samedi 24 juin 2017

Ricky Hollywood

Le nom d'album Le Modeste Album paru en mai 2017 m'a fait sourire et cela suffit à m'intriguer. Ricky Hollywood, comme les chewing-gums, est bien français, un parisien. Il l'est d'autant plus qu'il a la délicatesse d'écrire ses chansons en français, ce qui les met en valeur sur une orchestration typée french touch, dont les amateurs de pop sont frugaux. Je le dis souvent et le répète, des auteurs-compositeurs qui se lancent courageusement dans l'écriture proche de leur culture, de leurs émotions, sont des ambassadeurs de pop qui font notre fierté tant leurs chansons sont plus émouvantes. Esthète, artiste inspiré, Stéphane Bellity alias Ricky Hollywood est batteur depuis des années sur les scènes et compose au sein d'autres groupes comme Melody’s Echo Chamber ou la Féline dont la marque japonaise Shiseido a utilisé la chanson Cent mètres de haut pour leur plateforme web. Ce nouveau projet pop Ricky Hollywood commence son chemin en 2013 avec l'EP grandiose Renaturation suivi en décembre 2016 du truculent EP Ricky & les Dix​-​iples, pour lequel Ricky s'enferme à l'Orangerie du château de Boussay avec 10 musiciens non professionnels, sous la houlette de l'ami Benjamin Gilbert d'Aquaserge et de François-Xavier Richard de Le Bon Coin Forever .



Ricky qui compose les neuf chansons, chante, joue également de la guitare, de la basse et bien sûr de la batterie. Avec lui il a ses amis Vincent Mougel, guitare, basse et clavier, Mathilde Vrech au violon, Hugo Chaumet au saxophone. Pour l'album des invités sont venus y accrocher leurs talents, Arne Vinzon, Bertrand Burgalat au chant et moog, Sonia Zannad au violon, Thomas Pearce au violon alto, Bernadette Vincent à la flûte et aux choeurs Yohanna Nguyen.

Le magnifique album commence par un rayonnant morceau La vie te sourit où Ricky assure tous les instruments et nous comble d'une mélopée pop par excellence. Son texte rayonne à la Benigni et son parfum électronique léger qui flotte poursuit sur Prie pour moi, chanson où l'esprit taquin de Ricky fait solidement cavalcade. C'est un mélange d'ambiance bossa au groove sixties, sur des notes ensoleillées, voluptueuses jouées par Hugo au saxophone. On est dans le bain quand attaque le refrain de Salut, je ne te reconnais pas dont les mots sont censés montrer que la sympathie a toujours des barrières, notamment celle qui ouvre sur l'antipathie. Certains ne le savent pas, Ricky sait le rappeler en musique avec grande classe. Le gigotement idiot ne nous quitte plus quand Tu adores cette chanson entre en scène avec les effets de voix qui font des loopings et des vagues disco-pop délicieuses sur le tempo virevoltant et les violons dynamiques.



L'amour peut être, co-écrit avec le génial Arne Vinzon, offre la présence de Bertrand Burgalat égal à lui-même, majestueux, notre wonderman national au clavier et chant. Le groove très moderne accompagne un texte drôle et sensuel. La sobriété dans la voix se fait intime et caressante, sans dogme, sur Le bain de Minuit aussi séduisant dans l'instrumentation que dans les choeurs qui voguent sur le bruit des vagues. Le casque audio déambulant sur Le Modeste Album on découvre un Ricky aussi riche d'humilité que de personnalité riante. Il y a dans son univers musical du Katerine, du Gainsbourg et de la sunshine et baroque pop typée High Llamas ou la french pop de Tahiti 80, Robin Leduc, Pokett, Olivier Marguerit, Julien Gasc, Jérome Pichon, Flop (tous présents sur Piggledy Pop). Peu étonnant de découvrir que Xavier Boyer et Mehdi Zannad apparaissent de ci, de là dans le travail de Ricky Hollywood. Le musicien enchaine la rythmique bondissante avec basse, batterie et claviers vitaminés jusqu'au down tempo de l'ego surdimensionné de Tu te regardes qui compte la participation de La Féline pour un texte mordant 'je me regarde et je m'enlise lorsque je suis en analyse, je me regarde dans ton regard et ça me fout trop le cafard'. Le disque se conclut sur Trop de bruit à la construction alternative, dansante, qui évoque le sentiment du musicien qui tente de se concentrer sur son album dans les agressions sonores environnantes dont on ne manque pas à Paris. Une série de concerts et de festivals accueilleront Ricky Hollywood cet été. A vos tablettes!
RickyHollywood



