dimanche 27 mai 2012

Bee Gees

C’est depuis ma tendre enfance mon groupe préféré. Quand je dis ça, en général, on se marre..et pourtant ! Les Bee Gees, c’est un groupe phare de la musique pop des années 60, groupe mythique du disco des années 70, impérial dans la création de balades dans les années 80. Pour certains ignares, c’est ringard. Pour moi, c’est les rois de la pop qui ont accompagné mes premiers pas, mes levers d’index disco dans mon berceau et déhanchements féroces dans mes couches culottes. Dimanche dernier, le 20 mai, Robin Gibb est décédé à l’âge de 62 ans d’un long cancer. Je réédite ma chronique écrite sur Piggledy Pop en avril 2009 avec des reprises des chansons des Bee Gees; Hommage. 

Nés sur l'île de Man dans les années 1947 et 1950, Barry, Maurice et Robin Gibb sont très tôt plongés dans l’atmosphère artistique. Agés respectivement de 9 et 6 ans, Maurice et Robin étant jumeaux, les trois font leur entrée dans l’industrie du cinéma. Puis c’est l’installation à Brisbane en Australie. Là ils fondent avec leur sœur Leslie et le dernier bambin de la famille Andy, le groupe Wee Johnny Hays and the Blue Cats. Tous les cinq jouent de la guitare, chantent et tapent des mains sur les plages, font des apparitions sur des radios locales, puis une première apparition télé en 1960. Barry a 13 ans, ses frères 10 ! Le présentateur les annonce comme les BG’s (Barry Gibb); et voilà les Bee Gees sont nés. 1963: le premier single Three Kisses of Love.
  
 1966, le groupe est proclamé meilleur groupe en Australie. 1967, la famille Gibb réintègre la Grande-Bretagne. Barry, Maurice et Robin composent, continuent de faire de la musique, envoient des cassettes démo au producteur des Beatles et son associé Robert Stigwood. Stigwood les appelle illico et les voilà signant New York Mining Disaster 1941, en single, puis Holiday et le fameux To Love Somebody. Aussitôt c’est le succès, l'abondance de shows, le second album Horizontal où figure le titre Massachusetts. 1968 c’est l’album Idea et les chansons I Started A Joke, Gotta Get A Message To You, et déjà des apparitions sur les télés américaines. 

 1969 l’album Odessa sort, avec des arrangements orchestrés du feu de dieu. Le succès, la gloire, l‘argent, tout est soudain. Les frères Gibb pensent pendant un moment pouvoir être autonomes les uns des autres et travaillent à différents projets. Robin écrit, compose, arrange et produit son propre album Robin's Reign, de leur côté Maurice et Barry signent l’excellent album Cucumber Castle. Le temps de gagner en maturité, ils ont 22 ans et 19 ans, un an et demie passe et les Bee Gees se retrouvent pour composer Two Years On , numéro 1 aux Etats-Unis; suivra l’album Trafalgar en 1971. Jusqu’à 1974 et le Mr Natural, les Bee Gees sont en perte de vitesse. Influencés depuis un moment par le R&B, pas le truc lamentable d’aujourd'hui, mais le vrai R& B, celui dérivé de la soul des années 60, le groupe travaille à un nouveau genre musical et sort Jive Talking. Revenus dans la course, ils s’auto-labellisent en continuant de collaborer avec Stigwood. Le trio se dessine une voie royale en enregistrant leur prochain album en France, au château d’Hérouville et pondent Stayin' Alive, Night Fever , How Deep Is Your Love etc... 
  
