dimanche 24 février 2013

Catch Bees

Narratives from a Factory Town sorti en février 2013 est un ep mélodique, champêtre sans abondance d’instruments qui parsemant les titres sans se superposer, se suivent élégamment, se marient et s’allient avec finesse. La guitare acoustique joue les arpèges avec une classe infinie puis c’est au tour des tambourins, des choeurs, de l’amplitude et de l’écho de la guitare électrique, l’intrusion espiègle du glockenspiel et un chant chaleureux, intime. Ce doux dosage offre aussi des échappées de cordes avec des violons et violoncelles délicats qui viennent nourrir des mélodies savoureuses, des balades inspirées et terriblement bien mises en valeur par les arrangements et les textes signés par l’auteur-compositeur interprète Philip Waggoner. Seul la chanson bonus Sing, Run, Feel, interprétée et arrangée par Philip et Becky Waggoner est signée Tony Guerrie. Philip et Becky Waggoner forment les Catch Bees mais s’appelaient auparavant The Sunshine House avec une première production éponyme en 2011. C’est avec l’opus de 13 titres Newman's Open Choir de 2012 que Catch Bees vient officiellement butiner nos oreilles. Le couple de Fort Collins, Colorado, s’entoure d’amis comme Becky Raab, Brent Cowles et Denison Witmer qui apportent leur contribution. L’ensemble des chansons est joué à la guitare, interprété et composé par Philip Waggoner qui propose une touche chamber pop ou pop orchestrale à ses morceaux sachant tel un maestro du genre, construire des mélodies avec beaucoup de brio. Je suis avec attention Catch Bees depuis un an et constate la griffe Waggoner, inspirée et originale, qui montre un auteur stylé et talentueux au fil des disques. Magnifique ! CatchBees

jeudi 21 février 2013

Kevin Ayers est parti...

Chronique sur Kevin Ayers de mars 2009 :


Kevin Ayers est un envoyé du dieu de la pop, le genre de muezzin que l’on rêverait d’entendre chaque matin au réveil. Originaire du Kent, fils d’officier de la Marine britannique, il intègre adolescent la scène musicale de Canterbury en créant les Soft Machine aux côtés de Mike Ratledge et Robert Wyatt ( fondateur de l’excellent Matching Mole; Wyatt collabore récemment à divers projets d’Elvis Costello, David Gilmour, Bertrand Burgalat). Ensemble, ces deux figures du sud de l’Angleterre, avec Hugh Hopper, Brian Hopper, et Richard Sinclair, seront les Wilde Flowers en 1963.

1963, l’année où les Beatles jouent à gogo au Cavern de Liverpool. Love me do résonne dans le nord alors que les Soft Machine dans le sud font sonner les guitares et claviers d’un rock progressif naissant. (Soft Machine, nom du roman de William Burroughs.) En 1969, il accompagne son copain de Soft Machine, David Allen, à la création du groupe Gong puis entame sa carrière solo en offrant Joy of a Toy. L’album n’a pas l’accueil mérité et ne se vend pas. C’est pourtant une perle pop, des titres grandioses à la guitare acoustique, accompagnés de flûtes, piano, violons. Fantastique.
1970, Shooting at the Moon sort. Dès lors Kevin Ayers poursuivra son travail de création et d’interprétation avec plus d’une quinzaine d’albums et des complicités avec des pointures comme Jimmy Hendrix en 1968 ou encore Syd Barrett des Pink Floyd en 1970; ils composent tous les deux Singing a Song in the Morning.

Dans la foulée, un jeune guitariste, Mike Oldfield, vient se joindre à Kevin Ayers et petit à petit se forme un ensemble d’artistes de talent appelé The Whole World.
Le génie d’Ayers passe à la trappe; ignorance à ras les pâquerettes des critiques et du public, que rencontre aussi le phénomène Gainsbourg en France. Guitariste, bassiste, pianiste, Ayers est pourtant, avec Barrett, un des plus grands compositeurs de pop anglaise, entier et égal à lui-même; il ne se corrompt jamais à faire des courbettes aux majors et à l’industrie de la musique.
Dans les années 80-90, il joue beaucoup, sillonne l’Europe, enregistre Diamond Jack and the Queen of Pain en 1983, Falling Up en 1988, puis le précieux Still Life With Guitar, album acoustique de 1992. Les années suivantes seront ornées de lives aux Etats-Unis et Europe jusqu’en 2000, quand Kevin s’installe définitivement dans le sud de la France.

