dimanche 24 avril 2016

The Lost Boys

Les Lost Boys sont cinq anglais de Southampton avec à sa création l'auteur-compositeur interprète Daniel Ash qui dores et déjà se dégage par son charisme, son inspiration étincelante, récemment remarquée par Paul Weller qui lui prête sa guitare lors d'un show de la BBC Radio 4.
Convaincant, le groupe avec son amical surnom Losties, trotte sur les scènes de Londres à Brighton depuis 2010 avec une myriade de chansons dans sa besace se dessinant un avenir prometteur. Ils offrent en 2011 le mini album Not Arf It's, réussi et complet avec cinq titres si efficaces que leur renommée gonfle à une vitesse impressionnante. Suivra en 2012 l'EP Answers on a Postcard avec cinq autres grandioses titres.



Puis il y a quelques mois sort A Better Life / December Forever, enregistré dans le studio de Paul Weller, Black Barn Studio, produit par Charles Rees et masteurisé par James Stone. Le titre December Forever offre à la guitare la présence de Steve Cradock du groupe Ocean Colour Scene et musicien de Paul Weller . Jason Daniels à la batterie, Joel Doherty aux claviers, Shaun Ashley à la guitare, James Millar à la basse et Daniel Ash au chant et à la guitare jouent une britpop rappelant un cocktail des Beatles dans les arpèges, The Lucksmiths dans la puissance du chant, de Blur dans la précision d'écriture et la révolte élégante, le tout shaké avec de délicieuses influences mods et sixties.
The Lost Boys proposent une pop bondissante et vitaminée à l'excentricité et à l'humour qui inévitablement séduisent. Les compositions saupoudrées de perfection mélodique et d'arrangements soignés s'allient à leur esprit drôle et attachant. Le single China in the sink sera le brin de muguet musical à cueillir le 1er mai prochain, à découvrir absolument !
TheLostBoys







samedi 23 avril 2016

Dr Dog

Se réveiller en écoutant les infos en France, cela devient hilarant. Après une vague histoire de gifle hier, ce matin, la news est le prélèvement ADN sur les crottes de chiens afin de ficher nos boules de poils. On trime déjà à ficher S les brebis galeuses... J'imagine que les élus des partis extrêmes qui pondent ce genre d'idées, dignes d'une cervelle de mouche, jouent à saute-mouton dans la rue pour éviter les fientes de pigeons. Le niveau de pollution de l'air n'a jamais été aussi élevé, néanmoins ce sont les crottes de chien qui donnent matière à réflexion. En attendant que la libre circulation du meilleur ami de l'homme soit réellement menacée, j'ai une furieuse envie aujourd'hui d'écouter Dr. Dog.



Ce groupe génial formé à Philadelphie en 1999 signe un premier album en 2002, l'auto-production Toothbrush, aux canines joliment affûtées dans les textes, le chant, le tempo virevoltant. Dr Dog collectif talentueux, comprenant Scott McMicken (guitare, chant, piano, banjo), Toby Leaman (basse, chant, guitare), Zach Miller (piano, orgue, guitare, accordéon), Dimitri Manos (batterie, guitare, basse), Eric Slick (guitare, batterie), Frank McElroy (guitare), signe chez Rough Trade en 2005 sans concentrer le mérite sur un leader, chaque musicien se passant le relai, ou la baballe.. c'est selon. Après Easy Beat, parait We all Belong, puis le somptueux Fate et en 2010 Shame Shame.



L'aventure se poursuit en 2012 avec Be the Void, le grandiose B-Room en 2013 et cette année 2016, en février dernier, le magnifique The Psychedelic Swamp renait de ses cendres. De manière originale, cet album est tout simplement une reprise de leurs premières chansons de 2001 qui étaient sorties sur une cassette nommée The Psychedelic Swamp que le groupe décide 15 ans plus tard de rejouer, ré-arranger, remettre au goût du jour. L'idée est fumeuse, pleine de tact et de justesse, mariant la nostalgie des premiers essais de jeunes musiciens avec l'expérience et le savoir-faire. Les synthétiseurs, les guitares sont aiguisées pour mettre en exergue les mélopées presque juvéniles et innocentes, qui les années étant passées par là, deviennent déridées et évidentes. L'album est un délicieux retour sur les leitmotivs préférés, explorés de façon constante par la joyeuse troupe : l'amour, la musique, l'ombre, la lumière, les couleurs et les...animaux. Les Dr Dog ne se prennent pas au sérieux et continuent avec un don immuable et un certain enchantement à offrir des mélopées dansantes et pleines de panache, comme celles jouées hier soir à Paris, à la Boule Noire !
DrDog





samedi 16 avril 2016

Guillaume Stankiewicz

Aujourd'hui et demain partout en France nous célébrons le 'Disquaire Day'. C'est un weekend spécial dans l'année où les grandes âmes amoureuses de musique, quelque soit le genre, sont invitées à aller soutenir les magasins de disques indépendants. C'est aussi indirectement un peu la fête pour nous, labels indépendants qui sommes présents dans leurs bacs.
A Paris aujourd'hui, se réunissaient plusieurs groupes chez nos disquaires pour animer ce rendez-vous, comme par exemple les amis Zombie-Zombie, le duo Etienne Jaumet (Married Monk) et Cosmic Neman (Herman Dune) présents chez Ground Zero dans le 10ème arrondissement. Idem demain, la fête continue avec notamment à la Fabrique des Balades Sonores, avenue Trudaine dans le 9ème arrondissement, trois artistes qui joueront leurs chansons en faisant résonner notre alliance pour la musique indépendante. Il y aura donc les français de Algo, un groupe qui débarque avec des mélopées pop à couper le souffle, la chanteuse et compositrice anglaise Lail Arad au style acoustique envoûtant et Guillaume Stankiewicz, pour qui j'ai un réel coup de coeur .



