jeudi 25 novembre 2010

Scarlet's Well

Les Scarlet’s Well sont à classer dans le genre pop psyché et baroque. Formé en 1998, par le fabuleux artiste Bid, d'antan leader des Monochrome Set, les musiciens qui composent les Scarlet changent, mais fidèlement reviennent pour certains concerts, l’amitié scellant le groupe depuis les débuts. Tels des hobbits de Tolkien, ils viennent d’un village du sud-ouest de l’Angleterre qui selon leurs termes est “populated by howling wolves, seductive mermaids and a bawdy captain with his crew of beer-swilling pirates and off-kilter animals with disturbingly human characteristics."

Les Scarlet's Well véhiculent, à travers leur musique, les illustrations de leurs 9 magnifiques disques, leurs paroles, un esprit emprunté de récits épiques et fantastiques. On trouve d’ailleurs des poèmes et textes d’Edgar Allan Poe, Alfred, de Lord Tennyson dans leur repertoire : Strange Letters (1999), The Isle of the Blue Flowers (2000), Alice in the Underworld (2002), The Dream Spider of the Laughing Horse (2004), Unreal (2006), Black Tulip Wings (2006), Gatekeeper (2008), Unreal II (2010), Society of Figurines (2010).


Alors que l’écoute de ces disques offre une ribambelle de sons, d’ambiances, ornés d’une flotte d’instruments, accordéon, mandoline, ukulele, flûtes, violoncelle, guitares, tambourins, batterie et piano, les mélopées excentriques, sont orchestrées de différentes manières : médievale, twee-pop, chamber-pop, indie-pop, sixties, bossa, rock. Bid, au chant et à la guitare tel un troubadour dont la voix fait penser aux Magnetic Fields, avec un grain crooner de sensualité Bacharrach-esque, compose les titres avec originalité, poésie et lyrisme. Alice Healey qui assure le chant comme une sirène apporte une note féerique, tout comme Deb van der Geugten à la basse, Helena Johansson au violon et mandoline, Jennifer Denitto à la batterie, présences féminines qui savent mettre en valeur la finesse des textes, en avant la texture musicale.


Les partitions semblent revenir du 18ème siècle, mixées à une rythmique fantaisiste des années 1960, montrent le talent infini de Bid et la richesse de son imagination; Issu d’un mélange américain et indien (maman de Washington, papa de Madras, né à Calcutta, il grandit à Londres et ses productions sont d’un romantisme et d’une sophistication très britannique. Auteur-compositeur, arrangeur, producteur depuis 1993 (Would-be-goods, Jet Set, etc..), Bid aime les Velvet et Lou Reed, July Garland, Gilbert Sullivan, Yes, les Monkees, autant d’influences qui nourrissent ses titres et les stylisent avec dandysme et classe. Society of Figurines, le récent album de Scarlet’s Well sorti en juillet 2010 est un cadeau conseillé pour Noel.

dimanche 21 novembre 2010

She & Him

Je parlais de She & Him dans ma chronique sur le film 500 days in the summer en juillet dernier. L’actrice principale du film étant Zooey Deschanel (musicienne, chanteuse et actrice) qui est la cerise sur le gateau She & Him avec à ses côtés M.Ward.
En 2008, le duo Zooey Deschanel et M.Ward conjuguent leurs talents pour former She & Him, Zooey chante, joue au piano et banjo et M.Ward est à la guitare et arrangements. Pour les concerts, d’autres musiciens les accompagnent, Mike Mogis à la mandoline, guitare, Mike Coykendall à la basse et Rachel Blumberg à la batterie.

WhyDoYouLetMeStayHereMP3

Les deux artistes se rencontrent en 2007 sur le tournage du film de Martin Hynes, The Go-Getter, dans lequel Zooey a le rôle de Kate et pour lequel M.Ward compose la bande originale. Le film rend hommage à Godard, à son film de 1964 Bande à part avec Anna Karina, Sami Frey et Claude brasseur qui dansent le Madison dans un café, scène mythique reprise avec le chic en moins dans The Go-Getter. (vidéo ci-dessous)





Les deux artistes se sont musicalement trouvés et complétés pour signer dès 2008 le Volume1 de leurs compositions. Evidemment, c’est somptueusement pop et mutin à l’image de la demoiselle, c’est finement folk-indie et cadré par la personnalité du jeune homme. Les 13 titres du Volume 1 sont réellement beaux, avec des titres comme Why Do You Let Me Stay Here?, Sentimental Heart, le smithien This Is Not A Test, la balade country Change Is Hard, I Thought I Saw Your Face Today, au groove sixties de I Was Made For You qui serait allé comme un gant aux boots de Nancy Sinatra, au badin Black Hole, c’est un voyage sentimental et mélodique assuré. Les chansons parlent d’amour, de bons sentiments, de sensualité, avec en bonus une reprise d’un titre de Smokey Robinson You Really Gotta Hold On Me sur des guitares taquines, un piano espiègle, et la suave voix de Zooey qui porte en elle tout un héritage pop stellaire à multi-branches et qui resplendit au tambourin.