vendredi 23 juin 2017

Albé

Albé en un projet pop à l'initiative d'Alexandre de la Baume frais parce que tout récent, rafraichissant parce que tonique, en relief, mélodieux et audacieux. Ce qui séduit au prime abord chez le personnage ce sont ses airs purs, immédiats, mais il ne faut pas s'y fier. La tenue de camouflage cache bel et bien une maturité alliée à une technique de musicien assurément fertile et maitrisée. Ce qui a également accroché mon attention, c'est son don pour la composition. Ses mélodies sont subtiles et sculptées sur sa voix, vraie et puissante. L'auteur-compositeur parisien a le don de la mélodie, l'art de la déposer sur les partitions avec du charisme .



Déjà en 2012, Alexandre écrivait un EP nommé Party puis l'album In Wonder pour son premier projet SingTank. Ils sont suivis du deuxième album Ceremonies en 2014. Je connaissais le groupe mais ma préférence va à Albé qui sonne plus artisanal à mes oreilles et inévitablement plus proche de l'univers musical de son auteur, de ses influences personnelles comme David Bowie, Nick Drake, Lou Reed et les Kinks.

Les chansons d'Albé ne comptent pas en surface, elles creusent un domaine pop, sensible et intelligent, comme si l'aura d'artiste d'Alexandre n'allait pas disparaître d'aussitôt. Son aventure commence avec l'EP Face A qu'il signe ce mois de juin 2017. Il sera suivi à l'automne de l'album.



A l'écoute de Gene, qui joue sur deux tableaux : le langage, franco-anglais et sur le style alternatif des arrangements, on est surpris et conquis. Le relief est travaillé dans l'orchestration, mêlant cordes et cuivres, dans les effets de voix bruts ou en écho, dans la rythmique qui virevolte aérienne ou galope, terrienne. Suit le sublime Valises, où le voyage atmosphérique se fait langoureux. Le synthé contemporain au loin accompagne la basse qui taquine avec grâce, opulence, où trône un texte poétique électrique en français qui lie tradition et modernité. Dans son mélange des temps et des tempos, Alexandre est cohérent. Henri vient décorer l'EP d'une ambiance romantique et épidermique avec les valises cette fois posées dans une grande maison où l'ennui et le désir rodent. Puis la ritournelle Egards, est si touchante par son profil d'aveu qu'elle dévisse la tête jusqu'à la stabilité atemporelle qui passe par la qualité musicale du titre. L'orchestration lumineuse file comme une étoile. Le chant d'Alexandre y est sublime quand guitares, basse, synthétiseur, batterie et cordes se mêlent sans faille. Face A est un délice pop, empli de sensations, de sincérité, avec quatre titres cadrés qui restent en mémoire tant ils sont éperdument beaux.

