jeudi 19 novembre 2015

Sans Châteaux

Sans Châteaux est le projet magnifique d'Austin Patrick Moore, un artiste irlandais qui me confie aujourd'hui son sublime single A wilting lilt, A Comma Hangs dont c'est la sortie officielle ce jour, jeudi 19 novembre.

Je n'aime en général pas le style gonzo de certains sites de musique où les chroniqueurs parlent d'eux-mêmes (ce dont on se fout royalement) et où in fine, l'on n'apprend rien sur les albums et les artistes. Je fais une exception en gonzotant pour un court instant et par avance, je m'en excuse auprès des lecteurs.

Il se trouve que j'écoute Sans Châteaux depuis plusieurs mois, scotchée au bandcamp à mettre en boucle les quatre titres signés en avril 2013. Par un heureux concours de circonstances, Austin qui vit pour quelques mois en France, passait à Paris la semaine dernière. Nous nous sommes retrouvés à la terrasse d'un café dans le 10ème, ce jeudi 12, pour papoter sur la musique et évoquer rapidement la bonne humeur du parisien un peu ébranlée depuis les attentats du 11 janvier sans savoir que le lendemain...

J'ai la gorge serrée parce que ce jeudi nous sommes passés non loin du Carillon et du petit Cambodge. J'ai la gorge serrée parce qu'en marchant et papotant de concerts... J'ai la gorge serrée à écrire cette première chronique.




Je reviens donc aux chansons d'Austin Patrick qui méritent une attention particulière. Elles sont belles. Ce genre de beauté à laquelle nous sommes 'sensibles' reste, pour le moment, notre seule arme.
A l'écoute du titre, Wayfarers, les frissons courent et galopent sur la peau comme un shetland fougueux sur une plaine du comté de Cork, le fief de Sans Chateaux. Pour édifier ses compositions, Austin apporte son écriture et sa voix à la construction orchestrale pop fort réussie. C'est fin et élégant, les mélodies sont portées par une instrumentation efficace. Chris à la guitare, James à la trompette et batterie, Faoileann à la clarinette et violons, Caitlin au violon et Brian au violoncelle, entourent Austin qui maitrise toute l'instrumentation autant que son chant majestueux.
Holy Venus arrive dans les oreilles comme un panorama musical où resplendit la culture irlandaise. L'utilisation d'instruments traditionnels ajoute un air typique aux mélopées princières. En plongeant dans Lee Inland on part en balade le long de la rivière, bercés par la guitare, les violons et toujours ce grain de voix impressionnant d'Austin qui fluctue et circule, aérien, cristallin.
L'artiste irlandais qui appréhende une thèse de doctorat, brillant, aime les voyages et rencontrer les autres. Il nourrit ses compositions de ses expériences qu'il nous livre sur Scholarship, avec son tempo virevoltant et dansant, sa trompette, sa harpe et orgue grandioses. L'Ep est fleuri de notes chatoyantes, d'un chant aussi coloré que les façades des maisons de Cork, de mélodies solides comme des forteresses, de rythmes aussi envoûtants que le whiskey, d'une orchestration aussi romantique que les collines recouvertes de rhododendrons, de troncs recouverts de mousse et de bruyère. Sans Châteaux nous offre un A wilting lilt, A Comma Hangs au jeu de guitare magique, au violoncelle élancé et libre... J'ai l'honneur et la chance d'avoir l'album Aspendale entre les mains avant sa parution et ce sera, croyez-moi, avec ce talent éblouissant dans le sillage de Sufjan Stevens et de Magnetic Fields, un des meilleurs disques de l'année 2016.
SansChateaux



vendredi 13 novembre 2015

The Swapsies

Groupe de Liverpool, The Swpasies composent et chantent de l'indie-pop avec un vif élan. Ils évoquent des sujets enfantins, le sport et l'amour sur des mélodies sautillantes. Le groupe comporte quatre larrons accompagnés gracieusement d'Elaine à la batterie et écriture, Matt qui est guitariste et bassiste, l'auteur et guitariste Andy Donovan, les deux autres guitaristes Huw et Sean. Le quintet est fan des Beatles, Belle & Sebastian, Burt Bacharach, en étant amateur de vélo et de foot.



A l'image des pochettes choisies pour les EP, You're My Maillot Jaune / Hey There You en 2011, Another Game On Saturday b/w A Fleeting Summer en 2013, Sparrows la même année, I Won't Stand Idly By en 2014 et Piglet and Pooh / The Trouble With Lee sur vinyle pendant l'été 2015, l'univers des Swapsies est hautement coloré. Les anglais sont invités sur une flopée de compilations comme celle de leur excellent label February Records ou encore celle de Eardrums avec les titres Who Needs The Bureau De Change et Oh me!.

