd Matters, du Ben & Jason (Sarah, Refugee). Les morceaux sont habillés des voix celestes des deux frères. La guitares et le piano priment, assurés par Guillaume et Bertrand, Julien est à la batterie et Sébastien à l'orgue et piano. The Release est riche d'instruments comme les flutes, tambourins, glockenspiel. L'album entier est une jolie surprise, entre balades entrainantes (The unconscious master, My 70's girl, Carry On, Desperation land), des beautés de cordes entremêlées aux deux voix qui se répondent (One sleepless night), la mélancolie ravissante des notes de piano, le son marqué du cuivre des cordes pincées (The previous time, The Release, Over in america), l'énergie et le boogie westernien des instruments à vent (Warning to the powerful orators).
Yules nous a concocté un album d'élégance et de grâce. La qualité des mélodies et des instrumentations accompagne les paroles chantées en anglais, poetiques, excellemment lyriques.
Le groupe était présent au festival des Eurockéennes cet été, a fait la première partie d'Arab Strap à Belfort, le Nouveau Casino au printemps à Paris, et offre une série de concerts en France à venir. (vidéos : Desperation land, The Release)
myspace.com/yulesband

jeudi 6 novembre 2008

Her Space Holiday


Il était une fois Her Space Holiday, je trouvais les mélodies accrocheuses, recherchées, mais subsistait un réel regret : le genre electronique, indietronic. On a parfois l'impression que les artistes pop suivent une vague electronique "analog machines", alors qu'ils n'en ont pas besoin. Pourquoi aller chercher un son en cliquant sur une souris? Effet de mode? Ce californien est la main du groupe, un compositeur prolifique qui a de l'or au bout des doigts. Apparu en 1996, son premier long album est composé de deux volumes, regroupant une ribambelle de ses créations entre 1996 et 1999, un bel objet nommé The Astronauts Are Sleeping.

Suit en 2000, l'album Home Is Where You Hang Yourself. Là encore on distingue le vrai musicien qui se cache et se gache derrière un clavier et un écran pour gaver ses compositions de sons virtuels. D'ailleurs le disque comporte 10 titres et 8 titres supplémentaires de remix, qui produisent un effet de "digestion saint-sylvestre". 2001, Manic Expressive arrive avec des airs superbes, chantés avec sa petite amie Keely. L'album est dans la veine electro-organique (appellation guère plus élégante que la première je vous le concède). Pas grave, je reste quand même scotchée en distinguant nettement le don, le talent de compositeur chez monsieur Bianchi qui remporte déjà un beau succès en partageant les tournées de Bright Eyes, Pinback, the Faint.
2003, l'artiste sort The Young Machines, puis en 2005 The Past Presents the Future. Là nous sommes clairement dans l'évocation des nouvelles technologies, dans les textes comme dans la construction harmonique. Ceux qui aiment l'electro ont pu se lécher les babines. C'est un créateur et un artiste complet, il brille d'idées et les met en oeuvres.


Enfin, la surprise. Un album qui parait en Novembre pour l'Europe, XOXO, Panda And The New Kid Revival, une beauté absolue de 14 titres, concoctés par les petites menottes de Bianchi. Musical, brut, vrai, écorché, l'artiste revient aux sources et travaille son disque en studio entouré d'instruments. Bon sang que ça fait du bien de ne plus avoir l'impression d'être agressée par un micro-ondes.
Les mélodies sont executées à la guitare acoustique, nourries de banjo, harmonica, batterie, glockenspiel, tambourins, avec la même originalité dans les constructions. On pense d'ailleurs que Her Space Holiday aurait pu jouer avec les Of Montreal, ou avec les Brian Jonestown Massacre. Tout le fruit de son inspiration se révèle enfin, s'immisce dans les oreilles et y prend une place légitime. Les histoires y sont touchantes, comme celle des deux adolescents qui se découvrent à un point presque dangereux dans The World Will Deem Us Dangerous. Quel délicieux plaisir de se laisser émouvoir par la voix de Marco, dans My Crooked Crown, par exemple. Jusqu'ici trafiquée electroniquement sur les autres albums, on distinguait la justesse de son chant mais sans en avoir la pureté comme dans Xoxo, Panda and the New Kid Revival. Allez, mettons l'electro au placard, rayons Berlin de la carte et revenons à nos moutons.
herspaceholiday.com