C'est au hasard de déambulations bandcampiennes qu'il y a quelques mois mon oreille s'arrête sur Si je savais, ode à la nature, à l'amour, sur des notes pop bondissantes, énergisantes tant elles sont élégantes et remplies de classe. Le disque de six titres enregistré en 2014 poursuit avec La Nuit, poétique, écrite et interprétée avec délicatesse qui donne des frissons absolus quand on ignore de nos jours si le droit aux balades nocturnes, au rêveries sur les terrasses et les avenues est encore possible et permis. Qui d'autre et son glockenspiel étincelant enchaine, dévoilant une guitare et une basse espiègles, orné du thème des astres, des fruits, du paysage, de la lumière qui inévitablement éveillent les sensations et les souvenirs d'enfance. La douceur ne lâche pas la bride quand arrive La disparition avec un jeu taquin dans les paroles comme dans les arrangements chevaleresques touchants, dont la finesse me fait penser à l'univers de Dominique A, Sylvain Vanot, Florent Marchet et aux premières chansons de Philippe Katerine.
Guillaume joue avec les mots qu'il mélange avec dextérité aux mélodies et à l'instrumentation en osmose avec les thèmes, comme sur Nous ne sommes personnes où les 'pam pam pam' animés des choeurs enluminent la musicalité et le lyrisme diantrement et sacrément diablotins. C'était vous, familiers termine l'écoute en blindant de romantisme cette magnifique chanson, du petit lait pour les 'fleur-bleue' qui délivre des paroles sublimes, portées par un chant tout aussi harmonieux et exquis.



Il y a une semaine l'artiste parisien Guillaume Stankiewicz nous offre un deuxième disque de six titres, incroyable de beauté. Là encore son talent d'auteur, de compositeur, son art de la poésie y sont poignants. La pop vitaminée des rythmiques de Sans cesse et sans bruit, revient sur l'enfance, la liberté, la vie et le sablier du temps qui coule sur les guitares, les violons voltigeants et la voix virevoltante. L'innocence et l'impatience mêlées reviennent s'entrechoquer sur un tempo bossa et sensuel dans L'obscurité. Les rimes romanesques et le jeu fantastique de la guitare rendent le titre lumineux et clair. San Francesco del deserto déroule un tapis d'arpèges splendides pour accompagner les flûtes qui emmènent faire une balade à double sens. Les cordes sublimes, les flûtes traversières sur Le temps que j'avais continuent l'impression de voyage, de mouvement sur du velours offrant un moment de nostalgie fort réussi. Le chant et les mots particulièrement touchants sont toujours en symbiose avec l'instrumentation qui propose une facette folk de C'était vous, familiers qui fait peau neuve avant L'hiver bouclant l'écoute, avec une basse, un piano et une guitare inspirés. Sans cesse et sans bruit délivre une grâce dans les mélodies, une belle majesté dans la poésie, à savourer absolument.
Guillaume Stankiewicz et Sans cesse et sans bruit seront joués demain à 18H à La Fabrique des balades sonores, avenue Trudaine où il sera permis de rêver, de déambuler en musique et en liberté.

GuillaumeStankiewicz



dimanche 10 avril 2016

Cabane

C'est le printemps ! Les hirondelles font leurs nids et le bruxellois Thomas Jean Henri Van Cottom, lui, fait sa Cabane. Auteur-compositeur depuis des années au sein de Soy un Caballo, le musicien nous offre depuis quelques semaines ce superbe nouveau projet.
Thomas a ce don, singulier et rare, de toucher au travers de sa musique. Peu de musicien ont 'le don'. Je ne suis pas étonnée d'apprendre que montent dans sa cabane d'autres artistes de la même veine, ayant la même aura. A ses côtés se joignent ses amis au chant, Bonnie Prince Billy, Kate Stables (This is the kit), Caroline Gabard (Boy & The Echo Choir) et François Marry (François and the Athas Mountain). Aux arrangements de cordes, il y a le grand Sean O'Hagan (High Llamas). Le premier single Sangokaku / La Gomera est d'une beauté absolue où scintillent la poésie lyrique et le charisme émouvant du musicien et interprète. Ce premier 45T est enregistré entre le quartier de schaerbeek à Bruxelles, Londres, Paris et les Etats-Unis.
"Il y a l’importance d’un lieu, d’une maison, des amours que l’on y a vécu et la lenteur de l’oubli."

cabane - sangokaku (official music video) from jerome guiot on Vimeo.




Le deuxième 45T suit avec les deux faces Wooden Home/Here in the wind Wild Oldham (Bonnie Prince Billy) brille au chant accompagné selon les chansons par Kate ou Caroline. Le style de Sean à l'écriture des cordes vient saupoudrer de classe les compositions de Thomas, déjà sacrément assaisonnées. La création féroce, l'inspiration véloce, retiennent toute l'attention et à l'écoute de Here in the Wind, les émotions crépitent. La version française chantée par François propose également une myriade de frissons.
Thomas et sa voix captivante, ses arpèges de guitare et banjo, revisite avec une délicatesse infinie le splendide Effacer la mer, chanson de Orso Jesenska. La musique et l'univers musical, artistique, de Cabane, et les amateurs de musique aiment s'y plonger, s'y piéger et s'y perdre parfois, réveille l'état 'fleur de peau'.
Cabane, en guise de canopée pleine d'harmonies, de mélodies, de mots lumineux, effeuille les sensibilités, fait quitter les pieds de terre et touche par sa douceur, si bienvenue ces temps-ci.
CabaneMatamore



aquarelle de François Marry


wooden home feat. kate stables & bonnie prince billy from thomas jean henri on Vimeo.


Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...