Supportant les équipes de football de Liverpool et de Manchester United pour trois d'entre eux, Huw est lui ému par l'équipe galloise de rugby. Ce qu'ils ont en commun c'est leur passion pour l'indie-pop, les Muppets et les jouets. Cette belle naiveté anime leurs mélopées avec beaucoup de musicalité. Le dernier bijou Piglet and Pooh est une très belle réussite dans la veine des Lucksmiths, où la basse brille sur le chant sublimement amoureux. Piggledy Pop accroche à chacun des singles et conseille chaleureusement l'écoute des Swapsies. Pour ajouter à la belle humeur qui règne dans leurs disques et sur scène, le groupe a aussi créé un jeu qui se nomme Spoonball. Pour ceux qui ont gardé une âme d'enfant, les règles sont expliquées là (il vous faut un ballon, bien sûr!) : TheSwapsies



mardi 10 novembre 2015

Minimatic

Certes sculptée pour le clubing ou galbée pour des BO de films, je consomme l'étincelante pop de Minimatic en privé à la maison. Ce groove particulièrement 'french', ce joli brin de pop sixties, plein de boogie sucré et de bossa, est signé sur Tour Eiffel Records, label qu'il crée en 2008. La griffe de l'artiste parisien, dj et producteur, est le mélange élégant de vintage et de tempo futuriste. Les mixages sont très classes et parsemés d'humour. Sa première production apparait dès 2002, sous le nom de Sans Souci qui ne sera jamais paru en disque et porte le nom de The Forgotten EP (unreleased). Chez moi, il n'est pas oublié! Au contraire, cet EP de reprises de titres des années 80 passe très souvent dans mes oreilles, qui s'en portent fort bien


Les quatre morceaux sont liftés, arrangés avec finesse pour transformer un A-Ha et son Take On Me en douce bossa, le Final Countdown du groupe Europe qui du statut de chevelus américains typé hardrock passent en gentlemen de l'easy-listening. C'est le même topo pour Modern Talking, les deux allemands des eighties qui eux aussi, plutôt chevelus, semblent être passés à la tondeuse ou à la brillantine. Minimatic est accompagné de Nico à la guitare qui aromatise les titres de sirop de fraise avec son jeu sensuel. A la voix, il y a Juliette qui apporte son grain de voix ensoleillé et cristallin, comme sur Number 1 du kitschouille mais néanmoins chouette Chaz Jankel, superbement revisité.

Il y a le EP Chez les yeye, où Minimatic ravive l'âme de Gainsbourg avec beaucoup de talent, des balades incroyables à écouter parmi plus de 30 EP, singles, tous aussi ravissants. On passe du funk, à la bossa, à la pop psyché en passant par du groove, disco etc. Pascal Houpert, monsieur Minimatic, ou encore Brother Moulinex, avec ses alias aussi bien dessinés que ses costumes, nous embarque et nous pousse à danser comme des sioux.



En piochant au hasard dans la discographie Minimatic, la surprise agit, le charme opère et on sourit à l'écoute de la cover de Yes, Owner Of A Boogaloo Heart parue en février 2015, celle de Michael Jackson Billie Juan, ou simplement les morceaux décoiffants lounge et punchy à la fois, comme La raie o milieu. (oui, je sais celle là est tirée par les cheveux...). Après les EP yé-yé et Le Hipe Hope, Minimatic rend hommage à France Gall à travers l'EP Jazz a Go​-​go, puis à James Brown, au Velvet Underground où les arrangements funky brillent de cuivres, d'orgues et de guitares fantastiques pour offrir à Lou et Nico un profil cubain, bouffeurs de bananes, fumeurs de havanes, rebaptisés El Velveto Undergrundo. De Cuba, on saute du coq à l'âne comme un mouton anglais avec l'ambiance british délicieuse de l'EP Le Tunnel sous la Manche, puis à la soul des Jackson Five. Bref, il y en a pour tous les goûts chez Minimatic qui fait de la musique depuis qu'il a 13 ans et dit être tombé dedans "comme Obélix". Piggledy Pop admire et conseille la fantaisie musicale et l'univers hautement fleuri et coloré d'excellentes influences de Minimatic, un musicien frenchy hors des sentiers, Cocorico!

Minimatic





Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...