mercredi 5 novembre 2008

Hooded Fang

Hooded Fang est un jeune groupe de Toronto, des musiciens pop qui font des mélodies plutôt ultra-chaloupées, ultra "va-va-voom".
Ils sont six, chacun d'eux tient son rôle au sein du collectif et cela s'entend puisque chacun pousse la chansonnette sur les différents titres. Land of Giants est assuré au chant par Daniel et Lianne, un rythme endiablé pop rock où la voix de Daniel Lee a des airs de celle de Jarvis Cocker ou Neil Hannon. Ses intonations de crooner se mélangent à la voix aérienne de Lianne. Suit le magistral Pageant entonné par Daniel, puis l'original et surprenant Train Station chanté par Nick, twee-pop orchestrée avec des cuivres et de l'accordéon. Suit Circles and Blocks, sensationnel de sons enjoués, agrémenté de glockenspiel et de mélodica.
  Quant à Fall leaves, là aussi roucoulé par Daniel sur une basse chahutée et des trompettes titillées, dévoile la bande de drilles s'adonnant joyeusement au clap-hands. Daniel Lee est le producteur de ce groupe vecteur de punch et d'entrain dont le genre est marqué de jangle-pop et de rock à la Strokes.
Si vous aimez les harmonies gaillardes et les mélopées enjouées, tendez l'oreille vers les Hooded Fang!
hoodedfang

samedi 1 novembre 2008

Persephone's Bees

Persephone's Bees n'ont pas d'actualité mais il est bon de les ressortir de sa pile de disques quand il fait un temps de moscovite dehors. La chanteuse et clavier, Angelina Moysov, est une russe exilée à Oakland où elle croise Tom Ayres, guitariste, Paul Bertolino le batteur et Mike Farrell, bassiste et fonde le groupe en 1993. Angelina est une icône en Russie où elle passe son enfance à écouter les disques de folk russe de sa mère. Elle est souriante, pulpeuse, une vraie persephone, ce qui change des chanteuses anorexiques souffreteuses. Elle a de la classe et préfère s'occuper du travail d'écriture du groupe plutôt que de faire comme une certaine chanteuse d'un groupe parisien, interprète d'origine russe, qui beugle sur pattes faisant du topless sur scène pensant que cela l'aidera à sortir un son de la bouche.



Angelina, est chic et a la pêche. Le groupe entier inspire la sympathie et la bonne humeur. En 2001, ils sortent de l'ombre grâce à un tube pop, catchy et efficace, City of Love. Les Persephone's bees jouent un rock psychédélique influencé par la scène américaine des années 60, avec un souffle de groove et des lignes de basse à se taper le derriere sur la Place Rouge.
City of Love, réarrangée sur l'album Notes from the Underworld de 2006, connait un succès phénoménal auprès des publicitaires et tourne sur toutes les radios, télévisions, est nominée dans la catégorie meilleurs albums de l'année 2002 aux Music Awards, permet aux Persephone's de jouer avec des artistes comme Jonathan Richman et Cake.

Notes from the Underworld, signé chez Columbia Records, arrive avec des titres accrocheurs, encore des tubes comme Nice Day utilisé là encore à gogo par les publicitaires pour la télévision. Les Persephone's nous offrent des titres fabuleux comme le traditionnel Little Boxes, remixé en 2007 par Angelina et son frère Oleg, chanté en anglais et en russe. Le style a un petit quelque chose des B52's mais en moins cliché, moins folklorique, plus ancré dans le réel et le contemporain. Pour l'hiver, une dose de Persephone's Bees réchauffe diablement les esgourdes sous le bonnet. (vidéo : Climbing)
myspace.com/persephonesbees

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...