 Pendant ce temps, à New-York, une nouvelle vague culturelle déferle, le disco est apparu. Le film Night fever de 1976 avec John Travolta et les Bee Gees qui assurent la BO aura le destin qu’on lui connaît. Réussite incommensurable, le disque est 14 fois disque d’or. 1979, les frères Gibb ne se laissent pas griser et continuent d’écrire Spirits Having Flown dont le titre Love You Inside Out sera repris récemment par la chanteuse Feist. 1981, Living Eyes sort mais n’a pas la reconnaissance méritée, les Bee Gees sont désormais étiquetés "disco". Les professionnels de la musique, légèrement jaloux de leur succès passé oublient facilement que les Bee Gees sont pop et R&B avant tout, et les dénigrent volontiers. Barry continue néanmoins, il produit Dionne Warwick, Kenny Rogers, écrit Islands pour Dolly Parton, écrit et produit Eaten Alive de Diana Ross avec le celebre Chain Reaction. Les années 80 sont un long stand-by pour le groupe et se terminent tristement par la mort de leur jeune frère Andy. Ils lui dédieront One en 1989. Depuis, les années 90 ont été fleuries de collaborations, de créations diverses, pour eux et pour d’autres artistes, de l’entrée au Rock And Roll Hall Of Fame, du International Artist Award en 1997 aux USA, le Brit Awards, les récompenses pleuvent à Monaco, l’Allemagne, l’Australie, les voilà en selle pour une tournée mondiale en 1998. C’était il y a 10 ans.. Depuis les deux groupes que j’admire et suis depuis des années, Ladybug Transistor et Lucksmiths ont chacun repris des titres des Bee Gees; d’autres artistes pop grandioses comme Feist ou The Bird and The Bee (cf piggledy pop du 26/12/08) font de même. Les grands esprits se rencontrent  

samedi 12 mai 2012

Dan Mangan

Dan Mangan est la plus belle surprise pop-folk de l’année 2011. Côté harmonies et ambiance, l’univers de Dan Mangan m’évoque celui du français Syd Matters, pour les textes et leur message, je songe à Leonard Cohen, Bob Dylan, la voix imprégnée de sincerité et de vécu me rappelle ses compatriotes Hawksley Workman et Rufus Wainwright. Dan Mangan adolescent vivant à Vancouver, piochait dans les disques de ses parents, Beatles, Nick Drake et fort de ces influences, sort à 20 ans son premier ep acoustique. Puis il prend la route, guitare sur le dos, joue dans les bars et les pubs au Canada, aux Etats-Unis et observant, aspirant tout ce qu’il constate sur son chemin, s’inspirant de rencontres, de paysages, écrit son second album Nice, Nice Very Nice. Cet album carte postale sera salué par la critique, il est nominé au Polaris Music Prize dans la catégorie meilleur interprète-auteur-compositeur et remporte le CBC Awards. Invité à participer au festival renommé de Glastonbury, le globetrotter sera aussi convié à accompagner The Decemberists, Okkervil River et les Walkmen en tournée.
Désormais entouré de ses musiciens, Gord Grdina à la guitare, Kenton Loewen à la batterie et John Walsh à la basse, Dan Mangan expérimente un style ochestral pop dans son troisième album qu’il signe en Septembre 2011, Oh Fortune. Là encore, le ménestrel nous emmène en voyage avec des textes autobiographiques émouvants, qui parlent d’une réalité qui se révèle triste ou gaie, de sa perception de l’être humain, cruel ou beau. Son travail de composition dévoile un don pour la composition architecturale. Il crée ses chansons comme des édifices, consolidées par son quator de base, il ajoute de manière alternative du rythme, des choeurs, des instruments comme la clarinette, du cor, de la trompette, violons et violoncelles, saxophone, trombone, des flûtes et de l’orgue. Ses inspirations tiennent autant de la nostalgie, de la tristesse, que de la victoire et du succès ( le titre de l’album Oh Fortune rend hommage à la première femme qui détenait un record mondial, Gertrude Ederle, en traversant la Manche à la nage et de son retour triomphal aux Etats-Unis en 1926 ).


Depuis le crooner aux yeux scintillants remporte deux prix au festival de musiques indépendantes d’Austin, Texas, le Juno Awards au Canada équivalent des Grammy Awards avec le titre du meilleur nouvel artiste de l’année. Ces titres sont mérités quand on voit le travail prolifique et l’envie de le communiquer de l’artiste qui entre le 5 avril et le 5 mai, assure une tournée européenne (un marathon avec 26 dates sur 30 jours en passant par la France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Angleterre, Ecosse). Poète, prophète, musicien accompli qui se dit qu’au début de sa carrière, Dan Mangan nous conte son histoire sur ses trois albums fleuris de mélodies. A se procurer !
DanManganSite

