Daprinski est un auteur-compositeur français qui m’émeut à son écoute depuis 15 ans. Benoît d'Aprigny est bassiste, guitariste, joueur de clavecin. Destiné aux musiques de films, le musicien est devenu un pilier de la pop française. Tout est beau dans l’univers de Daprinski, sa voix, ses mélodies, ses duos, les textes saupoudrés de nostalgie, de romantisme, de voyages, de poésie qui donne des frissons tant elle est rare et précieuse. La musicalité dans les doigts, le créateur d’harmonies offre en novembre 2025 le disque somptueux Avant la fin du film, tant et tant attendu depuis 2017 et son disque Chorégraphie des temps modernes, dont la vidéo du titre Le dernier homme est filmée à Cabourg.
Admirative de ses mélopées depuis ses débuts solo et son projet DAP, j’écris en 2009 : “Fondé par Benoît D’Apriny, ex-bassiste de Teaspoon, groupe pop avec lequel il a enregistré un album, DAP prend son envol en 2006 quand Yann le bassiste de Teaspoon et le batteur JF.V, ancien de Da Brazilians le rejoignent, suivis du violoncelliste bassiste Serge V et la pianiste chanteuse Cha au tourbillonnant grain de voix, de la chanteuse Emilie et de la comédienne Elsa M.
Inspiré par le cinéma des années 70 et par ses compositeurs, allant de Colombier à Sarde en passant par Jean-Claude Vannier, par le charme de ses actrices comme Anna Karina ou Jeanne Moreau, Benoit compose des morceaux dignes de bandes-originales pour un cinéma gracieux et galant. Il est peu surprenant que des scenarii s’immiscent dans les chansons sachant que Benoît Dap écrit des nouvelles également à ses heures loisibles.”
DaprinskiPiggledypop2009
Depuis 2009, La fin du film est donc son deuxième disque. Le normand originaire de Saint-Lô dans la Manche n’est certainement pas resté pour autant sans composer et travailler. Benoit D’Aprigny a participé à divers projets comme sa collaboration avec Plaisir de France ou la compilation hommage au Tour de France L’échappée Belle, et compose aussi un générique d’émission de musique classique pour France Télévision. Pour concocter le superbe Avant la fin du film, Daprinski s’entoure du tromboniste Vincent Aubert et du violoniste rouennais Manuel Decocq.
ManuelDecocqPiggledypop2016
La vidéo du titre phare West Coast est tourné sur les plages de la Manche à La Pointe d’Agon, et Louise, la cavalière, apporte son charme au paysage grandiose. Daprinski est amateur de belles images, du 7eme Art, de la Nouvelle vague aux chansons et mélodies du cinéma comme La chanson d’Helene (Romy Schneider et Michel Piccoli 1970). Cette influence s’entend dans la disposition cinématographique des titres dont les arrangements de cordes sont solides et époustouflants. Avant la fin du film, pressé sur vinyle, commence le film sonore avec le titre slogan. Instrumental court, l’attention est hypnotisée par le son des cordes pincées du piano. Suit West Coast, majestueux, les violons nous cueillent sur Avant la fin du film, comme le clavecin sur La fille aux cheveux rouges, suivi du délicieux moment de 38 secondes, Après la fin du film.
Arrive dans les oreilles le titre Le départ orchestré avec beaucoup d’idées, alternatif dans les accords et les voix, on suit les harmonies de Daprinski, cordes, piano, basse, cuivres, re-piano, guitare acoustique, batterie, synthétiseurs… les yeux fermés. Suit So cold qui annonce l’émouvant Ces pas. Le musicien réussit à donner du tempo et du mouvement à l’ambiance flanquée de mélancolie avec la complicité de Yann Arnaud qui brille à la production et au mastering. Les voix angéliques de La lettre nous emporte dans un moment sacré ou le piano lance des particules magiques dignes de Debussy et d’Erik Satie. Les voix plus profondes et proches à l’oreille du titre S’enfuir captent l’audition quand les marteaux du piano subjuguent sur La lettre dans l’espace et sur le dernier titre, Avant la fin du film. Le deuxième disque de Daprinski est aussi délicat qu’édifiant, classé évidemment dans les meilleures productions 2025 sur Piggledypop. À vos casques !
Daprinski