InthesunMP3

Le couple She & Him sort le Volume 2 en mars 2010 avec au menu des guitares, des cymbales, des mandolines, du banjo, claviers, piano, des chœurs qui susurrent des doo-waaap, des houlalahou, des covers comme celle de Skeeter Davis, You Really Gotta Hold On Me, puis… toujours de l’amour, du sucré, du mielleux sans pour autant pourchasser les bisounours. Le ton donné est « eau de rose » mais bon, l’amour est ce qui fait tourner le monde (après l’Economie), donc le sujet récurrent plaira et parlera à beaucoup.

Quoi que les paroles puissent porter comme message fruité, les chansons sont vraiment bien chaloupées, les mélodies, bien cintrées, nous emmènent. La deuxième galette de She & Him est globalement charmante, élégante, presque du country précieux qui mériterait que le volume 3, s’il y a, prenne un peu plus de risques pour frôler l’excellence.
Myspace

samedi 20 novembre 2010

AA Bondy

Compositeur de musique folk, originaire de l’Alabama, AA Bondy désormais exilé dans la banlieue de New-York, est une sorte d’oiseau rare. Ce fils spirituel de Bob Dylan quitte son premier groupe Verbana qu’il crée en 2003, accompagné de Daniel Johnston à la basse. Il se lance en solo avec une première production American Hearts en 2007 puis la seconde enregistrée dans le Mississippi en 2009, When the devil’s loose, tous les deux sur le label Fat Possum (Adam Green, Wavves, Band of Horses, Al Green etc)

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AA Bondy, alias Auguste Arthur Bondy qui ne se sépare pas de son harmonica, a une voix puissante, pas rocailleuse ni cassée comme ont les chanteurs de blues, ni folk nasillarde. Son chant d’une belle limpidité jouxte le sens poétique des paroles et son harmonica extrêmement harmonique.
Ce deuxième album est fleuri d’instruments, une cascade de guitares qui vient ornementer et transcender le genre country blues en folk americana des temps modernes, comme par exemple avec les orgues délurés sur Mightiest of Guns qui se joint au soft duo guitare-voix. L’artiste a du charisme et un joli don pour la composition de mélodies. Découvert par hasard en regardant la série Doctor House, (AA Bondy apparait sur la BO de la série 6 des épisodes), l’univers de Bondy m’a fait penser à Neil Young, à Dylan biensûr, et à Vic Chesnut… En bref, le style de AA Bondy flirte avec les pointures !
Myspace



mercredi 17 novembre 2010

Love Language

Ce groupe de cinq compères est originaire du romantique état de Caroline du Nord. Conduit par Stuart McLamb dont le doux nom rappelle la romantique écosse, auteur et compositeur des titres, mis en valeur par le savoir-faire du producteur, ingénieur son et guitariste BJ Burton ( rien en commun avec la romantique marque de chaussettes), un romantique nom choisi par le combo américain, les Love Language ne sont pourtant pas là pour nous compter fleurette.

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Leur deuxième album Libraries, sorti le 13 juillet 2010 sur le label Merge Records est rock avec des orchestrations pop sixties, où les percussions, les orgues, les guitares parfois jangle ou fuzz, ou en solo sur Heart to tell, donnent un ton joyeux et psychédélique. Le groupe s’enthousiasme sur les tambourins, le xylophone à la mode mods et les envolées de cordes. Les arrangements font tantôt penser à Brian Wilson, tantôt aux Byrds, avec en bonus une pincée de Kinks. Sur le plan écriture et paroles, l’energie et l’effervescence sont au rendez-vous, renforcées par le chant en chorale des frères McLamb (Stuart et Jordan, batteur), de Justin Roermond (bassiste), de BJ Burton (guitare), accompagnés par Missy Thangs (clavieriste).

Inspirés, les Love Language font référence à Godard et Anna Karina dans la vidéo de leur titre Lalita du premier album; Sans nostalgie ni redondance, ce superbe second disque aspire à une ambiance sixties mais avec beaucoup de maturité, de nouveauté dans le son et une approche personnelle du genre pop. De This room, charmant et langoureux, à la ballade Summer Dust au mi-tempo touchant, à Britanny’s Back, surf, jerk et alternatif, au dernier titre Wilmont, enregistré façon « transistor des années 20 », les dix titres sont convaincants. Libraries est autant rock roll dans l’âme que pop, de l'avant-garde, et plaira aux amateurs des Camera Obscura avec qui les Love Language ont partagé la dernière tournée.
Myspace

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...