mardi 8 mai 2012

Le Chien Fauve

Le Chien Fauve est un duo parisien, constitué de deux troubadours âgés respectivement de 20 et 21 ans. Tous les deux auteurs-compositeurs, ils se connaissent depuis l'adolescence, échangent livres et disques qui forment leurs influences et jouent ensemble depuis 5 ans. L'un d'eux, à peine âgé de 15 ans, signe un titre sur une compilation d’un label américain, joue en live sur des radios indépendantes et se lance dans l’arène avec un premier concert devant 400 personnes. Ce sera le début d’une série de concerts pour le duo. Très tôt, Le Chien Fauve passe sur sa platine, Syd Barrett, les Kinks, les Beatles, Joy Division, Pixies, Bob Dylan, Donovan et Serge Gainsbourg. Il y a d’ailleurs chez les deux jeunes artistes passionnés par l’écriture de textes en français, ce charme frenchy rétro et visionnaire de Gainsbourg dans l’Histoire de Melody Nelson. Ils ont un talent de mélodistes qui se retrouve dans le tempo et la musicalité des mots. Leurs textes mélangent autant de sensualité, d’humour, de poésie que de références littéraires et musicales riches. Tandis que l’Album Blanc craque les sillons sur la platine, Don’t look Back surchauffe le lecteur DVD, que Platon, Dostoïevski, Kerouac, Rimbaud, trônent sur les piles de bouquins, les deux personnages rock’n roll de Le Chien Fauve ont d'autres chats à fouetter et doivent aussi gérer les voisins chafouins qui ont le coup de balai mural facile. Etudiants de grandes écoles parisiennes, après des années de prépa, jonglant entre les sciences mathématiques, la philosophie, l’histoire, la littérature, ils apportent un grand soin, un sens du détail élégant et une maturité certaine à leurs compositions. Ils savent manier, avec leurs sensibilités artistiques et leurs deux personnalités, le genre pop psychédélique et acoustique avec déjà un savoir-faire inoui. On s’aventure même à imaginer un orchestres et des envolées de cordes symphoniques sur Les Rives de la Volga, En Angleterre et sur Des Astres. Tous les deux guitaristes, ils interprètent avec beaucoup de maîtrise et de classe leurs textes. Leurs voix se répondent, s’accompagnent à la perfection, tantôt avec des notes chaudes proches du dandysme, tantôt avec des intonations plus intimes à la Nick Drake. Les routes de Le Chien Fauve sont passées par l’Angleterre, l’Irlande, l’Ecosse, l’Espagne, l’Allemagne jusqu’à Istambul. Le voyage et l'amour nourrissent le magnifique album concept sur lequel ils travaillent; Leurs titres stylés invitent à découvrir l’univers emblématique de Chien Fauve qui amène une nouvelle âme au genre french pop et annonce une suite qui promet des surprises. ChienFauveFBChienFauveBandcamp

samedi 5 mai 2012

Pugwash

Thomas Walsh est adolescent quand il devient fan d’Andy Partridge des XTC. Il demande des instruments à ses parents, du matériel d’enregistrement et entre 1990 et 1995, met sur cassettes 150 démos; Il adopte le nom de Pugwash et le Irish music magazine vante les mérites de son travail. Ses démos vont atterrir sur le bureau du musicien producteur Kim Fowley (qui signe les Sleepwalkers, où jouait Phil Spector, les Runaways, les Softmachine, écrit des paroles pour Cat Stevens, joue avec Frank Zappa, enregistre Jonathan Richman, Modern Lovers, etc...). Kim Fowley présente le jeune Thomas Walsh au compositeur Andy White qui l’invite, tout comme Television et Grant-Lee Phillips à partager leurs tournées. Avec l’expérience et l’inspiration, Walsh se décide à composer son premier album Almond Tea en 1999 qui sera nommé par la presse irlandaise musicale meilleur album de l’année.

  

Suivront Almanac en 2003, Jollity en 2005 avec la collaboration de Dave Gregory du groupe XTC qui fera les arrangements de cordes enregistrés au Abbey Road Studio de Londres, Eleven Modern Antiquities en 2010, sur lesquels jouent ses amis Jason Falkner (membre de Jellyfish, musicien et producteur de Brendan Benson, Nigel Godrich, Aimee Mann, Beck et guitare sur l’album de Paul McCartney en 2005), Eric Matthews, Michael Penn, Graham Hopkins, Johnny Boyle des Frames, Duncan Maitland et Tosh Flood. Entre temps, Dave Gregory présente Thomas Walsh à son idole Andy Partridge qui lui même est subjugué par le talent de Walsh (l’appelant «the saviour of modern pop») et cette rencontre les mènera à composer le titre Anchor ensemble. Lors d’un concert humanitaire, Pugwash rencontre Divine Comedy. C’est un coup de foudre artistique. Thomas Walsh et Neil Hannon deviennent amis. Neil Hannon participe au 4ème album Eleven Modern Antiquities et tous deux, en parallèle, forment le groupe The Duckworth-Lewis Method. 
Chronique là : PiggledyPopDuckworthLewisMethod

