jeudi 6 novembre 2008

Her Space Holiday


Il était une fois Her Space Holiday, je trouvais les mélodies accrocheuses, recherchées, mais subsistait un réel regret : le genre electronique, indietronic. On a parfois l'impression que les artistes pop suivent une vague electronique "analog machines", alors qu'ils n'en ont pas besoin. Pourquoi aller chercher un son en cliquant sur une souris? Effet de mode? Ce californien est la main du groupe, un compositeur prolifique qui a de l'or au bout des doigts. Apparu en 1996, son premier long album est composé de deux volumes, regroupant une ribambelle de ses créations entre 1996 et 1999, un bel objet nommé The Astronauts Are Sleeping.

Suit en 2000, l'album Home Is Where You Hang Yourself. Là encore on distingue le vrai musicien qui se cache et se gache derrière un clavier et un écran pour gaver ses compositions de sons virtuels. D'ailleurs le disque comporte 10 titres et 8 titres supplémentaires de remix, qui produisent un effet de "digestion saint-sylvestre". 2001, Manic Expressive arrive avec des airs superbes, chantés avec sa petite amie Keely. L'album est dans la veine electro-organique (appellation guère plus élégante que la première je vous le concède). Pas grave, je reste quand même scotchée en distinguant nettement le don, le talent de compositeur chez monsieur Bianchi qui remporte déjà un beau succès en partageant les tournées de Bright Eyes, Pinback, the Faint.
2003, l'artiste sort The Young Machines, puis en 2005 The Past Presents the Future. Là nous sommes clairement dans l'évocation des nouvelles technologies, dans les textes comme dans la construction harmonique. Ceux qui aiment l'electro ont pu se lécher les babines. C'est un créateur et un artiste complet, il brille d'idées et les met en oeuvres.


Enfin, la surprise. Un album qui parait en Novembre pour l'Europe, XOXO, Panda And The New Kid Revival, une beauté absolue de 14 titres, concoctés par les petites menottes de Bianchi. Musical, brut, vrai, écorché, l'artiste revient aux sources et travaille son disque en studio entouré d'instruments. Bon sang que ça fait du bien de ne plus avoir l'impression d'être agressée par un micro-ondes.
Les mélodies sont executées à la guitare acoustique, nourries de banjo, harmonica, batterie, glockenspiel, tambourins, avec la même originalité dans les constructions. On pense d'ailleurs que Her Space Holiday aurait pu jouer avec les Of Montreal, ou avec les Brian Jonestown Massacre. Tout le fruit de son inspiration se révèle enfin, s'immisce dans les oreilles et y prend une place légitime. Les histoires y sont touchantes, comme celle des deux adolescents qui se découvrent à un point presque dangereux dans The World Will Deem Us Dangerous. Quel délicieux plaisir de se laisser émouvoir par la voix de Marco, dans My Crooked Crown, par exemple. Jusqu'ici trafiquée electroniquement sur les autres albums, on distinguait la justesse de son chant mais sans en avoir la pureté comme dans Xoxo, Panda and the New Kid Revival. Allez, mettons l'electro au placard, rayons Berlin de la carte et revenons à nos moutons.
herspaceholiday.com

mercredi 5 novembre 2008

Hooded Fang

Hooded Fang est un jeune groupe de Toronto, des musiciens pop qui font des mélodies plutôt ultra-chaloupées, ultra "va-va-voom".
Ils sont six, chacun d'eux tient son rôle au sein du collectif et cela s'entend puisque chacun pousse la chansonnette sur les différents titres. Land of Giants est assuré au chant par Daniel et Lianne, un rythme endiablé pop rock où la voix de Daniel Lee a des airs de celle de Jarvis Cocker ou Neil Hannon. Ses intonations de crooner se mélangent à la voix aérienne de Lianne. Suit le magistral Pageant entonné par Daniel, puis l'original et surprenant Train Station chanté par Nick, twee-pop orchestrée avec des cuivres et de l'accordéon. Suit Circles and Blocks, sensationnel de sons enjoués, agrémenté de glockenspiel et de mélodica.
  Quant à Fall leaves, là aussi roucoulé par Daniel sur une basse chahutée et des trompettes titillées, dévoile la bande de drilles s'adonnant joyeusement au clap-hands. Daniel Lee est le producteur de ce groupe vecteur de punch et d'entrain dont le genre est marqué de jangle-pop et de rock à la Strokes.
Si vous aimez les harmonies gaillardes et les mélopées enjouées, tendez l'oreille vers les Hooded Fang!
hoodedfang

samedi 1 novembre 2008

Persephone's Bees

Persephone's Bees n'ont pas d'actualité mais il est bon de les ressortir de sa pile de disques quand il fait un temps de moscovite dehors. La chanteuse et clavier, Angelina Moysov, est une russe exilée à Oakland où elle croise Tom Ayres, guitariste, Paul Bertolino le batteur et Mike Farrell, bassiste et fonde le groupe en 1993. Angelina est une icône en Russie où elle passe son enfance à écouter les disques de folk russe de sa mère. Elle est souriante, pulpeuse, une vraie persephone, ce qui change des chanteuses anorexiques souffreteuses. Elle a de la classe et préfère s'occuper du travail d'écriture du groupe plutôt que de faire comme une certaine chanteuse d'un groupe parisien, interprète d'origine russe, qui beugle sur pattes faisant du topless sur scène pensant que cela l'aidera à sortir un son de la bouche.