Albé joue et présente ses fabuleuses mélopées accompagné du batteur Ludwig Dahlberg, du saxophoniste Adrien Daoud, de Léonard Desarthe, compositeur (du groupe La Classe aux côtés de Siegfried de Turkheim, Nicolas Ballay, Joachim Polack, David Bernfeld, Juliette Davis, chez Tricatel) et le guitariste, bassiste Emile Larroche du groupe Saint-Michel qui produit Face A.
Albé



dimanche 18 juin 2017

To Love the Bee Gees

C’est depuis ma tendre enfance mon groupe préféré. Quand je dis ça, en général, on se marre…et pourtant ! Les Bee Gees, c’est un groupe phare de la musique pop des années 60, groupe mythique du disco des années 70, impérial dans la création de balades dans les années 80. Pour certains ignares, c’est ringard. Pour moi, c’est les rois de la pop qui ont accompagné mes premiers pas, mes levers d’index disco dans mon berceau et déhanchés féroces dans mes couches culottes .

Nés à Manchester dans les années 1947 et 1950, Barry, Maurice et Robin Gibb sont très tôt plongés dans l’atmosphère artistique. Agés respectivement de 9 et 6 ans, Maurice et Robin étant jumeaux, les trois font leur entrée dans l’industrie du cinéma. Puis c’est l’installation à Brisbane en Australie. Là ils fondent avec leur sœur Leslie et le dernier bambin de la famille Andy, le groupe Wee Johnny Hays and the Blue Cats. Tous les cinq jouent de la guitare, chantent et tapent des mains sur les plages, font des apparitions sur des radios locales, puis une première apparition télé en 1960. Barry a 13 ans, ses frères 10 ! Le présentateur les annonce comme les BG’s (Barry Gibb); et voilà les Bee Gees sont nés. Suivez la flèche : BeeGeesPiggledyPop2009



Certains pensent que nostalgie est un gros mot ou une maladie. Je suis vulgaire et bonne à soigner alors. Et ce qui est magnifique, c'est qu'apparemment nous sommes nombreux, une belle clique de grands malades dans le même état! Les Bee Gees c'est mon fuel, ma piqûre de rappel. Je suis heureuse de constater que quelques 17 artistes de haute qualité sont atteints du même mal en signant 28 reprises sur la compilation To Love The Bee Gees. Ce disque est chef d'oeuvre. Il est à l'initiative du label américain 80 Proof Media qui reverse tout les bénéfices des ventes à l'association Foundation To Be Named Later créée par Paul et Theo Epstein pour aider des écoles et écoliers à Boston.

To Love The Bee Gees, c'est un coffret extraordinaire de 2 disques. Le premier volet est paru en 2014, le coffret Deluxe le 27 novembre 2015. Parmi les artistes, les groupes qui participent gracieusement au projet il y a Martin Carr des Boo Radleys, Isobel Campbell, Kinky, Mary Margaret O’Hara, Emitt Rhodes, SheLoom, Eric Matthews, Jordan Zadorozny, Chris Price, Dylan Gardner, Elayna Boynton, Joy Boys, The Silver Seas, Low Leaf, Gloom Balloon, Brazzaville, Jess Delgado, Myron&E.



Chaque artiste a pu choisir sa chanson avec l'accord et l'encadrement de Dante Bisson qui s'est affairé aux histoires du respect des droits d'auteurs, main dans la main avec Barry Gibb. Même si une multitude de groupes reprennent les titres des Bee Gees depuis 50 ans, ce coffret est unique en son genre. Les chansons revisitées pour To Love The Bee Gees sont des inédits. La qualité de l'enregistrement, des orchestrations, des reprises loin du moulage des originaux, font de ces deux disques un objet précieux.