 

2010, Pugwash qui compte Walsh, Tosh Flood, Shaun McGee et Joe Fitzgerald sur scène, annonce l’arrivée du 5ème album qui sort en Aout 2011. Avec l’amicale collaboration de Neil Hannon, Dave Gregory, Andy Partridge, et Ben Folds, le splendide The Olympus Sound voit le jour. Ce sont les âmes des Small Faces, des Beach Boys, de Teenage Fanclub mêlées à celle des XTC qui flottent dans l’album.

Le premier titre Answers on a Postcard, à l’ambiance ensoleillée, est rythmé par les orgues, les choeurs comme le très chaloupé There you are qui suit, orné de guitares et de claviers. The Olympus Sound s’annonce d’emblée power pop, sunshine pop, déroule comme un tapis de fleurs des sonorités dignes du Petsounds des Beach Boys. Enregistré avec un orchestre de cordes, To the warm of you est une ballade romantique chamber pop, habillée d’une guitare acoustique, de violons et d’un piano. Sur Fall down, le swingue des guitares pop folk avec les choeurs et les violons forment une mélodie géniale, entrainante.Be my Friend Awhile, Dear Belinda, 15 Kilocycle Tone contiennent toutes les sonorités anglosaxonnes si délicieuses chères à XTC, Weezer, Booradleys, avec des arrangements psychédéliques et des accords de guitares qui forment une pop symphonique efficace. Les textes tirés à quatre épingles, soignés avec tant de délicatesse, de sensibilité et d’humilité reflètent trait pour trait la personnalité de Tom Walsh.

  

Tous les «la la la», les «woo woo» comme sur I don’t like it but i gotta do it un peu country folk nous emmène aussi l’espace de 2m45 dans l’atmosphère festive et dansante du pub irlandais. Here we go round again nous ramène sur le rivage beachboysien, avec les «pa pa pa» chauds, brillants, la mélodie shiny pop où le Mellotron, flûtes traversières et les tambourins sont rois. Such Beauty Thrown away et See You Mine montre que Pugwash compose avec toutes les influences qui le nourrissent et les choeurs brillants, le tempo retro sixties legerement bossa sur l’orgue psyché rappellent les Kinks qu’il adore. Four days a ce doux rythme vintage, vaporeux, pop, qui donne un goût sucré à la mélodie. Ce disque examine les différents styles de pop, chamber, sunshine, baroque, pour ceux qui aiment les Beach Boys, Left Banke, Burt Bacharach, Paul Weller avec qui Thomas Walsh avoue qu'il aimerait partager une pinte.

The Olympus Sound est un réelle petite bombe, les mélodies éclatantes sont assurées par Thomas Walsh au chant, guitare acoustique, mellotron, batterie et percussions (cloches tubulaires), Tosh Flood à la guitare electrique, guitare baryton, wurlitzer, piano, flûte, epinette, mandoline, autoharp, clavecin, vibraphone et orgue Hammond, Shaun McGee à la guitare basse et Joe Fitzgerald à la batterie. Cette joyeuse troupe est accompagnée par Neil Hannon au piano, clavecin, synthé Korg et mellotron le Max Rebo Ensemble aux Kazoos, Dolores Flood au gong, Dave Gregory au piano Fender Rhodes, tamboura, tabla, percussions et arrangements de cordes, Michelle Mason au violoncelle, Fergal O’Dhornain à l’alto, Katie O’Connor au violon, Ben Folds au piano. Je soupçonne Neil Hannon, qui se cache sous sa capuche dans la vidéo ci-dessous, d’avoir tâté du gong sur un des titres...Pugwash et l’emsemble des albums sont chaleureusement conseillé par PiggledyPop.
Pugwash



Boris Maurussane

Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l...