Angelina, est chic et a la pêche. Le groupe entier inspire la sympathie et la bonne humeur. En 2001, ils sortent de l'ombre grâce à un tube pop, catchy et efficace, City of Love. Les Persephone's bees jouent un rock psychédélique influencé par la scène américaine des années 60, avec un souffle de groove et des lignes de basse à se taper le derriere sur la Place Rouge.
City of Love, réarrangée sur l'album Notes from the Underworld de 2006, connait un succès phénoménal auprès des publicitaires et tourne sur toutes les radios, télévisions, est nominée dans la catégorie meilleurs albums de l'année 2002 aux Music Awards, permet aux Persephone's de jouer avec des artistes comme Jonathan Richman et Cake.

Notes from the Underworld, signé chez Columbia Records, arrive avec des titres accrocheurs, encore des tubes comme Nice Day utilisé là encore à gogo par les publicitaires pour la télévision. Les Persephone's nous offrent des titres fabuleux comme le traditionnel Little Boxes, remixé en 2007 par Angelina et son frère Oleg, chanté en anglais et en russe. Le style a un petit quelque chose des B52's mais en moins cliché, moins folklorique, plus ancré dans le réel et le contemporain. Pour l'hiver, une dose de Persephone's Bees réchauffe diablement les esgourdes sous le bonnet. (vidéo : Climbing)
myspace.com/persephonesbees

vendredi 31 octobre 2008

Mark Kozelek


Mark Kozelek est un des meilleurs songwriters depuis 15 ans. De l'Ohio, sa renommée est internationale, le musicien est extremement respecté et vénéré par l'ensemble de la profession.
Il apparait en 1992 avec son premier groupe Red House Painters, accompagné de son ami, le batteur Anthony Koutsos, le bassiste Jerry Vessel et le guitariste Gorden Mack. Ces quatre musiciens depuis n'ont cessé de travailler ensemble, fait rarissime qui dénote une sincerité et intégrité, également présentes à l'écoute de leurs disques, Down Colorful Hill (1992), Red House Painters (1993), Ocean Beach (1995), Songs for a blue Guitar (1996), Old Ramon (2001).

En 2001, Mark Kozelek continue la seule chose qu'il aime et sait faire, comme il le reconnait lui-même, de la musique. Il sort en solo un EP de reprises de AC/DC Rock 'n' Roll Singer, réarrangeant complétement les riffs de guitares grinçantes en mélodies folk et ballades acoustiques. Se consacrant exclusivement aux concerts, il part en tournée au quatre coins de la planète. Plusieurs albums Live découleront de ce gigantesque tour : White Christmas Live (2001), Duk Koo Kim (2003), Little Drummer Boy Live (2006), un coffret de 4 LP en édition limitée (2007), 7 Songs Belfast (2008).
Kozelek a une âme. Sa création est touchante. Il écrit sur ses expériences personnelles avec poésie et tendresse. De Mickael, un de ses amis disparu à l'âge de 24 ans, à Up to my Neck in You, la brillante cover à la sauce autobiographique Carry me Ohio, au royal Ruth Marie où il fait parler une vieille femme qui quitte sa maison, sa vie, en parlant à sa fille. Kozelek a une voix, pénétrante, profonde, marquée au fer. D'une douceur infinie, elle est puissante de sonorités et de variations. Un chant gutural, qui semble venir des tréfonds de sa poitrine, un livre narré par un ventriloque qui fait écho et caisse de résonnance, offert et ouvert. Ses arpèges, sont aussi signés et reconnaissables parmi mille.

Depuis 2005, l'auteur-compositeur a produit deux magnifiques objets avec Anthony, Gordon et Jerry, sous le nom de Sun Kil Moon, l'album Tiny Cities, qui est entièrement fait de reprises du groupe Modest Mouse. Mark Kozelek aime reprendre Leonard Cohen, Bernstein et son magique Somewhere de West Side Story, et s'approprie joliment aussi des titres de son ami Will Oldham (Bonnie Prince Billy) qui chante et joue sur le dernier disque de Sun Kil Moon, April, sorti il y a 7 mois. Ce bijou ultra-mélodieux, toute en folk délicate, est l'album de l'amitié. Mark y a invité Will Oldham mais aussi Eric Pollard et Ben Gibbard de Death Cab for Cutie et Postal Service, Geoff Stanfield de Black Lab et d'autres encore comme Low. Monsieur Kozelek démontre toute l'étendue de son don et se place au sommet de la pyramide des songwriters à côté de Nick Drake et de Cat Stevens.
myspace.com/markkozelek

Meilleure Erreur - La fille de la côte

La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...