Le fruit de ce travail donne deux chansons, chacune sur un disque. Les Silver Seas reprennent la fantastique I Started A Joke, enregistrée en live session pour leur propre album en 2016 et sur le second disque, le chanteur du groupe Daniel Tashian joue Night Fever. Suit la grandiose Every Christian Lion Hearted Man Will Show You par SheLoom qui est un trio formé par Eric Matthews (Cardinal), Jordon Zadorozny (Blinker The Star) et l'auteur-compositeur, producteur Filippo Gaetani. Une version 'génésis' apparait sur le second disque. Isobel Campbell, connue pour son ex-groupe Belle & Sebastian, puis son duo récent avec Mark Lanegan, propose une version splendide de How Deep Is Your Love, revisitée pour la version Luxe.
IsobelCampbellPiggledyPop2012



Emitt Rhodes resplendit sur How Can You Mend A Broken Heart. Membre de The Merry-Go-Round dans les sixties, Emitt est réputé pour ses trois albums au succès fulgurant dans les années 70 et depuis pour son travail de producteur. Il est accompagné ici par un autre producteur et ami Chris Price avec qui il travaille sur son album de 2016 Rainbow Ends où jouent d'autres artistes comme Jason Falkner, Aimee Mann, Jon Brion etc.
L'écoute continue avec Elayna Boynton qui chante sur le générique de fin du Django de Quentin Tarantino, venant ici donner avec une très belle version de To Love Somebody, revue en acoustique sur le deuxième disque en duo avec Patrick Park. Les mexicains de Kinky apporte leur pierre avec une reprise de Living Together sur le premier disque. Je les découvre aussi tout comme Myron & E qui reprend Jive Talkin' sur le disque 1 avec une dose de funk, de soul et de groove pour le disque 2.



Dylan Gardner et son Massachusetts arrivent majestueux. Il est un des auteurs-compositeurs contemporains très prometteurs dont je conseille l'album de 2016 Adventures in Real Time. Sa reprise est belle, proche de l'originale mais avec sa griffe qui ne gâche évidemment rien. Le même titre est remixé pour la version Luxe par son propre producteur Dragonnetti. Suit le luron australien Aaron Tap alias The Boy Joys avec la très réussie Cucumber Castle qui me colle inévitablement une larme à l'oeil. Le groupe Brazzaville fondé par David Arthur Brown qui a été saxophoniste pour Beck est tout aussi efficace et lumineux avec Fanny (Be Tender With My Love). Il est suivi par la chanteuse et musicienne Mary Margaret O'Hara, qui a chanté avec Morrissey et qui ici reprend Tell Me Why avec un talent infini. Il y a ensuite le Stayin' Alive de Martin Carr, Blue Island de Low Leaf, Words de Gloom Balloon groupe américain dont j'adore aussi la reprise datant de 2015 du Velvet Underground Sunday Morning. Jess Delgado s'offre une version touchante de I Can Bring Love dans une veine Bacharach très belle et nous propose la même en français sur le disque Deluxe, Prends mon Amour. Pour finir, il y a les Bebopalula, dont le leader Chris Price revêt Please Read Me d'un manteau pop et propose un jubilatoire Melody Fair en bonus pour le coffret que tout bon nostalgique qui se respecte doit avoir.
ToLoveTheBeeGees
FoundationToBeNamedLater



samedi 17 juin 2017

Малыш Камю / Malish Kamu

Fan fidèle, j'aime les Malish Kamu depuis 4 ans quand je les ai découverts. Le couple de musiciens russes me touche à chacune de ses productions. Ils ont un univers singulier, pop, dreamy, romantique et poétique qu'ils savent transmettre en musique avec une élégance infinie. Cela tient de leur don de compositeurs, la fertilité dans la créativité qui montre que la musique est leur oxygène, et de leur style aérien, mélodieux, toujours envoûtant.