2007, Gary Olson des Ladybug Transistor le rejoint. Ils partent à Tucson et New-York pour enregistrer Unfairground. Ce disque est un réel bijou, la voix de Kevin scintille au milieu des guitares, trompettes, tambourins, violons, claviers. Unfairground est un grand album, brillant et riche d’une instrumentation de cordes et cuivres, probablement la meilleure sortie de 2007 à laquelle participe Euros Childs des Gorky’s Zygotic Mynci (piggledy 15/11/08) qui nommera d’ailleurs une de ses chansons Kevin Ayers sur l’album Airbag. Participent également à l’enregistrement les membres de Neutral Milk Hotel , des Teenage Fanclub, le chanteur des Trash Can Sinatras, Robert Wyatt joue sur Cold Shoulder, ses amis de Soft Machine, Bridget St. John, égérie de John Peel, chante en duo avec Kevin sur Baby Come Home, Candie Payne, chanteuse et compositrice de Liverpool, sœur du batteur des Zutons. Le disque est un cocktail de générations, symbole d’une pop intemporelle, de bon goût, classe et efficace, astrale … « Encore un beau sourire, et apres ca je peux partir, Puis-je m'asseoir aupres de toi, pour te regarder? J'aimerais bien la compagnie de ton soleil »
kevin-ayers.com

lundi 18 février 2013

Michael Aron Leviton


Auteur-compositeur, Michael Leviton est un esthète de la pop. Ce troubadour des temps modernes est un romantique patenté. Né en Californie, il vient s'installer à Brooklyn en 2002. Son premier album solo My Favorite Place to Drown sort en 2006 alors qu'il joue et chante au sein d'un autre groupe pop La Laque, groupe New-yorkais qui entonnent les chansons dans la langue d'asterix! Comme le titre Weekend qui est succulent.
Les textes de l'album de Michael fleurent bon l'air iodé, les plages et vagues, il y a aussi du soleil, du ciel bleu et des femmes. Armé de son ukulélé, il joue des airs un peu old-fashioned, aux arpèges d'antan et alterne avec des mélodies plus rock, plus pop avec une suite royale d'instruments: piano, guitare, violoncelle, glockenspiel, contrebasse, tambourin, batterie. Pour compléter ce sentiment d'abondance, des voix féminines se joignent à la sienne pour des duos.


Le disque est un divertissement tout le long de son écoute, on sourit, on s'extasie, on dodeline du chef. Doué d'humour, ses paroles au parfum maritime "the day wears on, i'm weak as a plankton, i'm small as a prawn.." sont croustillantes de drolerie. Il nous parle de ses souvenirs en maniant et tournant ses mots et finalement ses ruptures et chagrins d'amour en deviennent amusants. Dans I'm in love with the tip of your icebergs, il écrit "must you always play the glacier, must i play Titanic?". Il y règle également parfois ses comptes "to find the dumbest girl in the world, and they are all competing real hard, you've got it in the bag; i know you'll win the crown"
Pianiste depuis son enfance, Michael se met à la guitare à 16 ans, puis se découvre une réelle passion pour le ukulélé dont il est aujourd'hui professeur. Il dit "once you start playing the ukulele, it changes your life forever". C'est aussi l'avis du suédois Jens Lekman ou encore de groupes comme Beirut qui depuis le début 2000 ont remis cet instrument sous les feux de la rampe.
Michael joue du ukulélé bariton, apparu dans les années 40, plus grave et intime que le soprano. Cette sonorité rime avec l'atmosphère de My Favorite Place to Drown, qui propose des balades délicates, des perles pop smarts et élégantes. Les amateurs de pop ont pu constater le talent de Leviton lors de sa tournée en 2006 avec les They Might be Giants et Aurevoir Simone et attendent le second disque avec célérité.
Album conseillé aux amoureux de Chet Baker, Jens Lekman, Chris Garneau, Beach Boys, Luke Temple, Jeffrey Lewis, Beirut.
(vidéo: The Beach Gets Gold)
myspace.com/michaelleviton

dimanche 17 février 2013

Catnaps

Catnaps est un groupe de Philadelphie qui propose de l’indie-pop joviale composée par Adrianne Gold qui offre aussi sa voix aux chansons. Auparavant les Catnaps (Adrianne Gold voix et guitare, Dan Houwen à la guitare et basse, Carolyn Haynes à la basse et Christian Bach à la batterie) portaient le nom de When I was 12 et ont lancé le projet en 2008. Légère, lumineuse, la veine twee des titres est fleurie d’instruments : trompette, violon, violoncelle, orgue, piano, guitares, batterie, basse, glockenspiel et tambourin. Ces instrumentations sucrées et rythmées sur les textes remplis de charme et de classe figurent sur l’opus Why Don't You Whisper? en juin 2011. En février 2012 les Catnaps enregistrent un Ep spécial Saint-valentin nommé Boys Drool, un autre Ep quatre titres en avril puis trois autres titres inédits sur le Ep Shuteye en janvier 2013. Le style pop, rock, twee oscille entre le Velvet Underground et les Breeders où le grain de voix d’Adrianne me rappelle tantôt celui de Sonya Aurora Madan la chanteuse d’Echobelly, tantôt celui de Zooey Deschanel. Catnaps passent en boucle sur les ondes américaines, gagnent en renommée, sont désormais conviés au festivals comme l’Austin popfest, le New-York popfest et assurent nombre de concerts en partageant l’affiche avec Saturday Looks Good To Me ou encore Hellogoodbye. Les quatre jeunes musiciens de Catnaps, amateurs des Pixies, des Pavement, Lemonheads et des Guided By Voices entre une pop romantique et du postpunk savent jongler avec les genres dans une belle énergie, un son efficace et une belle motivation. A découvrir... Catnaps


 

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...