Je parle d'eux souvent comme pour leur premier disque de 2014 et celui de 2015 : "Je découvre les deux musiciens qui signent quatre titres fabuleux sous le nom de groupe Малыш Камю ou Malishkamu grâce à February Records, label qui les aime et en parle même si le duo qui est actif depuis 2013 n'est pas encore signé. Evgeniy, ingénieur et Ekatarina étudiante en littérature se trouvent un terreau pop en commun, jouent de la guitare, du ukulele, composent et chantent tous les deux. Ce qui est admirable dans leur écriture est l'utilisation du russe qui même s'il ne rend pas les textes facilement abordables, est une prouesse dans le milieu indie-twee-pop, courageuse, assumée et réussie. Le russe, splendide est rythmé et lyrique, se marie à la perfection avec l'univers élégant et délicat du couple Малыш Камю qui souhaite volontairement faire découvrir leur langue natale en partitions. Ils offrent un style proche des Trembling Blue Stars, Azure Blue, Rue Royale, ou encore d'Amor de Dias en explorant des thèmes amoureux et romantiques. Le tandem, dont Mark Monnone des Lucksmiths fait les éloges, comme l'ensemble de la bonne presse internationale indépendante se destine avec cet EP à un avenir plein de mélopées et de grands rendez-vous live."
MalishKamuPiggledyPop2014
MalishKamuPiggledyPop2015



Les deux tourtereaux réussissent à m'hypnotiser par la beauté des mélodies, des arrangements concoctés par Evgeniy Nedilko et Ekatarina Nedilko avec sa voix d'ange. Le couple vient de signer en avril 2017 un album grandiose nommé Nobody Wants To Play With Me et comme d'habitude, admirable, le duo se complète harmonieusement sur les partitions et les textes d'Evgeniy qui joue de la guitare, de la basse, du synthétiseur et des rythmiques. Ekatarina brille au chant de sa voix sublime, enchanteresse dans cette magnifique langue russe. Du rêve il y en a en barre sur le titre Реальность (Reality) qui ouvre le bal de façon atmosphérique avec des claviers, les mots langoureux accentués par le jeu de guitare qui flamboie "Sometimes it’s so hard to be with people, But I have the one Who can come into my imaginary world ". La pop jangle et solaire de Ещё одна летняя песня (Another Summer Song) entre en piste sur les cordes qui sautillent vivement et un texte qui parle de plage, de soleil et des Beach Boys. Puis Озеро (Lake) que j'écoute depuis plusieurs semaines me donne une envie irrépressible d'apprendre le russe tant ce titre offre un chant, des mots qui dansent sur les notes comme le féerique Думай о хорошем (Think Positive) qui berce corps et coeur malgré le thème de la séparation. Sa mélodie entremêle une atmosphère cosmique et une mélancolie touchante.



L'émotion continue de me prendre à l'écoute du somptueux Быть одним (To Be One) où Ekatarina offre une énergie troublante, Evgeniy fait onduler le synthétiseur sur le thème du sentiment de communion malgré la différence. La pop de Перерождение (Metamorphosis) déroule un air entêtant, planant qui monte en puissance, nimbé de la voix cristalline de Kate qui fait appel à l'imagination, au songe "No more sadness and anger. There’s only one shade of warm color, It’s a lucid metamorphosis ". L'ambiance mirifique sensuelle continue sur les claviers étincelants d'Evgeniy dans Лучше (Better) dont l'effet est accentué par les voix en écho. La délicatesse et la douceur de la langue russe vont comme un gant à Посланье (Message) au downtempo feutré très réussi pour accompagner le texte mélancolique au coeur brisé. La nostalgie vient envahir Не друг (Not a Friend) avec ses guitares ingénieuses et son chant en résonnance qui conquiert l'imaginaire. L'extraordinaire homogénéité continue sur le dansant Беззаботные песни (Carefree Songs) avec sa jovialité dans l'instrumentation pop ensorcelante. Дом (Home) termine l'écoute, amoureux et contemplatif, sur des arrangements électriques cotonneux pour former une mélopée céleste. Nobody Wants To Play With Me contient une âme d'enfant, slave, nostalgique et surtout stellaire. Le travail incroyable d'Evgeniy chercheur d'or de dreampop et de pop synthétique sur le brin de voix d'Akaterina qui s'allonge et voltige est lumineux. Tout le disque est autant boréal que glacé à l'image des lacs qu'entourent les attachants Malish Kamu.

MalishKamu



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...